Le changement d’entraîneur n’a pas complètement transfiguré le BVB. A Mayence, nos quarante premières minutes de jeu ont davantage ressemblé au désastre contre Brême qu’aux démonstrations éblouissantes du début de saison. Sauf que cette fois-ci, notre Borussia n’a pas encaissé de but et a su redresser la tête en deuxième mi-temps pour aller chercher un succès pas complètement convaincant mais qui nous fait tellement, tellement, tellement de bien. Et c’est déjà une énorme différence.

En juin, lors de la sortie du calendrier de la Bundesliga, nous nous doutions bien que ce déplacement un soir de semaine en décembre à Mayence n’allait pas être une partie de plaisir. Et le contexte s’est avéré encore pire que redouté : un agenda surchargé au travail, une tempête de neige et de froid sur l’Europe et un Borussia Dortmund en crise. Mais il ne m’a pas effleuré l’esprit une seule seconde de renoncer au déplacement et je quitte le boulot en catastrophe pour entreprendre les près de cinq heures d’autoroute me séparant de l’Opel Arena.

Cinq heures qui deviendront six après un carambolage au nord de Karlsruhe et une panne de GPS du côté de Rüsselsheim, la ville-usine d’Opel. Mais rien que pour la délicieuse Feuerwurst de l’Opel Arena, cela valait le déplacement… Et puis, c’est rassurant de voir que, malgré la morosité actuelle, nous sommes 5000 enragés en schwarzgelb à avoir effectué le déplacement par cette froide soirée de décembre. C’est cela l’Echte Liebe, les critiques et les sifflets du samedi précédent sont oubliés, nos Jungs reçoivent un accueil chaleureux.

L’Histoire se répète

Ironie du sort, c’est la première fois depuis plus de dix ans que nous nous rendons à Mainz sans avoir un ex-entraîneur du FSV sur notre banc : lors des deux dernières saisons, nous avions Tuchel, les sept précédentes Klopp et lors de la saison avec Doll, Mainz était en Zweite Liga. Pour trouver trace d’un entraîneur du BVB à Mayence non passé par le FSV, il faut donc remonter à l’ancien stade du Bruchweg et à un entraîneur qui venait de remplacer un Hollandais viré en décembre, Bert van Marwijk en l’occurrence : Jürgen Röber. Ce n’était pas son premier mais deuxième match à la tête du BVB, le premier il l’avait remporté au Westfalenstadion contre le Bayern mais le choc psychologique s’était arrêté là. Dès sa deuxième sortie, Jürgen Röber s’était incliné 1-0 sur la pelouse du Mainz de Jürgen Klopp, alors lanterne rouge, le début d’une descente aux enfers qui conduira à un nouveau changement d’entraîneur deux mois plus tard avec un BVB aux portes de la relégation… On souhaite bien entendu beaucoup plus de succès à Peter Stöger !

Nouvel entraîneur, vieux problèmes

J’ai été un peu surpris en découvrant la première composition du BVB version Peter Stöger. Je pensais que l’Autrichien, entraîneur réputé plutôt prudent, tenterait de solidifier notre défense en introduisant un deuxième demi défensif. Mais il a opté pour un 4-1-4-1 finalement assez ressemblant à ce que proposait Peter Bosz. Autre surprise, Ömer Toprak retrouve une place en défense centrale au détriment de Neven Subotic, lequel avait pourtant joué ce printemps à Köln avec succès sous les ordres de Stöger. Nos quarante première minutes confirment ce que nous pressentions : nos Jungs ne jouaient pas contre Peter Bosz et nos problèmes sont plus profonds qu’une simple question d’entraîneur. Notre équipe ne produit rien, n’arrive pas à aligner trois passes et perd toujours autant de duels. Notamment dans la zone fatidique à 20 mètres de nos buts. Ce sont trois duels perdus dans cette zone-là qui permettent à Mainz de se procurer les trois premières occasions, heureusement leurs frappes passent deux fois au-dessus et une fois sur la latte. Autre problème récurrent : nos balles arrêtées défensives. Comme j’étais situé juste derrière le but, j’ai pu observer à loisir le flou pas vraiment artistique qui règne dans notre équipe sur ces situations. Le tireur mayencennois s’élançait que nos Jungs étaient encore en train de se répartir les joueurs au marquage à grand coup de gestes désordonnés. Kraß ! Avec un tel bordel, il ne faut pas s’étonner si c’est un adversaire qui est le premier à la réception du ballon, heureusement pour un coup de tête à côté. Il est bien sûr trop tôt pour juger du travail de notre nouvel entraîneur mais force est de constater que tous les problèmes ne sont pas résolus. Et on préfère ne pas essayer d’imaginer ce qui aurait pu se passer si le Karnevalsverein ne s’était pas montré aussi maladroit à la finition et avait pu ouvrir le score.

Le réveil

Il faut attendre la 40e pour voir notre équipe se montrer dangereuse mais Aubameyang rate son extérieur alors qu’il partait seul au goal puis Guerreiro voit sa frappe détournée par le gardien Zentner. Ce réveil va se confirmer après la pause et Sokratis ouvre le score d’une volée peu orthodoxe après une tête de Toprak sur le poteau. Ce but va métamorphoser nos Jungs : les duels gagnés sont plus nombreux, on voit nos joueurs effectuer des sprints et des pressings qu’ils ne faisaient pas en première mi-temps et nous réussissons même quelques jolies combinaisons avec notamment un Yarmolenko fantomatique en première mi-temps mais très inspiré en deuxième mi-temps, par exemple sur son service juste après le but pour Guerreiro dont la frappe est bloquée par Zentner.

On croit au but sur une magnifique action entre notre Ukrainien et Shinji Kagawa mais la reprise du Japonais est miraculeusement sortie par Zentner. Ceci dit, malgré un moral, une envie et une confiance retrouvés, nous constatons que notre équipe reste fragile en défense. Heureusement, Mainz est probablement l’une des équipes les plus faibles de Buli cette saison, clairement un client pour la relégation. Et leurs quelques occasions d’égaliser se sont soldées par des frappes non cadrées ou ont été annihilées par un Bürki impeccable.

La délivrance

Malgré plusieurs occasions de doubler la mise, il a fallu attendre les dernières minutes pour nous mettre à l’abri sur une percée d’Aubameyang et un service altruiste pour Kagawa qui se voyait récompensé d’un but pour son très gros match. Nous avons beaucoup apprécié la joie de nos joueurs juste devant nous, le sprint de Bürki pour venir congratuler ses coéquipiers et le cri rageur de délivrance de Shinji. Clairement, la crise pesait sur nos joueurs et ce deuxième but, synonyme de victoire en poche, a sonné comme une libération. Nous aurions pu en ajouter un troisième mais Dahoud, auteur d’une entrée peu convaincante, et Yarmolenko ne sont pas très inspirés sur leur frappe. Peu importe : tout n’a pas été parfait, loin s’en faut, surtout en première mi-temps, mais il fallait cette victoire pour ramener un peu de sérénité au sein du club et nous l’avons obtenue. Nous avons ainsi pu nous rappeler à quel point c’est bon de pouvoir sautiller et faire la ola avec nos Jungs après une victoire sur terrain adverse, en forme d’osmose retrouvée entre les joueurs et les fans. J’ai donc pu entamer sourire aux lèvres le long trajet d’autoroute du retour dans la nuit, pour une arrivée à 4h du matin et un réveil à 6h, après une victoire cela passe toujours mieux. Et maintenant, on attend une confirmation samedi contre Hoffenheim !

 

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j’ai vu de la lumière et j’y suis entré. Depuis, je n’en suis jamais vraiment sorti.

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