Ce jour-là, tout le peuple königsblau rêvait de faire perdre le titre au Borussia Dortmund. C’est l’inverse qui s’est produit : alors qu’il ne comptait que trois points d’avance sur le Bayern Munich quatre jours auparavant, le BVB a quitté la Turnhalle d’Herne-West avec un avantage de huit points sur le Rekordmeister. A trois matchs de la fin… C’est dire si le but victorieux de notre capitaine, Sebastian Kehl, tout un symbole, a définitivement assuré notre Meisterschale.

Le contexte. Au printemps 2012, le BVB et le Bayern Munich se livrent à une lutte à couteaux tirés pour le titre de Champion d’Allemagne. Du côté de Gelsenkirchen, on observe ce duel au sommet de loin, de très loin même. Mais les Blauen ont une petite idée derrière la tête : ils ont observé le calendrier et constaté que le Borussia serait en visite à la Veltins Arena à quatre journées de la fin de la saison. Dès lors, ils n’ont plus qu’une idée en tête : espérer que le BVB n’arrive qu’avec une avance minime sur le Bayern à Herne-West et nous faire perdre le Meisterschale dans leur Turnhalle, pour se venger du titre que nous leur avions fait perdre au profit de Stuttgart en 2007 lors de l’avant-dernière journée au Westfalenstadion. Sauf que, quatre jours avant le Revierderby, le BVB prend six points d’avance en remportant le Giganten-Gipfel contre le Bayern, grâce à la talonnade de Lewandowski et au miracle de Weidenfeller sur le pénalty de Robben. C’est donc avec un joker que Dortmund débarque à Herne-West mais les Blauen sont bien décidés a quand même tenter de faire rebondir une dernière fois cette Bundesliga 2011-2012. Pour l’honneur.

Le match. Les héros sont fatigués. Après la méga-fête qui avait suivi la victoire contre le Bayern quatre jours plus tôt, supporters et joueurs borusse débarquent encore un peu convalescents à Herne-West. Les Blauen sont très agressifs en début de match et le Péruvien Jefferson Farfan ouvre le score après 9 minutes. La Bundesliga 2011-2012 peut-elle encore nous échapper ? Que nenni. Lukasz Pisczczek ne met que huit minutes à remettre les pendules à l’heure et égaliser d’une merveille de volée croisée dans un angle impossible. Le match est un combat acharné, un vrai Revierderby. Schalke est tout près de reprendre l’avantage, Huntelaar tire à côté, au-dessus, Hummels sauve miraculeusement sur la ligne, les Blauen sont bien décidés à ne pas dérouler le tapis rouge au Borussia vers le Meisterschale.

Le but. On a dépassé l’heure de jeu lorsque le BVB obtient un corner. Ilay Gündogan tire au premier poteau, Sebastian Kehl rate sa déviation de la tête mais, après un contre sur un défenseur adverse, le balle revient dans les pieds de notre capitaine qui marque à bout portant. Dortmund tient sa victoire et ne la lâchera plus (1-2). Schalke rêvait de nous faire perdre le Meisterschale, nous quittons la Veltins-Arena avec huit points d’avance à trois matchs de la fin puisque le Bayern s’est fait accrocher par Mainz dans le même temps. Les « Deutscher Meister ist nur der BVB » résonneront longtemps dans la Turnhalle.

La suite. La semaine suivante, le BVB assurera définitivement le Meisterschale en battant le Borussia Mönchengladbach de Lucien Favre. Et, deux semaines plus tard, après une victoire 4-0 contre Freiburg, notre capitaine Sebastian Kehl se verra remettre le Meisterschale- Une revanche : lors de la saison 2010-2011, Basti avait été absent durant presque toute la saison et il avait laissé Roman Weidenfeller porter le brassard, même si Weidi avait eu la courtoisie d’aller soulever le bouclier symbolisant le titre avec notre capitaine officiel. Mais, forcément, gagner un titre presque sans jouer, ça n’a pas tout à fait la même saveur. En 2011-2012 en revanche, Kehli a été l’un des joueurs-clés de la saison, il a marqué l’un des buts les plus importants dans ce Revierderby, une consécration mille fois méritée pour ce fidèle parmi les fidèles et beaucoup de fans borusse (dont je fais partie) ont versé une larme en voyant notre capitaine courage soulever le Meisterschale. Un bonheur ne venant jamais seul, il soulèvera la semaine suivante la DFB-Pokal après le triomphe à Berlin contre le Bayern Munich.

Le héros. La trajectoire de Sebastian Kehl se confond avec celle du BVB. Grandeur et décadence. Originaire de Fulda en ex-Allemagne de l’Est, il se révèle au SC Freiburg où il est repéré par le BVB. Il rejoint Dortmund en janvier 2002, l’argent coule encore à flot et, quatre mois après son arrivée, il devient champion d’Allemagne. Il participe également à l’épopée jusqu’en finale de la Coupe UEFA, perdue à Rotterdam contre Feyenoord, et il devient vice-champion du monde au Japon et en Corée avec l’Allemagne, battue seulement en finale par le Brésil de Ronaldo. A 22 ans, un avenir doré lui semble promis. Mais la suite est plus compliquée : le Borussia plonge dans la crise et les difficultés financières, se retrouve durablement éloigné des sommets et des Coupes d’Europe. Pourtant, durant ces années de galère, Kehli ne va jamais songer à quitter ce qui est devenu le club de son cœur. Et sa carrière va connaître un sérieux coup d’arrêt en 2006 lorsque sa route croise celle d’Hasan Salihamidzic, l’actuel directeur sportif du Bayern, qui lui inflige une longue blessure sur une agression même pas sanctionnée. Le retour au jeu est difficile, Kehl galère en même temps que son club. Même si Jürgen Klopp lui confie le brassard de capitaine dès son arrivée en 2008, Basti est plus souvent à l’infirmerie que sur le terrain. Le BVB retrouve les sommets mais, à nouveau blessé, Sebastian ne participe que de loin au titre 2010-2011. En revanche, il peut pleinement savourer le titre 2012 dont il fut l’un des héros.

Dix ans après son premier Meisterschale. Après avoir, comme son club, traversé des ruelles sombres et être revenu de l’enfer. La belle histoire aurait été parfaite s’il avait pu soulever la Ligue des Champions en 2013 mais on sait ce qu’il en est advenu de cette finale de Wembley. Néanmoins, il demeurera le capitaine exemplaire du BVB, dans les bons comme dans les mauvais moments, jusqu’en 2014 où il choisit de lui-même d’abandonner le brassard à Mats Hummels. Il joue encore une saison, avec un dernier coup d’éclat, un but somptueux et décisif en quart de finale de la DFB-Pokal lors des prolongations contre Hoffenheim au Westfalenstadion (3-2). Le Temple de la Béatitude lui réserve un triomphe pour ses adieux, en même temps que ceux de Jürgen Klopp, lors de la dernière journée de la saison 2014-2015. Depuis cet été, il est de retour dans l’encadrement du BVB, comme responsable des joueurs professionnels, pour faire le lien entre l’encadrement, l’entraîneur et l’équipe. Et il n’est sans doute pas étranger à notre début de saison tonitruant car il est l’un de ceux qui ont le mieux su incarner les valeurs cardinales de notre club : travail, humilité, abnégation, fidélité, passion…

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1er décembre

2 décembre


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