Depuis quelques années, le BVB s’est forgé une solide réputation sur le terrain comme dans les tribunes. Un Westfalenstadion plein à ras bord, un support inconditionnel, des chants discontinus mais aussi des tifos dont les images ont fait le tour du monde. Derrière les centaines d’heures de travail de ces chorégraphies soignées se cachent des messages historiques et culturels, traducteurs de la mentalité unique du Borussia Dortmund.

« Keiner soll es wagen, UNS den BVB zu schlagen »

La Ligue des champions a souvent été le terrain de jeu préféré du groupe ultra The Unity, qui a pu faire apprécier à toute l’Europe son savoir faire en matière de tifo – notamment parce qu’il est plus simple de coordonner ce type de chorégraphie lorsqu’il y a des places assises dans une tribune. Cette représentation vertigineuse de l’écusson du club sera déployée le 4 décembre 2012, lors de la réception de Manchester City alors que le BVB fête sa qualification pour les huitièmes de finale. Rien d’extraordinaire, vous allez me dire ! Sauf que Dortmund vient de s’extirper de la poule de la mort : Manchester City, Real Madrid, Ajax Amsterdam et Borussia Dortmund. Quatre équipes qui ont remporté leur championnat national et qui viennent en découdre sur la scène européenne. À ce petit jeu, le BVB déjouera les pronostics et finira en tête du seule groupe de l’histoire de la Ligue des Champions ayant opposé les champions des trois premiers pays à l’indice UEFA, qui plus est sans la moindre défaite. Les supporters ne s’y trompent pas et accompagnent leur animation d’une banderole qui déclare : « Personne ne devrait se risquer à se frotter à NOUS, le BVB ! ». Les Citizens s’y risqueront et échoueront 1-0 face aux Schwarzgelben. Les Anglais étaient pourtant prévenus. Le BVB, lui, ne le sait pas encore, mais la belle histoire ne fait que débuter…

Shaktar Donetsk/ Borussia Dortmund

Même à l’autre bout de l’Europe, les fans du Borussia Dortmund ne manquent pas d’imagination pour en mettre plein la vue à leurs adversaires et aux joueurs. Lors de ce huitième de finale aller de Ligue des Champions à Donetsk, plus de 2000 fans du BVB ont effectué le déplacement. Un tifo à l’extérieur est même organisé, avec des ballons et drapeaux jaunes et noirs. Mais l’aspect le plus inattendu de cette chorégraphie est la bâche « Borussia Dortmund » déployée par les ultras, parce que celle-ci est écrite en cyrillique. Un tifo loin d’être spectaculaire mais très original pour un déplacement resté mythique dans les brumes du Donbass avec un coup d’envoi fixé à… 22h45 locale.

donetsk

Crédit photo: Schwatzgelb.de

« Auf den Spuren des verlorenen Henkelpotts »

En avril 2013, le BVB reçoit Malaga en quart de finale retour de Ligue des Champions. Un match d’anthologie, que Dortmund va remporter 3-2, grâce aux buts de Reus et Santana dans les arrêts de jeu. Une qualification au bout du suspense, au bout d’une soirée qui avait débuté de la plus belle des manières. À l’entrée des joueurs, la Südtribune enfile son costume de gala et met en place un tifo qui fait désormais parti de la légende du mur jaune. En arrière plan, l’assemblage de milliers de feuilles de papiers dessine le trophée de la ligue des champions. Une bâche se dresse alors devant la tribune, elle représente un supporter du BVB qui arbore jumelles et large sourire. Le message affiché est significatif : « Sur les traces de la Coupe aux grandes oreilles perdue », en référence à la Ligue des Champions remportée par le BVB en 1997. Et aussi un clin d’œil à Uli Hoeness qui, la saison précédente, avait déclaré que le Bayern serait tellement devant au classement que le BVB aurait besoin de jumelles pour le voir. Au final, le BVB avait terminé avec huit points d’avance…  Une animation qui émerveillera les passionnés de football partout dans le monde.

« Erfolgen Tränen Triumphen Niederlagen Titeln Freundschaften »

Alors que le BVB a fêté son 104e anniversaire le 19 décembre, la Südtribune rend hommage à l’un de ses pères fondateurs, Franz Jacobi, dont la tombe a été rapatriée et inaugurée à Dortmund le jour du match face au Hertha Berlin. Au-dessus du tifo, représentant Jacobi et la première équipe Dortmunder de 1909, une inscription : « Le grand-père du Borussia Dortmund ». Au bas de la Südtribune, avant un intitulé consacré au Borussia Dortmund, figurait la phrase suivante : « Les Pères fondateurs de succès, de larmes, de triomphes, de défaites, de larmes, d’amitiés. ». Une chose est sûre: le Borussia Dortmund ne sait pas toujours où il va, mais il sait définitivement d’où il vient.

« Konfettichaos »

Le mardi 15 avril 2014, le BVB accueille le VfL Wolsburg en demi-finale de DFB-Pokal. Devant 80 200 spectateurs, la Südtribune organise une chorégraphie à base de confettis pour accompagner l’entrée des joueurs. Le résultat est très visuel et le Westfalenstadion n’en est pas à son coup d’essai avec ce type d’animations, puisqu’un autres « Konfettichaos » avait été organisé lors de la demi-finale aller de Ligue des Champions face au Real Madrid. Les ultras en avaient profité pour déployer une banderole symbole de cette campagne européenne : « Les joueurs courent, le stade brûle, nous sommes les fans connus dans toute l’Europe ». Difficile de dire le contraire après le 4-1 infligé au Real dans un Westfalenstadion en fusion.

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Tifo face à Wolfsburg. Crédit bvb-fotos.de

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Tifo face au Real Madrid. Crédit Ruhrnachrichten

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Clement Lefoll

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Le BVB en tifos – Episode 2

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