Berlin, Olympiastadion, 24 juin 1956. Pour sa deuxième finale, le BVB est sacré pour la première fois de son Histoire champion d’Allemagne en battant Karlsruhe 4-2 en finale. Ce premier titre porte l’empreinte d’un trio magique : die Drei Alfredos.

Le contexte. Le BVB tient sa deuxième finale du championnat d’Allemagne, après celle perdue aux prolongations en 1949 contre le VfR Mannheim. Le Borussia a remporté l’Oberliga West avec quatre points d’avance sur le rival de toujours, Schalke 04. Après des années de domination königsblaue, le rapport de force est en train de s’inverser dans le Ruhrpott. En faveur des Schwarzgelben. Lors du tour final pour le titre, le BVB concède le match nul à domicile contre le Viktoria Berlin et perd à Hambourg. Mais il remporte ses quatre autres matchs, 2-0 à Stuttgart (doublé d’Alfred Niepieklo), 5-0 contre Hambourg (triplé d’Alfred Niepieklo et buts d’Alfred Preißler et Alfred Kelbassa), 6-0 à Berlin (doublés d’Alfred Kelbassa et Alfred Niepieklo et buts de Wolfgang Peter et Helmut Kapitulski) et enfin 4-1 contre Stuttgart (4-1, triplé d’Alfred Preißler et but d’Alfred Niepieklo).

C’est la grande époque des drei Alfredos : les trois Alfred, Adi Preißler, Niepo Niepieklo et Fred Kelbassa terrorisent les défenses de Westphalie et de toute l’Allemagne. Avec leurs compères Kapitulski et Peters, les trois Alfred se trouvent les yeux fermés et alignent les buts. En finale, ils ont failli retrouver le grand rival Schalke 04 et cela aurait quand même eu de l’allure de remporter notre premier titre contre les Knappen. Las, ceux-ci manquent la finale d’un rien : ils terminent à égalité avec Karlsruhe dans leur groupe mais sont devancés sur un point de règlement qui avantageait les meilleures défenses (on divisait le nombre de buts marqués par les buts encaissés). C’est donc le KSC, malgré une moins bonne différence de buts, qui affrontera le BVB en finale.

Le match. C’est le début d’une longue histoire d’amour entre le Borussia et l’Olympistadion de Berlin où a lieu la finale. Pourtant, la finale débute mal : l’équipe est en conflit avec la direction pour une question de primes de match et sur la prolongation du contrat d’Erich Schanko, une légende du club qui approchait de la retraite. La pluie tombe sur Berlin et Karlsruhe ouvre le score après dix minutes. Mais finalement tout s’est arrangé : les joueurs ont trouvé une issue au conflit avec leurs dirigeants et le BVB va rapidement faire tourner le match. Le capitaine Adi Preißler prend les choses en main et commence à distiller les bons ballons vers ses compères de l’attaque. Les combinaisons s’enchaînent et les Badener sont rapidement dépassés.

Le(s) but(s). Au quart d’heure de jeu, Alfred Niepieklo égalise et plus rien ne pourra arrêter le BVB sur la route de son premier Meisterschale. Une mauvaise interception du gardien du KSC permet à Alfred Kelbassa de donner l’avantage au BVB à la 26e. Adi Preißler inscrit le 3-1 après la pause d’une frappe de trente mètres puis Wolfgang Peters porte le score à 4-1 après un coup franc de Kelbassa. Karlsruhe reviendra à 4-2 sur autogoal mais peu importe : 47 ans après sa fondation, le Borussia Dortmund était sacré pour la première fois champion d’Allemagne. Et c’est le capitaine Adi Preißler qui a soulevé le premier Meisterschale jaune et noir.

La suite. Le BVB découvre la toute jeune Coupe d’Europe des Clubs champions. L’apprentissage est difficile puisque le Borussia a besoin d’un match d’appui pour se débarrasser du modeste Spora Luxembourg au premier tour. Au tour suivant, le Borussia fera meilleure figure puisqu’il va tenir tête au grand Manchester United de Matt Busby à Old Trafford, ne s’inclinant que 3-2. Malheureusement, nos Jungs ne pourront renverser le score au retour avec un 0-0 éliminatoire au Rote Erde. En revanche, le BVB est parvenu à conserver son titre de champion d’Allemagne.

Le héros. Alfred Niepieklo n’a connu qu’un seul club, si l’on excepte ses débuts chez lui à Castrop-Rauxel, entre Dortmund et Gelsenkirchen : le BVB ! C’était l’époque où le système en vogue était le fameux WM, l’attaque à cinq. Au sein des Drei Alfredos, Adi Preißler était le meneur de jeu, Alfred Kelbassa l’attaquant de pointe et Alfred Niepieklo l’ailier. Il brillait par sa technique, sa qualité de centre et son sens du but. 1955-1956 c’était son année : il finit meilleur buteur de l’Oberliga West avec 24 réussites en 30 matchs.

Il a pris également une part prépondérante dans la conquête du Meisterschale en 1957, avec notamment un doublé en finale contre Hambourg. L’émergence du duo Max und Moritz, Charly Schütz et Friedhelm Konietzka, le poussera vers la sortie en 1960 après 98 buts inscrits en 182 matchs pour le BVB. Il demeurera membre du conseil des anciens jusqu’à son décès en 2014. Son fils a épousé la fille de son ancien partenaire de l’attaque Alfred Kelbassa : alors qui sait, peut-être verra-t-on un jour un petit-fils ou un arrière petit-fils avec les gènes d’Alfred Kelbassa et Alfred Niepieklo venir perpétuer la légende des Drei Alfredos au BVB, à jamais les artisans de notre premier Meisterschale ?

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Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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