Une année après son premier Meisterschale, le BVB enchaîne avec un deuxième titre d’affilé. Le SV Hambourg est atomisé 4-1 en finale. C’est le triomphe des Drei Alfredos : en deux finales, Alfred « Adi » Preißler, Alfred « Niepo » Niepieklo et Alfred « Fred » Kelbassa ont inscrit la bagatelle de sept buts à eux trois !

Le contexte. Champion sortant, le BVB va entamer la défense de son titre tambour battant. Le Borussia remporte l’Oberliga West, devant Duisburg SpV. Pourtant, le meilleur buteur de la saison précédente, Alfred Niepieklo manque le début de saison en raison d’une blessure. Mais, en ce temps-là, au BVB, un Alfred pouvait en cacher un autre : Alfred Preißler est toujours à la baguette, Alfred Kelbassa endosse le rôle du meilleur buteur avec 30 réussites et un jeune prometteur fait ses débuts, Alfred Schmidt. Pour le tour final pour le titre de champion d’Allemagne, Alfred Kelbassa est de retour et le BVB domine son groupe. Cela se joue sur trois matchs, disputés sur terrain neutre. Le Borussia débute à Ludwigshafen et encaisse le premier but contre les Kickers Offenbach mais Alfred Niepieklo et le quatrième Alfredo, le jeune Alfred Schmidt, retournent la situation. Puis, devant 75’000 spectateurs à Hanovre, Alfred Kelbassa, Alfred Preißler et Helmut Kapitulski renversent le Kaiserslautern du légendaire Fritz Walter, le capitaine de l’Allemagne championne du monde 1954 (3-2) et assurent déjà la qualification pour la finale, la deuxième d’affilé. Un doublé de Niepieklo lors du dernier match contre Hertha Berlin (2-1) à Braunschweig permet au BVB de réussir le carton plein.

Le match. Le Borussia retrouve le SV Hambourg d’Uwe Seeler au Niedersachsenstadion d’Hanovre. 40’000 Borussen ont pris place parmi les 82’000 spectateurs. L’entraîneur Helmut Schneider choisit de reconduire le même onze de départ que l’année précédente en finale contre Karlsruhe et laisse de côté l’étoile montante Aki Schmidt (21 ans), au profit au quintette offensif Peters, Preißler, Kelbassa, Niepieklo et Kapitulski. Au coup d’envoi, Uwe Seeler vient allumer le légendaire milieu de terrain du Borussia Max Michallek, de quatorze ans son aîné : « Grand-père, comment veux-tu encore tenir sur le terrain à ton âge ? » « Max répond : « Gamin, je tiendrai encore même quand j’aurai 70 ans ».  Et effectivement, le BVB va faire parler son expérience : en neuf minutes de folie, le HSV a été complètement balayé.

 

Le(s) but(s). Tout démarre à la 16e lorsqu’Alfred Kelbassa ouvre le score. Hambourg égalise à la 24e mais la joie des Rothosen est de très courte durée : deux minutes plus tard, Alfred Kelbassa, encore lui, et Alfred Niepieklo ont fait passer le score à 3-1 ! La folie. Le journal kicker écrivait : « Le Borussia jouait, broyait, jonglait, bluffait, vainquait, sans peine, sur une cheville et ne s’’excitait même pas. » Le capitaine hambourgeois Jupp Posipal avouait, résigné : « Chacun de nous pouvait croire que nous voulions le meilleur mais le Borussia paraissait partout sur le terrain. Du jaune et du noir, partout où l’on regardait. » Alfred Niepieklo complète le triomphe jaune et noir en inscrivant le 4-1 en fin de match. Les Drei Alfredos sont à l’apogée de leur gloire.

La suite. Cette finale grandiose marque la fin d’une époque glorieuse puisque la saison suivante le BVB ne terminera que cinquième de l’Oberliga West et ne se qualifiera pas pour les phases finales. Il faudra attendre 1963 pour fêter le troisième titre schwarzgelb. En Coupe d’Europe des Clubs champions, le BVB aura besoin d’un match d’appui pour se débarrasser du Steaua Bucarest au premier tour, avant de tomber au deuxième contre l’AC Milan: tenu en échec 1-1 à l’aller au Rote Erde, le BVB sombre au retour à San Siro (1-4).

Le héros. Fred Kelbassa vient de Gelsenkirchen. De Buer plus précisément, le quartier situé juste à côté de stade de… Schalke. Mais il ne portera jamais le maillot des Blauen. Après des débuts avec le SC Gelsenkirchen-Buer, il part à la guerre et joue à Kiel et Glückstadt, où son unité est stationnée. Il revient en Westphalie après la guerre en 1946, au STV Horst-Emscher et au Preußen Münster, avant de découvrir le club de son cœur : le Borussia Dortmund, de 1954 à sa retraite en 1963. Dans sa jeunesse, le jeune Kelbassa avait montré des prédispositions pour l’athlétisme, notamment sur 100m, au javelot et au saut en longueur. Il mettra ces qualités au service du BVB. Avec ses compères Preißler et Niepieklo, il sera le grand artisan des titres de 1956 et 1957. Il prend sa retraite en 1962 mais, en raison de blessures, il est appelé à la rescousse pour le tour final pour le titre 1962-1963, ce qui lui permet d’accrocher un troisième Meisterschale à son palmarès. En 192 matchs pour le BVB, il a inscrit 118 buts ! Décédé en 1988, il a désormais une rue à son nom à proximité de notre centre d’entraînement de Brackel.

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Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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