On ne sait pas si Pierre-Emerick Aubemeyang jouera samedi à Augsburg son dernier match à l’extérieur de Bundesliga. Mais ce qui est sûr, c’est que c’est dans cet anonyme stade bavarois que notre Gabonais, arrivé quelques semaines plus tôt dans l’indifférence comme joker derrière Lewandowski ou pour jouer sur un côté, avait réussi des débuts fulgurants en Bundesliga en claquant en triplé en ouverture de championnat !

Enfin !!! Après une longue attente, c’était enfin la reprise en Bundesliga. On peut faire ce qu’on veut pour meubler la pause estivale et regarder toutes sortes de matchs plus ou moins exotiques mais rien ne vaut une bonne rencontre de Buli, ses ambiances colorées et joyeuses et son spectacle total. En plus, même pour une ouverture de saison et une affiche pas des plus affriolantes, un déplacement du Borussia Dortmund a toujours un petit quelque chose d’une finale de Coupe de par le nombre de supporters drainés et l’envahissement pacifique mais bruyant et festif de la ville visitée. La seule ombre sous le généreux soleil de Bavière, c’est ce stade d’Augsburg un peu tristounet, posé au milieu de nulle part. Autour de cette anonyme SGL arena, pas l’ombre d’un estaminet, Kneipe, bar, tonnelle ou Biergarten. Et à l’intérieur, comme d’habitude en Bavière, pas d’alcool pour les supporters visiteurs. Les sots : l’argent que je n’ai pas laissé aux buvettes du FC Augsburg, je l’ai dépensé au shop mobile du BVB avec l’achat d’un deuxième maillot dortmundois en deux matchs officiels : la saison est partie fort. Niveau bières en revanche, il a fallu se rabattre sur les cars venus de la Ruhr aux soutes encore remplies d’alcool en prévision du voyage retour. Mais des Warsteiner tiédasses 25cl achetées à la sauvette, ce n’est pas franchement le début de saison idéal. Ce n’est pas grave, je me rattraperai les deux prochains week-ends avec au programme Mönchengladbach et sa FanHaus, Hanovre et son Waterloo Biergarten et deux fois le Westfalenstadion, des adresses un peu plus buvables qu’un stade bavarois.

Flatteur

Ceci dit, même si mes articles peuvent parfois donner l’impression du contraire, le plus important, ça reste le football et, à ce niveau-là, ce déplacement à Augsburg a été une réussite. Après un tifo un peu miteux des fans locaux, il ne faut pas attendre une minute de jeu pour avoir déjà vu une escarmouche de chaque côté. L’entraîneur augsbourgeois Markus Weinzierl avait promis une victoire de son équipe et il faut reconnaître qu’il a parfaitement disposé son équipe pour gêner Dortmund. En première mi-temps, on n’en mène pas large et la charnière centrale Subotic-Hummels nous fait quelques frayeurs. Augsburg n’a peut-être pas un contingent très prestigieux mais il est toujours très bien organisé, compliqué à manœuvrer et profite des moindres failles pour aller taquiner l’adversaire, tout récent vainqueur de la prestigieuse Supercup fut-il (je ne m’en lasserai pas…). Heureusement, le BVB pouvait compter sur son ange gardien Mitch Langerak, onze matchs officiels disputés avec le Borussia, onze victoires (dont deux contre le Bayern). Le portier australien s’interpose devant Hahn et Holzhauser et est secondé sur sa ligne par Bender. C’est donc presque contre le cours du jeu que le Borussia va arriver à la pause avec une longueur d’avance suite à un centre de Marcel Schmelzer repris par la tête de Pierre-Emerick Aubameyang.

Le triplé de Spider-Man

Le scénario va changer après la pause. Augsburg est beaucoup moins à l’aise lorsqu’il doit faire le jeu que neutraliser l’adversaire et, si l’on excepte une ultime frayeur sur une tête d’Holzhauser juste au-dessus, le BVB va parfaitement contrôler la partie et ne va pas tarder à profiter des failles de plus en plus béantes dans la défense bavaroise. Le gardien Amsif va retarder l’échéance en s’interposant sur des essais d’Aubameyang et Reus. Le BVB va se mettre à l’abri sur une percée de Marco Reus conclue par une frappe enroulée de Pierre-Emerick Aubameyang dans le petit filet. Superbe ! Le Gabonais s’offrira le triplé quelques minutes plus tard sur une ouverture lumineuse de Robert Lewandowski. J’ai comme d’habitude perdu une belle occasion de me taire en début de match quand j’exposais à mes potes Dominik et Thomas ma surprise et mon incompréhension de voir Spider-Man, très malheureux à la finition en Coupe la semaine précédente à Wilhelmshaven, titularisé en lieu et place de Kuba.

