C’était attendu après la cabale médiatique dont le BVB a été victime durant la semaine : la Fédération allemande de football réclame contre notre club favori une amende de 100’000 € et surtout veut le contraindre à fermer la Südtribüne pour un prochain match de championnat, à déterminer selon la date d’entrée en force du jugement. Si cette sanction nous pendait au nez depuis pas mal de temps, elle choque le peuple jaune et noir par son caractère inique et discriminatoire.

Nous n’allons pas jouer les naïfs : pour les fréquenter tous les week-ends ou presque dans les stades d’Allemagne et d’Europe, je suis parfaitement conscient que nos fans et en particulier nos ultras ne sont pas des enfants de cœur. Cela fait des années qu’ils flirtent avec les limites, jouent avec le feu, au propre comme au figuré, défient l’autorité et multiplient les provocations. Nous savions qu’un jour ou l’autre une telle sanction allait nous tomber dessus. Nous avions eu plusieurs fois beaucoup de chance de nous en tirer avec une simple amende, par exemple lors du Derby 2012-2013 à Gelsenkirchen lorsque le coup d’envoi avait dû être retardé après l’incendie du terrain par des torches et où seule l’intervention énergique de Roman Weidenfeller avait permis la bonne tenue du match. Ou lors du déplacement à Salonique en Europa League où des jets d’engins explosifs sur les forces de sécurité avaient provoqué l’intervention musclée de la police grecque. Deux exemples parmi d’autres débordements… En revanche, on ne peut être que choqué par le réquisitoire infondé et partial de la DFB. Laquelle n’a manifestement pas cherché à rendre une décision en justice basée sur la réalité des faits mais uniquement à satisfaire le tribunal médiatique qui, durant toute la semaine, a condamné le BVB à coup de titres chocs, témoignages biaisés et généralisations ubuesques dignes des partis les plus extrémistes de l’échiquier politique.

© Julien Mouquin / Génération WS

Rappel des faits

L’affaire démarre à l’Olympiastadion de Berlin lors de la dernière finale de Pokal contre le Bayern Munich. Nos ultras nous gratifient d’un spectacle pyrotechnique, maîtrisé, sans danger pour quiconque mais interdit. Comme une pareille transgression avait déjà été réalisée l’année précédente au même endroit contre Wolfsburg, la fédération ne s’est – logiquement – pas contentée d’une simple amende. Le Borussia a écopé d’une amende de 75’000€, assortie d’une fermeture de la partie inférieure de la Südtribüne pour un match de Bundesliga mais avec un sursis jusqu’au 30 mai 2017, révocable en cas de récidive. Nos ultras se sont tenus à carreau (en championnat du moins, parce qu’à Varsovie en C1 il y’avait quand même eu un gros craquage) jusqu’au déplacement à Mainz du 29 janvier dernier. Là-bas, les six torches craquées en début de 2e mi-temps nous ont fait craindre une révocation du sursis mais la DFB a affirmé que cela n’était en rien comparable aux fumigènes de la Pokal et qu’il n’y avait donc aucune raison d’ordonner la fermeture de la Südtribüne pour si peu. Dont acte.

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Le mur de la honte, vraiment ???

Que s’est-il donc passé de si terrible lors de ce fameux match contre Leipzig pour que la DFB revoie radicalement sa position ? Ce qui a frappé l’opinion, ce sont bien sûr les « attaques à coup de pierre contre des femmes et des enfants » avant le match. Parlons-en. Depuis le Treffpunkt de mon Fanclub où nous nous retrouvons avant chaque match autour d’une ou deux caisses de bières, nous avons vu défiler ce fameux cortège de fans du RB Leipzig. En fait de la joyeuse course d’école de classe maternelle décrite par les médias, comme l’a déjà relevé mon collègue Alex, nous avons surtout aperçu des jeunes mâles abreuvés de bières et de testostérones plutôt du genre agressif. Rien de choquant, on a déjà vu passé des cortèges plus teigneux à cet endroit, on se souvient notamment de Braunschweig. Mais normalement, après avoir longé le stade depuis la gare Signal Iduna Park, les Bullen auraient dû sans encombre rejoindre le côté nord où se trouve l’entrée qui leur est réservée.

