Comme nous vous l’avons fait plusieurs fois parvenir, nous sommes ouverts pour tout fans du BVB (ou non) qui veulent s’exprimer sur le club par le biais d’un article libre. C’est ce que a fait Fanny, habitant en Alsace, fan du BVB depuis quelques années. Elle qui va vous raconter sa premiere visite dans la Ruhr à l’occasion de la finale de la Coupe d’Allemagne opposant le BVB à l’Eintracht Frankfurt.

Vendredi 26 mai. Arrivée dans la Ruhr

Après environ 6 heures de route je passe enfin le panneau d’entrée de Dortmund, pour la toute première fois de ma vie je me retrouve dans la ville du club que je supporte. Je rejoins des amis au  Westpark, puis ils décident de me montrer de nuit le Westfalenstadion que j’étais la seule à ne jamais avoir vu. Je conduis et en arrivant mon ami me dit « regarde devant toi » et c’est là que j’ai aperçu le stade, que je n’aurais sans doute pas remarqué de suite s’il ne m’avait rien dit ! Et pourtant je me demande comment est-ce que j’aurais pu le louper puisqu’il est immense !C’est encore plus beau en vrai que sur les photos. Je me sentais réellement comme une enfant qui découvre ses cadeaux à Noël. Pouvoir apercevoir légèrement l’intérieur du stade, les alentours, les stickers collés sur les murets, les grands poteaux jaunes, les affiches de joueurs… Pour être honnête, j’ai eu du mal à retenir mes larmes. Voir le stade en vrai a un peu été comme une prise de conscience pour moi, dans le sens où je me suis encore davantage rendue compte à quel point j’étais attachée à ce club. La hâte d’être au lendemain était immense, qu’est-ce que le Borussia allait me réserver comme autres émotions ce week-end !

Westfalenstadion

Samedi 27 mai. Pokalfinale

Nous commençons la journée en début d’après-midi en allant à la gare où nous nous installons pour manger une fameuse currywurst et boire la première bière d’une longue série sous un soleil éclatant. N’étant jamais venue, encore moins un jour de match, voir toutes ces personnes autour de moi vêtues de jaune m’a égayée, je commençais à sentir la ferveur que le match dégageait. Lors de notre pause déjeuner, nous rencontrons un groupe de 5 allemands un peu âgés qui ont parcouru 1400km à vélo depuis Münster uniquement pour voir cette finale. Aucun d’entre eux ne supportait le BVB mais plutôt Köln, Mönchengladbach, Bayern München et un autre club de la Ruhr dont on ne citera pas le nom, c’est donc dire l’intérêt qu’a suscitée cette finale.

Plus tard, nous nous posons sur la Hansaplatz où l’on me présente encore des supporters allemands des jaunes et noirs avec qui je discute des cas Aubameyang et Dembélé. L’ambiance est posée, il fait très chaud alors on s’hydrate avec de la bière en restant le plus possible à l’ombre pour ne pas choper d’insolation avant le coup d’envoi.

Accompagnée d’un de nos amis, je pars chercher une banque près de la Hansaplatz, et c’est à ce moment-là que nous passons sur la Friedenplatz où une ambiance festive avec de la musique à fond régnait déjà. En revenant nous proposons alors aux autres de décaler sur la Friedenplatz qui nous inspirait davantage de monde et de folie.

Le temps jusqu’au match m’a paru interminable malgré les nombreux chants entonnés toute l’après-midi et les rencontres. Le « You’ll Never Walk Alone » d’avant match résonne encore dans ma tête.

Friedenplatz

A 20h pétante, le match démarre enfin, c’est parti pour 90 minutes de stress même si cela me semblait quasiment inimaginable que l’on puisse perdre cette finale, non sans respect pour l’Eintracht. Surtout il ne fallait pas la perdre, une défaite en finale de plus n’aurait pas été supportable.

L’ouverture du score d’Ousmane Dembélé a fait un bien immense à toutes les personnes présentes sur cette place, nous avons tous sauté et crié de joie, vraiment chouette de faire des accolades avec des personnes que tu as rencontrées le jour-même et qui partagent la même passion que toi. Cependant, l’euphorie est vite redescendue avec les attaques de Francfort, et nous nous sommes tous remis en question lors de l’égalisation de Rébic. Je trifouillais mes doigts sans arrêt, l’occasion des rouges qui finit sur le poteau m’aurait achevée. La blessure de Marco Reus n’a fait qu’empirer les choses et la mi-temps était vraiment la bienvenue. 15 minutes pour souffler… Pas tellement, plutôt le temps de se demander quel allait être le dénouement du match.

Reprise de la seconde période, on en attendait tous beaucoup de nos Jungs. Plusieurs occasions, pas franchement nettes, des frayeurs en défense, ce match était comme un résumé de notre saison. Par la suite le ciseau d’Aubameyang qui finit malheureusement sur le poteau m’aura vue célébrer comme si la balle avait franchie la ligne. Que ce fut long. Enfin, long d’attendre le second but et que l’arbitre donne le coup de sifflet final, mais le match en soi est passé à une vitesse fulgurante. Finalement c’est grâce à un penalty bien remporté par Pulisic et tiré sans cafouillage par Aubameyang que l’on voit enfin la balle faire trembler une deuxième fois les filets. Quelle joie ! Mais le stress a continué jusqu’à la fin du match où l’on aurait pu croire que l’Eintracht allait revenir et nous asséner un coup de massue en égalisant, heureusement pour nos cœurs ça n’a pas été le cas.

