C’est le plus grand et célèbre parc de Dortmund, identifiable de loin à la ronde par la Florianturm et ses 220 mètres de hauteur qui s’élève en son sein : le Westfalenpark. Situé juste en face du stade homonyme, le Westfalenpark s’étend sur 70 hectares et constitue l’un des lieux de villégiatures préférés des Dortmundois.

Je l’avais déjà relevé en parlant de la Kokerei Hansa et du Hansemarkt : à Dortmund, on manque parfois d’imagination lorsqu’il s’agit de trouver des dénominations pour des noms de rues, places ou lieux. Le Hansa est ainsi utilisé à toutes les sauces pour rappeler le passé de ville hanséatique de Dortmund. L’autre nom en vogue, c’est Westfalen. La Westphalie, soit la région où se trouve Dortmund. Enfin, plus ou moins.

Car les contours de la Westphalie ont plusieurs fois changé au cours des siècles, entre le Duché de Westphalie, le Cercle du Bas-Rhin-Westphalie du Saint-Empire, le Royaume de Westphalie de la Confédération du Rhin ou la province prussienne de Westphalie. Ainsi, la ville libre et hanséatique de Dortmund s’est parfois retrouvée en Westphalie, parfois non. Aujourd’hui, Dortmund se trouve dans le Land de Rhénanie du Nord-Westphalie mais c’est un Land qui couvre une surface bien plus grande que la Westphalie historique, englobant des régions comme la partie ouest de la Ruhr, Essen, Duisburg, le Rhin, Cologne, Düsseldorf et toute la rive gauche du Rhin jusqu’à la frontière hollandaise Mönchengladbach, Aachen qui n’ont rien de westphaliennes…

A l’inverse, des parties des anciennes Westphalies historiques appartiennent aujourd’hui à d’autres Länder comme Osnabrück ou Göttingen en Basse-Saxe ou Magdeburg ou Halle en Saxe-Anhalt de l’ex-RDA puisqu’à certaines époque la Westphalie s’étendait jusqu’à l’Elbe. Nous avons tous quelques vagues souvenirs scolaires du traité de Westphalie qui, en 1648, a redessiné la carte de l’Europe : celui-ci a été signé à Münster (aujourd’hui en Nordrhein-Westfalen) et Osnabrück (désormais en Niedersachsen). Enfin, bref, Dortmund doit être considérée comme une ville westphalienne, tout au sud de la Westphalie et cela justifie que la ville use et abuse du Westfalen pour nommer quelques-uns des lieux emblématiques de la cité.

Du Westfalen en veux-tu, en voilà !

Il y a d’abord Westfalenhütte : il s’agit du gigantesque complexe minier et sidérurgique des industries Hoesch au nord de Dortmund, d’où le BVB est issu : en effet, tous nos membres fondateurs travaillaient à Westfalenhütte et notre club favori est né dans les quartiers d’habitation des ouvriers des usines Hoesch. Mais c’est aussi l’extension de Westfalenhütte sous le IIIème Reich en 1937 qui a contraint le Borussia à s’exiler de son quartier nord natal vers le sud de la ville, vers son emplacement actuel du Rote Erde puis du Westfalenstadion. Je pense qu’il est inutile de présenter l’antre du BVB.

Juste au nord de celui, se trouvent les Westfalenhallen, à la fois palais des congrès, parc des expositions, lieu d’assemblées générales (dont celle du BVB) et salles de concert, symbolisées notamment par l’autre U qui orne l’une des halles. Et puis il y a la Westfalendamm, là où se trouve le siège du Borussia Dortmund : il s’agit de la portion dortmundoise de la célèbre Bundesstraße 1, la route qui traverse l’Allemagne d’ouest en est, d’Aachen à la frontière hollandaise à Küstrin-Kietz aux confins de la Pologne. Et qui traverse le sud de Dortmund, juste au nord du Westfalenstadion, là où nous avions célébré le Meisterschale 2011. Et enfin, même si j’en oublie quelques-uns, il y a le Westfalenpark.

Florianturm

Il est difficile de rater le Westfalenpark car c’est au milieu de celui-ci que se dresse la Fernsehturm (tour de télévision) de Dortmund, la Florianturm.

Il s’agit du plus haut bâtiment de la ville, avec ses 220 mètres de hauteur, mais je t’en parlerai une autre fois. Pour trouver le Westfalenpark, il suffit donc de viser la Florianturm. Le parc se trouve en face du stade, à l’est, de l’autre côté de la Ruhrwaldstraße, le tronçon de la Bundessstraße 54 qui mène de la sortie Dortmund-Süd de l’A45 au centre-ville. Il est situé le long de la rivière Emscher qui poursuit ensuite sa course en direction du stade.

Pour aller du Westfalenstadion au Westfalenpark, il suffit donc de prendre l’un des ponts qui enjambe la B54, c’est moins de dix minutes à pied. Le parc est donc l’endroit idéal pour ceux qui veulent se ressourcer un peu dans la verdure (ou prendre un premier apéro…) avant d’entamer la tournée des Biergarten puis le match.

