Mönchengladbach, c’est sans aucun doute notre meilleur déplacement en Bundesliga cette saison : ambiance, émotion, combat, suspense, victoire et bières, tous les ingrédients d’une escapade réussie étaient réunis samedi au Borussia-Park. Retour sur un week-end comme les autres dans la vie d’un Fan Unterwegs.

Vendredi 21h, Echallens, dans le Canton de Vaud en Suisse, à 720 kilomètres du Westfalenstadion. Alors que j’étais tranquillement installé devant Köln – Hoffenheim sur Sky, je reçois un mail selon lequel mon vol Air Berlin du lendemain à 7h est annulé et que je suis transféré sur un vol Eurowings à 9h. Mince, voilà qui contrecarre mes plans : je vais arriver trop tard pour le BVB U17 – Borussia Mönchengladbach U17 qui se joue le lendemain à 11h à Brackel. Tant pis, on trouvera autre chose.

Samedi 5h30, Echallens. Le changement de vol m’a au moins permis de faire la grasse matinée avec un réveil à 5h30 au lieu des 4h initialement prévu.

Samedi 6h15, Echallens. Départ pour l’aéroport via la voiture puis le train.

Samedi 9h, Genève Aéroport. Vol Eurowings sans histoire Genève – Düsseldorf. Je n’écris pas cela parce que c’est l’un de nos sponsors mais Eurowings est vraiment une compagnie à recommander : prix low cost, service impeccable, ponctualité souvent garantie, c’est un bon conseil à donner pour ceux qui cherchent un moyen de se rendre à Dortmund. L’aéroport de Dortmund n’est pas très bien desservi et difficile d’accès, le mieux c’est de passer par Düsseldorf, l’offre en vols low cost est abondante et ensuite on est en moins d’une heure à Dortmund. Et puis, Düsseldorf, c’est l’aéroport d’attache de l’avion du BVB.

Samedi 10h15, Düsseldorf Flughafen. Traversée de l’aéroport avec le Sky Train.

Samedi 11h, Düsseldorf Flughafen. ICE Düsseldorf – Dortmund. C’est l’heure de l’apéro, j’emporte deux Früh Kölsch pour la route : malheureusement, impossible de trouver une bière dortmundoise en dehors de la ville.

Samedi 12h, Dortmund, Bornstrasse. Passage à mon appartement pour y déposer mes affaires. Je suis rapidement rejoint par mes deux collègues du week-end qui ont été voir la première mi-temps des U-17 à Brackel contre Gladbach. 0-0 à la pause mais un très bon niveau de jeu d’après mes potes mais ils n’ont pas repéré le nouveau Götze ou le nouveau Reus. Il faut dire qu’ils n’ont pas assisté à la bonne mi-temps puisque nos Jungs ont déroulé en seconde période pour s’imposer 4-0 et se qualifier pour les finales. Bravo à eux !

Samedi 12h15, Dortmund, Bornstrasse. Répartition des billets pour le match à Mönchengladbach. On s’aperçoit que, sur un malentendu, on a reçu six billets alors que nous n’en avons besoin que de cinq. Un message sur le whatt’s ap de mon Fanclub et, dix minutes après, le billet supplémentaire a trouvé preneur. Il faut faire un effort d’intégration au début mais, une fois que tu fais partie de la famille, ce n’est pas si compliqué d’obtenir des billets pour le BVB, on a une pensée moqueuse pour ces mecs qui ne veulent pas faire cet effort et qui resteront à tout jamais des touristes méprisés qui vont payer leur billet cinq fois son prix au marché noir avec un risque croissant d’être refusé au stade.

Samedi 12h30, Dortmund, Heroldstrasse. Départ en voiture.

Samedi 13h, Gelsenkirchen-Schalke. Traversée du Ruhrpott, en pleine terre de foot. Bochum, Essen, Oberhausen… à chaque fois, on se remémore quelques déplacements épiques dans les villes traversées, on devise sur la prochaine demi-finale de la Niederrhein-Pokal et on n’oublie pas d’énoncer quelques noms d’oiseau en dépassant la sortie d’autoroute Gelsenkirchen-Schalke.

Samedi 13h30, Duisburg, Wedau. Arrivée au Wedau. Nous garons la voiture en bordure de forêt près de l’entrée de l’autoroute, histoire d’être prêts à repartir directement après le match. Nous gagnons le Wedau après avoir longé le stade d’aviron.