90’+4, coup de sifflet final. POKALSIEGER. Enfin ! Le bonheur intense et immense de cette victoire. La Friedenplatz était en folie, remplie de cris de joie, d’accolades dans tous les sens, et même de pleurs pour les plus émotifs comme moi. Que mes amis me prennent dans leurs bras à ce moment-là n’a fait qu’amplifier mes pleurs et mon sourire. En 2012 j’ai vécu la finale chez moi tranquillement devant la télévision, alors vivre cette finale ici à Dortmund était grandiose.

Devant l’écran géant on attendait impatiemment de voir nos joueurs soulever cette coupe, et les images étaient magnifiques. Après la remise des médailles, nous avons continué à chanter et fêter durant une bonne heure, en prenant bon nombre de photos et vidéos tous ensemble avant de rentrer à l’appartement de notre très sympathique hébergeur qui lui était à Berlin pour se reposer un peu.

Friedenplatz

Dans les rues de Dortmund les chants et célébrations fusaient dans tous les sens, et nous étions tous euphoriques, je pense qu’on ne réalisait pas franchement que l’on venait de remporter à nouveau un titre important.

Je m’endors une bonne heure avec un gros mal de tête et les jambes lourdes d’avoir été debout toute la journée, puis nous ressortons dans le centre de Dortmund rejoindre des amis. La fatigue étant très présente nous décidons de ne pas poursuivre la fête en boîte de nuit, et nous finissons par aller nous coucher après un kebab à 3h du matin.

Dimanche 28 mai. Borsigplatz.

Le lendemain matin, ou devrais-je dire à 13h, je me lève et on me propose immédiatement une bière que je n’ai pas eu le courage de boire directement au réveil..

🍺

14h30 nous partons en direction de la Borsigplatz. A ma grande surprise, il n’y a pas tant de monde que cela même si les gens commençaient à arriver au même rythme que nous. Nous attendons donc impatiemment sous la chaleur l’arrivée des joueurs que l’on suit en même temps de près sur les réseaux sociaux qui nous informent de leur atterrissage à l’aéroport de Dortmund.
On entend finalement les acclamations du peuple jaune qui avait prit de l’ampleur en quantité au fur et à mesure de l’avancée de l’après-midi, signe que le bus avec les joueurs et le staff arrive. J’ai senti mon cœur s’exciter dans ma poitrine, j’allais enfin voir de près et non plus à la télé les gars qui font varier mon humeur chaque weekend en fonction d’une victoire ou d’une défaite. Je n’ai pas été déçue une seule seconde durant la parade, les chants motivaient les joueurs à faire la fête avec toutes les personnes présentes et ces derniers, du moins ceux que j’ai bien aperçus, étaient fiers d’être là. Marc Bartra, après les horreurs qui lui sont arrivées cette saison, n’a fait que chanter et lever ses mains vers le ciel pour nous faire signe de chanter et danser avec lui, son sourire était contagieux. Julian Weigl, l’enfant prodige, avec son pied dans l’attelle était debout à l’avant du bus avec la Pokal dans les mains et le point levé rageur. Quelle joie de voir ces garçons si heureux. D’autres étaient cependant plus timides comme Felix Passlack ou Emre Mor. Avec mes amis français nous avions des drapeaux de la France dans l’espoir d’accrocher le regard de Dembélé, d »Aubameyang ou Guerreiro qui ont tous évolué en Ligue 1 auparavant, mais tentative échouée car ces derniers n’étaient pas tournés vers nous… Le temps est passé à une vitesse incroyable durant la tournée du bus, après je me suis dit « Oh bah c’est déjà terminé » un peu tristement.

Borsigplatz

La tournée du bus sur la Borsigplatz finie, nous allons vers la gare boire un coup puis je retourne à  l’appartement de mon ami, toute seule, sans batterie sur mon téléphone et sans me perdre dans Dortmund. Je mérite sans doute des applaudissements.

Les gars avec qui je logeais ce week-end ont eu la  »merveilleuse » idée ce soir-là de faire 100km en direction de Mönchengladbach pour… accrochez-vous… manger un plat de pâtes italiennes. Alors j’admets que le repas était excellent, et la petite partie de centre-ville que j’ai pu voir de Gladbach était mignonne, donc le déplacement en a valu la peine. Sur le retour nous nous arrêtons à Bochum pour dire un dernier au revoir à toutes les superbes rencontres faites durant le week-end. D’ailleurs, merci à toutes les personnes qui ont fait de ma première escapade à Dortmund un moment magique et très chaleureux.

Lundi 29 mai.

Difficile de se réveiller en sachant qu’il faut rentrer à la maison et que la fête est finie. Petite virée au Fanwelt avant de prendre l’autoroute vers la France. Mon collègue avec qui je faisais du covoiturage me raconte pendant que nous buvons un café sur la terrasse du Fanwelt certaines anecdotes que l’on peut apprendre lors des visites guidées du stade. Quel club, que d’amour. Dans la boutique j’avais envie de tout acheter, même une gamelle pour chien alors que je n’ai absolument pas de chien chez moi. On finit par prendre chacun quelques bricoles et bien sûr le t-shirt de la victoire. C’est le cœur lourd mais la tête remplie de souvenirs que j’ai pris la route pour rentrer.

Chaque bonne chose a sa fin, mais je n’ai qu’une seule hâte après mon premier week-end à Dortmund, c’est de pouvoir expérimenter mon premier match dans le Westfalenstadion.


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