Wir sind aus Kohle und Stahl. Nous sommes du charbon et de l’acier. Même si nous ne l’avons pas utilisé samedi à Berlin, notre maillot extérieur rappelle d’ailleurs nos origines d’acier. Sauf que face à Eisern Union, Union de fer, l’acier du Pott n’était qu’un vulgaire pot de terre. Qui, comme dans la fable de Jean De La Fontaine, s’est brisé à la première contrariété face au pot de fer berlinois.

La fable de La Fontaine se termine ainsi : « Le pot de terre en souffre ; il n’eut pas fait cent pas. Que par son compagnon il fut mis en éclats. Sans qu’il eût lieu de se plaindre. Ne nous associons qu’avec que nos égaux; ou bien il nous faudra craindre le destin d’un de ces pots. » On doit un peu revisiter la fable : je ne pense pas qu’avec Union Berlin, nous nous sommes attaqués à un adversaire trop fort pour nous. En revanche, comme le pot de terre de la fable, nous avons sous-estimé notre compagnon de jeu du week-end. Et nous avons volé en éclat, sans que nous ayons lieu de nous plaindre : nos Jungs n’ont pas abordé ce match avec la bonne attitude et nous en avons payé le prix fort. Mais commençons par le commencement.

Berlin autrement

Ce déplacement à Berlin n’a guère ressemblé à nos dernières visites dans la capitale pour jouer le Hertha. Déjà, nos derniers matchs sur la pelouse de l’Olympiastadion s’étaient joué par une température glaciale, ce week-end le thermomètre a grimpé jusqu’à 33° sur le Brandebourg, la chaleur était par moments étouffante. Mais la plus grande différence, c’est l’absence quasi-totale de maillots jaunes en ville de Berlin. D’habitude, quand on joue contre l’Alte Dame, les principaux monuments et places de la ville sont envahis par les Borussen (et on ne parle même pas des finales de Pokal…), sous les yeux ébahis et parfois inquiets des touristes, se demandant la raison de la présence de cette armée de gilets jaunes. Mais là, néant: Brandenburger Tor, Unter den Linden, Schloss Bellevue, Siegesäule, Gendarmenmarkt, Deutscher Dom, Berliner Dom, Reichstag, Franzözischer Dom, Neuer Synagoge, Parc Monbijou, Neue Synagoge, Alexanderplatz… impossible de deviner que le BVB est en visite ce jour-là dans la capitale. Tout juste aperçois-je mon pote Marvin à un carrefour depuis le bus m’amenant depuis Tegel et nos deux entraîneurs adjoints Manfred Steffes et Edin Terzic en train de faire de la trottinette électronique depuis une terrasse en face de la Museum Insel.

Pourquoi une telle discrétion ? Lorsque nous jouons contre le Hertha, nous disposons de 7’500 billets en Gästeblock et il est facile de se procurer des billets supplémentaires directement sur le site de l’Alte Dame, d’où la présence de 15’000 à 20’000 Borussen à l’Olympiastadion et donc une invasion jaune et noire sur la capitale. C’est une autre paire de manche avec Union : avec la petite taille du stade de l’Alte Försterei, nous n’avons reçu guère plus de 2’000 tickets en Gästeblock et il n’était pas possible d’en obtenir dans d’autres secteurs du stade, réservés aux abonnés et membres d’Eisern Union. Et les billets Borussen ont été en grande partie attribués aux Fanclubs, dont la plupart ont fait le déplacement en bus, soit un aller-retour directement au stade, sans passer en ville auparavant. C’est pourquoi la présence dortmundoise dans la capitale était réduite à sa plus simple expression samedi. En désespoir de cause, je fais au saut au plus célèbre BVB Fankneipe de Berlin (fortuitement situé en face de mon hôtel…), l’endroit est décoré aux couleurs du Borussia mais là encore, l’endroit est presque désert, juste une table de supporters. En partant, je lance en « bis später » au barman, comptant bien revenir après le match pour fêter la victoire…

En terres rouges

Alors que le Hertha était un club de Berlin-Ouest, Union Berlin était un club de l’ex-RDA. C’est donc tout à l’est de la ville qu’il faut nous rendre pour trouver le stade de l’Alte Försterei. J’en profite pour une halte à Treptower Park. C’était le grand parc de Berlin-Est, l’équivalent du Tiergarten de Berlin-Ouest.

