Notre premier tour de la saison 2010-2011 pouvait se regarder avec un miroir : une défaite en ouverture de saison (Leverkusen), sept victoires, un match nul (Hoffenheim, avec le but légendaire du Toni da Silva), à nouveau sept victoires et une défaite pour terminer à Francfort. Il aurait pu y avoir une entorse à cette belle orthodoxie au Waldstadion mais Sahin et Barrios n’avaient trouvé que la latte avant que Gekas ne crucifie le BVB.

On se doutait bien que ça arriverait un jour, que le Borussia Dortmund n’allait tout de même pas gagner tous ses matchs jusqu’à la fin du championnat. Mais, pour être franc, on ne pensait pas que la fin de l’incroyable série d’invincibilité du BVB prendrait fin ce week-end à Francfort pour l’ultime match du premier tour. Certes, il n’est jamais facile d’aller gagner à la Commerzbank-Arena mais l’Eintracht, après un bon début de saison, marquait un peu le pas ces dernières semaines et se présentait avec une défense décimée par les absences. C’est pourquoi on était plutôt confiant en débarquant dans un stade dont les abords évoquaient davantage les pistes de ski de fond de la Vallée de Joux que la capitale économique de l’Allemagne, en particulier les mythiques parkings non déneigés en pleine forêt du Waldstadion. Enfin, on n’a pas rencontré d’ours ni même de supporters de Schalke, la voiture a pu être dégagée des congères et ton chroniqueur préféré est rentré sain et sauf pour te narrer les péripéties de la rencontre.

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© Génération WS

Le match de trop

Après la mascarade sévillane en Europa League, supporters et joueurs du BVB sont heureux de retrouver une vraie ambiance et un vrai match de football. D’un côté, les fans de l’Eintracht prouvent qu’ils comptent parmi les meilleurs du pays, de l’autre ce ne sont pas moins de dix mille supporters jaunes et noirs qui ont fait le déplacement pour rendre un dernier hommage à leur équipe pour ce premier tour fabuleux et, en cas de succès, célébrer le record de la meilleurs phase aller jamais réussie depuis la création de la Bundesliga en 1963. Mais il apparaît bien vite que le Borussia n’y est pas. SGE gagne tous les duels et s’installe résolument dans le camp adverse, alors que les joueurs dortmundois n’arrivent pas à aligner deux passes de suite. On n’incriminera pas la fatigue après la rencontre d’Europa League à Séville trois jours plus tôt où l’on n’a guère dû dépasser les vingt minutes de jeu effectif mais une lassitude plus générale pour le 26ème match officiel du BVB depuis le mois d’août. En alignant quasiment tout le temps les onze mêmes joueurs, à l’exception du remplacement des blessés Kehl et Owomoyela par Bender et Piszczek et un tournus entre Götze, Grosskreutz et Blaszczykowski pour les deux places de demis extérieurs.

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Maudite transversale

Les occasions sont donc francfortoises avec un tir de Meier bloqué par Weidenfeller, deux essais de Clark juste à côté et surtout une sortie décisive de Weidenfeller devant Gekas qui se présentait seul devant lui. Il faut attendre la fin de la 1ère mi-temps pour voir le BVB inquiéter une défense de l’Eintracht bien en place, avec une brillante reconversion de Pirmin Schwegler en position d’arrière central, et se créer ses premières occasions avec un tir de Götze directement sur le portier Fährmann et surtout une frappe trop enlevée de Barrios qu’on a eu connu mieux inspiré lorsqu’il se présente seul devant le gardien.

Après la pause, Dortmund attaque face au mur jaune, situé cette fois dans la Kurve Ost, et cela va tout de suite mieux. Même si cela reste un peu poussif avec plus d’imprécisions et moins de rythme que d’habitude. Fährmann doit sauver sur un dégagement raté de Vasoski mais c’est surtout la transversale qui va faire le malheur du BVB. C’est tout d’abord une merveille de lob de Sahin qui vient heurter la latte (64e). Puis, sur une action limpide entre da Silva, Blaszczykowski et Barrios, c’est l’obus envoyé par l’Argentino-Paraguayen qui frappe la barre (86e).

