Dimanche, le Borussia Dortmund jouera son premier match officiel 2016-2017 contre le Bayern Munich dans le cadre de la Supercup. La Supercup, qu’est-ce que c’est ? Historique, récits et anecdotes d’une compétition sans histoire ni tradition qui n’intéresse personne. Mais qui remplira quand même le Westfalenstadion.

« A l’étranger, on me parle partout de cette Supercup, alors qu’en Allemagne presque personne n’en cause. »

En Allemagne, le football est avant tout une question d’Histoire et de Tradition. Alors, forcément, une compétition qui n’a ni l’une ni l’autre ne déchaîne pas les passions, quel que puisse être le prestige des clubs qui la disputent. Hans-Joachim Watzke, directeur général du Borussia Dortmund, déclarait récemment : « A l’étranger, on me parle partout de cette Supercup, alors qu’en Allemagne presque personne n’en cause. » Son entraîneur Thomas Tuchel allait même plus loin en affirmant « on aurait préféré renoncer à la Supercup. » Alors pourquoi un tel désamour ? Retour sur trente ans d’histoire tourmentée de la Supercup d’Allemagne.

DFB-Supercup

Il y avait eu plusieurs tentatives d’introduire une Supercup en Allemagne, inofficiellement, en 1941 (Schalke 04 – Dresdner SC 2-4, cela fait toujours plaisir de rappeler une défaite des Blauen), 1977 et 1983, toutes demeurées sans lendemain. La DFB-Supercup, organisée par la fédération, voit véritablement le jour en 1987, selon un principe simple : un duel sur terrain neutre entre le champion d’Allemagne et le vainqueur de la Pokal. La première édition prend la forme d’un Klassiker entre le Bayern Munich et le SV Hambourg, remporté 2-1 par le Rekordmeister à Francfort devant les tribunes à moitié vides du Waldstadion.

Sous cette formule, la DFB-Supercup connaîtra dix éditions entre 1987 et 1996. Trois (sur trois finales) seront remportées par le Borussia Dortmund. En 1989, quelques semaines après avoir mis fin à 23 ans sans trophée en explosant Brême 4-1 en finale de Pokal grâce notamment à un doublé de Nobby Dickel que l’on retrouvera dimanche au micro du Westfalenstadion, le BVB s’offre la Supercup en battant le champion Bayern Munich 4-3 devant 16’000 spectateurs seulement au Betzenberg de Kaiserslautern grâce à des buts de Günter Breitzke (2), Jürgen Wegmann et un Siegtreffer à la 88ème du tout jeune Andy Möller.

C’est en qualité de Deutscher Meister, avec un certain Ottmar Hitzfeld aux commandes, que le BVB remportera ses deux Supercup suivantes : en 1995 d’abord, 1-0 contre Mönchengladbach à Düsseldorf, grâce à un but de Julio Cesar. Puis en 1996 à Mannheim, aux tirs au but contre le Kaiserslautern d’Otto Rehhagel alors en Zweite Liga (1-1 pendant le temps réglementaire, but pour le BVB de Carsten Wolters), après une séance de pénaltys complètement folle puisque notre Borussia était mené 0-3 après les ratés des champions du monde Reuter et Möller, avant que Chapuisat, But, Zorc et Weiland n’inversent la tendance. En fin de saison, Kaiserslautern fêtera son retour en Bundesliga, avant d’être champion l’année suivante, alors que Dortmund remportera la Ligue des Champions contre la Juventus.