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Le Rote Erde Biergarten, devant lequel se sont produits les incidents, est un endroit plutôt calme où, même un jour de Derby, fans du BVB et de S04 se côtoient pacifiquement. Sauf que là, effectivement, il y avait quelques énergumènes se réclamant du BVB décidés à en découdre qui ont produit les bagarres que l’on sait. Mais, à ce moment-là, la plupart des ultras et des fidèles de la Südtribüne étaient déjà tranquillement en train d’attendre le match puisque l’on sait que, pour avoir une place confortable dans la plus grande tribune place debout du monde, il vaut mieux arriver une bonne heure au moins avant le coup d’envoi. Dès lors, comment peut-on parler de « mur de la honte », comme l’a fait le Bild, repris pathétiquement par So foot en France, pour des incidents qui se sont produits à l’exact opposé dudit mur qui était déjà rempli par la plupart de ses fidèles, séparés des échauffourées par les contrôles de sécurité ? De la pure désinformation. Qu’il y ait eu des personnes mal intentionnées au Rote Erde samedi, personne n’en disconvient, ces gens doivent être sanctionnés – individuellement – pour les actes commis mais rien ne permet de lier ces individus à la Südtribüne : si ça se trouve certains n’avaient même pas de billet pour le match. Le réquisitoire de la DFB précise d’ailleurs que sa sanction n’est pas motivée par les bagarres d’avant-match car elles se sont produites en dehors du stade et sont donc du ressort de la justice ordinaire et non sportive.

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La punition collective

Dès lors, si les ogres mangeurs d’enfants du Rote Erde ne sont pas concernés, qu’est ce qui peut motiver la fédération à vouloir priver 25’000 personnes de leur raison de vivre ? Il y a eu un pointeur laser sur les joueurs de Leipzig. D’accord, c’est dangereux, imbécile et répréhensible mais cela arrive malheureusement toutes les semaines. Je me souviens d’un déplacement à Marseille en 2011 où nos joueurs étaient systématiquement pointés par des lasers venus du virage nord. Mais collègues en Gästeblock étaient franc fous, ils pensaient avoir identifié les coupables et, comme j’étais le seul à parler français, m’ont demandé d’intervenir auprès des stadiers pour faire expulser les coupables. On m’a répondu que ce n’était pas mon problème et que ce n’était pas assez grave pour justifier une intervention au milieu du Commando Ultra 84. D’ailleurs, je n’ai jamais entendu parler d’une tribune fermée pour un malheureux laser.

L’autre prétexte invoqué par la DFB, ce sont les banderoles de réprobation envers Red Bull et la conception du football qu’il incarne. L’immense majorité des banderoles étaient drôles, pertinentes, parfois peu amènes mais un stade de foot n’est pas un salon de thé et, si on bouclait des tribunes à chaque fois que nous sommes accueillis à l’extérieur par des « BVB Hurrensöhne », la plupart des matchs de Bundesliga se joueraient à huis clos. Que y’a t-il de répréhensible à afficher notre préférence pour la bière au Red Bull, tout en faisant référence à notre vieille tradition de capitale européenne de la bière (j’y reviendrai dans un prochain article) par rapport à une boisson énergisante importée artificiellement d’Autriche ? Est-il condamnable de rappeler à la Ligue qu’elle tolère un club, Leipzig, qui, avec ses 17 membres tous proches du big boss de Red Bull Dietrich Mateschitz, viole la règle 50+1 qui oblige les clubs allemands à être détenus en majorité par ses supporters, comme l’est le BVB par ses plus de 150’000 membres ?

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Ralf Rangnick le pyromane

La seule affiche vraiment condamnable est celle invitant la manager de Leipzig, Ralf Rangnick à aller se pendre, mais les deux responsables, un membre de The Unity et un Desperado, ont été identifiés et sanctionnés individuellement. Et, même si cela n’excuse rien, Ralf Rangnick est un pyromane avec lequel nous entretenons une longue histoire d’amour depuis son passage à Schalke 04. C’est lui qui entraînait Hoffenheim, le précurseur du RB, lorsque la sécurité du jouet de SAP avait expédié plusieurs de nos fans à l’hôpital en 2009 pour troubles auditifs en installant une sirène hautes-fréquences devant le Gästeblock pour couvrir les chants hostiles au président-mécène Dietmar Hopp. C’est lui aussi qui, au 1er tour de Pokal, avait crié au scandale après la tête de taureau mort lancée par les fans du Dynamo Dresde mais fermé les yeux sur les policiers blessés par un jet d’engin pyrotechnique d’un mioche de 15 ans fan du RB. La banderole de nos ultras était idiote : il aurait fallu se montrer plus malin que Ralf Rangnick et ne pas tomber dans sa logique de provocation arrogante, grâce aux largesses de ses mécènes Hopp puis Mateschitz, avant d’aller pleurnicher dans les médias sur les mouvements de protestations que suscitent ses clubs montés de toutes pièces. Nous lui avons malheureusement offert la tribune médiatique qu’il cherchait pour sa stratégie de victimisation.

