Samedi, c’est dans les frimas du nord de l’Allemagne que le BVB va reprendre son championnat. Une reprise à Brême en janvier par une température annoncée glaciale, nous l’avons déjà vécu. C’était en janvier 2013 et cela ne s’était pas trop mal passé pour le BVB avec une victoire 5-0 au Weserstadion. On remet ça samedi ?

Pour la troisième fois consécutive, le Borussia Dortmund entamait une demi-saison par une victoire fleuve dans le nord de l’Allemagne. En janvier 2012, le BVB s’était en effet imposé 5-1 à Hambourg pour la reprise de la Bundesliga alors qu’en août, au premier tour de la Coupe, il l’avait emporté 3-0 contre Oberneuland, une équipe régionale brêmoise qui avait investi le Weserstadion pour recevoir le champion en titre. Samedi, le BVB retrouvait le Weserstadion contre le club phare de la ville de Brême, le Werder. A priori, on ne pensait pas que ce match s’avérerait au final plus aisé que celui disputé six mois plus tôt contre la modeste équipe de Regionalliga Nord.

Les joies du premier rang

Pour être franc, je n’ai pas vu grand-chose du match. Initialement, je devais faire le déplacement avec mon Fans Club mais ce dernier n’a cette fois-ci pas reçu les billets commandés, la demande de places dans le Gästeblock étant comme d’habitude supérieure au nombre de billets disponibles. Ce n’est pas tous les jours facile d’être supporter du club le plus populaire du monde. Du coup, le déplacement à Brême était annulé et remplacé par la vision du match dans un bar à Berne. J’aime beaucoup mes potes du BVB Fanclub Confoederatio Helvetica Borussia, par contre le foot à la télé c’est nul. En situation de manque de Bundesliga après une pause de 32 jours qui m’a paru durer six mois, j’ai décidé de quand même entreprendre le déplacement de Brême ; il a donc fallu trouver en catastrophe un ticket dans un stade qui affichait évidemment complet depuis plusieurs semaines et je me suis retrouvé assis au tout premier rang juste derrière le but, d’où une vision assez étriquée de ce qui se passait sur le terrain. Lorsque l’action se déroulait de l’autre côté de la pelouse, il était impossible de déterminer si le ballon était à 40 mètres du but ou en passe de finir sa course au fond des filets.

Vive la Bundesliga !

Ceci dit, ne va surtout pas croire que je regrette mon voyage. Après neuf heures de train et des changements à Bienne, Bâle, Mannheim et Dortmund (mon séjour le plus court dans la Mecque du football, 22 secondes, le temps de traverser un quai pour prendre une correspondance), c’est l’arrivée dans une gare de Brême balayée par un vent glacial mais envahie par une marée, jaune d’une part, verte de l’autre. Le match est dans plus de trois heures mais les chants retentissent déjà. Deux semaines auparavant, je me trouvais à Barcelone, il faisait 25 degrés de plus au thermomètre, mais 50 de moins niveau ambiance et ferveur. Après un mois à se taper des daubes anglaises, françaises, italiennes ou espagnoles à la TV, ça fait vraiment du bien de retrouver ces atmosphères-là. Et je me suis définitivement senti revivre lorsque je me suis retrouvé dans un bar à proximité du stade rempli de fans des deux camps pour regarder la Bundesliga-Konferenz du samedi après-midi en descendant quelques excellents choppes d’Haake Beck (rien à voir avec l’infâme Beck que l’on trouve chez nous). Parfois, le bonheur tient à peu de choses…

A l’espagnole

Malgré l’absence de son meilleur atout offensif, Marko Arnautovic, suspendu, l’entraîneur brêmois Thomas Schaaf partait assez confiant. Le Werder avait réussi de bons matchs de préparation et l’inamovible mentor local estimait dans le kicker avoir la solution pour contrer Dortmund : jouer à l’espagnole. Mais a priori, Thomas Schaaf ne doit pas avoir tout à fait assimilé les concepts ibériques car son 4-2-4-0 assez hybride a bien davantage perturbé ses propres joueurs que l’adversaire. Il faut dire que le plan de match brêmois a rapidement été éventé par l’ouverture du score dotrmundoise sur un coup franc dont mon objectivité légendaire me force à reconnaître qu’il était assez généreux, pour ne pas dire inexistant. A part de passer souvent à la TV, l’avantage d’être assis juste derrière le goal, c’est de pouvoir se rendre compte de la perception que peut avoir un gardien de but d’une action. Au départ, le tireur, en l’occurrence Marco Reus, et le ballon nous étaient masqués par le mur, mais, tout à coup, on a vu surgir le Torfabrik (le si bien nommé ballon de la Bundesliga) par-dessus le mur à une vitesse folle et retomber au fond des filets. En revoyant les images à la télévision, j’ai constaté que le ballon a déjà franchi la ligne depuis une bonne seconde quand je commence à lever les bras ; dès lors, je ne reprocherai pas au gardien Sebastian Mielitz d’être demeuré sans réaction, même si lui devait avoir un taux d’alcoolémie quelque peu inférieur au mien.

