On l’avait dit et redit avant le match : cette Supercup contre le Bayern n’était qu’une rencontre de préparation et il ne faudrait en tirer aucune conclusion péremptoire. Même en cas de victoire flamboyante, nous nous serions abstenus de tout triomphalisme béat et n’aurions certainement pas commencé à parler de Meisterschale ou de Königsklasse. Alors, il n’est pas question de sombrer non plus dans un défaitisme crasse après cette défaite.

© Julien Mouquin / Génération WS

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Mieux que résister

En fait, après avoir assisté aux piètres matchs amicaux contre Sunderland et Bilbao, on craignait un peu une claque mémorable qui aurait plombé le moral de notre jeune équipe et aurait ravivé les doutes après une préparation tronquée et un recrutement étonnant. Car on se doutait bien que le Bayern allait prendre cette Supercup au sérieux : depuis le début de l’été, tous les joueurs bavarois répètent à quel point tout est merveilleux à la Säbener Strasse depuis le départ de l’égocentrique Guardiola et l’arrivée du beaucoup plus humble Ancelotti, on se doutait bien qu’ils allaient tout faire pour le prouver sur le terrain en offrant à leur nouveau messie italien un trophée que son prédécesseur espagnol a toujours échoué à remporter en trois tentatives. Et effectivement, le Rekordmeister a débarqué dans le Pott avec une grosse équipe. Mais nos Jungs ont été capables de rivaliser, faisant jeu égal, voire mieux, avec l’ogre munichois pendant plus d’une mi-temps. Et cela, c’est déjà une bonne nouvelle.

© Julien Mouquin / Génération WS

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Et à la fin, c’est le Bayern qui gagne

On ne va pas refaire l’histoire de ce match, le but de notre site n’est pas de relater platement les péripéties d’un match que tout le monde a vu. Il y avait de place pour passer, ça n’a pas fonctionné. On peut invoquer un manque criant de réalisme, un peu de malchance, un arbitrage partial, comme souvent contre le Bayern, qui nous a privé d’un penalty et d’une supériorité numérique. Mais en fait, depuis 2013, nous avons toujours l’impression de revivre le même scénario contre le Rekordmeister : le BVB est bien dans le match, a sa chance, ne la saisit pas et au final les millionnaires de Bavière l’emportent. Or, quand tu perds régulièrement contre le même adversaire, tu ne peux pas toujours invoquer la faute à pas de chance, c’est que l’adversaire a quelque chose en plus que toi. Entre 2010 et 2013, Jürgen Klopp et le Borussia avaient trouvé les clés pour faire déjouer la machine bavaroise, mais, depuis le quart de finale de Pokal et la finale de Ligue des Champions 2013, nous avons perdu la clé.

Depuis l’arrivée de Thomas Tuchel sur le banc du BVB, nous avons affronté quatre fois le quintuple champion d’Europe, soit 390 minutes de jeu en comptant la finale de Pokal et ses prolongations, pour un seul but marqué, à l’Arroganz Arena dans un match déjà plié. C’est forcément insuffisant pour prétendre à la victoire. On ne peut s’empêcher de penser que notre recrutement, essentiellement constitué de milieux offensifs vifs et techniques, n’a pas été optimal. Et que nous serions mieux armés avec la présence en attaque d’un vrai Bomber à l’Allemande, un de ces mecs qui bataillent dans la surface et peuvent claquer des buts de la tête ou du tibia à tout moment. D’accord, il y a un peu pénurie sur ce type de joueurs actuellement en Allemagne, mais, jusqu’à nouvel avis, nos derniers chasseurs de buts patentés, Koller, Amoroso, Frei, Barrios ou Lewandowski n’étaient pas spécialement natifs d’Holzwickede ou de Lünen. Il va vraiment falloir trouver des solutions pour éviter de revivre encore plusieurs fois ce type de match contre le Bayern avec des occasions, l’impression d’être passé à côté de quelque chose, mais une défaite frustrante au bout.

© Julien Mouquin / Génération WS

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Et l’ambiance ?

Mais trouver des solutions pour marquer des buts à Neuer & co, c’est le job de notre entraîneur et de nos joueurs. Nous, pauvres supporters dans les tribunes, tout ce que nous pouvons faire, c’est de mettre une ambiance de feu pour transcender notre équipe. Et force est de constater que nous n’avons pas été à la hauteur dans cette Supercup. A part deux ou trois poussées, le Westfalenstadion n’a jamais vraiment joué son rôle de douzième homme dimanche. On s’y attendait. Il n’est pas question ici de blâmer les spectateurs occasionnels qui ont profité de la vente libre pour s’offrir le prestige d’un BVB – Bayern, ils n’y peuvent rien si nombre d’habitués avaient boudé cette si peu attractive Supercup. L’ennui, c’est que depuis 2-3 saisons, le scénario se répète à chaque grande affiche. Il y a quelques années, l’écart qui nous séparait du Bayern était bien plus important qu’aujourd’hui et pourtant nous étions capables de les battre avec une équipe survoltée par la folie descendue des tribunes, je ne vais pas faire la liste ici, mais les plus anciens auront tout de suite quelques exemples en tête.

Cette magie du Westfalenstadion qui nous fait gagner des matchs, on l’a retrouvée quelques fois ce printemps, mais contre des adversaires moins prestigieux, style Brême ou Hoffenheim. Absolument pas contre le Bayern ou Liverpool. En fait, ces touristes qu’on ne voit que contre ce type d’adversaire, réactifs pour applaudir si notre équipe gagne, mais jamais actifs pour pousser notre équipe dans les moments difficiles, sont en fait, malgré leur tout nouveau maillot du BVB acheté au Fanshop avant le match, les meilleurs alliés de nos adversaires en tuant l’ambiance. Il faudra vraiment trouver une solution à ce problème, car, dès lors que nous ne pouvons et ne voulons pas rivaliser financièrement avec le Bayern, nous devons tenter de les battre avec nos armes qui sont – étaient – la ferveur, la passion, la communion avec nos Jungs, autant d’éléments qui se perdent de plus en plus.

© Julien Mouquin / Génération WS

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Vivement la suite !

Néanmoins, on tire un bilan positif de cette virée dans le Ruhrpott. Nous aurons vécu un samedi magnifique avec la ferveur d’un match de Regionalliga et une Kirmes d’anthologie, retrouvé notre cher Westfalenstadion, même en version édulcorée, nos potes, nos Biergarten, rencontré des gens sympathiques et quand même fêtés jusque tard dans la nuit dans notre Fankneippe préféré. Après, le résultat, la défaite, cela fait partie du football. Mais cet apéritif aura surtout renforcé notre impatience à voir commencer les choses sérieuses, avec la Pokal à Trier et surtout les vraies retrouvailles avec le Westfalenstadion, en Bundesliga contre Mainz. Et là, il ne s’agira plus de matchs de préparation, il faudra gagner !

Julien Mouquin

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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