Comme annoncé dans les articles précédents, au sein de notre rédaction, nous ne sommes pas tous du même avis par rapport au boycott à Leipzig. Bien qu’on m’ait gentiment proposé un billet, je l’ai refusé car j’ai pris la décision de suivre le boycott pour trois raisons. La première est que je suis, comme tout fan de football allemand, totalement contre le projet mené à Leipzig. La deuxième, c’est que mon combat contre Redbull dépasse totalement le football. Je suis contre leurs produits qui selon moi nuisent à la santé des gens et que je qualifie de poison (je n’ai pas bu de Redbull depuis 2007 !). La dernière, mon budget ne me permet pas de faire tous les matchs à l’extérieur et j’ai donc décidé d’éjecter les déplacements comme Leipzig, Wolfsburg, Hoffenheim et Ingolstadt, qui sont peu attractifs pour un traditionaliste comme moi. Je me suis donc rendu au Rote Erde pour le match de la réserve et pour écouter le match des Profis à la radio. Récit d’une journée tranquille qui a tourné au cauchemar…


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Apéro au Strobels

10h45, j’enfile mon maillot pour aller rejoindre l’éternel étudiant de la Ruhr-Universität de Bochum (Quentin, que t’aura l’occasion de lire sur ce site) à Dortmund Hauptbahnhof. Sur le chemin, je me suis fait aborder plusieurs fois pour me demander si le Borussia jouait aujourd’hui. « Je n’aime pas le football, mais je suis très attaché au BVB, je le suis de loin. C’est la fierté de notre ville » me dit un germano-turc habitant dans mon quartier. C’est ce qui arrive chaque jour de match à Dortmund si tu portes un maillot. Ici tout le monde aime le BVB, même les non-fans de football !

Afin d’anticiper le monde et les longues files attente, nous sommes arrivés au stade 2h45 avant le début du match, le temps de boire une première bière au Strobels et de parler des prochains matchs. J’avais le pressentiment que les Amateure allaient faire 0-0 et que Leipzig allait marquer le but de la victoire dans le temps additionnel après un non-match de nos Jungs (Véridique…). Midi sonne, c’est l’heure de l’ouverture des caisses. Quelques 300 personnes se tiennent devant celles-ci. C’est toujours un plaisir de retrouver mon Biergarten/Stade du Rote Erde (Qui a dit que les stades d’ancienne génération ne pouvaient pas être multi-fonction ?) adoré et de manger une Bratwurst mit Brötchen. Deux même…

@ Alexandre Fatton / Generation WS

© Alexandre Fatton / Generation WS

Auf geht’s Amateure und Scheiss Redbull

Le hasard a voulu que le peu d’articles « Au stade » que j’ai écrit concernaient des matchs dans un stade à piste d’athlétisme. J’ai l’habitude de me placer juste au dessus des Ultras. Avec un angle de vue bas en raison du terrain éloigné, impossible pour nous de voir le jeu avec les drapeaux. Je ne vais donc pas parler d’analyse technique mais ça devient une habitude avec moi.

Nous étions environ 7000 à s’être entassés dans le vieux stade prédécesseur du Westfalenstadion pour suivre le duel entre deux Traditionsverein. Les Ultras du BVB ont préparé une animation de protestation sous forme de jeu de quilles avec des canettes de boisson énergisante géante aux couleurs de la firme Autrichienne. Les Wuppertaler, qui se sont déplacés en nombre, nous ont afficher tout leur soutien avec des banderoles anti-RB, après quelques insultes à notre égard évidement (Obligatoire dans un match avec rivalité). Il n’ont apparemment toujours pas digéré le titre de champions de Regionalliga et la promotion en 3.Liga qu’on a fêté sur leur terrain en 2012.

