Le 5 mai 1966, le Borussia Dortmund devient le premier club allemand à remporter une Coupe d’Europe. Celle des vainqueurs de Coupe, contre le grand FC Liverpool de Bill Shankly au terme d’une finale d’anthologie, remportée en prolongations grâce à un but d’une légende de… Schalke 04.

Le contexte. Le BVB dispute la première finale de Coupe d’Europe de son Histoire, la Coupe d’Europe des vainqueurs de Coupe. Jamais jusque-là un club allemand n’a remporté la moindre Coupe d’Europe, les deux premières tentatives s’étant soldées par des échecs en finale : Francfort en 1960 (C1, 3-7 contre Real Madrid) et 1860 München (C2, 0-2 contre West Ham United).
Le match a lieu au stade d’Hampden Park à Glasgow et l’adversaire n’est autre que le grand Liverpool qui survole le football anglais. L’entraîneur Bill Shankly est tellement sûr de la victoire des siens qu’il déclare avant le match n’avoir pas pris la peine de visionner son adversaire en finale, vu qu’il ne se souciait que de l’ampleur de la victoire de ses invincibles Reds et qu’il n’y avait que deux bonnes équipes en Angleterre : la première équipe de Liverpool et la deuxième équipe de Liverpool.

Le match. Glasgow, cela représentait un sacré déplacement en 1966 et seuls 4000 Borussen (contre 20’000 Scousers) ont pu accompagner leur équipe à Hampden Park. Cela n’empêche pas nos Jungs d’alors de livrer un véritable morceau de bravoure contre l’invincible Liverpool. Le BVB se bat avec les qualités de cœur et de combat qu’on lui connaît. L’équipe est presque exclusivement composée de joueurs de la ville, fils de mineurs ou eux-mêmes passés par la mine ou l’usine avant de se consacrer au football. Le gardien Hans Tilkowski multiplie les parades, le défenseur Redder sauve sur sa ligne. Et, à cinq minutes de la fin, le Borussia place une première banderille mais Siggi Held échoue in-extremis. Mais, à la mi-temps, le score est toujours de 0-0, bien loin du match à sens unique promis par Shankly. Mieux même : après deux nouveaux sauvetages d’Hans Tilkowski et de Wilhelm Sturm, le BVB ouvre le score à l’heure de jeu : Siegfried Held ouvre le score sur une volée après une belle ouverture du buteur Lothar Emmerich. Mais cet avantage ne tiendra que sept minutes. Liverpool égalise sur une erreur d’arbitrage : en effet, la balle était sortie sur le centre de Peter Thompson pour le but égalisateur de Roger Hunt. Malgré les protestations véhémentes des Borussen, l’arbitre français Pierre Schwinte accorde le but. Malgré une nouvelle chance pour Milne côté Scousers et Emmerich côté Borussia, plus rien ne sera marqué : il faut jouer les prolongations. La motivation des Jungs est encore décuplée, si besoin était, par l’injustice de ce but non valable accordé aux Reds. Dans la première prolongation, Tilkowski va cueillir une balle qui prenait le chemin de la lucarne. Fin de la première prolongation, tout reste à faire.

 

Le but. Alfred Schmidt lance de quarante mètres Siggi Held qui part seul au goal mais se heurte à la sortie du gardien Lawrence. Le ballon revient sur Reinhard Libuda, sur le côté droit, à plus de 25 mètres du goal. Stan tente un lob improbable en direction du but vite, le ballon ricoche sur le poteau puis sur la cuisse du stoppeur Ron Yeats qui ne peut que l’accompagner au fond des filets. Comme en finale de la Ligue des Champions trente et un ans plus tard, le BVB l’emporte sur un goal improbable.

La suite. Le capitaine Wolfgang Paul soulève la Coupe d’Europe des vainqueurs de Coupe, la première victoire européenne d’un club germanique. A leur retour de Glasgow, les Helden von 1966 sont fêtés par des dizaines de milliers de fans qui se massent le long des routes depuis l’aéroport de Cologne. A jamais les premiers. Aber eins, aber eins !


Le héros. Si tu veux rendre hommage à celui qui a donné au BVB sa première Coupe d’Europe, évite de porter un maillot schwarz-gelb. Car la Stan-Libuda-Weg se trouve à Gelsenkirchen et mène à la Veltins-Arena. En effet, Reinhard « Stan » Libuda (surnommé ainsi car son aisance dans le dribble rappelait le légendaire Stanley Matthews), s’il est un héros du BVB, est avant tout une légende de… Schalke 04. C’est en effet avec les Blauen qu’il effectue des juniors et ses débuts professionnels. Il ne vient au BVB qu’en 1965. C’était un joueur de couloir, parfois défenseur mais utilisé en attaque à Dortmund, dribbleur redoutable. C’était un artiste, pas toujours constant, mais ses dribbles étaient la garantie du spectacle. Un joueur d’instinct, insaisissable. « Personne n’a jamais passé Dieu – sauf Libuda » afficha un jour l’Eglise évangélique de Dortmund-Scharnhorst. Il n’est resté que trois saisons, inscrivant dix buts dont l’un des plus importants de l’Histoire du club.

Mais son vrai amour, c’est toujours resté Schalke (hélas…). Il y retournera en 1968 et sera tout proche d’amener les Blauen au titre en 1972. Mais, comme d’habitude, les éternels losers rateront la dernière marche en perdant 5-1 le match au sommet contre le Bayern lors de la dernière journée, alors que les deux équipes n’étaient séparées que d’un seul point. Il se consolera en gagnant la Pokal la même année avec les Blauen contre Kaiserslautern. Il prendra sa retraite en 1976, toujours à Schalke (après une nouvelle infidélité d’un an à Strasbourg en 1972-1973) et nous quittera le 25 août 1996 sur un problème cardiaque. Mais ce n’est point ici que tu liras un long panégyrique d’une légende des Knappen. Qui a eu toutefois le bon goût de passer l’espace de trois saisons du bon côté du Ruhrpott pour nous offrir cette première victoire en Coupe d’Europe.

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