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C’est pas cool, la défaite

La réussite, qui a si souvent accompagné le Borussia dans ce premier tour, l’avait lâchée puisque dans l’enchaînement la défense dormundoise se laissait aspirer par Martin Fenin qui décalait Teofanis Gekas d’une talonnade géniale. Retrouvé après trois saisons d’errance, le Torjäger grec n’a pas laissé passer l’occasion d’inscrire son quatorzième but de la saison et de plier le match. Après avoir remporté ses huit premières rencontres à l’extérieur dans ce championnat, le BVB a chuté sur la neuvième. La température, elle, avait chuté à -8° et définitivement gelé les espoirs dortmundois de record, qui restera propriété du Bayern 2005-2006 avec 44 points. Après ce premier tour exceptionnel, j’en avais presque oublié le goût de la défaite, tellement habitué à quitter le stade avec un sourire béat aux lèvres et des chants de victoire qui résonnent dans la tête jusqu’au bout de la nuit plutôt qu’à refaire trois cent fois le match et à repasser toutes les actions pour voir comment les choses auraient pu tourner différemment. Je confirme : c’est toujours aussi peu cool, la défaite.

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Vivement la reprise !

Ce revers n’enlève bien sûr rien au premier tour ahurissant réussi par le BVB mais elle montre à ceux qui attribuaient déjà le titre à Dortmund que rien n’est encore acquis. La Bundesliga est sans aucun doute le championnat le plus dense d’Europe et il n’y a pas de matchs faciles, il faudra aller chercher tous les points. Et cette rencontre de Francfort a révélé que, lorsque les jambes n’y sont pas et qu’elle n’arrive pas donner du rythme et exercer son pressing intense, cette équipe dortmundoise devient très ordinaire, cette formation que la plupart des pronostics d’avant saison ne plaçait même pas dans les cinq premiers. En ce sens, tout rageante qu’elle soit, surtout dans les circonstances honteuses que l’on sait, l’élimination en Europa League est, dans l’optique du titre, une bénédiction. Tout comme cette pause qui arrive à point nommé pour le Borussia Dortmund. Et pour le soussigné aussi d’ailleurs, tous ces kilomètres d’autoroutes, ces matchs et après-matchs très intenses, ça commence à fatiguer, heureusement qu’il y a les Fêtes pour se remettre, ça va faire tout bizarre de débuter la semaine sans avoir la voix cassée et un paquet d’heures de sommeil en retard. En même temps, j’écris ça aujourd’hui mais j’imagine qu’à partir de demain je vais commencer à compter fébrilement les jours jusqu’à la reprise, fixée au 14 janvier avec un Leverkusen – Dortmund qui pourrait conditionner pas mal de choses pour un deuxième tour qui s’annonce des plus exaltants.

Eintracht Francfort – Borussia Dortmund 1-0 (0-0).

Commerzbank-Arena, 51’500 spectateurs (guichets fermés).

Arbitre : M. Aytekin.

But : 87e Gekas (1-0).

Frankfurt: Fährmann ; Jung, Vasoski, Schwegler, Tzavellas (78e Fenin); Clark, Köhler; Ochs, Meier, Altintop (93e Caio); Gekas (91e Amanatidis). Entraîneur: Michael Skibbe.

Dortmund: Weidenfeller; Piszczek, Subotic, Hummels, Schmelzer; Bender (46e da Silva), Sahin; Götze, Kagawa (64e Blaszczykowski), Grosskreutz (73e Lewandowski); Barrios. Entraîneur: Jürgen Klopp.

Cartons jaunes: 18e Schwegler, 47e Schmelzer, 87e Meier, 90e Weidenfeller.

Notes: Frankfurt sans Russ (suspendu), Nikolov, Chris, Franz, Bajramovic, Rode ni Titsch-Rivero (tous blessés). Dortmund sans Kehl, Kringe ni Owomoyela (blessés).

Classement (17 matchs) : 1. BVB 43 2. Mainz 33 3. Leverkusen 33 4. Hanovre 31 5. Bayern 29 6. Freiburg 28 7. Francfort 26 8. Hoffenheim 25 9. Hambourg 24 10. Schalke 22 11. Nürnberg 22 12. Kaiserslautern 21 13. Wolfsburg 19 14. Brême 19 15. St. Pauli 17 16. Köln 15 17. Stuttgart 12 18. Mönchengladbach 10.

 

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Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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