Même si cette Bundesliga 2017-2018 n’est vieille que d’une journée, cela fait toujours plaisir de retrouver le BVB en tête du classement. Emmenés par un Christian Pulisic étincelants, nos Jungs auront complétement étouffé des Louveteaux bien inoffensifs. On attend confirmation mais c’est plutôt encourageant.

Wolfsburg, cela veut dire littéralement le château du Loup. Sauf que, jusque-là, lors de mes nombreuses pérégrinations dans la cité de Basse-Saxe, je n’avais jamais eu l’occasion d’y constater la présence d’un château. Et pourtant, ce n’est pas une légende : samedi, nous avons pu constater qu’il existait bien un château à Wolfsburg, en fait plus un Schloß qu’un Burg mais nous n’allons pas nous aventurer plus avant dans les dissertations sémantiques. Et en plus, ledit château, situé juste derrière le stade, est magnifique, avec sa porte ornée, comme il se doit, d’un loup, et son parc somptueux. Donc, autant cette arène de Wolfsburg est anonyme et artificielle, autant ses abords sont plutôt extravagants et originaux, de quoi largement justifier le déplacement du Niedersachsen : le château donc et son parc, la gigantesque usine Volkswagen et ses quatre cheminées géantes, les deux tours où les voitures s’achètent comme à un automate, le complexe d’Autostadt, la piste d’essai pour prototypes, les canaux, les lacs artificiels et leurs plages de sable fin, le monstrueux centre outlet où les articles de marque sont vendus à des prix défiant toute concurrence… Bref, notre saison 2017-2018 de Bundesliga débute par du shopping et du tourisme. Et par des bières bien sûr, histoire de renouer avec les bonnes vieilles habitudes.

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Le doute

Nous finissons tout de même par rejoindre le stade qui lui, en revanche, s’avérera tout sauf une forteresse imprenable. Sauf peut-être pour atteindre nos places en Gästeblock, défendu par une présence policière massive et excessive. Je craignais pourtant ce déplacement à Golfsburg ; la veille du match, en croisant l’avion de notre équipe sur le tarmac de Düsseldorf, j’étais tout sauf rassuré.

Certes, les Wölfe sortent d’une saison compliquée et n’ont arraché leur maintien que lors d’un barrage compliqué contre le voisin Braunschweig. Mais, parfois, un sauvetage de justesse peut induire un sentiment d’euphorie et enclencher une dynamique vertueuse la saison suivante. On se souvient par exemple du faux Borussia, celui de Mönchengladbach donc, qui, juste après s’être miraculeusement sauvé en barrage contre Bochum, avait entamé sa saison suivante en 2011 par une victoire à Munich contre le Bayern pour finir en qualifications de la Ligue des Champions. Et puis, même si la Supercup contre le Rekordmeister nous avait un peu rassurés, nos matchs amicaux n’avaient pas été trop encourageants et on ne savait pas comment l’équipe allait réagir après l’insupportable feuilleton Dembelé.

Christian Pulisic est magique

Heureusement, nos Jungs vont vite dissiper nos craintes. Il n’y a eu qu’une minuscule alerte sur un corner repris largement au-dessus par un Wölfe, un problème à régler rapidement car il est beaucoup trop fréquent qu’un joueur adverse se trouve à la réception des balles arrêtées, sans trop de marquage, et c’est à chaque fois un danger. Mais, sinon, nos Pöhler ont maîtrisé le match de bout en bout. Castro allume une première banderille avec une reprise non cadrée mais c’est le meilleur homme du match, Christian Pulisic, qui va inscrire notre premier but 2017-2018 d’un tir croisé imparable après un bon service de Mario Götze. Notre Américain a clairement fait oublier l’absence du gréviste français dont on se demande si, quoiqu’il advienne des manœuvres pathétiques du FC Barcelone, on en a encore vraiment besoin.

Eloge du collectif

Peter Bosz avait promis un jeu basé à la fois sur la possession de balle et sur un pressing très agressif pour récupérer le ballon au plus vite une fois celui-ci perdu. Ce match à Autostadt nous a permis de discerner pour la première fois la patte de notre entraîneur hollandais. Le BVB a eu la maîtrise du ballon (plus de 70% de possession) mais, contrairement à celui de Tuchel qui privilégiait trop souvent une possession conservatoire, le BVB de Bosz semble mû par une volonté de jouer de manière beaucoup plus directe et verticale. Quitte à perdre le ballon mais en sachant que, derrière, contrairement à ce qui se passait ces deux dernières saisons, il y aura un pressing très agressif pour le récupérer. Dans ce contexte, avec Pulisic et Philipp, qui a été plus discret offensivement mais a beaucoup travaillé à la récupération, le BVB paraît mieux armé qu’avec Dembelé et nous ne désespérons pas de récupérer un jour Reus et Schürrle.

