On a gardé le meilleur pour la fin pour clôturer notre festival de foot, de bières et de buts du week-end : la victoire de notre BVB contre le 1. FC Köln. Après six matchs sans victoire contre les Geissböcke, notre Borussia n’a pas fait dans le détail pour remporter le Westderby après un match maîtrisé de bout en bout.

Nous avions quitté le Westfalenstadion avant la trêve internationale euphoriques après la victoire contre le Hertha Berlin. Depuis, le BVB a connu un petit coup d’arrêt avec le match nul à Freiburg et la défaite à Tottenham. Rien de bien grave mais cela aura au moins démontré que notre équipe reste en construction. Notre entraîneur Peter Bosz prône un jeu très ambitieux, c’est bien, mais il s’est montré peut-être un peu trop ambitieux, à la limite même présomptueux, en pensant aller imposer notre jeu à Wembley en alignant d’entrée cinq nouveau joueurs, deux renforts qui venaient d’arriver (Toljan et Yarmolenko), et trois joueurs qui n’avaient pas encore été titularisés en Bundesliga (Kagawa, Toprak et Dahoud). L’addition s’est payée cash : au-delà des erreurs d’arbitrage et des erreurs individuelles, notre équipe manquait trop d’automatismes et de présence aux duels pour espérer rivaliser avec un adversaire qui propose depuis quelques saisons l’un des projets de jeu les plus cohérents du continent et qui a tout simplement fait preuve d’une maturité et d’une intelligence collectives qui nous a fait défaut. La différence entre une équipe encore en rodage et une autre qui a beaucoup plus l’habitude de jouer ensemble. Ce n’est pas bien grave, autant que cela arrive dans une Ligue des Champions qui n’est pas vraiment une priorité qu’en Bundesliga et on espère que le petit couac du maudit Wembley nous servira pour la suite de la saison.

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Joie et appréhension

D’habitude, l’ambiance est toujours un peu morose pour ces Sonntagsspiele mais rien de tel dimanche. Plus de deux heures avant le match, les Biergarten affichent déjà complets et l’ambiance est des plus festives. On ne sait pas si c’est l’effet d’une météo qui, après avoir longuement hésité, a fini par décider de nous rappeler que l’été n’était pas tout à fait terminé. Ou alors c’est la joie de retrouver nos amis du 1. FC Köln, des amis auxquels nous étions décidé à ne faire aucun cadeau : six matchs sans victoire contre eux, la plaisanterie avait assez duré. Et puis, c’est le leitmotiv qui revenait dans toutes les discussions d’avant-match dans les Biergarten autour d’une (ou plusieurs) bière(s) : la victoire était impérative ! Non pas pour garder la tête du classement, peu importe le leader après quatre journées, c’est à la fin que l’on fait les comptes, mais pour rester au classement devant Schalke, vainqueur la veille à Brême. Et figurer derrière les Blauen au classement, même en début de saison, c’est une vision de nature à donner des cauchemars à tout le peuple borussen.

Traumstart

Nos Jungs nous ont rapidement rassurés. Il faut moins de deux minutes à Andriy Yarmolenko pour réussir le même débordement qu’à Freiburg mais cette fois le centre est parfait et trouve la tête de Maximilian Philipp pour l’ouverture du score. Pressing haut dans le terrain, verticalité, présence massive devant le but, c’est ça qu’on veut voir ! Et ce premier but en schwarzgelb nous fait très plaisir pour Maximilian Philipp : bien sûr, il n’est pas là pour remplacer Ousmane Dembelé poste pour poste, ce n’est pas le type de joueur qui va décider des matchs sur un exploit individuel mais c’est le genre de joueur qui bonifie un collectif. Et la meilleure équipe ne se compose pas forcément des meilleures individualités… Notre première mi-temps va le prouver, au cours de laquelle nous avons complètement étouffé un 1. FC Köln qui, trois jours plus tôt et même si cela s’était gâté en 2ème mi-temps, avait pourtant complètement muselé Arsenal en Europa League. C’est pourquoi j’ai été sidéré de lire certains commentaires reprochant le manque de spectacle en 1ère mi-temps. Mais qu’a-t-on fait au ciel pour mériter pareils « supporters » ? Depuis quand va-t-on au Westfalenstadion pour voir un spectacle comme des clients du Camp Nou ou d’Old Trafford ? Nos Jungs ont pris le match en main, laissé aucun répit à l’adversaire et exercé une pression constante, même si les occasions de but n’ont pas été légion, malgré une reprise d’Aubameyang détournée du bout des doigts par Horn. Cela suffit au bonheur du Westfalenstadion qui célèbre sa joie dans une ambiance retrouvée et je pense que pas un des 81’000 spectateurs n’a trouvé le spectacle « ennuyeux », à part peut-être quelques Kölner qu’on a trouvé un peu éteints après leurs exploits londoniens. Les Geissböcke n’étaient déjà pas en confiance après leur trois défaite en ouverture de saison et ils étaient venus au Westfalenstadion d’abord pour défendre. Peter Bosz avait sans doute répété à ses joueurs qu’il faudrait sans doute être patient. L’ouverture du score précoce a un peu chamboulé les plans de bataille des uns et des autres mais, dès lors que les Domstädter n’ont jamais vraiment montrée des velléités de modifier leur tactique ultra-prudente, nos Jungs n’avaient pas vraiment de raison de se ruer à l’attaque, ce n’est en tous les cas pas moi qui vais leur reprocher d’avoir montré plus d’intelligence de jeu qu’à Wembley quelques jours plus tôt.