Et les Soviétiques n’ont pas manqué d’y laisser leur marque. Si le long de la Spree, le parc a des airs de village de vacances avec ses cabanes à glaces, crêpes et bières, l’intérieur est plus martial avec le mémorial de l’Armée Rouge commémorant la prise de Berlin en 1945. Marteau et faucilles, étoile rouge, ode à la Kalachnikov et citation du camarade Staline : pas de doute nous sommes bien en terres communistes.

Du rouge, j’en prends encore plein la vue en arrivant à Köpenick, le quartier où se trouve le stade : le premier Biergarten en débarquant du métro est entièrement peuplé de maillots rouges de l’Union, pas de jaune à l’horizon. L’ambiance est plutôt conviviale mais je préfère faire l’impasse et rejoindre l’autre côté du stade où enfin je retrouve le peuple borussen. Là, pas de Biergarten, juste une station-service pour s’abreuver, évidemment encore plus prise d’assaut qu’une station-service française pendant un blocage des raffineries et dépôts de carburants. Les fans sirotent paisiblement leurs bières, conquises de haute lutte dans la station, mais la police est surexcitée. A tel point qu’une camionnette de police vient emboutir un réverbère et se retrouve avec un flanc complètement défoncé sous les acclamations goguenardes des supporters.

Eisern Union

Union Berlin n’a jamais fait partie des grands clubs de feu l’ex-championnat de RDA. C’était le club des cheminots de Berlin-Est, un club rebelle, par opposition au Dynamo Berlin, le club du régime et de la Stasi. La DDR-Oberliga a sévi entre 1949 et 1991 mais Eisern Union, Union de fer, n’a joué que 19 saisons dans la plus haute catégorie est-allemande. Son palmarès ne comporte qu’une Coupe du RDA, en 1968, et n’occupe que la 14ème position de l’Ewige Tabelle de la DDR, le classement toutes saisons confondues. Union possédait même la pire différence de buts cumulées de tous les clubs ayant participé à l’ancien championnat est-allemand, bien loin du Dynamo Berlin et de ses dix titres. Et pourtant, c’est cet ex-nain de l’ancienne RDA qui porte désormais haut les couleurs de l’ancienne République Démocratique dans l’Allemagne réunifiée. Il y avait déjà eu cette finale de Pokal, perdue en 2001 contre Schalke 04 et maintenant Union Berlin devient le premier représentant de feu la DDR à évoluer en Bundesliga depuis la relégation de l’Energie Cottbus en 2009. Il doit y avoir quelque chose d’assez savoureux pour les plus vieux fans d’Eisern Union de battre le BVB dans une ambiance survoltée et devant un stade comble qui aurait plus accueillir cinq fois plus de fans s’il avait disposé de plus de places pendant que l’ancien rival honni et tout-puissant du Dynamo était battu 3-1 par le Hertha II devant un petit millier de spectateurs dans l’anonymat de la Regionalliga. Par contre, pour ce club rouge parmi les rouges, l’inscription « Macron » sur les maillots, ça fait un peu mal aux yeux…

Alte Försterei

Interdiction d’alcool en Gästeblock oblige, je retarde un peu mon entrée au stade de l’Alte Försterei, construit et financé par les fans eux-mêmes. Un petit stade de quartier, 22’000 places, debout dans trois tribunes sur quatre. L’accès se fait le long d’un canal qui fleure bon les odeurs de gazon coupé des villas voisines, on voit les arbres entre les tribunes mais c’est un endroit qui respire le foot. Le stade est déjà presque comble et l’ambiance survoltée une demi-heure avant le coup d’envoi. Et cela devient carrément du délire lorsque retentissent les premières notes du Rammstein de Rammstein alors qu’une voix caverneuse parle de batailles dans l’âge d’or du XXème siècles, de sang dans les veines jusqu’à la victoire, de batailles et de ne jamais oublier la légende d’Union de fer. Puis la voix rauque de Nina Hagen s’élève pour le Eisern Union : « Wir aus dem Osten geh’n immer nach vorn Schulter an Schulter für Eisern Union Hart sind die Zeiten und hart ist das Team Darum siegen wir mit Eisern Union Eisern Union Immer wieder Eisern Union Immer weiter ganz nach vorn Immer weiter mit Eisern Union…» Nous de l’Est allons toujours de l’avant, épaule contre épaule pour Eisern Union, durs sont les temps et dur est l’équipe, c’est pourquoi nous vainquons avec Eisern Union, encore et toujours Eisern Union, toujours totalement vers l’avant, encore et toujours Eisern Union…On est peut-être un peu moins nombreux qu’à l’accoutumée en Gästeblock mais les plus acharnés sont là : on fait donc pas mal de bruit et on distingue à peine la voix de Nina à travers les Borussia, Borussia mais, clairement, avec Köln et Union, on a commencé notre saison par ce qui se faisait de mieux en Allemagne en matière de Vereinshymne. Il y a un boucan et une ferveur invraisemblables dans ce petit stade de quartier perdu à l’est de Berlin, c’est le football qu’on adore, bien davantage que les grandes enceintes aseptisées de la Ligue des Champions. On repensera avec nostalgie à ces moments quand on se retrouvera avec les trois claquements de mains des touristes du Camp Nou en novembre.