L’ancien Stéphanois est le sixième joueur à réussir un triplé pour son premier match de Bundesliga, on espère qu’il y connaîtra plus de réussite que le précédent à avoir réalisé cet exploit, le Tchèque de Francfort Martin Fenin en 2008 qui a fini dépressif à Cottbus (remarque, le simple fait de jouer à Cottbus a de quoi rendre dépressif). Si Aubame est déjà adopté par les fans schwarzgelben (un maillot de plus à acheter pour moi…), lui n’a pas encore adopté la langue de Goethe. C’est donc en Français qu’il réalise son interview d’après-match que l’on entend à l’heure de l’apéro vespéral dans une sympathique brasserie locale et c’est l’occasion pour moi de constater que les journalistes de Sky traduisent presque aussi peu fidèlement les interviews que nos bien-aimés reporters du service des sports de la RTS (télévision suisse, réputée pour son incompétence). Le journaliste va tout de même se faire un malin plaisir de retranscrire le passage lors duquel le Gabonais souligne à quel point le jeu est plus intense en Bundesliga qu’en Ligue 1. Mais de cela, je crois que personne n’en doutait.

Spitzenreiter Hey Hey ! Ach, nein !

Finalement, le BVB s’imposera sur un 4-0 un peu trop sévère pour un valeureux Augsburg avec un quatrième but sur un pénalty transformé par Robert Lewandowski, dont la nonchalance, notamment sur une occasion immanquable ratée quelques minutes auparavant, m’avait exaspéré durant tout le match. Passons. On pensait que ce score fleuve assurerait la première place au BVB et, de notre position privilégiée à l’avant du Gästeblock au milieu des ultras de The Unity, on sautille sur le Spitzenreiter Hey Hey. Las, on n’avait pu vu venir le 6-1 du Hertha Berlin contre Francfort. Dommage, un classement avec ton équipe favorite en tête, ça fait toujours plaisir aux yeux. Enfin, au moins, dans le train du retour le lendemain, j’ai pu bien avancer dans ma lecture de l’intégrale du Trône de Fer plutôt que de passer six heures à contempler béatement et niaisement le classement de la Bundesliga dans le Bild.

Et puis, avec deux matchs à venir à domicile contre des candidats présumés aux dernières positions, Braunschweig et Brême, le Borussia aura peut-être l’occasion de revoir tout prochainement cette première place. L’important, c’est que, si la veille le Bayern avait montré ses muscles en ouverture de championnat, le BVB est venu en Bavière, pas si loin de Munich, prouver qu’il avait également quelques arguments à faire valoir en infligeant au FC Augsburg la plus lourde défaite de son histoire en Bundesliga. Et, contrairement au Rekordmeister contre Mönchengladbach, le Borussia, lui, ne doit son succès qu’à ses propres mérites et non à un arbitrage tendancieux. Enfin, vu la haute estime que j’ai pour cet individu, je suis content pour Josep Guardiola qu’il lui ait suffit d’un match (amical) contre Manchester City et un de championnat contre Gladbach pour retrouver au FCB de Bavière le principal ingrédient de ses succès au FCB de Catalogne. Eh oui, la saison de Bundesliga est bien lancée, on se réjouit déjà des prochains épisodes.

FC Augsburg – Borussia Dortmund 0-4 (0-1).

SGL arena, 30’660 spectateurs (guichets fermés).

Arbitre : M. Kircher.

Buts: 24e Aubameyang (0-1), 66e Aubameyang (0-2), 79e Aubameyang (0-3), 86e Lewandowski (pénalty, 0-4).

Augsburg: Amsif; Verhaeg, Callsen-Bracker, Klavan, Ostrzolek; Baier; Hahn (83e Vogt), Moravek, Halil Altintop (77e Philp), Holzhauser (77e Vlachodimos);  Mölders. Entraîneur: Markus Weinzierl.

Dortmund: Langerak; Grosskreutz, Subotic, Hummels, Schmelzer; Bender, Sahin; Aubameyang (81e Hofmann), Gündogan (57e Blaszczykowski), Reus; Lewandowski (88e Durm). Entraîneur: Jürgen Klopp.

Cartons jaunes: 52e Ostrzolek, 83e Moravek.

Notes: Augsburg sans Manninger, de Jong, Ottl, ni Bancé (blessés) Dortmund sans Weidenfeller (suspendu), Piszczek ni Mkhitaryan (blessés).

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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