La main de Dieu

Le dernier rempart brêmois sera tout aussi impuissant sur le 0-2, une frappe légèrement déviée de Mario Götze au terme d’une action typiquement dortmundoise, un ballon récupéré à trente mètre de son propre goal, une remontée du terrain éclair en deux passes de Gündogan et Grosskreutz et une conclusion alors que la défense adverse n’a pas eu le temps de se replacer. Une nouvelle fois stratosphérique, Mario Götze montre qu’il est bien décidé à marcher sur les traces de Lionel Messi en éliminant le gardien d’une main de Dieu peu avant la pause. L’Argentin avait réussi la sienne en 2007 contre l’Espanyol lors du match qui avait fait perdre le titre au Barça, d’ailleurs j’étais au Camp Nou ce jour-là ; la différence, c’est que le but de la Pulga avait été validé, Götzinho lui écope d’un avertissement logique. Le score n’est donc « que » de 0-2 à la pause, un avantage mérité tant les occasions de but ont été exclusivement jaunes et noires.

Santana oh-oh-oh-oh

On avait toutefois encore quelques craintes à la pause en souvenir de quelques matchs du 1er tour où le BVB avait perdu des plumes après avoir mené au score. Mais notre appréhension sera vite dissipée avec le troisième but sur un corner de Marco Reus repris de la tête par Felipe Santana. Comme c’était dans le but d’en face, je n’ai pas vu qui avait marqué ; dommage j’ai raté une occasion de faire le fier avec mon maillot floqué Santana, acheté dans un moment d’ivresse après une victoire contre Schalke lors de laquelle la Brésilien avait marqué et que je ressors les rares fois où Telé profite de l’absence d’Hummels ou Subotic pour être aligné. C’est en vain que l’on a attendu une réaction brêmoise ; on n’a connu qu’une seule frayeur de tout le match, une reprise de Petersen détournée par Weidenfeller, c’est maigre pour une équipe généralement considérée comme l’une des plus puissantes offensivement de la ligue. Ce naufrage, la plus large défaite du Werder à domicile depuis un 1-7 en 1987 contre Mönchengladbach, confirme que les Werderaner devraient connaître un deuxième tour assez difficile.

 

Nuri ist zurück

Jürgen Klopp avait promis que son équipe ne connaîtrait pas au printemps les mêmes relâchements qu’à l’automne et qu’elle ne baisserait jamais d’intensité dans ses matchs. Sur cette première rencontre, la promesse a été tenue et les Borussen en ont profité pour martyriser un peu plus un Werder en plein désarroi. Un joli dessin entre Gündogan, Kuba et Piszczek a offert à Robert Lewandowski le numéro quatre dans le but vide. Et on a même eu droit à la cerise sur le gâteau : l’entrée en jeu du revenant Nuri Sahin que l’on salue par une ola et une immense ovation. On a déjà des frissons en pensant à l’accueil que va réserver le Westfalenstadion à son Nuri chéri vendredi prochain à l’occasion du match contre Nuremberg. Le jeune Turc n’a pas manqué son retour puisque c’est lui qui a délivré l’ouverture permettant à Lukasz Piszczek de centrer pour Jakub Blaszczykowski afin de sceller le score à 0-5, comme à l’entraînement. Rayon entrée en matière, il y a eu pire pour le BVB. La Bundesliga est de retour, l’hiver est donc bel et bien terminé, même si la météo et ma main droite congelée après avoir tenu sans gants une bière qui se transformait en glaçon tendent à prouver le contraire. Vivement la suite !

 

Werder Brême – Borussia Dortmund 0-5 (0-2).

Weserstadion, 42’100 spectateurs (guichets fermés).

Arbitre : M. Kircher.

Buts : 9e Reus (0-1), 19e Götze (0-2), 48e Santana (0-3), 81e Lewandowski (0-4), 85e Blaszczykowski (0-5).

Werder: Mielitz; Gebre Selassie, Prödl (54e Yildirim), Papastathopoulos, Schmitz;  Fritz, Junuzovic; De Bruyne, Hunt; Petersen (70e Akpala), Elia (78e Ignovski). Entraîneur: Thomas Schaaf.

Dortmund: Weidenfeller; Piszczek, Santana, Hummels, Schmelzer; Gündogan, Kehl (84e Sahin); Reus (71e Blaszczykowski), Götze (76e Bender), Grosskreutz; Lewandowski. Entraîneur: Jürgen Klopp.

Cartons jaunes: 38e Santana, 40e Götze.

Notes: Brême sans Arnautovic (suspendu), Wolf ni Bargfrede (blessés), Dortmund sans Bittencourt (suspendu), Subotic ni Owomoyela (blessés).

Classement (18 matchs) : 1. Bayern 45 2. Leverkusen 36 3. Dortmund 33 4. Francfort 30 5. Schalke 04 28 6. Freiburg 27 7. Mainz 27 8. Mönchengladbach 26 9. Hambourg 25 10. Stuttgart 25 11. Hanovre 23 12. Brême 22 13. Wolfsburg 22 14. Düsseldorf 21 15. Nürnberg 21 16. Hoffenheim 13 17. Augsburg 12 18. Fürth 9.

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Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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