La malédiction du corner

Forcément, dans ce contexte, il fallait s’attendre à affronter un adversaire surmotivé. Mais, en première mi-temps, notre équipe a su répondre présente. Ce n’était pas génial mais nettement moins mauvais qu’à Köln. Il est vrai aussi qu’en face les Köpenicker n’ont pas exercé le même pressing que ne l’avaient fait les Geißböcke la semaine précédente. Les premières occasions sont jaunes et noirs, un centre de Brandt qui passe devant le but sans pouvoir être repris par Alcacer et Sancho, deux frappes juste à côté de Reus et Sancho et une volée beaucoup trop enlevée de Reus. Les Köpenicker semblaient surtout se contenter de défendre et de placer quelques escarmouches ici ou là, comme une tête de notre cher Neven Subotic sur corner juste à côté. Car, oui, on peut malheureusement toujours compter sur nos sempiternelles faiblesses sur balles arrêtées pour encaisser un but contre le cours du jeu. Sur un corner qui n’avait pas lieu d’être, une balle jouée ras terre trouve Marius Bütler qui crucifie Roman Bürki au premier poteau. Cinq Köpenicker au milieu de onze Borussen et pourtant Union a pu trouver un joueur libre de tout marquage, on a quand même un gros problème dans ce secteur. Heureusement, la réaction ne s’est pas faite attendre et une triangulation entre Marco Reus, Jadon Sancho et Paco Alcacer nous ramène à égalité moins de trois minutes après l’ouverture du score.

Gazés

L’ambiance devient carrément incandescente à l’Alte Försterei. Et même un peu délétère : suite à quelques provocations de fans de l’Union montés sur le toit pour mettre en place le somptueux Choreo d’avant-match qui étaient ensuite venus se positionner sur le toit au-dessus du Gästeblock, les esprits s’échauffent entre quelques fans dortmundois et les Köpenicker situés à côté du Gästeblock. Des coups sont portés sur le plexiglas séparant les deux camps. La police panique et balance des sprays au poivre et des gaz irritants en Gästeblock. Autour de moi, je vois des fans quitter précipitamment le stade en suffoquant, personnellement je n’ai rien senti, à part un léger picotement au visage. L’avantage d’avoir toujours une ou deux boîtes de schnouff dans la poche : c’est suffisamment fort pour éclipser les gaz. Sur le coup, l’intervention policière était clairement disproportionnée. Les mecs n’ont pas fait leur boulot en n’évacuant pas ces mecs qui n’avaient strictement rien à faire sur le toit du Gästeblock et ensuite ils surréagissent en balançant des gaz dans un bloc bondé, avec les risques de bousculade que cela engendre, juste pour quelques malheureux coups sur des plexiglas. Et, à la pause, à voir certains visage cramoisis et les ultras se ruer aux toilettes pour trouver de l’eau, certains Borussen ont bien morflé. C’est un peu triste d’en arriver là à cause de l’incompétence du service de « sécurité ». Et on peut, une fois de plus, se reposer la question de l’interdiction d’alcool en Gästeblock : cela crée une inégalité injustifiée entre fans des deux camps et cela a surtout pour effet que les fans arrivent encore plus alcoolisés au stade. C’était d’autant plus stupide que, globalement, l’ambiance était plutôt cordiale entre les fans des deux camps : avant et après le match j’ai pu tranquillement plaisanter avec des fans d’Eisern Union. Même si on est conscients qu’il y a aussi quelques éléments un peu turbulents parmi nos fans, ces incidents auraient pu être facilement évités avec un service de sécurité à la hauteur. A part ça, on a quand même joué un peu au foot en fin de première mi-temps et le BVB aurait pu prendre l’avantage avec un tir de Weigl sur l’extérieur du poteau et une frappe de Reus juste à côté.