DFB/DFL Ligapokal

En 1997, la Supercup a été remplacée par une Coupe de la Ligue. Cette compétition n’avait rien à voir avec ses homologues française ou anglaise. Il s’agissait toujours d’un trophée du mois de juillet et août, avant la reprise de la Bundesliga sous la forme d’un mini-tournoi sur une semaine, réunissant six équipes. D’abord, les équipes classées aux places 2, 3 et 4 en Bundesliga de la saison précédente, plus le champion de Zweite Liga, disputaient deux quarts de finale, dont les deux vainqueurs retrouvaient le champion et le vainqueur de la Pokal en demi-finale. Les deux rescapés se retrouvaient en finale sur terrain neutre. Le BVB n’a guère brillé dans cette compétition puisque, en onze éditions entre 1997 et 2007, pas forcément les années les plus glorieuses de l’histoire de notre club, il n’a jamais pu remporter ce trophée. Il y a eu une finale perdue en 2003 contre Hambourg à Mainz (4-2, malgré des buts d’Amoroso et Koller), trois défaites en 1/2 finale, Bayern en 1997, Schalke en 2001 (à Lüdenscheid !), et Hertha en 2002, et une élimination en 1/4 contre Hertha en 1999.

Sur les onze éditions de Ligapokal, le Bayern en a remporté six, Hertha (2), Hambourg, Brême et Schalke sa partageant les cinq autres. D’abord organisée par la fédération allemande, cette compétition a été récupérée depuis 2005 par la ligue, qui modifiera légèrement la formule : les deux quarts de finale se jouaient l’un après l’autre dans le même stade, avec un billet unique pour les deux matchs. C’était assez sympa, j’ai eu l’occasion de vivre cette expérience en 2007 à Düsseldorf avec les supporters des quatre équipes en lice présents ensemble dans le stade et des alliances improbables qui se nouaient entre Fans au cours de l’après-midi. Avant que tout le monde ne finisse par aller se saouler à la Grösste Kirmes am Rhein voisine. C’était aussi l’occasion d’utiliser des stades sous-occupés en raison des difficultés des clubs locaux qui se morfondaient en ligues inférieures, avec des quarts de finale à Düsseldorf et la finale à Leipzig pendant plusieurs années. Mais la formule ne plaisait guère aux clubs, peu enthousiastes à l’idée de devoir jouer jusqu’à trois matchs officiels de haut niveau en une semaine en pleine préparation. La Ligapokal a donc été abandonnée en 2007 pour être remplacée par… rien du tout. Officiellement du moins.

La Supercup officieuse

En 2008, c’est sous l’égide d’un sponsor privé que renaît la Supercup entre le champion et vainqueur sortant de la Pokal, Bayern Munich, et le finaliste malheureux de la Pokal, Borussia Dortmund au Westfalenstadion. Le match n’a pas de caractère officiel  et ne restera donc pas dans l’histoire comme le premier match officiel d’un jeune entraîneur alors inconnu, Jürgen Klopp, à la tête du BVB. Dortmund l’emporte 2-1 grâce à des buts de Jakub Blaszczykowsi et Tamas Hajnal contre une réussite bavaroise de Mehmet Ekici devant seulement 47’100 Fans. Cette Supercup inofficieuse sera organisée une deuxième fois en 2009, avec la victoire du vainqueur de la Coupe, Werder Brême, sur la pelouse du champion sortant Wolfsburg.

DFL-Supercup

En 2010, le DFL (Deutsche Fussball Liga) décide de récupérer l’événement qui retrouve ainsi son caractère officiel. La première édition oppose, sur terrain neutre à Augsburg, le Bayern, auteur du doublé, et le vice-champion (évidemment…) Schalke, battu 2-0 sur des réussites de Müller et Klose. En 2011, pour augmenter l’attrait pour la compétition, la ligue décide d’organiser cette Supercup sur la pelouse de l’un des protagonistes. Et, selon une coutume non-écrite, c’est toujours le vainqueur de la Pokal (ou le vice-champion si un club réalise le doublé) qui a l’honneur de recevoir. C’est la formule actuelle et, dans cette Supercup new-look, le BVB va jouer un rôle prépondérant.

2011 : Maudits pénaltys !

