Samedi, le BVB se déplace à Hambourg sur une série de quatre matchs sans victoire en Bundesliga. Le 22 septembre 2012, c’est fort d’une série beaucoup plus glorieuse de 31 matchs sans défaite en Buli que nous nous étions rendus au Volksparkstadion,  menaçant le record de 36 matchs consécutifs d’invincibilité en Bundesliga, détenu par le HSV précisément. Les Rothosen avaient alors pris les choses en main pour défendre leur bien et stopper à 369 jours la série d’invincibilité en championnat d’un BVB suffisant et peu inspiré. Un moment charnière dans l’histoire de notre club, la fin de notre domination sur le foot allemand.

Pourtant, le SV Hambourg vivait déjà des heures difficiles. Le club n’a plus rien gagné de sérieux depuis près de trois décennies et, pire, lors des trois saisons précédentes, il n’arrivait même plus à s’immiscer dans les hautes sphères du classement, se contentant de la lutte contre la relégation. C’est donc avant tout dans le passé glorieux de leur HSV que les fans peuvent trouver quelques motifs de fierté, avec notamment deux records prestigieux : être le seul club à avoir participé à toutes les saisons de la Bundesliga depuis sa création en 1963 et la plus longue série d’invincibilité en Buli avec 36 matchs sans défaite d’affilé en 1982 et 1983. Mais même ces deux records étaient menacés, puisqu’après trois matchs de cette saison 2012-2013, le HSV était relégable sans le moindre point au compteur et que le double champion en titre Dortmund débarquait sur les bords de l’Alster fort d’une série de 31 matchs d’invincibilité. Mais, boostés par le grand retour de l’icône Rafael van der Vaart dans son jardin du Volksparkstadion, les Rothosen se sont attelés à la défense de leur record.

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Le retour d’Adler

J’étais encore en train d’envoyer un sms à mes copains du Fans club qui regardaient le match avec une grillade dans la région bernoise pour leur expliquer que c’était quand même plus cool d’être au stade pour une victoire qui semblait largement atteignable que la mauvaise plaisanterie a commencé à prendre forme. Rafael van der Vaart centre pour Heung-Min Son qui ouvre la marque de la tête et du coup je n’ai jamais envoyé mon message. Où était la défense dortmundoise sur cette action ? Mystère mais il y avait sans doute un peu de suffisance et pas beaucoup de concentration dans l’entame de match du BVB. Il faudra vingt minutes aux Borussen pour rentrer dans leur partie mais ils vont se heurter à un impeccable Rene Adler, lequel s’oppose à Piszczek, Leitner, Lewandowski et même à son équipier Mancienne. Ecarté au profit de Leno et la crise de jeunisme qui sévissant à Leverkusen, l’ancien portier titulaire de la Nationalmannschaft prouvait qu’à 27 ans, il était loin d’être fini.

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Que de bévues…

Quand je reviens de la pause avec ma provision de bières pour la deuxième mi-temps, j’ai l’heureuse surprise de constater au tableau d’affichage que le BVB a égalisé, un but curieux sur un centre raté d’Ivan Perisic. Mais l’espoir va être de courte durée. La défense dortmundoise est vraiment dans un mauvais soir et Ivo Ilicevic, lancé par l’inévitable van der Vaart, abuse Roman Weidenfeller, pourtant impérial quatre jours plus tôt en Ligue des Champions contre l’Ajax, d’un tir  au premier poteau tout sauf inarrêtable. Et puisque c’était l’après-midi des cadeaux, Mats Hummels y va aussi du sien, avec une relance à la Stéphane Henchoz qui permet à Heung-Min Son d’inscrire le numéro trois après une jolie percée. Révélé à l’été 2010 lors d’un match amical contre Chelsea, le jeune Coréen a tardé à confirmer, freiné par des blessures, mais il est clair que s’il devait être à la hauteur de l’immense talent qu’on lui prête il peut devenir un atout important pour le HSV. Mais, sur le moment, j’étais assez loin de ce type de considération, j’étais consterné en train d’examiner pensivement mes bières situées sous le siège : du coup je n’ai pas vu la réduction du score dortmundoise arrivée quelques secondes après le 3-1 sur un service de Lukasz Piszczek pour Ivan Perisic. Tu parles d’un supporter, parcourir 2000 kilomètre pour aller voir jouer son équipe et ne voir aucun des buts marqués par celle-ci…