Samedi 13h45, Duisburg, Wedau. Entrée au stade pour le match de troisième division MSV Duisburg – FSV Francfort, une affiche a priori déséquilibrée puisque les Zebras sont largement en tête de cette Dritte Liga et se dirigent vers la promotion alors que les Francfortois sont avant-derniers et paraissent promis à la relégation.

Samedi 13h58, Duisburg, Wedau. Entrée des joueurs, chants du club, drapeaux, près de 13’000 fans sont présents, quel que soit le match et la ligue, le football dans le Pott, c’est toujours une expérience sympathique.

Samedi 14h12, Duisburg, Wedau. Malgré le gouffre qui sépare les deux équipes au classement, Francfort entre le mieux dans le match et, après deux premières occasions ratées, ouvre logiquement la marque par Cagatay Kader qui trouve le cadre et surprend curieusement le gardien des Zebras.

Samedi 14h20, Duisburg, Wedau. C’est la consternation au Wedau : le mal classé FSV est en train de créer la sensation contre le  leader MSV lorsque Bentley Bahn (désolé pour les jeux de mots pourris) double la mise. Duisburg n’y est pas et quelque part cela nous réconforte : il n’y a pas que le BVB qui a tendance à prendre à la légère un adversaire plus mal classé.

Samedi 14h30, Duisburg, Wedau. L’écran géant indique aux fans, à intervalle régulier, que « c’est l’heure de la bière ». C’est comme ça les stades en Allemagne : bien loin d’interdire la bière, on encourage les fans à en boire ! Sauf que ceux des Zebras n’ont pas trop envie de picoler en ce moment, leur équipe n’arrive pas à aligner deux passes de suite…

Samedi 14h46, Duisburg, Wedau. Mi-temps. 0-2. C’est la bronca au Wedau. Même si leur équipe est leader, les fans des Zebras n’hésitent pas à entonner des « oh wie ist das schön » ironiques pour moquer la performance ridicule de leur équipe en première période.

Samedi 14h56, Duisburg, Wedau. Les joueurs de Duisburg reviennent sur le terrain avec cinq minutes d’avance: on imagine que leur entraîneur a dû tellement les engueuler qu’ils étaient pressés de quitter le vestiaire, alors que la sono diffuse une reprise locale du mythique « Blitzkrieg Bop » des Ramones pour motiver les troupes. Hey ! Ho ! Let’s Go !

Samedi 15h09, Duisburg, Wedau. Le message de l’entraîneur Gruev a dû passer car les Zebras reviennent beaucoup plus déterminés sur le terrain, commencent à gagner les duels et réduisent le score sur un coup de tête du buteur maison Kingsley Onuegbu.

Samedi 15h14, Duisburg, Wedau. Bien qu’un peu brouillonne, la pression du MSV est intense et le malheureux défenseur Streker réussit le strike parfait en propulsant un centre dans ses propres filets pour le 2-2. La chance du leader, la malchance du relégable. La fin de match s’annonce longue pour Francfort.

Samedi 15h18, Duisburg, Wedau. En moins de dix minutes, Duisburg a complètement retourné la situation lorsqu’Enis Hajri inscrit le 3-2 sur corner. Les fans du MSV, qui brocardaient encore leur équipe quelques minutes auparavant, sont maintenant euphoriques et chantent déjà des « Europapokal, Europapokal ». La magie du football. Et les König Pilsner descendent beaucoup mieux dans le Heimblock.

Samedi 15h29, Duisburg, Wedau. Après sa folle remontée, Duisburg retombe dans sa torpeur et joue avec le feu en ne cherchant pas à inscrire le quatrième, Francfort ne passe pas loin de l’égalisation sur un tir trop enlevé mais les visiteurs ont laissé passer leur chance.

Samedi 15h48, Duisburg, Wedau. Le FSV boit le calice jusqu’à la lie : un blessé, une expulsion et une défaite 3-2. Le deuxième club de Francfort, qui évoluait encore en Zweite Liga il y a deux saisons, paraît condamné à la Regionalliga, surtout qu’il devrait encore écoper de neuf points de pénalité pour des problèmes financiers. Triste. En revanche, Duisburg est presque promu et devrait tout prochainement fêter son retour en Zweite Liga. C’est réjouissant : il s’agit d’une vraie Traditionsverein avec un public fidèle et passionné. En plus, les Zebras pourront couronner leur saison en Niederrhein-Pokal, avec une 1/2 finale à jouer sur le terrain du voisin Rot-Weiss Oberhausen qui déchaîne déjà les passions dans la région.