Le cauchemar

Bref, à la mi-temps, j’étais plutôt optimiste, le BVB était dominateur et je pensais que le match allait finir par tourner à notre avantage. Mais, après un show pyrotechnique conjoint prouvant que les ultras des deux camps étaient plus complices que rivaux, la seconde période a tourné au cauchemar. Cela commence par un amorti complètement raté d’Akanji qui ensuite se fait mettre dans le vent par Andersson, pourtant bien plus réputé pour sa présence physique que pour sa vitesse, Bürki renvoie la frappe du Suédois mais Marius Bütler est le seul à avoir suivi et il redonne l’avantage à Eisern Union. Bütler, un joueur passé par Münster, Rödinghausen et fraîchement relégué en Dritte Liga avec Magdeburg, qui claque un doublé contre le Borussia, c’est une belle histoire mais aussi la preuve que quelque chose ne tourne pas rond dans notre défense. Après ce but, notre équipe a confondu vitesse et précipitation, il n’y avait plus aucune lucidité dans notre jeu, on a fait n’importe quoi. Il n’y a guère qui Julian Brandt qui a éclairé un peu notre jeu, les autres ont joué la tête dans le sac. Le seul autre qui a tenté un peu de relever la tête, c’est Mahmoud Dahoud, entrée pour Thomas Delaney, blessé, à la mi-temps mais comme souvent avec peu de réussite et d’efficacité, avec deux frappe juste à côté. Mais sinon, c’était le néant. Et c’est finalement presque logiquement que Sebastian Andersson a inscrit le 3-1 après un une-deux dans une défense figée suite à un corner mal dégagé. Il restait vingt minutes mais il était clair que notre équipe n’allait pas revenir, Union était beaucoup plus cohérent dans son plan de jeu et beaucoup plus volontaire dans les duels.

Il était où le banc ?

A Cologne, nous avions fait la différence avec la qualité de notre banc. Cela n’a pas été le cas à Berlin : Hazard et Witsel blessés, Delaney sorti sur blessure, Hakimi et Brandt alignés d’entrée, Lucien Favre n’a cette fois-ci absolument pas fait la différence avec son coaching. Dahoud à la mi-temps, Guerreiro et Bruun Larsen en fin de match, ce n’est pas vraiment comme cela que tu peux renverser un match mal embarqué. Une fois de plus se repose, vieux serpent de mer dortmundois depuis plusieurs saisons, la question de l’absence d’un deuxième attaquant nominal dans notre contingent. Pas besoin d’un crack, juste un mec capable d’aller peser sur la charnière adverse, d’ouvrir des brèches pour nos milieux offensifs, ce que ne fait absolument pas Alcacer. Par exemple, quand on voit à quel point la présence physique d’Andersson a pesé sur notre défense, on se dit qu’un tel profil n’aurait pas été de trop dans notre contingent. Notre mercato a été plutôt bien géré en bouclant très tôt les arrivées mais nous n’avons pas su combler certains manques dans l’effectif et la phase départs a été beaucoup moins bien réussie : il y a eu beaucoup d’atermoiements autour de Götze et Guereiro, au final on se retrouve avec deux joueurs en fin de contrat dont on ne sait pas quelle sera l’implication réelle, on a laissé filer un joueur comme Wolf dont l’énergie aurait pu être précieuse dans ce genre de combats et les non-départs de Guerreiro et Götze n’ont pas permis de dégager les liquidités qui auraient pu, par exemple, financer l’arrivée de ce fameux deuxième attaquant.

Tous coupables !

Mais l’équipe alignée aurait néanmoins pu et dû repartir avec les trois points. Mais, à part peut-être Julian Brandt, personne n’échappe à la critique. Même s’il ne peut pas grand-chose sur les buts, Roman Bürki, comme à Köln, est apparu bien fébrile, il faut qu’il se reprenne sinon Marvin Hitz, le gardien au 100% de victoires, pourra devenir une option. Aligné dès le coup d’envoi en récompense de son entrée décisive à Cologne, Achraf Hakimi repose la question de savoir s’il ne nous est pas plus utile comme joker que comme titulaire. Notre milieu de terrain, surtout en deuxième mi-temps, a de nouveau été largement dominé dans les duels. Déjà discret à Köln, Marco Reus a disparu de la circulation au fil de match : pourtant c’est dans ce genre de parties qu’on a besoin d’un capitaine qui sonne le rappel des troupes et fomente la révolte.

