Samedi dernier au Ruhrstadion de Bochum, le Borussia Dortmund disputait le premier vrai test de sa préparation. Et, face à l’un de nos vieux rivaux historiques, le VfL Bochum, nous avons constaté qu’il restait encore beaucoup de travail pour être prêts d’ici à la reprise. Car la prestation de nos Jungs n’a pas ressemblé à grand-chose et n’a guère valu que par la réaction d’orgueil des cinq dernières minutes.

Lorsque nous avons découvert le calendrier de notre préparation estivale, nous avons immédiatement coché ce déplacement à Bochum comme le premier test sérieux de l’été après la revue d’effectif à Essen et les deux exhibitions commerciales disputées contre Urawa Red Diamonds et Milan. Eh bien, une chose est sûre : nous ne sommes pas sortis complètement rassurés du Ruhrstadion et notre nouvel entraîneur Peter Bosz n’aura pas trop du mois qui sépare ce klein Revierderby de la reprise de la Bundesliga à Wolfsburg pour préparer son équipe.

Endlich wieder Fußball

C’est avec un immense plaisir que je reprends le chemin des stades et du Ruhrpott. Il fait beau sur Dortmund et je profite d’effectuer ma première visite au Fanshop de la saison.

Le Krone de l’Alter Markt est quasi désert et j’en profite pour flâner dans les rayons, ça change de l’invasion de touristes « eh, c’est super ils ont même le toaster » ou « je mets Reus ou Aubameyang sur le maillot » annoncée pour la prochaine Supercup : s’il y a bien un jour dans la saison où il ne faudra ne pas mettre les pieds dans un Fanshop, ce sera celui-là !

Je retrouve mon pote Dietmar dans sa villa en banlieue sud dont il a transformé le rez-de-chaussée en musée du BVB. Il me présente sa dernière œuvre, un phare géant aux couleurs du Borussia qui lui a donné des dizaines d’heures de travail. Je me demande combien d’appartements de ce genre ont été transformés en musée du BVB en ville de Dortmund mais le nombre doit être impressionnant. Après quelques bières, nous effectuons le court trajet en direction du Ruhrstadion de Bochum en compagnie de l’un des responsables photos du Westfalenstadion qui nous avoue être fan de… Schalke 04.

Bochum

Mais c’est à un autre rival que nous rendons visite : le VfL Bochum. Même s’il a quitté la Bundesliga pour la dernière fois en 2010, le VfL demeure l’un de nos rivaux historiques. Il fut d’ailleurs une époque pas si lointaine où l’écart entre nos deux clubs n’était pas aussi grand qu’aujourd’hui : on se souvient encore de la saison 2003-2004 où Bochum était venu nous ravir une place en Coupe UEFA lors de la dernière journée. C’était donc un vrai derby qui nous attendait, surtout que le VfL arrive en fin de préparation, six jours avant la reprise en 2. Liga où il aura droit à deux gros chocs d’entrée : le match d’ouverture de la saison contre St. Pauli puis un derby de la Ruhr à Duisburg. Après avoir étonnamment changé d’entraîneur en pleine préparation, le VfL voulait donc utiliser la venue du BVB pour un dernier gros test, une vraie répétition générale, avant de passer aux choses sérieuses. Et puis leurs fans sont toujours très motivés à l’idée de nous battre. Néanmoins, l’ambiance est plutôt bon enfant à la fête d’ouverture de saison du VfL, à côté du stade, où nous allons descendre quelques bières.

Cohue en Gästeblock

Même en match amical, le bloc visiteurs du Ruhrstadion affiche complet. Nous nous étions félicités d’avoir pu atteindre l’abri de la tribune avant qu’éclate un orage aussi bref qu’intense mais nous nous retrouvons quand même très humides en raison des nombreuses bières renversées dans des tentatives plus ou moins vaines d’escalade des gradins surbondés. Cela m’avait vraiment manqué. De guerre lasse, Dietmar finit même par renoncer à agiter son drapeau gigantesque du 1. BVB-Fanclub Rügen, de très loin le plus grand du stade, dommage pour nos potes restés au bord de la mer Baltique. Au milieu de la cohue, nous tentons d’apercevoir ce qu’il se passe sur le terrain mais en fait il ne s’y passe pas grand-chose.

On sait que notre contingent est encore trop large et qu’il doit encore être réduit mais Peter Bosz entend visionner tous ses joueurs avant de déterminer lesquels devront être prêtés ou vendus. Il profite donc de ce déplacement à Bochum pour aligner d’entrée ceux qui sont encore sur la sellette. Si Felix Passlack n’a pas démérité, Emre Mor et Alexander Isak n’ont pas marqué des points. Brillant lors de la tournée asiatique, notre jeune prodige turc a été beaucoup plus en difficulté dans un vrai match de football, avec des duels, de l’engagement, je doute qu’il puisse trouver une place dans notre alignement cette saison, il est encore un peu frêle pour la Bundesliga. Quant à Alexander Isak, nous attendons toujours qu’il démontre pourquoi il était l’un des jeunes joueurs les plus convoités d’Europe.