Samedi 16h00, Duisburg, Wedau. Nous n’avons pas le temps de célébrer avec les Zebras: nous sautons dans la voiture car notre prochain match nous attend quelques dizaines de kilomètres plus à l’ouest !

Samedi 17h05, Mönchengladbach, Borussia-Park. Après un trajet sans histoire, malgré quelques embouteillages en arrivant au stade, nous voici au Borussia-Park.

Samedi 17h15, Mönchengladbach, Borussia-Park. Nous constatons avec plaisir que l’autre Borussia a considérablement augmenté son offre en Biergarten autour du stade parce qu’avant c’était un peu le désert. Cela aurait été criminel de ne pas y faire une halte !

Samedi 17h45, Mönchengladbach, Borussia-Park. Entrée au stade. C’est toujours le suspense à Gladbach : avec ou sans alcool en bloc visiteurs ? Cela varie selon les années mais là c’est avec ! Ce match s’annonce bien…

Samedi 17h45, Mönchengladbach, Borussia-Park. En arrivant devant l’entrée du Gästeblock places debout, je croise mon pote Micha, à qui j’ai revendu mon billet superflu, très énervé : « Il reste des places en haut mais impossible d’y accéder, oublie ». Je tente quand même ma chance et constate le problème : comme les ultras sont en bas du bloc et que nombreux sont les fans qui veulent rester près d’eux, ils s’entassent sur les escaliers et ne permettent pas l’accès au reste du bloc. C’est un vrai combat, il faut gagner chaque centimètre au milieu d’une foule compacte, je renverse la moitié de mes deux bières et le mec devant moi qui tentait l’ascension avec quatre bières me les renverse presque toutes dessus. En même temps, revenir d’un match en places debout avec le BVB sans sentir la bière, ce ne serait pas un vrai déplacement.

Samedi 17h55, Mönchengladbach, Borussia-Park. Après quelques minutes de combat, je trouve enfin une place dans le haut du Gästeblock, le stade est déjà bien rempli et l’ambiance électrique.

Samedi 18h29, Mönchengladbach, Borussia-Park. Entrée des joueurs sur l’hymne local « Die Elf vom Niederrhein ». Comme le veut la tradition, nous accompagnons les fans locaux sur le refrain, en déformant légèrement (grossièrement) les paroles puisque, plutôt que de jurer sur la pierre et la jambe sur le onze du Niederrhein, nous jetons pierre après pierre sur ce club de m… Le folklore habituel.

Samedi 18h39, Mönchengladbach, Borussia-Park. Nos Jungs entrent bien dans le match gagnent les duels et – miracle – nous bénéficions d’un cadeau de notre arbitre préféré Wolfgang Stark avec un pénalty qui – même vu de l’angle opposé – paraissait peu évident pour une faute sur Pulisic, qui semblait en plus commise en dehors de la surface. Peu importe, Marco Reus transforme et, contre son ancien club, célèbre tout en sobriété. Pas comme nous qui, autre coutume, allumons les fans adverses en reprenant leur Torhymne, « Maria (I like it loud » de Scooter.

Samedi 18h51, Mönchengladbach, Borussia-Park. Premier coup dur de l’après-midi: Nuri Sahin est victime d’une vilaine faute de Strobl et doit sortir sur blessure. Et Wolfgang Stark refait du Wolfgang Stark en fermant les yeux, comme il l’avait fait sur la faute de Bakalorz qui avait expédié Reus à l’infirmerie à Paderborn. On espère que Nuri se rétablira plus vite et qu’on le reverra bientôt sur un terrain, lui qui revenait à un niveau intéressant.

Samedi 19h00, Mönchengladbach, Borussia-Park. Malgré ce coup du sort, le BVB semble avoir le match bien en main, nos Jungs gagnent les duels, on passe à deux reprise tout près du 0-2 et l’ambiance est splendide en bloc visiteurs. Que du bonheur…

Samedi 19h13, Mönchengladbach, Borussia-Park. Sauf que cette saison, on aura de la peine à finir un match sans bourde défensive: Mikel Merino foire sa relance et cela ne pardonne pas face à André Hahn et Lars Stindl, deux des joueurs les plus sous-cotés de Bundesliga, qui vont tranquillement égaliser. Rageant car Gladbach n’avait rien montré jusque-là. On ne jettera pas la pierre à l’Espagnol, ce n’était pas évident pour un joueur à court de compétition de relayer Sahin au pied levé dans un match aussi intense ; en revanche il faudrait peut-être songer à oublier cette obsession de la conservation de balle et de temps en temps penser à déblayer sans prendre de risques dans les moments un peu chauds. Philipp Degen nous manque !