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Quels incidents ?

Dès lors, 25’000 personnes devraient être privées de match pour un pointeur laser et une banderole, dont deux des auteurs ont déjà été sanctionnés individuellement ? Consciente de la vacuité de son réquisitoire, la DFB a tenté de l’étayer en faisant référence à des incidents antérieurs. Lesquels ? Il y a bien sûr les six fameuses torches de Mainz, qu’elle avait elle-même jugées négligeables une semaine plus tôt… La DFB a également invoqué des incidents lors du match aller à Leipzig. Sauf que ce match avait été boycotté par nos ultras. J’avais choisi de boycotter le boycott et d’aller soutenir mon équipe en Saxe, je n’ai pas souvenir de quelconques incidents en bloc visiteurs. Au contraire, mes amis plus radicaux, qui avaient choisi de suivre le boycott en assistant au match BVB II – Wuppertal, nous avaient même reproché la tiédeur de nos encouragements et de nos protestations contre Red Bull. Mais, nonobstant la performance pitoyable de nos Jungs, j’avais passé une journée plutôt agréable et même sympathisé et échangé des tournées avec des fans du RB !

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Le seul incident qui avait défrayé la chronique ce jour-là, c’était le comportement odieux des stadiers de la Red Bull Arena qui avaient contraints des supporters borussen à ôter leur maillot et à assister au match torse nu, alors même qu’ils se trouvaient en secteur neutre, normalement autorisé aux fans adverses. Le dernier match justifiant la sanction, c’est notre déplacement à Hoffenheim en décembre où nous aurions entonné des « chants abusifs ». Je n’en avais jamais entendu parler et pourtant j’étais présent aussi en Gästeblock. Il y a bien eu les habituelles protestations contre Hoffenheim, nous nous étions un peu énervés contre l’arbitre mais sinon c’était vraiment un match sans histoire ni éclat – à part l’expulsion de Marco Reus – comme il s’en joue des dizaines tous les week-ends en Allemagne. Si l’on fait l’addition de tous les actes monstrueux qui nous sont reprochés – après avoir fait abstraction des images et titres chocs de la presse – cela paraît quand même un peu léger pour fermer la plus grande tribune place debout du monde, non ? Car, non contente de révoquer le sursis, la DFB a encore alourdi la sanction en augmentant l’amende et en ordonnant une fermeture totale et pas seulement de la partie inférieure, de la Südtribüne, sous un prétexte futile.

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Le tribunal médiatique

Le problème, c’est qu’il y a eu la déferlante qui a suivi le match contre Leipzig, un vrai tribunal médiatique que ne renierait pas un candidat à l’élection présidentielle française. Même en France, dans l’Equipe ou So foot, on a lu des trucs du genre « des supporters de Dortmund lancent des pierres sur des femmes et des enfants » ou « les supporters pourris » de Dortmund. Et je te passe les titres dans la presse allemande, c’était du même acabit de caniveau, avec des témoignages édifiants de fans du RB, du style « j’étais content que notre égalisation à la dernière minute n’ait pas été validée car je ne sais pas si nous serions ressortis vivants du stade »… Grotesque, l’ambiance était certes électrique au Westfalenstadion mais, pour avoir vécu des ambiances vraiment hostiles, en Grèce, en Turquie, en Russie ou même en Allemagne, je t’assure que cela n’avait rien à voir avec ce BVB – Leipzig. Si les mecs ne sont pas capables d’affronter quelques sifflets et quolibets, il faut qu’ils demandent à leur mécène-milliardaire de créer un club de golf ou de tennis.

C’est marrant parce que cette même presse, souvent bobo gauchiste, nous rappelle, à juste titre, après chaque attentat ou manifestation qui dégénère, qu’il faut éviter les amalgames et ne pas tomber dans les généralisations, que tous les musulmans ne sont pas des terroristes et que tous les syndicalistes ne sont pas des casseurs. Les fans de football n’ont pas droit à tant d’égard ; ainsi, pour les actes isolés de quelques imbéciles, nous sommes « pourris » et « le mur de la honte ». C’est un fait que j’ai intégré depuis les longues années que j’arpente les stades : en tant que supporters de football, nous sommes des citoyens de deuxième voire de troisième classe. Nos libertés fondamentales garanties par la Constitution et la Déclaration des Droits de l’Homme sont retreintes dans des proportions qui seraient inacceptables pour n’importe quelle autre catégorie de la population : liberté de mouvement, liberté d’expression et d’exprimer une vision du football, liberté de réunion, liberté de conscience et de croyance puisque le football est pour beaucoup d’entre nous une affaire de foi et maintenant liberté de culte puisqu’on veut nous priver de ce qui constitue notre messe hebdomadaire… Tout ça pour quoi ? Parce qu’on veut vivre notre passion et qu’on a choisi de porter un maillot d’une certaine couleur sur le dos et que parfois, très rarement, certains d’entre nous (ou se réclamant des nôtres sans en être vraiment) dérapent. La punition collective.