On termine par le plus inquiétant : la performance de notre charnière centrale. Nous pensions la saison dernière que nos problèmes défensifs était surtout dû au manque de stabilité dans l’axe. Mais désormais nous avons une hiérarchie claire et une charnière Hummels-Akanji qui évolue ensemble depuis quatre matchs mais finalement notre performance défensive la plus aboutie, ce fut en Supercup contre le Bayern avec Akanji et Toprak, qui n’est plus là. Je fondais (et fonde toujours) de grands espoirs sur Manuel Akanji mais il est là depuis 18 mois, il faut qu’il franchisse un cap : il ne peut plus se contenter du rôle de jeune qui débute et apprend, il doit maintenant s’affirmer comme l’un des meilleurs défenseurs de Buli et ne plus commettre des bourdes comme celle qui amène le deuxième but. Quant à Mats Hummels, il nous a beaucoup irrités en deux occasions : une ouverture de l’extérieur de quarante mètres de l’extérieur faite avec une nonchalance coupable qui a fini directement en touche, à au moins dix mètre de son destinataire présumé. Et, dans les dernières minutes, un ballon ressorti à 20 mètres du but berlinois qu’il avait l’occasion de remettre dans le paquet mais où, en attendant le ballon sur les talons, il s’est fait devancé par un Berlinois beaucoup plus volontaire. En ces deux occasions, on a senti les grondements  montés du Gästeblock. Encore quelques actions de ce type et notre ancien capitaine, dont le retour n’a pas fait l’unanimité, s’attirera les foudres et les sifflets du Westflaenstadion. Une chose est sûre : Mats a largement perdu le duel à distance avec son ancien compère Subotic. Neven a été parfait dans le rôle pour lequel il a été engagé : jouer de manière sobre, gagner ses duels et entraîner ses coéquipiers par son expérience, son calme et se volonté.

Au charbon

Il ne faut pas tout brûler : on a tout de même gagner 11 matchs sur 12 depuis la début de la préparation, un match raté cela peut arriver mais l’état d’esprit, tant en première mi-temps à Köln qu’à Berlin inquiète. Avant le début de la saison, je pensais que notre équipe avait le potentiel footballistique pour gagner le Meisterschale. En revanche, j’avais un doute sur son mental. Et la question se pose plus que jamais : la première mi-temps ratée de Cologne aurait dû servir d’avertissement mais que nenni. Nos Jungs ont à nouveau abordé ce match sans venin, en pensant que leurs seules qualités techniques suffiraient pour l’emporter. Ce n’est pas possible. Avec l’élitisme croissant du football causé par la Ligue des Champions, l’ère du romantisme est révolue. On ne peut plus gagner un championnat en faisant n’importe quoi en défense comme le Werder Brême de Schaaf en 2004 ou en revenant de nulle part après un premier tour raté comme Stuttgart en 2007 ou Wolfsburg en 2009. Désormais, les titres sont réservés à des équipes de tueurs, capables d’aborder chaque match avec la même détermination, qu’il s’agisse d’un choc au sommet ou d’un duel contre un modeste néo-promu dans un petit stade de quartier. Cette mentalité fait encore défaut à nos Jungs.

Depuis quatre ou cinq ans, des points perdus comme ceux de samedi, on en a vécu beaucoup, beaucoup trop : Ingolstadt, Darmstadt, Mainz, Hoffenheim, Düsseldorf, Augsburg, Nürnberg, Hanovre… En conférence de presse, Lucien Favre rappelle avant chaque match à quel point l’adversaire est dangereux et le match s’annonce difficile. Mais manifestement, il n’arrive pas à faire passer son message. Il faut absolument que cette défaite serve de déclic. Nos Jungs sont répété durant tout l’été qu’ils voulaient gagner le Meisterschale cette saison. La citation d’Adi Preißler est inscrite devant le Westfalenstadion : « Grau is’ im Leben alle Theorie – aber entscheidend is’ auf’m Platz », dans la vie il ne sert à rien de faire des théories, la vérité est celle du terrain. Et la vérité du terrain, c’est qu’il faut être prêts à aller au charbon, quel que soit l’adversaire. Wir sind auf Kohle une Stahl, paraît-il. Il s’agira désormais de le montrer car, si nos Jungs continuent à aborder ce type de rencontres avec une telle désinvolture, l’acier se transformera en pot de terre qui se brisera à la première difficulté. Comme à Berlin. Où je termine la soirée dans un BVB-Fankneipe désert, les chaises sont déjà rangées dans la salle décorée en jaune et noir : cela aurait dû être une belle fête du football dans cette ambiance survoltée mais cela se termine dans la déprime. Ce n’était franchement pas le scénario attendu en débarquant à Berlin…

Catégories : Au Stade

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