Pas de grasse matinée pour nous ce dimanche matin : en effet, nos U19 jouaient le Borussenderby à Brackel et l’occasion était donc belle d’aller voir notre relève. Nos Jungs n’ont pas fait dans le détail et ont facilement battu les Poulains 5-1 !

Lorsqu’il a été fondé en 1909, le BVB émanait d’une organisation religieuse. Et le club demeure fidèle à ses origines en organisant, lors des grands événements qui marquent l’Histoire du club, un service œcuménique, soit à la Dreifaltigkeitskirche, l’église d’où sont issus nos père fondateurs, lors d’un jubilé ou d’un début de saison, soit à la Kaiser-Wilhelm-Gedächtnisirche à Berlin les jours de finale de Pokal. Mais, au final, la vraie religion qui domine à Dortmund, c’est celle du football et la messe à laquelle je me consacre en ce dimanche matin, elle est footballistique : le match de nos U19 contre Mönchengladbach.

Trainingsgelände Brackel

Le Borussia Dortmund bénéficie d’un magnifique outil de travail avec son centre d’entraînement de Brackel, niché dans un écrin de verdure, à proximité d’un golf. Mais pour les fans, c’est au bout du monde et compliqué d’accès en transports publics. L’arrêt, oublié des Dieux et des VRR de Scharnhorst n’est desservi que par un train par heure et ensuite il faut encore marcher vingt minutes au milieu d’une zone industrielle déserte et un peu sinistre en ce dimanche matin pour accéder à notre centre d’entraînement. Tu apprécieras donc l’effort effectué au lendemain d’une soirée plutôt arrosée et festive au Anton’s Bierkönig afin d’aller voir ce match. Mais j’arrive sur place à l’heure pour le coup d’envoi fixé à 11 heures et même suffisamment tôt pour apercevoir le bus de notre première équipe en train d’être chargé en matériel avant de rejoindre l’hôtel dans lequel ont rendez-vous nos joueurs pour préparer le match de l’après-midi contre Köln.

Mais avant de penser à notre rencontre avec les Geissböcke, il fallait d’abord songer à battre leurs ennemis jurés des Fohlen de Mönchengladbach avec nos U19.

Le bal des recruteurs

Nous sommes peu de fans à avoir sacrifié notre grasse matinée dominicale pour voir notre relève. Parmi les quelques 300 spectateurs présents, à part la mienne, je n’aperçois qu’une seule autre écharpe du BVB, un seul maillot, quelques maillots de Gladbach aussi, sans doute la famille des joueurs. En revanche, les recruteurs sont présents en masse ! Comment on reconnaît un recruteur ? Déjà, ils portent des vêtements neutres, histoire de ne pas laisser deviner pour qui ils travaillent. Ensuite, même s’ils bossent pour des clubs rivaux, ils aiment bien se regrouper et échanger des théories sur un ton négligemment supérieur, histoire de montrer qu’ils maîtrisent le curriculum vitae de chaque joueur, tout en pesant savamment chaque mot, histoire de ne pas dévoiler quels joueurs ils sont venus observer en priorité. Episodiquement, ils jettent un coup d’œil sur la feuille de match pour situer un joueur qui leur aurait échappé. Et puis, un recruteur part toujours quinze minutes avant la fin du match, histoire de montrer qu’il en a assez vu, que 75 minutes lui ont suffi pour être fixé sur les joueurs observés et qu’il a d’autres matchs à voir et joueurs à visionner dans la journée. Je me gausse un peu de ce drôle de manège mais il faut reconnaître que nos recruteurs font un boulot formidable et que leur flair en arpentant à longueur d’année ce genre de match est pour beaucoup dans notre réussite sportive et économique actuelle.

Ruhig, Franz !