© Julien Mouquin / Génération WS

© Julien Mouquin / Génération WS

Le 23 juillet 2011, nous avons encore la tête dans les étoiles en débarquant à Gelsenkirchen. La folie du printemps précédent et de la conquête du titre est encore dans tous les esprits jaunes et noirs. Et forcément, nous ne pouvons nous empêcher de taquiner nos amis d’Herne-West : pendant toutes ces années de galère où notre club galérait dans les profondeurs du classement, les Blauen jouaient pour le titre, sans parvenir à conquérir le Meisterschale. Et nous, pour notre première année de retour au sommet, nous sommes champions à la surprise générale. Et puis, nous prenons toujours un malin plaisir à pourrir les succès königsblaue.

En 1997, Null Vier remporte le plus grand succès de son histoire en gagnant la Coupe UEFA contre l’Inter Milan de Roy Hogdson, mais, une semaine plus tard, ce succès est complètement éclipsé par notre triomphe en Ligue des Champions contre la grande Juventus de Marcello Lippi. En 2002, Schalke bat Leverkusen en finale de Pokal, mais, cette année-là, le Bayer était surtout focalisé sur la conquête de la Königsklasse (défaite en finale contre le Real Madrid et Zidane) et surtout du premier Meisterschale de son histoire que nous leur piquons grâce un Meistertor d’Ewerthon au Westfalenstadion contre Brême à seize minutes de la fin du championnat. Et en 2011, la victoire d’Herne-West en Pokal dans un derby à sens unique contre Duisburg, alors en deuxième division, n’a pas pesé bien lourd face aux fastes de notre titre et aux 450’000 Fans en furie dans les rues de Dortmund lors de la Meisterfeier.

Toutefois, le retour sur terre est rude dans cette Supercup 2011. Le BVB domine largement les débats et se procure une multitude d’occasions. Mais, dans les buts des Blauen, il y a un certain Ralf Fährmann, qui vient d’être intronisé titulaire après le départ de Manuel Neuer au Bayern et il réalise le match de sa vie en multipliant les parades, permettant à Schalke d’atteindre miraculeusement les pénaltys, notre cauchemar de l’époque. Car, lors de la Meistersaison 2010-2011, nous avions affiché une réussite de 0% en Bundesliga sur les pénaltys (0/5) et avions été éliminés en Pokal aux tirs au but à Offenbach (3. Liga).

Et la Supercup de Gelsenkirchen ne va pas nous réconcilier avec l’exercice : Kevin Grosskreutz, hué pendant tout le match par la Veltins-Arena et davantage préoccupé par la manière dont il allait allumer le public local après avoir marqué que par celle dont il allait tirer, et Ivan Perisic, pour son premier match officiel en Schwarzgelb, échouent, offrant la victoire aux Blauen. Je t’assure que, même dans l’anonyme Supercup, voir notre rival de toujours soulever un trophée à nos dépens, cela fait très mal. Enfin, voir c’est une façon de parler, car nous avions quitté le stade dès le dernier pénalty tiré, pour éviter d’avoir à endurer ce pénible spectacle. Mais cela restera une victoire sans lendemain pour les Blauen qui rateront complètement leur saison derrière, alors que nous réussirons le doublé, avec deux victoires contre GE, 2-0 au Westfalenstadion et 2-1 à la Veltins-Arena.

2012 : Le début de la reconquête

En 2012, nous débarquons à Munich en terrain conquis. Forcément, nous restions sur deux titres, une Coupe et cinq victoires d’affilés contre le Bayern, quatre en championnat et le mythique 5-2 en finale de Pokal. J’ai le souvenir d’un magnifique dimanche d’août passé dans un Biergarten du Viktualienmark à exhiber fièrement nos écharpes et t-shirts «Double 2012» sous les yeux de Bavarois en pleine déprime. Car, outre les humiliations à répétition contre nous, le Bayern doit aussi digérer son invraisemblable défaite contre Chelsea dans sa finale de Königsklasse Dahoam. L’entraîneur Jupp Heynckes est alors considéré comme un serial loser juste bon pour la retraite et Arjen Robben hué par les clients de l’Allianz-Arena qui ne lui ont pas (encore) pardonné ses penaltys ratés, contre nous dans la « finale » du championnat au Westfalenstadion et dans les prolongations contre les Blues.

