Nos six derniers déplacements à Freiburg se sont tous soldés par une victoire. En revanche, au niveau météo, nous avons tout connu : soleil, pluie, brouillard, canicule, bruine et même la neige en octobre 2012 ! On avait déjà vu des victoires yougoslaves, croates ou slovènes en Coupe du Monde de ski alpin mais serbes jamais. C’est donc une première inédite qu’avait réussi Neven Subotic en ouvrant le score lors du slalom géant de Freiburg im Breisgau, mettant le Borussia Dortmund sur la voie d’un premier succès en déplacement dans le championnat 2012-2013.

La semaine a été plutôt faste pour le football allemand (sept matchs européens, six victoires, un nul) mais aussi assez éprouvante pour les fans qui ont suivi tous les matchs de leur équipe favorite. Heureusement, ce troisième déplacement de la semaine est, pour nous, le plus court de la saison : Freiburg. J’aime bien aller à Freiburg parce que ce n’est pas loin et en plus l’accueil est assez chaleureux : depuis qu’ils avaient conjointement fêté, lors de la dernière journée du championnat 2011-2012, le titre pour les uns, le maintien pour les autres, les fans dortmundois et fribourgeois sont plutôt en bons termes. C’est donc l’occasion de célébrer cette amitié à grand renfort de tournées dans les bars de la ville avant et après le match.

Il y a bien quelques gamins qui tenteront de troubler la fraternité ambiante avec des chants anti-Dortmund mais, pas de bol pour eux, les maillots jaunes et noirs sont majoritaires dans le bar. Du coup, tout le monde se lève, y compris les Freiburger, comme un seul homme pour entonner un « Deutscher Meister steh auf » qui fait trembler les murs de l’établissement. Nos apprentis hooligans ont décampé sans demander leur reste.

Sous la neige

En revanche, sur le terrain, le Borussia Dortmund n’avait pas de cadeaux à attendre d’une excellente équipe de Freiburg. Depuis qu’il a repris en décembre dernier une formation qui paraissait promise à la relégation, l’entraîneur Christian Streich réussit des miracles, avec peu de moyens, une équipe jeune et un effectif sans grande vedette. Une bonne organisation et une grosse solidarité permettent de compenser l’absence d’individualités dominantes et font du SC Freiburg l’une des équipes les plus difficiles à bouger de la Bundesliga. D’ailleurs, au coup d’envoi, les Breisgauer ne comptent qu’un seul point de retard sur le BVB. Si l’on compare les moyens et les ambitions des deux clubs, c’est la preuve d’une part que Freiburg a réussi un excellent début de saison, d’autre part que Dortmund est à la peine dans cette entame de championnat. Après deux grosses affiches à domicile (Schalke et Real), ce déplacement avait donc tout du traquenard pour le Borussia dans un stade vétuste mais assez convivial ; l’embuscade était rendue encore plus redoutable par des conditions atmosphériques dantesques.

Situé sur les premiers contreforts de la Forêt Noire, ce Dreisamstadion évoque davantage les Plaines du Loup que Long Beach. Cette fois, la température glaciale s’accompagne d’une neige abondante qui tombera sans discontinuer durant toute la partie. Notre bien-aimé président de notre fan’s club nous avait pris des billets dans la partie couverte du Gästeblock mais des bourrasques de vent ramènent la neige jusqu’au haut de la tribune. Et puis, qui dit Gästeblock dit pas d’alcool mais, heureusement, il suffisait d’enjamber une barrière pour accéder aux buvettes servant de la vraie bière : cela aurait été dommage de passer à côté de la Rothaus qui est vraiment pas mal du tout, on en a d’ailleurs ramené une caisse pour éviter la déshydratation dans le train du retour. C’est par temps de canicule qu’il faut faire attention à la déshydratation ? On n’est jamais trop prudent.

Injouable

Au coup d’envoi, le terrain est recouvert d’une épaisse couche de neige qui va passablement gêner les deux équipes. Le ballon ne roule pas et a la fâcheuse tendance à s’arrêter dans la poudreuse. Du coup, il est bien difficile d’élaborer une quelconque action de jeu. Depuis un fameux Saint-Etienne – Marseille en 2005, je ne me souviens pas avoir assisté à un match dans des conditions aussi épiques. Au niveau professionnel du moins parce que, si je me réfère à ma propre expérience footballistique, je pourrai te conter quelques déplacements rocambolesques du côté de Villars-Tiercelin ou Pailly. Freiburg semble mieux s’accommoder des conditions de jeu difficiles et domine la première mi-temps, sans toutefois que cela ne débouche sur des occasions de but dans le jeu, vu la difficulté d’aligner trois passer consécutives. On arrive rapidement à la conclusion que ce match se jouera probablement sur une balle arrêtée. Et, dans ce domaine, ce sont aussi les Breisgauer qui se montrent les plus convaincants avant la pause. Dortmund a beaucoup de chance sur un corner adverse avec une main suspecte de Lewandowski ignorée par l’arbitre puis un coup de tête de Jendrisek sur le poteau. Sur un coup franc, c’est le défenseur Fallou Diagne qui se retrouve absolument seul devant Weidenfeller mais l’ancien Messin ne s’en rend pas compte et précipite son coup de tête qui passe au-dessus.

