Une fois n’est pas coutume, nous parlons aujourd’hui d’un match ennuyeux. Une rencontre écrasée par la chaleur, sans grand rythme, pliée en moins de vingt minutes face à un adversaire de deuxième division qui n’avait absolument pas les armes pour revenir. Mais c’est notre première Coupe d’Allemagne et le point de départ de notre épopée en Coupe d’Europe des vainqueurs de Coupe ponctuée par la victoire finale contre Liverpool.

Le contexte. La Coupe d’Allemagne a été créée en 1935 mais le BVB a dû attendre 1963 pour jouer sa première finale. Mais, champion d’Allemagne, le Borussia n’avait pu réussir le doublé en s’inclinant 0-3 à Hanovre contre le SV Hambourg d’Uwe Seeler. Le BVB reçoit une deuxième chance en 1965 et cette fois les perspectives de succès sont bien meilleures. Le Bayern Munich ne faisait même pas partie des 32 qualifiés pour la compétition et un petit club de Regionalliga, Mainz, a bien déblayé le tableau en sortant le tenant du titre, München 1860, et le champion d’Allemagne, Werder Brême. Le vice-champion d’Allemagne, le 1. FC Köln, est lui sorti dès le premier tour à Nürnberg. Le BVB, troisième de la Bundesliga cette année-là, fait donc figure de favori. Nos Borussen sortent deux adversaires de séries inférieures aux premier et deuxième tours, Preuβen Münster et Tennis Borussia Berlin (à chaque fois 1-2 à l’extérieur). En quarts, le BVB se déplace chez un autre pensionnaire de Bundesliga, Eintracht Braunschweig, et s’en sort avec une victoire 0-2. En demi-finale, nous avons enfin la chance de jouer au Rote Erde, contre le 1. FC Nürnberg. Nos Jungs démarrent très forts : Lothar Emmerich et Timo Konietzka nous permettent de mener 2-0 après sept minutes ! Der Club parvient à égaliser à 2-2 à la 65e. Mais deux buts en trois minutes de Reinhold Wosab et Timo Koneitzka assurent la qualification (4-2) pour la deuxième finale de Pokal de l’Histoire du BVB.

En finale, nous aurions pu et dû avoir un Revierderby : Schalke 04 menait en effet 3-1 en demi à l’heure de jeu sur la pelouse d’un pensionnaire de Regionalliga West (l’un des groupes de deuxième division de l’époque), l’Alemannia Aachen. Mais nos rivaux d’Herne-West sont d’éternels losers (ils finiront d’ailleurs derniers de Bundesliga cette année-là, sauvés de la relégation uniquement par l’augmentation du nombre d’équipes de 16 à 18). Ils se font remonter à 3-3 et finissent par perdre 4-3 en prolongations ! Le BVB joue donc sa deuxième finale de Pokal contre un adversaire de Regionalliga, l’occasion rêvée d’ouvrir notre palmarès dans cette compétition. Le Borussia retrouve le Niedersachsenstadion d’Hanovre, dans lequel nous avions remporté le Meisterschale en 1957 (4-1 contre Hambourg) mais perdu la Pokal 1963 (0-3, toujours contre Hambourg). Pour l’occasion, la DFB-Pokal inaugure un nouveau trophée : l’ancien, la Goldfasenen-Pokal, rappelait un peu trop la symbolique nazie. Et donc, en 1965, un nouveau trophée a été fabriqué, c’est la Pokal actuelle.

Le but. Notre capitaine, Alfred Schmidt, avait très envie d’être à jamais le premier à soulever le nouveau trophée. C’est en effet lui qui va montrer la voie à suivre. On jouait depuis moins de dix minutes et la défense d’Aachen veut jouer le hors-jeu. Très mal. La passe de Timo Konietzka trouve Aki Schmidt, complètement esseulé. Notre capitaine lobe facilement le gardien Prokop et ouvre le score.

Le match. Il faisait chaud, très chaud ce jour-là sur la Basse-Saxe. La nuit précédant le match les joueurs avaient eu du mal à trouver le sommeil. Plusieurs joueurs d’Aachen ont été incommodés par la chaleur. En ouvrant le score, le BVB avait sans doute fait le plus dur. Et ce d’autant plus qu’après seulement 18 minutes, Lothar Emmerich double la mise. Le plan de jeu d’Aachen était de tenir le 0-0 le plus longtemps possible, c’était bien raté. Assommé par ces deux buts précoces et par la chaleur, le pensionnaire de Regionalliga n’avait absolument pas les armes pour revenir et menacer un adversaire d’une catégorie supérieure. Pendant les 70 dernière minutes restantes, le Borussia s’est contenté de gérer son avance et les 55’000 fans se sont ennuyés ferme. Aki Schmidt s’est est excusé : « Cette finale était un vrai match de m… Clairement. Nous nous sommes plus tard excusés auprès de nos fans qui avaient fait le déplacement. Mais ce n’était pas possible de faire autrement. Aachen était trop faible, nous avions marqué deux buts rapides et cela avec cette canicule brûlante. C’était incroyablement chaud. Tu pouvais à peine courir dix mètres et ensuite tu devais récupérer. » Donc pour le suspense et les émotions, cette finale n’a pas marqué les esprits. Mais, à la fin du match, c’est bien notre capitaine Alfred « Aki » Schmidt qui est devenu le premier joueur à soulever le nouveau trophée de la Coupe d’Allemagne, la première victoire du BVB en DFB-Pokal.

 

La suite. Dans son Histoire, le BVB a disputé neuf fois la finale de la Pokal : quatre ont été gagnées (1965, Aachen, 1989, Werder, 2012 Bayern et 2017 Francfort), cinq perdues (1963 Hambourg, 2008 Bayern, 2014 Bayern, 2015 Wolfsburg, 2016 Bayern). Mais surtout cette finale remportée contre l’Alemania Aachen nous a ouvert les portes de la Coupe d’Europe des vainqueurs de Coupe, ce qui nous a permis de remporter la première Coupe d’Europe de notre histoire contre Liverpool.

Le héros. Aki Schmidt nous a quittés le 11 novembre 2016, à l’âge de 81 ans. A cette occasion, nous lui avions rendu un hommage mérité. Ce fils d’ouvrier du complexe Phoenix d’Hoesch à Hörde, à proximité du stade, a joué plus de 300 matchs pour le Borussia Dortmund. C’est le seul joueur à avoir connu tous les premiers grands succès de l’Histoire du BVB : les trois premiers titres en 1956, 1957 et 1963, la première Pokal en 1965 et la première Coupe d’Europe en 1966. Legende !

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