© Julien Mouquin / Génération WS

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Mais le Bayern n’est jamais aussi dangereux que lorsqu’il doit reconquérir une suprématie nationale menacée. Nos Jungs abordent le match en vacanciers alors qu’en face les Bavarois jouent comme des morts de faim. On encaisse deux buts dans le premier quart d’heure par Müller et Mandzukic et c’était un miracle d’atteindre la mi-temps avec seulement deux buts de retard. Mais après la pause, le BVB entre enfin dans son match, réduit le score par Lewandowski (1-2) et passe tout près de l’égalisation à deux reprises en fin de match.

Aujourd’hui encore, je me demande encore ce qui aurait pu se passer si nous avions pu égaliser et remporter cette Supercup. Heynckes aurait-il été viré ? Robben aurait-il été transféré ? On ne la saura jamais… Mais, en brisant sa malédiction contre nous, le Rekordmeister a clairement utilisé cette Supercup pour amorcer sa reconquête sur le football allemand. On l’apprendra à nos dépens durant la suite de la saison. Le Bayern sera sacré champion, nous éliminera en 1/4 de finale de Pokal (1-0), toujours à l’Allianz-Arena, et notre saison, débutée par une défaite 2-1 contre le Bayern en Supercup, se terminera par une défaite, sur le même score et contre le même adversaire, en finale de Königsklasse à Wembley. C’est sans doute la seule fois que cette Supercup a eu une réelle incidence sur la suite de la saison.

2013 : Festival au Westfalenstadion

© Julien Mouquin / Génération WS

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En 2013, c’est à notre tour d’aborder la Supercup avec des envies de revanche. Forcément, nos échecs en championnat, en Pokal et en Ligue des Champions contre le Bayern, plus le rapt de Mario Götze, sont encore dans toutes les têtes. C’est le premier match officiel de Josep Guardiola à la tête du Rekordmeister. Le Catalan va grandement nous faciliter la tâche avec une tactique ubuesque en confiant les clés du jeu à Thiago Alcantara, lui aussi néophyte en Allemagne, qui se fera complètement étouffer par notre pressing furieux. Et comme le gardien Starke n’est pas dans un grand soir, le match tourne vite à la fête de tir. Le BVB l’emporte 4-2 grâce à des buts de Reus (2), Gündogan et van Buyten (autogoal), une victoire que nous avions fêtée jusqu’au bout de la nuit, même si ce n’était « que » la Supercup. Ce soir-là, Ilkay Gündogan avait été stratosphérique, peut-être le meilleur match de sa carrière. Malheureusement, quelques semaines plus tard, notre stratège se blessera lors d’un amical inutile avec la Mannschaft et on ne l’a jamais revu à ce niveau. Cela n’avait pas empêché nos Jungs de réussir un début de saison flamboyant, mais, décimés par les blessures en défense, ils s’effondreront en fin d’automne et laisseront la voie du titre libre pour le Bayern. Et, cette saison, débutée dans l’euphorie d’une victoire en Supercup, s’achèvera dans la tristesse et la colère après le hold-up de Berlin et le but valable refusé à Mats Hummels contre les Bavarois en finale de Pokal.