Comme un air de déjà-vu

Ceci dit, c’est toute l’équipe qui n’était pas à la hauteur. D’après les déclarations de notre nouvel entraîneur et de ses joueurs, Peter Bosz entend mêler possession de balle, pressing intensif et projection très rapide vers l’avant. Nous n’avons vu que le premier à Bochum. Le nouvel entraîneur du VfL Ismail Atalan applique les mêmes préceptes de jeu qui nous avait déjà posé quelques problèmes en Pokal avec son ancien club, Lotte : un jeu simple, très engagé, avec un bloc défensif bien en place et des contres joués à fond. C’était suffisant pour contenir un BVB qui s’est retrouvé dans ce schéma de possession de balle stérile et sans idée qui nous a si souvent consternés avec Thomas Tuchel. Il y avait sans doute encore la fatigue de voyage et du décalage horaire en Asie mais le constat reste le même : le BVB n’ira nulle part avec aussi peu de rythme, d’intensité et de duels gagnés. Notre équipe ne produit quasiment rien en 1ère mi-temps et c’est logiquement que Bochum ouvre le score sur un centre en retrait qui prend Zagadou à contre-pied et permet à Celozzi de fusiller Bürki. Notre ange gardien suisse parvient toutefois à nous éviter d’atteindre la pause avec plus d’un but de retard.

Le néant avant la fierté

Ce n’était que partie remise car, dès la reprise, Losilla double la mise après un petit numéro de jonglage et une volée magnifique sous la latte. Notre équipe n’y est pas du tout, il faut un excellent Dominik Reimann pour éviter que le match ne tourne à la correction. Bref, nous n’en menons pas large en Gästeblock, la prestation de notre équipe est nullissime et les fans du VfL ne se gênent pas pour nous allumer. Nous étions arrivés au stade plutôt en mode farniente détendus mais, même en match amical, on commence sérieusement à tirer la gueule devant la prestation de notre équipe. Peter Bosz introduit alors progressivement ses joueurs qui sont plutôt appelés à occuper une place de titulaire mais notre équipe ne produit toujours rien. Toutefois, contrairement à ce qui c’est trop souvent produit avec Thomas Tuchel, à défaut de bien jouer, nos Jungs vont au moins être capables d’une réaction de fierté et d’orgueil pour nous éviter une défaite infamante.

Le réveil

Raillé par le peuple bochumer à deux reprises pour des coup-francs ratés, Gonzalo Castro sonne le signal de la révolte en réduisant le score d’une frappe précise avec l’aide du poteau. Moins d’une minute plus tard, un centre d’André Schürrle permet à Christian Pulisic d’égaliser de la poitrine. Nous sommes 8’000 Borussen parmi les 24’000 fans du Ruhrstadion et le match a aussi changé d’âme en tribunes. C’est désormais notre tour d’allumer les Bochumer à grands coups de « Erste Liga, nie mehr, nie mehr ! ». C’est cela la magie du BVB : tu arrives au stade tranquille pour un amical, tu restes amorphe voir énervé par le non match de ton équipe pendant 85 minutes mais il suffit d’une étincelle pour que nous nous retrouvions tous complètement survoltés à la perspective d’un Derbysieg inespérée, presque comme si nous jouions une finale de Coupe de Monde. Finalement, de victoire, il n’y eût point car le dernier tir d’Aubameyang passe juste à côté alors que nous étions déjà tous en train de crier au but. Mais au moins, nous pouvons quitter le stade, sous forte escorte policière, mais avec la satisfaction d’avoir évité la défaite contre un rival historique.

Au boulot !

Ceci dit, ces cinq dernière minutes de folie ne nous feront pas oublier que le reste du match de nos Jungs était très insuffisant et indigent. Ce déplacement à Bochum aura sans doute permis à Peter Bosz de prendre conscience du genre de combats qui nous attendent dès le mois d’août en Bundesliga. Quelque part, ça peut servir de match de référence de tout ce qu’il ne faudra pas faire dès lors que les choses sérieuses débuteront. Heureusement, il nous reste un peu de temps et quatre matchs amicaux contre Espanyol Barcelone, Atalata Bergamo, Bayern Munich en Supercup et Rot-Weiss Erfurt pour monter en puissance mais il ne faudra pas musarder : il y a encore beaucoup de travail avant la reprise et le timing sera serré. Le constat est aussi valable pour les fans : après le match, je ne m’attarde même pas à Bermuda3eck, le quartier chaud de Bochum, pour retrouver Dortmund, ses terrasses de l’Alter Markt, son Bierkönig…

Nous aussi, nous sommes encore en préparation et nous nous réjouissons déjà de la venue de notre BVB chez nous en Suisse pour parfaire sa préparation. Inutile de préciser que nous serons présents du côté de Winterthur, Bad Ragaz et Altach pour suivre la progression de nos Jungs, accessoirement retrouver des amis et boire quelques bières afin de nous aussi arriver au top pour la reprise de la Bundesliga à Autostadt. Nous avons tous encore du labeur ces prochaines semaines !

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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