Après avoir échappé de justesse à la relégation en mai dernier, l’Eintracht Frankfurt paraît reparti pour une nouvelle saison de galère. À moins que le Fußballgott du Waldstadion Alexander Meier ne retrouve par enchantement son sens du but.


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Le club (Ewige Tabelle : 10)

Eintracht Frankfurt constitue l’une des Traditionsverein historiques du football allemand, le premier à avoir joué une finale de la regrettée Coupe d’Europe des Clubs champions (défaite en finale contre le Real Madrid, 1960) et vainqueur de la Coupe UEFA 1980 (contre Mönchengladbach). Mais cela fait depuis le début des nineties et l’époque où les Okocha, Yeboah et autres Möller illuminaient le Waldstadion que SGE ne joue plus les premiers rôles en Bundesliga. Il y a même eu une relégation en 2011 au Westfalenstadion (on y reviendra) et l’escapade en Europa League, directement après le retour en Bundesliga en 2012, n’est plus qu’un lointain souvenir. L’an passé, une nouvelle chute n’a été évitée que de justesse, grâce à l’effondrement de Stuttgart en fin de saison et à un but victorieux improbable du vendangeur Seferovic lors du barrage retour à Nürnberg après un match aller à domicile conclu en ballottage défavorable (1-1). Manifestement, dans la capitale économique de l’Allemagne, on n’arrive plus à trouver les moyens pour s’offrir un club de football de pointe.

© Julien Mouquin / Génération WS

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Perspectives

L’Eintracht ne paraît guère s’être donné les moyens de s’éviter une nouvelle saison en bas de classement. Plusieurs figures du club sont parties (Aigner, Djakpa, Ben-Hatira, Zambrano) et le club s’est surtout renforcé avec des jeunes joueurs prêtés par de grands clubs, essentiellement d’origine hispanique. Le pari est risqué quand on connaît les difficultés des joueurs espagnols à s’adapter au rythme et à l’intensité supérieurs de la Bundesliga, surtout à Francfort où, depuis plusieurs saisons, on mise bien davantage sur les vertus du Kampffußball à l’allemande que sur le tiki-taka. En défense, cela devrait tenir la route avec quelques éléments d’expériences, mais c’est bien l’attaque qui fait davantage souci. Et il n’est pas certain que l’arrivée de l’éternel joker de Gladbach Hrgota parviendra à masquer les immenses carences offensives du dernier championnat.

En fait, les espoirs de SGE de vivre une saison plus paisible reposent essentiellement sur deux hommes. D’abord l’entraîneur Niko Kovac (assisté de son frère, notre ancien joueur Robert) qui, arrivé en pompier en mars dernier, est parvenu à éviter la relégation, grâce notamment à une victoire contre le BVB lors de l’avant-dernière journée. Et surtout sur le Fußballgott local, Alexander Meier, longtemps blessé l’an dernier. Si le meilleur buteur de la Bundesliga 2014-2015 parvient à claquer une saison à 20 buts, il est certain que tout sera plus facile pour l’Eintracht. Mais, à 33 ans et après une longue absence, il est permis d’avoir quelques doutes sur le sujet.

Transferts

Départs : Aigner (Munich 1860), Zummack (Lotte), Zambrano (Kazan), Waldschmitt (Hambourg), Rinderknecht et Kittel (Ingolstadt), Ignovski (Freiburg), Djakpa, Ben-Hatira (?), Reinartz (retraite), Ayhan (Schalke 04)

Arrivées : Hector (Chelsea), Varela (Manchester United), Vallejo et Mascarell (Real Madrid), Rebic (Fiorentina), Hrgota (Mönchengladbach), Blum (Nürnberg), Gerezgiher (FSV Frankfurt)

Pronostic : 16ème

© Julien Mouquin / Génération WS

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Le stade : Commerzbank-Arena (51’500 places)

Construit sur le site de l’ancien stade, arrondi à l’extérieur avec des colonnades, carré à l’intérieur, le Waldstadion est un vrai et beau stade de foot. Sur deux niveaux, il concilie bien l’exigence du football moderne de posséder des loges pour améliorer la rentabilité tout en laissant suffisamment de places debout pour les supporters. Clairement, c’est un déplacement que l’on entreprend toujours avec plaisir, même si les fans locaux ont longtemps protesté contre leur nouvel écrin en affichant leurs banderoles à l’envers afin de réclamer le retour à son nom historique de Waldstadion en lieu et place du naming avec une banque.

 

© Julien Mouquin / Génération WS

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L’ambiance

Francfort, c’est l’une des plus chaudes ambiances d’Allemagne ! SGE possède des groupes ultras extrêmement actifs, voire turbulents, qui ont d’ailleurs valu de nombreuses sanctions au club. Mais qui sont aussi capables de réaliser de magnifiques tifos ou de se déplacer à 12’000 un jeudi soir à Bordeaux pour un match d’Europa League sans enjeu. Si les fans francfortois ont parfois manifesté devant les résultats décevants de leur club, ils savent se mobiliser contre les ténors et nos déplacements là-bas s’apparentent toujours à un combat, sur le terrain et dans les tribunes, dans une ambiance électrique. Autant le dire, nous ne sommes pas vraiment amis avec l’Eintracht : si l’animosité est déjà ancienne, elle a été décuplée en 2011 lorsque le BVB avait battu SGE au Westfalenstadion lors de la dernière journée, provoquant sa relégation. Alors que nous avions envahi le terrain pour célébrer la remise du Meisterschale, quelques groupes de supporters pas très malins étaient allés allumer leurs homologues francfortois qui pleuraient leur relégation, provoquant des heurts entre les deux camps. Le genre d’affront qui ne s’oublie jamais en Allemagne. Depuis, nous recevons toujours un accueil plutôt hostile à Francfort. Dans 20 ans, nous pourrons aller à Francfort avec un maillot du BVB, il y aura toujours des ados, même pas nés en 2011, qui nous feront des bras d’honneur pour venger cet après-midi de mai 2011.

© Julien Mouquin / Génération WS

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Biergarten

Comme son nom l’indique, le Waldstadion est situé en bordure d’une vaste et dense forêt dans laquelle vous trouverez les premiers bars ambulants. Devant le stade, il existe également plusieurs Biergarten ainsi que de très nombreux bars dans l’enceinte. Un stade magnifique, une grosse ambiance, des Biergarten et bars à volonté, il y a tout ce qu’il faut pour un déplacement sympa à Francfort, il ne nous a manqué que la victoire lors de nos deux derniers voyages là-bas, ponctués par deux défaites dortmundoises fêtées comme un titre de champion du monde par les fans locaux.

Julien Mouquin

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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