2014 : Les promesses non-tenues

Après cette défaite en finale et le transfert de Lewandowski, le BVB a une nouvelle fois une revanche à prendre sur le Bayern lors de la Supercup 2014. Quelques semaines plus tôt, l’Allemagne est devenue championne du monde au Brésil et les deux formations abordent cette Supercup avec pas mal d’absences. Mais il y a tout de même quatre champions du monde sur la pelouse coup d’envoi (Neuer, Boateng, Müller et Ginter) et trois autres qui entrent en cours de jeu (Durm, Lahm et Götze, contraint de s’échauffer dans le couloir des vestiaires pour éviter les jets de projectiles). Le BVB va mieux gérer cette préparation tronquée. Si l’écart de but est identique à celui de l’année précédente (2-0, buts de Mkhitaryan et Aubameyang), le scénario est bien différent qu’en 2013. Le match est moins fou, mais beaucoup plus maîtrisé de la part du Borussia.

© Julien Mouquin / Génération WS

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De tous nos duels avec le Bayern ces dix dernières années, c’est sans doute celui que nous avons le mieux maîtrisé, ne concédant qu’un minimum d’occasions de but à un Rekordmeister impuissant. Pour son premier match officiel en Schwarzgelb, Ciro Immobile, le remplaçant présumé de Lewandowski, s’il n’a pas marqué, a conquis le Westfalenstadion par sa combativité et son engagement, le drapeau italien flotte en Südtribüne et nous quittons le stade convaincus d’avoir trouvé la perle rare. Cette victoire probante va amener, pour une fois, le peuple jaune et noir, joueurs, dirigeants et supporters, à se départir de la modestie habituelle d’un club ouvrier du Ruhrpott et ouvertement parler et chanter ses rêves titre. Que cela nous serve de leçon, ces fanfaronnades ne nous ressemblent guère et on l’apprendra bien vite à nos dépens.

Notre défense, si solide en Supercup, craque après 9 secondes en ouverture de championnat contre Leverkusen, prélude à un premier tour cauchemardesque bouclé en position de relégable. Qu’ils paraissaient loin les « Deutscher Meister ist nur der BVB ! » de la Supercup quand nous luttions avec Freiburg pour éviter la dernière place… Nos Jungs redresseront magnifiquement la barre au deuxième tour pour arracher une qualification européenne, mais cette saison, entamée dans la liesse en Supercup, se termine une nouvelle fois dans les larmes avec la défaite en finale de Pokal contre Wolfsburg et le départ de Jürgen Klopp.

Cette défaite nous prive de la Supercup 2015, remportée aux tirs aux buts par Wolfsburg chez lui contre le Bayern, avec un héros nommé Nicklas Bendtner, auteur de l’égalisation à la 89e  et du penalty décisif. Beaucoup estimaient alors que les Wölfe, vice-champions d’Allemagne, vainqueurs de la Pokal et de la Supercup, très actifs sur le marché des transferts grâce aux millions de leur sponsor Volkswagen, allaient devenir le challenger numéro 1 du Bayern en Allemagne. Il n’en fut rien, ce club sans âme allait complètement rater sa saison avec une équipe démotivée qui finira dans l’anonymat du milieu de classement, loin des places européennes, et se fera étriller en 1/8ème de finale de Pokal à domicile par le Bayern Munich, alors que Lord Bendtner sera viré pour ses frasques et que Volkswagen, empêtré dans le scandale des moteurs truqués, réduira ses investissements et les ambitions du VfL. Comme quoi, l’enseignement à tirer, c’est que la Supercup ne préjuge en rien de ce qu’il se passera lors de la suite de la saison. A méditer.

L’ambiance

© Julien Mouquin / Génération WS

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La Supercup est le seul match de la saison au Westfalenstadion qui n’est pas compris dans l’abonnement pour les Fans, l’immense majorité, qui choisissent l’option « Maximal ». Et bon nombre d’entre eux font l’impasse sur ce match peu attractif, la saison est longue, les budgets et les congés limités, il faut faire des choix et la Supercup arrive tout en bas de la hiérarchie dans la planification d’une saison. Cette saison, il a fallu quatre jours pour écouler les 81’360 billets contre moins d’une heure pour n’importe quel match de Bundesliga…