Samedi 19h16, Mönchengladbach, Borussia-Park. Je profite d’une accalmie sur le front de l’escalier bondé pour aller me ravitailler en bières. Au bar, il y a bien quelques jurons sur l’égalisation mais un fan ne vient pas au match pour faire le procès de ses joueurs et, dès la reprise, tout le monde se sera remobilisé pour aider nos Jungs dans l’ambiance surchauffée du Borussia-Park.

Samedi 19h34, Mönchengladbach, Borussia-Park. Cela se gâte: sous pression, Schmelzer dévie un centre de Wendt dans ses propres filets et permet aux Fohlen de prendre l’avantage. Du coup, le Torhymne de Scooter nous fait beaucoup moins rigoler…

Samedi 19h50, Mönchengladbach, Borussia-Park. Marco Reus n’avait pas 90 minutes dans les jambes et il cède sa place à notre joker de luxe Pierre-Emerick Aubameyang. Un coaching pour une fois gagnant de Thomas Tuchel : dès son entrée en jeu, notre buteur gabonais profite d’une belle ouverture d’Ousmane Dembelé pour égaliser avec beaucoup de sang-froid.

Samedi 20h05, Mönchengladbach, Borussia-Park. Le match est intense, un vrai combat, sur le terrain et dans les tribunes, de la Bundesliga comme on l’adore. On sent que ça peut basculer d’un côté comme de l’autre, Bürki nous sauve devant Herrmann, Pulisic et Castro ont également des balles de but mais on reste à 2-2.

Samedi 20h13, Mönchengladbach, Borussia-Park. La délivrance !!! Raphaël Guerreiro reprend victorieusement de la tête du coup franc de Gonzalo Castro et marque le but de la victoire. Pourtant, ce n’est pas le plus grand joueur sur le terrain mais – et ça n’a de loin pas toujours été le cas cette saison – on a senti nos Jungs plus déterminés dans ces duels aériens. C’est l’euphorie en Gästeblock, mes habits commençaient tout juste à sécher que j’ai le droit à une nouvelle Bierdusche : au-dessus de moi le plafond de la tribune supérieure dégouline de bière mais c’est pour la bonne cause. Par contre, je me demanderai toujours comment font les mecs, dans un bloc difficile d’accès, pour avoir des bières encore pleines à jeter à la 87e. A croire qu’ils en gardent exprès en prévision d’un but tardif. Le Torhymne de Scooter nous fait à nouveau rigoler.

Samedi 20h19, Mönchengladbach, Borussia-Park. Portés par les énormes clameurs venues du Gästeblock, nos Jungs ont tenu bon et remportent une victoire précieuse sur le terrain de l’un de nos rivaux historiques. Cerise sur le gâteau, ces trois points nous permettent de reprendre la troisième place à Hoffenheim et nous garantissent, quel que soit notre résultat samedi contre Köln,

une « finale » pour la qualification directe en Ligue des Champions le 6 mai prochain au Westfalenstadion contre le Plastikklub du Kraichgau !

Samedi 20h24, Mönchengladbach, Borussia-Park. Nous célébrons la victoire dans la joie et l’émotion avec nos Jungs. Tout n’a pas été parfait mais nos Jungs ont été admirables dans l’état d’esprit. C’était l’idéal non pas pour oublier (on n’oublie jamais au BVB, les épreuves nous rendent plus forts) mais pour tourner la page de ces deux tristes matchs contre Monaco. Bien sûr, c’est frustrant de ne pas avoir pu défendre nos chances à la régulière mais, au vu des événements, les conséquences auraient pu être bien plus dramatiques qu’une demi-finale ratée en Ligue des Champions

Samedi 20h28, Mönchengladbach, Borussia-Park. Mes deux compagnons rentrant vers la Suisse en voiture, je me dirige vers les Shuttle-Bus, non sans avoir repris deux bières pour la route. C’est avec un immense sourire aux lèvres que je quitte le stade : c’était clairement notre meilleur déplacement cette saison en Bundesliga. Hambourg et Freiburg avaient été très festifs mais c’était différent, notre équipe avait déroulé et nous avions surtout fêté. Là en revanche, on a l’impression d’avoir remporté un vrai combat en totale osmose avec nos Jungs, avec des rebondissements, des émotions, du suspense, il suffit d’un ou deux déplacement de ce genre dans la saison pour oublier tous ceux où notre équipe nous a déçus.