Comment décrire ce match ? Sur le terrain il ne s’est rien passé, aucune occasion de part et d’autre et donc un 0-0 logique. Évidemment une très bonne ambiance et c’était également une bonne dose de football romantique dans un ancien stade plein, un Biergarten derrière la tribune, des grands arbres dans le stade qui nous faisaient de l’ombre, des enfants avec des petits drapeaux qui imitaient leurs aînés, eux avec les drapeaux géants, pendant que d’autres enfants jouaient à la balle devant la tribune sans se soucier du match. C’était un grand moment de nostalgie pour moi, qui me rappelle mon enfance lorsque j’allais voir des matchs dans le mythique stade du FC Serrières, dont les gardiens étaient entraînés par mon grand-père. Aujourd’hui, le stade a été démoli pour l’extension d’une célèbre fabrique de cigarettes et le club a disparu suite à la fausse fusion avec le grand Neuchâtel Xamax après un scandale financier. Saleté de foot business…

© Alexandre Fatton

© Alexandre Fatton

Match des professionnels à la radio

Après le match des Amateure, nous avons profité du battement jusqu’au match de l’équipe première pour aller nous ravitailler en eau et boissons non alcoolisées dans une station non loin du stade afin de ne pas tomber sous cette chaleur peu supportable. Nous sommes arrivés pour la fin de la conférence de Bundesliga de la radio Sport 1 avec une pluie de « Tor », dont un inscrit par l’ancien chouchou du Westfalenstadion, Julian Schieber, ce qui a fait sourire beaucoup de monde ! La manifestation était organisé par le Fan-Projekt. Il y avait diverses animations comme des tirs dans un but ou un jeu de quilles avec un logo du RB Leipzig. C’était un peu de la propagande anti-Redbull pour les jeunes, mais c’était pour la bonne cause et ils s’en donnaient à cœur joie ! Il y avait également une récolte de fonds, afin de les reverser au football amateur à Leipzig et à l’Austria Salzburg, ceux qui combattent directement les projets de Redbull en somme. J’ai fièrement fait un généreux don !

Un groupe d’animateurs, qui n’ont pas hésité à nous souhaiter la bienvenue dans le « zweite schönste Stadtion der Welt », était la pour faire passer le temps jusqu’au coup d’envoi. Quelques interviews des initiants de l’action et même une d’Hendrik Bonmann, gardien emblématique de la réserve du BVB. À l’heure du match, mon colloc’ et son groupe d’amis nous ont rejoint pour vivre le match ensemble. Mais à vrai dire, écouter un match à la radio c’est tellement stressant qu’on n’y a pas vraiment fait attention et on a parlé de tout et de n’importe quoi, surtout la pizza qui nous attendait. Mais vient le coup de massue à deux minutes de la fin alors que nous pensions qu’un triste match nul était déjà acquis. Cette ouverture du score  a  assommé les 800 personnes présentes pour écouter le match. Cette journée s’est passée exactement comme je l’avais prédit au Strobels. L’envie est venue à Quentin d’aller taper dans les canettes géantes du tifo de l’après midi, mais les Ultras présents s’en sont donnés à cœur joie et les ont brûlées.

© Alexandre Fatton / Generation WS

© Alexandre Fatton / Generation WS

Entre dégout et haine contre le géant Autrichien

Dans le U-Bahn direction notre pizzeria favorite (L’Osteria, on en reparlera dans un article avec les meilleures adresses), nous avons tenu différentes théories à chaud, évidement peu objectives. Mais notre haine contre les taureaux a doublé voir même triplé. En arrivant, la Friendenplatz était bondée à cause d’une manifestation . Hélas, c’était un concert de hippie sponsorisé par……. Redbull. Heureusement que nous avons oublié d’acheter des autocollants « Nein zu RB » en vente au stade, car sinon on ne se serait pas gênés pour recouvrir la voiture aux couleurs du géant qui se trouvait au milieu de la place. Bref, un jour noir pour notre Borussia…

Alexandre Fatton

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Alexandre Fatton

"Être supporter du Borussia Dortmund, Ça se mérite. Il faut avoir une histoire à raconter. Tu ne le deviens pas du jour au lendemain."

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