On commence ces présentations de la Bundesliga 2016-2017 par une vieille Traditionsverein dont la seule présence en Bundesliga tient du miracle permanent et qui aura à nouveau besoin d’un petit voyage à Lourdes pour se maintenir : le SV Darmstadt 98.

Le club (Ewige Tabelle : 39)

Darmstadt est une vieille Traditionsverein du football allemand qui a connu ses heures de gloire avec deux ascensions en Bundesliga en 1978 et 1982, immédiatement suivies d’une relégation. Depuis, les Lilien végétaient en Dritte Liga, voire plus bas, sans grand espoir ni moyens de remonter. Le miracle s’amorce au printemps 2014 ; Darmstadt accroche alors une place en barrage grâce à une fin de saison en trombe, puis décroche son ascension à la 122ème du barrage à Bielefeld après avoir pourtant perdu 1-3 à l’aller à domicile ! Dans l’euphorie, les Lilien, malgré l’un des plus petits budgets de 2. Liga, décrochent la promotion en Bundesliga, où tous les observateurs lui promettaient l’enfer et la relégation avec un effectif essentiellement composé de joueurs de deuxième division et de has-been indésirables ailleurs. Mais un nouveau miracle s’accomplit. Darmstadt réussit une saison magnifique et assure finalement assez aisément son maintien, essentiellement grâce à ses qualités de cœur et de combativité, mais aussi à un buteur en feu, Sandro Wagner, ex-espoir déchu du Bayern.

© Julien Mouquin / Génération WS

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Perspectives

Darmstadt n’occupe pas la même place que l’OM dans la hiérarchie du foot national, mais ses supporters ont vécu le même été que les Phocéens à se demander s’ils arriveraient à aligner onze joueurs pros pour la reprise, ou s’ils allaient devoir aligner des minots (je ne connais pas l’équivalent en patois de Hesse). Faute de moyens, le SVD 98 a dû laisser partir ses meilleurs éléments comme le gardien Mathenia, le défenseur Caldirola, les milieux Rausch et Kempe ou le buteur Wagner. Et les Lilien ont galéré pour les remplacer puisque même des joueurs de Zweite Liga ou remplaçants en Buli refusaient de s’embarquer dans cette galère.

Finalement, Darmstadt a pu dénicher quelques renforts, essentiellement des joueurs venus en prêt ou dont on ne voulait plus ailleurs : l’éternel espoir Schipplock, l’international ukrainien Fedetsky ou encore le Hongrois Kleinheisler, brillant à l’Euro et prêté par Brême, sans doute la meilleure pioche du mercato des Lilien. Ils rejoignent les quelques joueurs confirmés du groupe comme l’international autrichien Garics, le Costaricien Diaz, le défenseur Sulu, le virevoltant ailier Heller, le fragile meneur de jeu Rosenthal ou le buteur historique du club Stroh-Engel. Mais dans l’ensemble, cela paraît bien léger pour accrocher un nouveau maintien. Autant dire qu’il faudra beaucoup de travail et d’engagement pour accomplir un nouveau miracle. Et le problème, c’est que le faiseur de miracles en chef, l’entraîneur Dirk Schuster, est lui parti à Augsburg. Son remplaçant, Norbert Meier, est de son côté un entraîneur de la vieille école, avec beaucoup d’expérience, mais dont les derniers passages en Bundesliga n’ont pas laissé un souvenir impérissable. Le défi est donc de taille.

© Julien Mouquin / Génération WS

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Transferts

Départs : Stark (FSV Frankfurt), Rajkovic (Palermo), Wagner (Hoffenheim), Kempe (Nürnberg), Rausch (Köln), Mathenia (Hambourg), Ivana (Elversberg), Sailer (Nordhausen), Caldirola (Brême), Zaluska (Cracovie), Platins, Stegmayer (retraite)

Arrivées : Berezovskiy (sans club), Milosevic (Besiktas), Schipplock (Hambourg), Kleinheisler (Brême), Obinna (Duisburg), Fedetsky (Dnipro), Colak (Hoffenheim), Höhn (Freiburg), Fernandes (Paderborn), Oliynyk (Vitesse)

Pronostic : 18ème

© Julien Mouquin / Génération WS

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Le stade : Merck-Stadion am Böllenfalltor (17’000 places)

Le stade de Darmstadt est, avec celui de Freiburg, le dernier de l’ancienne génération en Bundesliga. Un nouveau stade est en projet, mais le succès est arrivé plus vite que prévu. En attendant, un déplacement à Darmstadt, c’est un voyage dans l’espace, mais aussi dans le temps, avec l’un des derniers témoins d’une époque révolue du foot allemand, celle de ces stades ronds avec une seule tribune couverte et tout le reste en places debout non couvertes. Nostalgie garantie.

© Julien Mouquin / Génération WS

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L’ambiance

Même lorsqu’il galérait dans les ligues inférieures, Darmstadt a toujours conservé une base de fans fidèles, comme toute-bonne Traditionsverein. Alors, forcément, ceux-ci savourent l’instant présent et luttent avec leur équipe sur chaque ballon. Cela donne vraiment une ambiance extra. Le principal groupe ultra est situé dans l’unique et minuscule tribune couverte, permettant des échanges avec les autres fans situés derrière le but et dans la tribune d’en face à travers des chants originaux qui claquent bien – notamment l’hymne du club. Ce n’est pas le déplacement le plus glamour, mais cela ravira tous ceux qui adorent les ambiances authentiques respirant la bière, la saucisse et la ferveur. C’est d’ailleurs l’un des déplacements les plus attendus de la saison pour les supporters du BVB, lesquels éprouvent beaucoup de respect pour les fans des Lilien, qui font partie de ceux qui arrivent à remplir les 8’000 places du Gästeblock au Westfalenstadion.

© Julien Mouquin / Génération WS

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Biergarten

Le stade est situé en plein quartier résidentiel, il n’y a pas grand-chose autour. Il y a bien un Biergarten assez sympa devant l’entrée principale, mais la sécurité locale, longtemps habituée à recevoir Mainz II, Kiel ou Grossaspach est un peu débordée face aux hordes de fans jaunes et noirs ; elle a donc plutôt tendance à nous aiguiller directement vers l’étroit sentier en pleine forêt qui conduit à l’entrée du Gästeblock (!). C’est vraiment un déplacement d’un autre temps dans la ligue la plus populaire du monde et ses 42’000 spectateurs de moyenne.

Julien Mouquin

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Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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