Cette intensité retrouvée facilite grandement la tâche de notre défense : à Wolfsburg, Sokratis a pu nous prouver qu’il était toujours un monstre au duel et Bartra a fait valoir sa science du placement, en coupant les trajectoires des Wölfe et en prenant souvent leurs attaquants au piège du hors-jeu. J’ai toujours prétendu la saison passée que nos problèmes défensifs étaient moins dus à des défaillances de nos joueurs défensifs (Ginter va le prouver en sortant une grosse saison à Gladbach) qu’à un manque d’équilibre collectif. Le job de nos défenseurs est quand même nettement moins ardu quand ils n’ont pas à affronter des attaquants adverses lancés à pleine vitesse. Autre élément positif, le retour d’un vrai 6 devant la défense. Samedi, c’est Nuri Sahin qui a tenu ce rôle, ce n’est pas son meilleur poste et ce sera à revoir contre un adversaire qui met plus d’engagement et d’intensité dans son jeu mais cela fait plaisir de revoir Nuri à ce niveau. Autre retour encourageant, celui de Mario Götze : Götzinho semble trouver ses marques dans son nouveau poste dans le milieu à trois de Peter Bosz, dans un rôle plus offensif qu’en amicaux, et il a souvent pu venir créer le surnombre en soutien des trois attaquants. Bref, pour un match de reprise avec un nouvel entraîneur, le BVB a livré une prestation collective plutôt convaincante.

On déroule

Le BVB n’a donc pas mis longtemps à éteindre les timides espoirs et encouragements de la Volkswagen-Arena où l’on aura entendu les fans locaux que pour les désormais traditionnels chants anti-DFB du début de match. Cinq minutes après l’ouverture du score, Marc Bartra profite d’un corner mal renvoyé par les Wölfe pour doubler la mise d’une somptueuse frappe enroulée. On jouait depuis moins de 30 minutes et le match était plié car Wolfsburg ne donnera jamais l’occasion de pouvoir revenir. Il y a eu une frappe trop croisée de Mario Gomez et un but annulé pour hors-jeu après consultation du gadget inutile de l’assistance vidéo, ce fut tout. Pierre-Emerick Aubameyang a ouvert son compteur dans cette Buli 2017-2018 et scellé le score à 0-3 sur une offrande de Christian Pulisic. Une victoire sans forcer qui nous permet de prendre la tête du classement, dès la première journée : on pouvait imaginer pire entrée en matière. Bref, en deuxième mi-temps, on s’est surtout fait plaisir avec une ambiance énorme en Gästeblock, c’était agréable de retrouver la vraie ferveur borusse après le triste épisode touristique de la Supercup.

Vivement la suite !

Bien sûr, il ne faut pas s’enflammer. Historiquement, Wolfsburg est un adversaire qui nous a souvent bien convenu : c’est une équipe qui compte quelques bons joueurs dans ses rangs mais, à l’image du club et de son public, sans âme, qui met peu d’intensité dans son jeu et qui baisse vite les bras quand les choses ne tournent pas rond. Néanmoins, il n’est pas inintéressant de comparer notre victoire de samedi à celle remportée onze mois plus tôt 5-1 dans cette même Volkswagen-Arena. A l’époque, la largesse du score avait suscité quelques enflammades excessives mais notre équipe avait tout de même montré des failles défensives inquiétantes et connu quelques longues périodes de flottement qui auraient pu coûter cher si les Wölfe n’avaient pas été très maladroits devant le but. Rien de tout cela samedi : notre prestation a été beaucoup plus aboutie et le match nettement mieux maîtrisé, moins spectaculaire peut-être mais collectivement plus cohérent.

Mais bien sûr, ce sera à revoir contre des adversaires qui mettent davantage d’engagement et de ferveur dans leur jeu que ne l’a fait le VfL samedi. En ce sens, nos prochains matchs contre le Hertha de Pal Dardai et le Freiburg de Christian Streich, deux équipes qui jouent de manière bien plus compacte et physique, du genre de celles qui nous ont beaucoup gêné la saison prochaine, seront des tests plus révélateurs de ce que nous pouvons espérer pour notre BVB dans cette nouvelle saison. Mais en attendant, nous n’avons pas boudé notre plaisir et notre joie de retrouver la tête du classement en sirotant la caïpirinha (et la bière, il fait toujours soif après les Veltins alkoholfrei du Gästeblock à Wolfsburg) sur la plage jouxtant le stade.

Un moment de farniente bienvenu avant d’affronter un retour épique : en raison de gros problèmes ferroviaires en Basse-Saxe, tous les ICE étaient annulés à Wolfsburg. Il a donc fallu rentrer sur Dortmund dans un train régional surchauffé, rempli à ras-bord d’ultras éméchés et de policiers, suite à quelques échauffourées en fin de match. Mais j’ai quand même la bonne surprise de croiser mon pote Jörg Heinrich, champion d’Europe 1997 avec le BVB, qui voyageait comme ça, presque incognito, au milieu des fans déchaînés. C’est bien toute la grande famille du Borussia qui se réjouit de vivre cette nouvelle saison débutée sous les meilleurs auspices !

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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