Joyeux anniversaire à notre Legende Dede, qui fête ses 42 printemps en ce 18 avril. En hommage, nous revenons sur son Abschiedspiel en septembre 2015. La fête : tel était le maitre mot qui régnait sur Dortmund, entre festival de Schlagerparade et Abschiedsspiel pour Dede. Retour sur un samedi humide, pas seulement en raison de la pluie et des bières mais aussi des nombreuses larmes qui ont coulé.

C’était jour de fête à Dortmund. Pour préparer le jubilé de notre cher Dede, je commence la journée par le festival de Schlageparade Dortmund Ole. Si elle est souvent considérée comme ringarde en France, la Schlager est une vraie institution en Allemagne qui attire de nombreux jeunes et dont tout le monde est capable de chanter les tubes par cœur. La coutume implique que, pour préparer un concert de Schlager, il faut commencer par quelque peu s’imbiber d’alcool. Dès lors, dès midi, la Hauptbahnhof de Dortmund est envahie par des hordes de fêtards, litres d’alcool fort en main, on se serait cru une nuit de Nouvel An à 4h du matin…

Je te laisse imaginer l’ambiance alors que les papes de la Schlager se succèdent sur la scène du Westfalenpark et que les tubes mythiques s’enchaînent dans un enthousiasme général même pas réfréné par le déluge qui s’abat sur le Ruhrpott. J’ai le temps d’assister, entre autres, aux prestations d’Anna-Maria Zimmermann et DJ Ötzi (les connaisseurs apprécieront) mais ensuite je dois quitter les joyeux mélomanes (avant même Mickie Krause…) pour une autre forme de réjouissance, l’Abschiedsspiel de Dede, plus grand jubilé de l’histoire du football avec plus de 80’000 fans réunis uniquement pour rendre hommage à un joueur.

Ole Dede

Dede, Leonardo de Deus Santos à l’état civil, c’est l’histoire d’un jeune Brésilien ambitieux débarqué en 1998 dans un club alors tout récemment sacré champion du monde et d’Europe. S’il y fêtera un titre de champion d’Allemagne en 2002, notre numéro 17 y vivra ensuite des heures moins glorieuses entre menaces de faillite, baisses de salaire, résultats médiocres et luttes contre la relégation. Il aurait pu relancer sa carrière ailleurs, dans un club alors plus huppé mais, lui, le gamin de Belo Horizonte qui n’avait a priori rien à voir avec le Ruhrpott industrieux, choisira d’y faire sa vie.

Par amour pour le maillot, le club et les fans, tissant au fil des années une véritable Histoire d’amour avec le peuple jaune et noir que même les blessures à répétition et l’émergence d’un jeune latéral prometteur nommé Schmelzer qui le reléguera sur le banc n’altéreront. Pour une fin en apothéose avec un dernier match le jour de grâce du 14 mai 2011, marqué par la remise d’un Meisterschale synonyme de retour du Borussia Dortmund au sommet. Aujourd’hui, malheureusement, ces valeurs de fidélité, d’amour du maillot et de reconnaissance n’ont plus guère cours dans le football moderne. Mais notre club aime cultiver sa singularité et son romantisme, n’en déplaise à nos rivaux et même à certains de nos « fans » qui souhaiteraient voir notre club vendre son âme à quelques riches mécènes étrangers pour s’offrir une équipe de mercenaires illustres payés à prix d’or.

Pour l’anecdote

Fort heureusement, nos dirigeants et l’immense majorité de nos fans résistent et luttent vaillamment pour préserver ces valeurs. Ce jubilé tellement mérité de notre fidèle Dede était donc l’occasion rêvée de célébrer et de réaffirmer notre attachement auxdites valeurs. Pour l’occasion, le BVB avait battu le rappel d’anciens joueurs plus ou moins illustres. Très honnêtement, il y a certains joueurs dont j’avais oublié l’existence ou leur passage chez nous, voir même certains que je ne connaissais pas mais, après tout, avec seulement dix ans de fréquentation du Westfalenstadion, je reste un jeune fan. Dans ce contexte, le match n’avait qu’une valeur anecdotique, sans la tension d’un match de Bundesliga. Au début, l’équipe en noir se détache puis l’équipe jaune commence elle aussi à enchaîner les buts.

Depuis ma place, inhabituelle, en Südtribüne, je vibre un peu plus aux buts d’Alex Frei, lequel me fait oublier l’absence de Stéphane Chapuisat. Les moments d’émotion, d’amusement et de communion s’enchaînent, il serait trop long de les énumérer et cela reste des moments qui se vivent bien d’avantage qu’ils ne se racontent, le match a dû se terminer sur quelque chose comme 13 à 12. En point d’orgue, on soulignera le lob en mode Lars Ricken réussi par le héros du soir Dede et son pénalty transformé, lui avait manqué celui tiré en 2011 contre Francfort, quelques minutes à peine avant un envahissement mythique du terrain, pour son dernier match officiel en jaune et noir.

Emotion

La soirée se termine dans une immense émotion. Autour de moi, les larmes coulent à flot en voyant défiler sur cette pelouse et dans ce stade où nous avons partagé tant de choses, souvent heureuses, parfois moins, plus de vingt ans d’Histoire condensée de notre cher BVB. Cela me rappelle la soirée glaciale du 19 décembre 2009 et le Jahrhundertspiel contre Freiburg avec plus de 80000 fans qui s’éternisent de très longues minutes dans le stade après le coup de sifflet final pour célébrer et communier avec notre club favori et, bien sûr, avec notre cher Dede.

Alors que notre club retrouve la tête du classement, cette journée de fête et d’émotion aura constitué une parenthèse enchantée avant le retour des choses sérieuses samedi à Hanovre et un automne qui s’annonce des plus exaltants. Avec ce retrait officiel, même s’il restera pour toujours Borusse, de l’une de nos figures emblématiques, une page s’est tournée mais le club transcendera toujours les individus et il appartient désormais à d’autres d’écrire les chapitres suivants de la légende du BVB. Ole Dede !

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Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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