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La guerre des images

Au final, ce n’est pas tellement la perspective d’être privé d’un match au Westfalenstadion – et encore je crois que mes abonnements en Südost ne sont pas concernés par la sanction de la DFB – qui m’énerve mais c’est l’instrumentalisation qui est faite des incidents du match contre Leipzig. Car, derrière la tempête médiatique et la campagne de désinformation menées cette semaine, ce sont bien deux visions du football qui s’affrontent autour de l’abolition ou non de la clause 50+1, débat qui fait rage actuellement en Allemagne. Le BVB et Leipzig sont les deux chefs de file des clans rivaux. D’un côté, ceux qui sont attachés à un football populaire, romantique, ancré sur des valeurs et des traditions, de l’autre une vison consumériste, événementielle, élitiste de notre sport favori. L’abolition de la clause 50+1 que prône Leipzig et que combat farouchement le Borussia permettrait la prise de contrôle des plus beaux joyaux de la Bundesliga, les fameuses Traditionsvereine, par des capitaux étrangers et de transformer le championnat allemand en Premier League bis, un business entre clubs de milliardaires et investisseurs se jouant dans des stades sans âme remplis de touristes et de VIP vidés des classes populaires à coup de tarifs prohibitifs. En montant en épingle les incidents du Westfalenstadion, Leipzig et ses partisans cherchaient donc avant tout à décrédibiliser notre mouvement pour défendre un football populaire et traditionnel et à le ramener à un combat de hooligans passéistes abreuvés de bières et de violence. Et vu dont la manière dont les choses ont été présentées, ils n’ont pas raté leur coup : la DFB s’est vue contrainte à prendre une sanction exemplaire destinée à frapper les esprits en fermant la plus grande tribune places debout du monde. Assurément, le colossal mur vide et les méchants supporters punis en train de manifester à l’extérieur, cela donnera des images chocs qui ne manqueront pas de faire le tour du pays, pendant qu’on nous montrera des vues d’enfants souriants, sirotant leur Red Bull dans la si mirifique et si gentille Red Bull Arena. Sans tomber dans des théories complottistes de bas-étage, on relèvera que le tabloïd Bild, à l’origine de cette gigantesque campagne de désinformation, appartient au groupe Axel Springer, un acteur clé dans l’attribution des droits TV en Allemagne. Le quotidien le plus lu outre-Rhin a toujours été réputé comme très proche du Bayern Munich, lui-même favorable à l’abolition de cette clause 50+1 et soutien déclaré du RB Leipzig, puisque les patrons Hoeness et Mateschitz viennent de se lancer ensemble dans un gigantesque projet de construction de halle multifonctionnelle pour accueillir les équipes de hockey du Red Bull Munich et de basket du Bayern Munich.

© Julien Mouquin / Génération WS

Le mur jaune

On ne va pas se voiler la face : il y a des tensions actuellement en tribunes à Dortmund et ce depuis que le club est revenu au sommet avec l’apparition de nombreux Modefans. Un reportage diffusé l’automne dernier sur la chaîne WDR estimait que jusqu’à 10% des tribunes pouvaient être occupées par des spectateurs ayant acquis leur billet illégalement. Dans ce contexte, le club ne contrôle plus vraiment qui se trouve vraiment dans les tribunes et dès lors il y a actuellement une vraie lutte pour prendre le contrôle des tribunes, encore renforcée par l’émergence récente du groupe 0231 Riot, probable résurgence de l’extrémiste Borussenfront. Il faut donc que le BVB reprennent les choses en main, tant pis si cela doit passer par des contrôles plus longs aux entrées, pour chasser les indésirables, les apôtres de la violence ou les touristes opportunistes avec leur billet acheté illégalement à 150€. Au final, peu importe si la sanction de la DFB sera confirmée ou non, si le club accepte la sanction pour éviter d’échauffer encore les esprits ou décide de défendre ses droits légitimes, on y survivra. Mais il importe de retrouver un stade et une Südtribüne unifiés et pacifiés, des fans tous réunis par une seule passion, fiers de nos valeurs, de nos traditions, de notre Histoire, de notre patrimoine. Pour qu’on n’entende plus jamais parler de « mur de la honte » mais pour qu’à la fin brille tout simplement et pour l’éternité le mur jaune !

Julien Mouquin

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Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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