L’arbitrage vidéo, c’est nul !

Cela devient une mauvaise habitude mais c’est l’heure de la complainte hebdomadaire sur cette ânerie d’arbitrage vidéo. Juste avant la mi-temps, notre capitaine Sokratis Papastathopoulos double la mise sur corner, cela nous fait plaisir de marquer sur une phase de jeu trop souvent défectueuse au BVB mais nous réfrénons rapidement notre joie car l’arbitre annule le but. Puis le valide sur intervention de l’arbitre vidéo. Même si, en tant que fan de hockey sur glace, je suis habitué à ces exultations différées sur décision arbitrale, je trouve cela nul. Le foot, c’est d’abord l’émotion et cette dernière, on le ressent quand le ballon franchit la ligne, par lorsque l’arbitre indique le rond central. Même si en l’occurrence la décision était pleinement justifiée car il n’y avait pas l’ombre d’une faute de notre guerrier grec sur le gardien Horn. Pour ne rien arranger, l’arbitre M. Ittrich avait sifflé juste avant que la balle ne franchisse la ligne, ce que l’arbitre vidéo, M. Brych, dans une salle à Köln, à plus de 100 kilomètres du Westfalenstadion n’avait aucune chance d’entendre puisque nous-mêmes dans le stade n’avions rien entendu. Palabres, menace de protêt du Effzeh, finalement retiré, frustration : bref, comme chaque semaine depuis son introduction, l’arbitrage vidéo provoque une polémique ; pourtant on nous avait vendu ce truc comme la solution pour résoudre les problèmes mais l’expérience montre qu’il n’en cause plus qu’il n’en règle. Il serait peut-être temps d’en tirer les conséquences : c’était une fausse bonne idée, on a essayé, ça n’a pas donné de résultats concluants, on arrête là les frais et on revient à l’ancien système.

Que du bonheur…

Forcément, ce coup du sort allait définitivement anéantir les maigres espoirs d’un 1. FC Köln déjà fragilisé par son mauvais début de saison. On ne voyait pas comment les Geissböcke pouvaient espérer remonter un handicap de deux buts avec une production offensive aussi pauvre. Ce sont au contraire nos Jungs qui ont déroulé. Guère en réussite jusque-là, Pierre-Emerick Aubameyang s’offre un doublé en une minute, sur un pénalty et une reprise, pour reprendre son duel avec Lewandowski dans la course au titre de meilleur buteur de la Bundesliga. Le Westfalenstadion chavire de bonheur et célèbre ses héros, cela fait plaisir de retrouver une ambiance digne de ce nom dans notre temple. Et je pense que notre style de jeu plus agressif et plus dynamique n’y est pas pour rien. Et pour ne rien gâter, pour l’instant c’est efficace puisque, en un seul match, Peter Bosz a déjà pris autant de points contre le 1. FC Köln que son prédécesseur en quatre matchs lors des deux saisons écoulées ! Maximilian Philipp s’offrira lui aussi le doublé en inscrivant son premier but devant une Südtribüne en ébullition et Roman Bürki a préservé son invincibilité en Bundesliga avec une fermeture d’angle bien meilleure qu’à Wembley sur la seule vraie occasion colonaise. Bref, que du bonheur, nous avons pu sautiller et célébrer avec nos Jungs cette première place du classement, avec un goal average immaculé de 10-0 ! C’est donc une équipe en pleine confiance qui va entreprendre le déplacement du Volksparkstadion, un déplacement souvent maudit ces dernières saisons, malgré la victoire 5-2 de l’année passée. Malgré les deux défaites qu’il vient de subir, le HSV a quand même retrouvé une certaine stabilité défensive, il ne s’agira donc de ne pas prendre ce déplacement à la légère pour prolonger notre aventure en tête du classement. Car, forcément, on y prend goût…

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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