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Courageux Hambourg

3-2, trente minutes à jouer, il y avait la place pour revenir mais ce n’était définitivement pas le jour du BVB. Kuba et Schieber ratent seuls devant le but, Adler réalise deux nouveaux miracles sur un coup franc de Perisic et un tir de Götze, alors que Beister sauve sur sa ligne devant Subotic. Le HSV tenait sa victoire et n’allait pas la lâcher. Bien sûr, au vu des statistiques, trois fois plus d’occasions pour Dortmund, 26 tirs à 6, 10 corners à 2, c’est un mini hold-up mais Hambourg n’a rien volé. Car les Rothosen, eux, sont toujours restés dans leur plan de match, ils ont joué avec leurs moyens actuels, leurs limites aussi, mais ils ont fait preuve de courage et de solidarité contre un adversaire qui leur était supérieur. On ne va pas déjà t’annoncer le retour prochain du HSV en Coupe d’Europe ; mais disons qu’avec ce genre de prestation, plus un indéniable effet van der Vaart, impliqué sur quatre des cinq buts marqués par le HSV depuis son retour, les hommes de Thorsten Fink ne devraient pas avoir trop de problèmes pour éviter la relégation. Et puis, dans quelques jours, il y a la grande soirée de gala commémorant les 125 ans du club, cela aurait un peu plombé l’ambiance d’être toujours scotché à zéro point au classement pour la célébration.

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Décevant Dortmund

A l’inverse, Dortmund a, durant tout le match, réagi, dans une pression fébrile et désordonnée, pour rattraper ses bévues défensives plutôt qu’agi. Depuis le début de la préparation, à l’exception de la victoire contre Leverkusen, le BVB n’a jamais réussi un match propre au niveau défensif ; c’était déjà un petit miracle que les erreurs n’aient pas provoqué de naufrage en C1 contre l’Ajax ; à Hambourg en revanche, cela s’est payé cash et il y a clairement un souci à ce niveau-là. Sur le plan offensif, Jürgen Klopp n’a toujours pas réussi à intégrer Marco Reus et faire oublier Shinji Kagawa. Ils sont cinq (Reus, Götze, Perisic, Kuba et Grosskreutz) pour trois places de milieux offensifs, Kloppo n’arrête pas de modifier son trio dans tous les sens, sans trouver la solution miracle. Et ce n’est pas samedi, en laissant Blaszczykowski, meilleur Dortmundois depuis le début de la saison, sur le banc qu’il a trouvé la lumière.

On comptait sur cette 4e journée avec ce déplacement à Hambourg et le choc Schalke – Bayern pour voir unser Borussia revenir sur la tête du classement, c’est l’inverse qui s’est produit. Certes, cinq points de retard sur le Rekordmeister, c’est moins que les huit d’il y a une année, après la défaite à Hanovre qui marquait le début de la série d’invincibilité qui a pris fin ce week-end. Mais on a l’impression que cette saison, les Bavarois ont un contingent autrement plus étoffé et qu’il ne faudra pas leur laisser prendre trop de champ si le BVB entend défendre victorieusement son titre. C’est donc une équipe déjà sous pression qui se rendra mardi à Francfort pour y défier un Eintracht euphorique et toujours sans faute.

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La Reeperbahn est magique

Qui dit Hambourg dit bien sûr Reeperbahn, le haut-lieu des activités nocturnes en Allemagne. Et en plus, ce week-end il y avait le Reeperbahn Festival, c’était encore plus animé que d’habitude (si, si, c’est possible). On a donc retrouvé une Reeperbahn plus déjantée, festive, décadente ou licencieuse que jamais, le genre de soirée où tu te réveilles le lendemain avec plus de tampons sur les poignets et avant-bras que le nombre de boîtes où tu te souviens être allé (mais que des endroits convenables bien sûr), bref l’idéal pour soigner le léger vague à l’âme provoqué par une défaite pas franchement attendue de ton équipe favorite. Par contre, le lendemain la gueule de bois est sévère.

SV Hambourg – Borussia Dortmund 3-2 (1-0).

Imtech Arena, 57’000 spectateurs (guichets fermés).

Arbitre : M. Perl.

Buts : 2e Son (1-0), 46e Perisic (1-1), 55e Ilicevic (2-1), 59e Son (3-1), 60e Perisic (3-2).

Hambourg: Adler; Diekmeier, Mancienne, Westermann, Jansen; Badelj, Arslan; Son, van der Vaart (87e Sala), Ilicevic (69e Beister); Rudnevs (77e Berg).

Dortmund: Weidenfeller; Piszczek, Subotic, Hummels, Schmelzer; Leitner, Kehl (63e Blaszczykowski); Perisic, Götze, Reus (63e Schieber); Lewandowski.

Cartons jaunes: 23e van der Vaart, 37e Badelj, 92e Adler, 93e Schmelzer.

Notes : Hambourg sans Jiracek (suspendu), Aogo (malade), Bruma, Lam, Kacar, Rincon et Scharner (blessés), Dortmund sans Owomoyela (blessé) ni Gündogan (malade).

Classement (4 matchs) : 1. Bayern 12 2. Francfort 12 3. Hanovre 7 4. Dortmund 7 5. Schalke 7 6. Nürnberg 7 7. Düsseldorf 6 8. Freiburg 5 9. Mönchengladbach 5 10. Wolfsburg 5 11. Brême 4 12. Mainz 4 13. Leverkusen 4 14. Fürth 4 15. Hambourg 3 16. Hoffenheim 3 17. Stuttgart 2 18. Augsburg 1.

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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