Du coup, la désertion des Fans les plus fidèles offre la possibilité à de nombreux spectateurs plus occasionnels de s’offrir le grand frisson d’un match au Westfalenstadion, même en Südtribüne et qui plus est contre le prestigieux Bayern. C’est très bien de permettre ainsi à des non-initiés de découvrir notre Heimat sans devoir passer par des sites de revente illégaux aux tarifs prohibitifs et condamnés par tous les Fans du BVB. Sauf que, forcément, ce n’est pas tout à fait le vrai Westfalenstadion. Tu ne remplaces pas plusieurs dizaines de milliers d’habitués par des spectateurs de passage sans incidence sur l’ambiance avec la présence massive, y compris en Südtribüne, de fans qui ne connaissent pas les chants et parfois même ne parlent même pas allemand.

Lors des deux dernières Supercup au Westfalenstadion, nous nous étions couverts de honte lorsque notre speaker Nobby Dickel avait dû demander à des touristes stationnant devant les entrées de la Südtribüne pour prendre des selfies de bien vouloir se bouger pour permettre à tout le monde d’accéder à la tribune. Si le BVB l’emporte, comme en 2013 et 2014, l’ambiance peut être potable, mais en revanche si les choses devaient être plus compliquées il ne faudra guère compter sur ce public événementiel pour pousser nos Jungs à l’exploit. Pour tous les fans du BVB, le vrai début de la saison au Westfalenstadion, ce sera en Bundesliga contre Mainz, la Supercup n’est qu’un apéritif qui n’offre qu’un pâle succédané de la magie du Westfalenstadion et tous ceux qui veulent découvrir cette magie seraient bien inspirés de revenir en championnat, même contre un adversaire moins prestigieux.

L’avenir

On l’a vu, la durée de vie d’une formule de Supercup en Allemagne n’excède guère les dix ans et l’actuelle paraît avoir du plomb dans l’aile. Certes, les stades sont pleins, mais le foot est une telle religion en Allemagne que tout est prétexte à remplir un stade, des chants de Noël d’Union Berlin aux 100’000 Fans du Familientag de GE pour quelques animations pour les enfants, en passant par n’importe quel match de Regionnalliga ou les 60’000 Fans de Stuttgart venus récemment célébrer la… relégation. Du côté de Munich, on parle ouvertement d’une délocalisation pour rendre la Bundesliga plus visible sur les marchés émergents. Et, si la seule perspective de jouer un match de Pokal ou de Bundesliga à l’étranger provoquerait une guerre civile dans toutes les tribunes d’Allemagne, la Supercup est suffisamment peu attractive pour que cela passe inaperçu. Mais cela risque de heurter des clubs guère enthousiastes à l’idée de jouer cette Supercup en pleine préparation, surtout qu’ils commencent tous à organiser leur propre tournée marketing à l’autre bout du monde. Ces trois dernières saisons, cela a constitué un véritable casse-tête pour trouver une date pour la Supercup, convenant aussi bien aux impératifs des télévisions qu’aux agendas des clubs concernés.

Bref, il est tout sauf certain que cette Supercup perdure encore longtemps, du moins pas sous sa forme actuelle, et il n’y aurait pas grand monde pour la regretter. Mais, en attendant, nous allons quand même essayer de conserver notre première place au palmarès de cette compétition, aussi futile fut-elle et cela passe par une victoire dimanche contre le Bayern. Bon match à tous, viel Spaß !

Palmarès (officiel) :

5 victoires : Borussia Dortmund (1989 1995, 1996, 2013, 2014).
4 victoires : Bayern Munich (1987, 1990, 2010, 2012).
3 victoires : Werder Brême (1988, 1993, 1994).
1 victoire : 1. FC Kaiserslautern (1991).
1 victoire : VfB Stuttgart (1992).
1 victoire : Schalke 04 (2011).
1 victoire : VfL Wolfsburg (2015).

Julien Mouquin

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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