Alors qu’il rêvait encore de Ligue des Champions en mars, le Hertha Berlin s’apprête à vivre une saison compliquée. Éliminée en tour préliminaire de l’Europa League, l’Alte Dame pourrait bien connaître des lendemains qui déchantent et a tout à craindre ce championnat, même le pire.


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Le club (Ewige Tabelle : 12)

Comme c’est le cas en France, en Italie ou en Angleterre, ce n’est pas dans la capitale allemande que l’on trouve les grands clubs historiques du pays, si l’on excepte bien sûr les succès du Dynamo à l’époque de l’ex-RDA. Mais le Hertha, lui, avec seulement deux titres en 1930 et 1931 et aucune victoire en Pokal, ne fait pas partie des grands clubs d’Allemagne. Depuis, l’Alte Dame se contente d’embellies périodiques, généralement suivies de grandes désillusions et même de relégations en Zweite Liga comme en 2010 et 2012. Contrairement aux grandes cités industrielles ou portuaires de la Ruhr, du Niederrhein ou du Nord qui ne vivent presque que pour leur club de foot, il existe bien d’autres distractions et de concurrence à Berlin. Autant dire que les fans historiques des grands clubs de Berlin-Est, comme le Dynamo ou l’Union, ne s’identifieront jamais à un club perçu comme bourgeois, sans toutefois parvenir à attirer les grands sponsors nationaux qui lui préfèrent le palmarès éloquent du Bayern Munich.

© Julien Mouquin / Génération WS

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Perspectives

Le Hertha Berlin est le club demeuré le plus stable de Bundesliga cet été (quoique peut-être un peu affaibli) et c’est pourtant l’un des plus difficiles à pronostiquer. Nous avons clairement vu deux Hertha la saison passée : d’abord la révélation de la saison qui comptait 6 points d’avance sur le quatrième place, 4 sur la troisième après 27 journées et semblait promise à une place en Ligue des Champions ; puis, un relégable en puissance qui a fini son championnat avec 2 points en 7 matchs pour arracher de justesse une place en Europa League. Quel Hertha va-t-on retrouver à la reprise ? Si l’on en juge par l’élimination honteuse en éliminatoires de l’Europa League contre un Brøndby emmené par deux recalés de Bundesliga, l’entraîneur Zorniger (ex-Stuttgart) et le buteur Pukki (ex-Schalke), et la qualification aux tirs au but en Pokal à Regensburg (3. Liga), ce sera plutôt l’équipe en crise de la fin de saison. Certes, l’effectif compte quelques éléments de valeur, comme le gardien Jarstein, les prometteurs Stark, Brooks, Weiser, les routiniers Langkamp, Lustenberger, Stocker, Hegeler ou Darida, ainsi que les artificiers Kalou et Ibisevic. Et l’Alte Dame compte sur le retour des éternels blessés Baumjohann, Allagui et Schieber (si, si, notre bon vieux Julian) pour augmenter son potentiel offensif. Mais la crise couve déjà dans la capitale.

Forcément, après avoir longtemps rêvé de Königsklasse, les supporters ont assez mal vécu le fait d’avoir raté leur retour si attendu en Coupe d’Europe. Malgré son statut d’icône du club, l’entraîneur Pal Dardai est déjà menacé. Et sa décision de retirer le brassard de capitaine, trois jours seulement avant le premier match de Pokal, au fidèle Lustenberger (au club depuis 2007), qui a sacrifié une bonne partie de sa carrière internationale en jouant les couteaux suisses à l’Olympiastadion à tous les postes ou presque, au profit de l’irascible Ibisevic ne pas va ramener la sérénité. La situation est d’autant plus inquiétante que le manager est toujours Michael Preetz, dont la spécialité est de prendre des décisions insensées à la moindre crise, lui qui avait précipité les deux dernières relégations du club en virant les entraîneurs à succès Lucien Favre et Markus Babbel et en se plantant royalement dans le choix de leur successeur. Le championnat n’a pas commencé que le Hertha est déjà dans la tourmente, réussir le début de saison sera crucial pour éviter le naufrage. Manque de bol, le calendrier a réservé Schalke, Bayern et Dortmund à l’Alte Dame dans les sept premières journées.

Transferts

Départs : Cigerci (Galatasaray), Hosogai (Stuttgart), Beerens (Reading), Burchert (Fürth), Gersbeck (Osnabrück), van den Bergh (Getafe)

Arrivées : Duda (Legia Varsovie), Allan (Liverpool)

Pronostic : 17ème

© Julien Mouquin / Génération WS

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Le stade : Olympiastadion (74’649 places)

Construit pour les Jeux Olympiques de 1936, l’Olympiastadion est un stade chargé d’histoire, qui a accueilli les plus grands événements de l’histoire du sport, de la finale de la Coupe du Monde à celle de la Ligue des Champions, en passant par le JO ou les championnats du monde d’athlétisme. Son ouverture sur la flamme olympique dans la Marathontor (habituel fief des fans du BVB) et ses colonnades grecques à l’extérieur confèrent à l’ensemble un aspect majestueux et auguste. Seul problème, ce n’est pas un vrai stade de football et les dirigeants berlinois planchent régulièrement sur des projets de construction d’une nouvelle enceinte, un peu plus modeste, mais mieux adaptée à la pratique du football, sans piste d’athlétisme. Cependant, aucun projet concret n’est encore sorti des tiroirs et le monumental Olympiastadion va donc accueillir encore pendant quelques saisons des matchs de Bundesliga.

© Julien Mouquin / Génération WS

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L’ambiance

Le Hertha possède un bon noyau de fans assez actifs et bruyants dans l’Ostkurve. Problème ; avec la piste d’athlétisme et l’ouverture des tribunes vers le ciel, leurs chants se perdent souvent dans l’immensité de l’Olympiastadion, surtout que celui-ci n’affiche que très rarement complet. En clair, il faut vraiment que ce dernier soit plein pour qu’il commence à vibrer. Toutefois, depuis la finale mythique de Pokal 1989 et le doublé de Nobby Dickel, cela reste LE pèlerinage annuel obligé pour tout fan du BVB. Même pour un simple match de Bundesliga, il y a toujours au moins 20’000 Borussen à l’Olympistadion dans la Marathontor-Kurve et cela débouche forcément sur des ambiances assez sympas. Même si nos derniers déplacements dans la capitale n’ont pas été couronnés de succès, avec trois défaites en finale de Pokal, une défaite et un nul face au Hertha, il est temps que cette mauvaise série cesse !

© Julien Mouquin / Génération WS

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Biergarten

L’Olympiastadion est situé loin du centre-ville, à une bonne demi-heure de métro, ce qui explique aussi peut-être la relative désaffection du public berlinois. Néanmoins, depuis l’arrêt de métro, il existe une allée assez sympathique agrémentée de plusieurs Biergarten. Et lorsque vous parvenez devant le stade, après quelques haltes houblonnées, il y a encore un dernier Biergarten, en hauteur, au-dessus de la Jesse-Owens-Allee (pas sûr qu’on aura un jour une allée Renaud Lavillenie à Rio…), généralement entièrement acquis à la cause schwarzgelb. Si l’on ajoute que l’Olympiastadion est le seul stade de Bundesliga à servir des Maßbier à l’intérieur, vous comprendrez pourquoi le déplacement de Berlin est toujours attendu avec une certaine impatience.

Julien Mouquin

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Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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