Nos U19 sont double champions d’Allemagne en titre après leurs victoires en finale contre Hoffenheim en 2016 et Bayern en 2017. Mais la plupart des héros de ces épopées victorieuses ne sont plus dans l’effectif et sont passés à l’échelon supérieur, en U23, en première équipe ou en prêt pour s’aguerrir. Il revient donc à une nouvelle génération de défendre ce titre de champion en titre. Les débuts ont été laborieux avec un seul point lors des deux premiers matchs de la Bundesliga West mais nos Jungs ont bien redressé la barre ensuite puisqu’ils ont enchaîné ensuite trois victoires et partent favoris contre un Mönchenglabdach pas trop bien classé. Et cela va se confirmer sur le terrain de Brackel avec une domination nette mais un peu brouillonne de nos Jungs. Brouillon, notre premier but l’est aussi avec un dégagement contré de la défense des Fohlen qui revient chanceusement sur Emre Aydinel, lequel marque avec l’aplomb du vrai chasseur de but. Nos U19 paraissaient lancé et on ne voyait pas trop comment ces Fohlen bien inoffensifs allaient pouvoir revenir. Mais on dit souvent que, dans un grand club, les juniors doivent jouer comme l’équipe première. Et ce mimétisme s’étend manifestement aux erreurs défensives. Une passe en retrait de la tête mal assurée permet au dénommé Tiawa Tiatta d’offrir une égalisation inespérée au falsche Borussia après moins de 15 minutes. Malgré plusieurs nouvelles occasions dortmundoises, Gladbach semblait en mesure d’atteindre la pause sur le ce score de 1-1 C’était tellement flatteur pour eux que, lorsque leur gardien Langhoff s’est retrouvé avec la balle dans les pieds à la dernière seconde de la mi-temps, ses coéquipiers et son entraîneur, la légende autrichienne Martin Stranzl, lui ont signifié de temporiser. Des « ruhig Franz, ruhig Franz » fusent sous le ciel ensoleillé de Brackel. Sauf que le malheureux Franz a tellement temporisé qu’il n’a pas vu arriver le renard Emre Aydinel qui lui pique le ballon et inscrit un 2-1 gag.

On déroule

C’était le tournant du match et nos U19 ont déroulé après la pause. L’inévitable Emre Aydinel inscrit le 3-1 au terme d’une magnifique action de jeu puis le capitaine Luca Kilian marque de la tête sur corner, c’est tellement rare un but du BVB sur corner qu’on applaudit chaleureusement. Je n’ai pas forcément l’œil avisé du recruteur mais je n’ai pas aperçu parmi nos Jungs une individualité aussi dominante que pouvait l’être Felix Paßlack quand il jouait avec cette équipe U19. Les hommes forts de ce début de saison sont Emre Aydinel (8 buts en 6 matchs), Luca Kilian (déjà 3 buts, pas mal pour un défenseur) et Jan-Niklas Beste, déjà vu en première équipe mais moins en vue dimanche.

Mais je n’ai pas repéré un joueur dont je pourrai affirmer avec certitude qu’il sera prochainement titulaire en première équipe. En revanche, le collectif commence à trouver ses marques et, après une première mi-temps un peu laborieuse, nos Jungs déroulent après la pause. Réduit à 10 sur la fin après une expulsion, Mönchengladbach repartira finalement dans le Niederrhein avec une défaite 5-1 dans les bagages, Tobias Raschl ayant scellé le score à la dernière seconde. Le réveil avait été un peu difficile mais une victoire du BVB 5-1, il y a pires manière de débuter son dimanche. Surtout que cette victoire en annonçait une autre, encore plus éclatante, quelques heures plus tard au Westfalenstadion.

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j’ai vu de la lumière et j’y suis entré. Depuis, je n’en suis jamais vraiment sorti.

Laissez un commentaire

Lire les articles précédents :
[MSV Duisburg – 1. FC Nürnberg] – Entrée : steak de zèbre

Peut-on bien jouer et perdre un match 1-6 ? Cela paraît difficilement envisageable mais c’est ce qui est arrivé samedi au...

Fermer