Depuis quelques années, le BVB s’est forgé une solide réputation sur le terrain comme dans les tribunes. Un Westfalenstadion plein à ras bord, un soutien inconditionnel, des chants discontinus mais aussi des tifos (Choreo, auf deutsch) dont les images ont fait le tour du monde. Derrière les centaines d’heures de travail de ces chorégraphies soignées se cachent des messages et des références historiques et culturels, révélateurs de la mentalité unique du Borussia Dortmund.

« Danke Adi »

En septembre 2003, tout le BVB est en deuil. Et pour cause, il y a deux mois, le club a perdu l’une de ses figures les plus emblématiques : Alfred « Adi » Preißler. Capitaine du BVB, il forma avec Alfred Kelbassa et Alfred Niepieklo, Die drei Alfredos. Si le BVB est ce qu’il est aujourd’hui c’est un peu grâce à eux, qui remportèrent les deux premiers Meisterschale de l’histoire du club en 1956 et 1957. C’est d’ailleurs avec le titre de champion d’Allemagne qu’apparaît Preißler lors du tifo qui lui rend hommage en Südtribune. La chorégraphie est complétée par un message simple : « Merci Adi ». Un joueur que personne n’oubliera, un pionnier du BVB, toujours meilleur buteur de l’histoire du club, avec 168 buts. Le Borussia Dortmund est immensément fier de son histoire, et il l’est particulièrement d’Adi  Preißler.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Credit photo Schwatzgelb.de

« Ganz Dortmund will den Derbysieg »

Le 31 janvier 2004, Dortmund retrouve son ennemi juré, Schalke 04, dans un Westfalenstadion comme toujours en ébullition. Je ne t’apprends rien : « Derbysieg ist wie die Meisterschaft ». Plus fière que jamais de ses couleurs, la Südtribune tient tout de même à adresser un message à ses joueurs. Elle déploie un écusson géant du club, accompagné d’une phrase on ne peut plus claire : « Tout Dortmund veut la victoire dans le derby ». La piqure de rappel ne sera pourtant pas suffisante, puisque le BVB s’inclinera 1-0. C’était y a près de 15 ans, et depuis, Herne-West ne sait toujours pas quelle sensation cela fait lorsqu’on soulève le Meisterschale…

bvb2 

« Generation WS,Wie ein Herzschlag bist Du immer da,
wie Luft zum Atmen brauchen wir Dich. »

Un tifo très particulier car, comme tu as pu le constater si tu es un habitué de Generation WS, il a grandement inspiré notre site, tant dans notre nom que dans le design de certains éléments graphiques. La Generation WS, c’est cet état d’esprit que nous tentons de te raconter quotidiennement aux travers de nos articles, c’est cette génération qui a grandi en même temps que le Westfalenstadion, partageant ses peines, ses déboires, ses joies et ses émotions indescriptibles. Pour cette chorégraphie, réalisée en février 2009 pour la reception de l’Energie Cottbus, la Südtribune a accompagné cette grande bâche à l’effigie du stade d’un coeur et d’une banderole. Le message été simple: « Comme une pulsation tu es toujours là, comme l’air à respirer nous avons besoin de toi ».

 

« Die Besten Stimmen für Dortmunds Zweite »

Au Borussia Dortmund, il n’y a pas de jaloux ! Alors certes, la réserve ne joue pas devant 80000 supporters, ses matchs ne sont pas retransmis partout dans le monde et elle ne participe pas à la Ligue des champions… Mais les joueurs ont eux aussi le droit à un support de choix ! À l’image de ce tifo, déployé lors de la rencontre face au SC Verl en mars 2009. Le Stadion Rote Erde l’affirme, son équipe bénéficie des « meilleures voix pour la deuxième équipe de Dortmund ». Alors il n’y a peut-être pas autant de spectateurs au Rote Erde qu’au Westfalenstadion, mais niveau qualité, ça envoie du lourd. La Sektion stadionverboten (interdits de stade) assouvit ses pulsions d’ultras et assure un support de 90 minutes avec des chorégraphies et des chants très variés.

bvb-iv

Crédits photos: wijzijnvoetbal.nl

« 100 Jahre Ballspielvererein »

Le 19 décembre 1909 une bande de jeunes buvait des bières (de la marque Borussia) dans une brasserie de la Borsigplatz, et donnait par la même occasion naissance au Borussia Dortmund. Cent ans plus tard, ce Borussia Dortmund reçoit le SC Freiburg. Mais les choses ont changé : au fil des victoires, défaites, joies, déceptions et émotions, le club est devenu un monument du football allemand. Pour célébrer cet évènement, la Südtribune se recouvre d’une énorme banderole à l’effigie du club, surplombée par un portrait des légendes du BVB qui vient compléter la chorégraphie. Au premier rang de ces légendes, on retrouve Alfred Preißler qui brandit le MeisterSchale alors que Matthias Sammer, le seul Ballon d’Or de l’histoire du club, qui à l’époque n’était pas encore devenu un traître, soulève la Coupe aux grandes oreilles. On reconnait également Lars Ricken, Franz Jacobi, Norbert Dickel ou August Lenz. Un centenaire frileux sur le terrain (c’est peu de le dire, le thermomètre affichait -16°C), mais bouillant dans les tribunes, un centenaire authentique, à l’image du club.

« Deutscher Meister 2011 »

« Deutscher Meister ist nur der BVB !». Au printemps 2011, après plus de 9 ans d’attente, le Borussia Dortmund est de nouveau champion d’Allemagne. Le 14 mai, la fête est totale dans la Ruhr, le match face à l’Eintracht Frankfurt est anecdotique (enfin, pour nous, pour SGE il avait été synonyme de relégation), l’important est ailleurs : le BVB règne de nouveau sur la Bundesliga. La Südtribune se fend alors d’un tifo très sobre « Champion d’Allemagne 2011 », accompagné d’une bâche qui représente le bouclier de champion. Mais lors de la minute de silence, les joueurs de Frankfurt voient se dresser devant eux une géante représentation de leurs adversaires du soir. Barrios, Kuba, Dede, Zidan, Kehl, ils sont tous là. Une animation à couper le souffle, tant le dessin de chaque joueur est crédible et détaillée, et qui va surement raviver la nostalgie de certains…

Clément Le Foll

À propos de l'auteur

Clement Lefoll

Laissez un commentaire

Lire les articles précédents :
Bayer 04 Leverkusen vs. BVB – On veut des guerriers !

L’heure du coup d’envoi était la même – 18h30 un samedi. L’adversaire commençait par les deux mêmes lettres – LE...

Fermer