La différence après la pause

Le scénario du match va changer après la pause. La neige tombe toujours aussi dru mais, à force d’être piétinée, la pelouse est moins enneigée et les joueurs commencent à comprendre comment doser leurs passes pour qu’elles arrivent à destination malgré l’état du terrain (ou de la piste plutôt). Du coup, la supériorité technique des Götze, Reus et compagnie commence à transparaître et le Borussia se montre enfin dangereux. C’est tout d’abord Piszczek qui est contré in-extremis à la réception d’un centre de Götze, puis Götze qui tire au-dessus après un centre de Grosskreutz. Mais finalement, notre première intuition était la bonne : c’est bien une balle arrêtée qui va décider de l’issue du match et permettre au BVB de concrétiser sa soudaine domination. C’est Neven Subotic qui dévie un coup franc lointain de Marco Reus pour une ouverture du score quasi identique au but inscrit par le BVB une semaine auparavant contre Schalke. Le plus dur était fait, Freiburg n’aura qu’une occasion de revenir mais Roman Weidenfeller est sorti très promptement pour sauver devant Erik Jendrisek. On sera définitivement rassuré à sept minutes du terme lorsque Mario Götze a profité d’un service de Robert Lewandowski pour double la mise d’un tir croisé.

L’essentiel

Si, sur sa deuxième mi-temps, le Borussia a mérité sa victoire, il ne s’en sort pas mal, tant la première période avait été timorée. Et s’il s’était retrouvé mené au score sur un tel terrain par un Freiburg accrocheur, je ne suis pas sûr que le Borussia aurait eu les ressources pour renverser le score. Bien sûr, le spectacle n’a pas été fameux mais il était difficile de faire plus dans ces conditions, ce sont donc trois très bons points qu’a pris le BVB avec cette première victoire à l’extérieur dans le présent championnat. L’année dernière, en décembre, un succès à Freiburg là aussi dans des conditions compliquées avait lancé la remontée fantastique du Borussia, alors, quand on voit que le Bayern a perdu domicile, on se dit que l’histoire pourrait peut-être se répéter, sait-on jamais. La semaine avait bien mal commencé avec la défaite mortifiante contre Schalke, elle se termine beaucoup mieux, même si le thermomètre a perdu 25 degrés dans l’intervalle, avec la victoire contre le Real et un déplacement sympathique et festif à Freiburg avec les trois points en prime.

SC Freiburg – Borussia Dortmund 0-2 (0-0).

Mage Solar Stadion, 24’000 spectateurs (guichets fermés).

Arbitre : M. Fritz.

Buts : 54e Subotic (0-1), 83e Götze (0-2).

Freiburg: Baumann; Schmid, Ginter, Diagne, Mujdza; Schuster (86e Flum), Makiadi ; Jendrisek (61e Hedenstad), Guede (69e Terrazino), Caligiuri; Kruse. Entraîneur: Christian Streich.

Dortmund: Weidenfeller; Piszczek, Subotic, Hummels, Schmelzer; Gündogan, Kehl; Reus (81e Schieber), Götze (90e Perisic), Grosskreutz (92e Leitner); Lewandowski. Entraîneur: Jürgen Klopp.

Cartons jaunes: 39e Kehl, 63e Ginter, 73e Caligiuri, 79e Subotic, 85e Gündogan.

Notes: Freiburg sans Sorg ni Rosentthal (blessés), Dortmund sans Blaszczykowski, Bender, ni Owomoyela (blessés).

Classement (9 matchs) : 1. Bayern 24 2. Schalke 20 3. Francfort 19 4. BVB 15 5. Leverkusen 15 6. Mainz 14 7. Hambourg 13 8. Stuttgart 12 9. Mönchengladbach 12 10. Hanovre 11 11. Brême 11 12. Freiburg 11 13. Düsseldorf 10 14. Hoffenheim 8 15. Nürnberg 8 16. Wolfsburg 8 17. Augsburg 6 18. Fürth 6.

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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