Samedi 20h40, Mönchengladbach, Schuttle-Bus. C’est le délire dans le bus. Un quadragénaire dégarni complètement déchainé avec des lunettes en forme de cœur lance les chants les uns après les autres, instantanément repris par tout le bus. Evidemment, les Blauen d’Herne-West en prennent pour leur grade. Toujours des moments privilégiés.

Samedi 21h05, Rheydt-Hauptbahnhof. Le bus nous dépose à la gare de Rheydt, réservée pour les Sonderzüge de fans du BVB. Je parviens à trouver quelques bières pour le trajet retour et franchit l’imposant cordon policier, malgré leurs réticences en découvrant mes poches remplies de bouteilles.

Samedi 21h20, Rheydt-Hauptbahnhof. Départ du Sonderzug. C’est toujours l’aventure, le Sonderzug (train spécial pour les fans) : comme c’est un trajet spécial, il n’est pas prioritaire et il doit parfois s’arrêter en rase campagne ; en revanche, il ne doit s’arrêter dans aucune gare avant Dortmund pour éviter tous jets d’objets sur des fans de clubs adverses qui se trouveraient malencontreusement sur le quai.

Samedi 21h45, quelque part entre Rheydt et Dortmund. L’ambiance est plus calme dans le train. Après l’émeute de l’après-midi, nous éprouvons tous le besoin de souffler. Quand tu parles français, les fans te considèrent toujours avec un peu de méfiance car le BVB a été envahi par pas mal de touristes ces dernières saisons. Mais quand ils voient que tu fais l’effort de parler allemand et que tu as manifestement une longue culture de déplacement, la glace est vite brisée. Ils finissent même par te considérer avec respect quand tu sors la boîte de schnouff  et que tu t’en envoies une grande pincée sans sourciller. En général, ils ne veulent pas passer pour des mauviettes devant le petit Suisse et tiennent absolument à essayer, le résultat est généralement assez spectaculaire… En l’occurrence, l’un de mes nouveaux amis a pas mal tenu le coup, il n’a pas trop éternué ni ne s’est fait arracher la tête, il m’en redemande plusieurs fois et je finis par lui en donner un boîte sous le regard horrifié de ses potes.

Samedi 22h30, Dortmund-Hauptbahnof. Arrivée à Dortmund. Le Sonderzug n’a pas trop traîné cette fois mais il était temps : le stock de bières arrivait à son terme.

Samedi 22h45, Dortmund, Bornstrasse. Retour à mon appartement. La journée a été bien remplie avec deux victoires 3-2 après des matchs à rebondissements. Je passerai sous silence la suite de la soirée…

Dimanche 9h00, Dortmund, Bornstrasse. Réveil. C’est l’heure d’Alle Spiele, alle Tore sur Sky. Comme il n’y a pas de mal à se faire plaisir, je revois deux fois tous les buts de la veille, dont bien sûr ceux du BVB. Ensuite, je zappe sur GoldStar, la chaîne de Schlagerparade qui diffuse une spéciale DJ Ötzi. Les amis que j’héberge ces prochains week-ends sont prévenus de ce qui les attend le dimanche matin…

Dimanche 12h00, Dortmund, Alter Markt. Normalement, le dimanche nous tentons d’aller voir un autre match avant de rentrer au bercail, histoire de ne pas perdre le rythme. Mais malheureusement, ce jour-là, il n’y avait rien à se mettre sous la dent dans la région. Je vais donc manger avec une amie dans une brasserie de l’Alter Markt. Mon pote serveur est un peu étonné de me voir commander une eau minérale mais je dois conduire plus tard dans la journée.

Dimanche 15h00, Dortmund-Hauptbahnhof. Départ du Regio pour Düsseldorf.

Dimanche 16h00, Düsseldorf-Flughafen. Arrivée à l’aéroport, Skytrain embarquement, la routine.

Dimanche 17h10, Düsseldorf-Flughafen. Vol sans histoire Düsseldorf – Zürich, il était moins cher que celui pour Genève.

Dimanche 18h30, Zürich-Flughafen. Le temps de débarquer et je saute dans le train pour revenir dans la partie francophone de la Suisse.

Dimanche 21h, Echallens. Retour à la maison. Un peu fatigué mais week-end sympathique, un week-end comme les autres mais avec une belle victoire de nos Jungs. Et le week-end suivant on remet ça. Et le suivant aussi et celui d’après aussi et ainsi de suite… Elle n’est pas belle, la vie de Fan Unterwegs du BVB ?

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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