Ce week-end, c’est Karneval en Allemagne et le BVB accueille Hambourg. On ne voudrait surtout pas porter la poisse à nos Jungs mais la dernière fois qu’on avait reçu le HSV le samedi de Karneval, cela ne s’était pas trop bien passé. Le Borussia Dortmund semblait pourtant parti pour offrir un samedi de carnaval plutôt festif à ses fans. Mais, en l’espace de quelques minutes, tout s’était délité, comme ça, sans le moindre signe avant-coureur, et un très bon Hambourg était venu semer la consternation au Westfalenstadion.

Il n’était pas dans mon intention de me défiler à l’heure d’écrire l’article sur l’un des pires naufrages vécu par le BVB dans son histoire récente ; j’ai eu la chance de te conter tellement de grandes victoires depuis deux saisons et demie que cela aurait été lâche de ma part de passer sous silence ce revers mortifiant. Mais c’était Karneval cette semaine en Allemagne, et l’on avait choisi de rester quelques jours dans le plus grand d’entre tous, celui de Cologne, avant d’aller soutenir nos Jungs à Donetsk ; j’ai donc dû attendre d’être à nouveau plus ou moins capable de taper sur un clavier pour écrire mon texte.

Comme dans un rêve…

Tout avait pourtant démarré comme dans un rêve : carnaval oblige, j’arbore fièrement un vieux maillot du BVB floqué Philipp Degen, le sandwich Westfälischer Schinken – choucroute est toujours aussi bon, les apéros habituels avec les potes ont été plutôt du genre festifs, le soleil est radieux, le stade est plein et l’ambiance magnifique. Le début de match confirme cette impression idyllique puisque le BVB joue bien et trouve rapidement le chemin des filets grâce à Robert Lewandowski qui a profité d’une absence d’Heiko Westermann. Bref, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

En vrille…

Puis tout est parti en vrille : Hambourg a tout d’abord renversé la tendance en marquant deux buts, superbes au demeurant, le premier au terme d’un joli mouvement collectif Jansen – Aogo – Rudnevs, le second sur une frappe splendide d’Heung-Min Son, qui est vraiment en train d’exploser. On était encore en pleine stupeur que Robert Lewandowski allait se faire expulser pour un geste revanchard sur Rafael van der Vaart. Sur le moment, on n’a rien compris, surtout que l’arbitre a pris beaucoup de temps pour se décider mais le Polonais a bien commis un geste répréhensible. Par contre, on ne pige pas trop pourquoi van der Vaart, qui est loin d’être un gentleman, n’a pas aussi vu rouge. Dix contre onze et avec un retard au score, ce match qui semblait devoir n’être qu’une formalité pour le Borussia se transformait en drôle de galère. Et le but de Götze justement annulé juste avant la pause pour un hors-jeu de Reus n’allait rien y changer, sinon à nous avoir donné de faux espoirs.

Trop perméable

Après la mi-temps, le BVB a fait preuve de courage pour tenter d’aller chercher l’égalisation malgré son infériorité numérique mais c’était vraiment un jour sans. Et au moment où l’on entrevoyait une lueur d’espoir avec l’expulsion de Bruma pour une faute de dernier recours, Hambourg allait s’offrir deux longueurs d’avance sur un centre de Rafael van der Vaart repris par Artjoms Rudnevs. Fini, match terminé, merci d’être venu, il y aura même un quatrième but sur la fin, confirmant que Dortmund a actuellement une défense trop perméable pour une équipe qui prétend jouer le haut du tableau en Allemagne et en Europe. On espère que le retour annoncé de Neven Subotic permettra de remédier au problème sinon on risque encore de vivre encore quelques désillusions d’ici la fin de la saison. A l’inverse, les Rothosen n’ont rien volé. Si le match a été perturbé par les expulsions, il faut reconnaître qu’à onze contre onze, ce sont déjà eux qui étaient aux commandes. Avec un trio offensif van der Vaart – Son – Rudnevs qui commence à bien se trouver, le HSV peut rêver à un retour en Coupe d’Europe cette fin de saison. Pour notre part, on aura au moins pu constater qu’il y a pire endroit sur cette planète que le carnaval de Köln déguisé en finale de la Coupe d’Allemagne 1989 pour aller noyer le chagrin né d’une défaite impromptue et pas franchement attendue. Kölle Alaaf !

Borussia Dortmund – SV Hambourg 1-4 (1-2).

Signal Iduna Park, 80’645 spectateurs (guichets fermés).

Arbitre : M. Gräfe.

Buts : 17e Lewandowski (1-0), 18e Rudnevs (1-1), 26e Son (1-2), 62e Rudnevs (1-3), 89e Son (1-4).

Dortmund: Weidenfeller; Piszczek (65e Gündogan), Santana, Hummels, Bender; Kehl (65e Schieber), Sahin; Blaszczykowski, Götze, Reus; Lewandowski. Entraîneur: Jürgen Klopp.

Hambourg: Adler; Diekmeier, Bruma, Westermann, Jansen; Skjelbred (74e Arslan), Rincon, van der Vaart (63e Rajkovic), Aogo; Son (90e Kacar), Rudnevs. Entraîneur: Thorsten Fink.

Cartons jaunes: 22e Aogo, 31e van der Vaart, 82e Götze.

Cartons rouges: 31e Lewandowski (geste revanchard), 59e Bruma (faute de dernier recours).

Notes: Dortmund sans Grosskreutz, Schmelzer ni Owomoyela (blessés), Hambourg privé de Badelj (suspendu), Ilicevic, Lam, Mancienne ni Sala (blessés).

Classement (21 matchs) : 1. Bayern 54 2. BVB 39 3. Leverkusen 38 4. Francfort 37 5. Freiburg 31 6. Mainz 31 7. Hambourg 31 8. Mönchengladbach 30 9. Hanovre 29 10. Schalke 29 11. Brême 28 12. Wolfsburg 26 13. Nürnberg 25 14. Stuttgart 25 15. Düsseldorf 24 16. Hoffenheim 16 17. Augsburg 15 18. Fürth 12.

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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