Westfalenpark

Le Westfalenpark a été créé à l’occasion d’une exposition florale en 1959. A la base, il s’agit de l’ancien site minier de la Zeche Am Busch. Après la fin de l’exploitation de la houille, l’endroit a accueilli deux parcs de plus petites dimensions, le Kaiser-Wilhelm-Hains et le Buschenmühle, une décharge et des jardins familiaux. Puis tout a été regroupé il y une soixantaine d’années pour former le parc actuel de 70 hectares. L’entrée au parc est normalement payante (entre 2 et 3,50 euros selon l’horaire) mais parfois c’est gratuit.

 Comme tout parc, c’est avant tout un lieu de verdure. La végétation est moins exubérante et moins sauvage qu’au Rombergpark situé quelques centaines de mètres plus loin, tout est ordonné et parfaitement taillé, avec des massifs bien délimités. Au milieu du parc, il a y a un rosarium avec plus de 3000 sortes de roses. Au hasard de nos pérégrinations, nous sommes mêmes tombés sur un Strauchrose baptisé BV Borussia en l’honneur de Flemming Povlsen, qui formait le duo d’attaque du club aux côtés de Stéphane Chapuisat au début des années 1990, champion d’Europe en 1992 avec le Danemark.

A Dortmund, le BVB n’est jamais très loin, même dans les massifs de fleurs ! On notera d’ailleurs que la verrière qui orne les serres a servi de modèle à celle de l’Olympiastadion de Munich, ce stade qui est devenu notre stade fétiche des années 1990 : en 1995, c’est la victoire du Bayern Munich à l’Olympiastadion contre Brême qui nous a permis de dépasser le Werder à la dernière journée et de remporter le premier Meisterschale de l’ère Hitzfeld ; l’année suivante, nous y remportions un deuxième titre consécutif après une victoire contre 1860 München. Et bien sûr, le jour de grâce du 28 mai 1997, cet Olympiastadion construit sur le modèle de la verrière du Westfalenpark était le théâtre de notre triomphe en Königsklasse contre la Juventus.

Neven Subotic ist dabei !

A part des roses, le Westfalenpark accueille des lacs et bassins, dédiés soit à la faune et la flore aquatiques soit aux sports nautiques. Le premier bassin après l’entrée est lui le royaume des flamands roses.

On y trouve également des places de jeu, des terrains de beach-volley, un terrain de football, des pistes de pétanque, deux théâtres de poupée, un corps de ballet, une maison de protection de la nature…

Pour les plus paresseux, il est possible de faire le tour du parc soit avec un petit train touristique dont les rails serpentent aux milieux des fleurs et des arbres ou, pour une vue plus aérienne, un télésiège.

Il y a de nombreux bars, une discothèque et, évidemment,  un Biergarten. Mais, sacrilège, on y vend de la bière munichoise, la Spaten, elle est excellente mais à Bierstadt Dortmund cela fait quand même un peu tache. Enfin, le Westfalenpark accueille plusieurs bornes permettant de faire un don en faveur de la fondation de Neven Subotic, dont le but est d’amener de l’eau aux populations défavorisées d’Ethiopie. L’ancienne idole du Westfalenstadion au cœur du Westfalenpark !

Et puis, comme nous sommes à Dortmund, on échappe rarement au passé industriel de la ville: au milieu de la verdure, nous distinguons le silo Hoesch et le haut-fourneau de Phoenix-Ost, le contraste est garanti.

Evénements

Il y a donc largement de quoi s’occuper au Westfalenpark en temps normal. Mais tout au long de l’année, celui-ci accueille également de nombreux événements. Le festival de Schlagerparade Dortmund Olé se déroulait au Westfalenpark avant de migrer au nord, au parc de Wischlingen.

En revanche, le très éclectique festival Juicy Beats accueille chaque fin de mois de juillet plus de 50’000 personnes au Westfalenpark sur deux jours avec 6 scènes et 14 dance-floors. En juillet et en septembre également, cinq grands concerts sont organisés sur la Festwiese, la place de fête du parc. Mais ce n’est pas tout : il y a également des marchés, des brocantes, un cinéma open-air, une fête des roses, une fête d’Halloween, une course populaire pour entreprises qui traverse le Westfalenstadion avant de se terminer au Westfalenpark…

Nous sommes même tombés une fois (complètement fortuitement, je le précise) sur la plus grande convention de Pokémon Go d’Europe. Mais c’était un peu flippant de voir ces espèces de zombies avec leurs casquettes et ballons Pikachu sa balader au milieu de cette belle nature les yeux rivés sur leur portable, on ne s’y était pas éternisé. Et puis le clou des célébrations au Westfalenpark, ce sont les illuminations qui ont lieu deux fois par année, une à la fin de l’été et une autre juste avant Noël.

Toutes les allées se parent de jeux de lumières, des vieux carrousels sont montés, il y a bien sûr de la bière partout (et de la Brinkhoff’s cette fois !) et cela se termine par un gigantesque feu d’artifice. Le Westfalenpark est donc un endroit qui parle au cœur de tous les Dortmundois et qui mérite une fois ou l’autre un très bref détour depuis le Westfalenstadion.


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