Samedi, nous allons retrouver, après une année d’absence pour cause de Zweite Liga, Hanovre. Soit l’un des pèlerinages incontournables dans la saison pour tout fan schwarzgelb qui se respecte. Notre dernier déplacement, en 2015-2016, reste comme un excellent souvenir puisque Thomas Tuchel, comme l’a fait Peter Bosz deux ans plus tard, avait commencé son mandat au BVB par le meilleur début de saison de l’Histoire de la Bundesliga.

Hanovre, cela fait partie des déplacements incontournables de la saison du fan dortmundois : ce n’est pas si loin du Pott et les tickets y sont facilement accessibles. Pour ne rien gâter, en ce début de championnat, la météo les jours de match est à l’image de nos performances sur le terrain : au beau fixe ! Indécis dans la matinée, le soleil finit par darder de ses généreux rayons les abords du Niedersachsenstadion, là où se trouvent quelques-uns des Biergarten les plus sympathiques de la Bundesliga, notamment l’exceptionnel Waterloo Biergarten. L’ambiance est des plus conviviales, il n’y a pas la moindre animosité entre fans des deux camps, d’ailleurs je peux traverser sans le moindre souci le kop de 96 pour gagner ma place en bord de Gästeblock au cœur de la marée jaune des quelques 12’000 Borussen qui ont fait le déplacement. La folie et une ambiance bien sûr survoltée. Pour ne rien gâter, je découvre avec surprise qu’il reste 28 euros de crédit (donc trois litres de bière) sur ma vieille carte de la HDI Arena retrouvée au fond d’un tiroir. Tout commence donc sous les meilleurs auspices.

Hanovre, la descente aux enfers

Hanovre s’était hissé il y a quelques saisons parmi les bonnes équipes de Buli, avec notamment deux qualifications européennes d’affilée et en prime une qualification contre Séville en C3, un exploit majeur quand on connaît l’efficacité des Andalous dans cette compétition. Mais les Roten ont creusé leur propre tombe en virant en quelques mois les deux principaux artisans de ces succès, le manager Schmadtke et l’entraîneur Slomka. Comme quoi, quand on a des dirigeants compétents, il faut faire bloc derrière eux dans la difficulté et surtout ne pas tomber dans la critique gratuite et le coupage de tête intempestif, le succès en Bundesliga est à ce prix. Aujourd’hui, avec un entraîneur, Frontzeck, qui a déjà trois relégations ou quasi à son palmarès (Aachen, Bielefeld et Gladbach, qui s’était sauvé en le virant), et un effectif affaibli durant l’été, Sechsundneunzig fait à mon sens partie des principaux candidats à la chute cette saison (note: mon pronostic de l’époque s’était vérifié en fin de saison).

Retour vers le futur

C’était donc a priori un adversaire abordable pour le leader de la Bundesliga. Mais notre 1ère mi-temps va longtemps rappeler nos errements de l’automne dernier : une possession de balle et une domination territoriale stériles contre un adversaire massé en défense avec peu d’occasions franches et pas mal d’imprécisions en phase terminale. Et nos Jungs se font surprendre sur la première incursion adverse dans notre camp suite à un mauvais alignement de la défense. Il y a douze mois, ce match on l’aurait perdu. Mais qu’est ce qui a changé depuis ? La réussite d’abord, avec un pénalty, transformé par Aubameyang pour le 1-1, pas immérité mais qu’on nous aurait sans doute refusé en période de déche. Ensuite, la confiance et la sérénité. L’an passé, notre équipe s’était mise une telle pression à vouloir absolument défier le Bayern qu’elle se crispait à la première difficulté et perdait toute sérénité. Cette saison, malgré le but adverse, nos Pöhler restent zen et continuent d’appliquer leur plan de jeu, confiant dans leurs capacités à retourner la situation sans panique ni précipitation. En témoigne le magnifique deuxième but juste avant la pause concocté par les inévitables Ginter et Mkhitaryan. Mais, honte à moi, celui-là, je ne l’ai découvert qu’à la TV : en Bundesliga, si tu veux enchaîner toilettes et bar durant la pause sans trop attendre ni manquer le début de la 2e mi-temps, il vaut mieux partir vers la 43e. C’est un risque à prendre, je manque donc la frappe de Miki ; en entendant l’immense clameur depuis les coulisses du Niedersachsenstadion, j’ai même craint un instant que ce soit 96 qui ait marqué mais je suis vite rassuré : ce sont bien nos 12’000 Borussen qui ont fait tout ce bruit.

Quel mental !

On pensait que le plus dur était fait avec cet avantage au score mais Hanovre va revenir sur sa deuxième occasion et une bévue d’un Mats Hummels lui aussi en mode 2014-2015. Mais heureusement, notre équipe va une nouvelle fois démontrer son moral de fer pour reprendre l’avantage avec un nouveau coup de pouce de Felipe sur un centre de Mathias Ginter. La facilité avec laquelle notre n°28 s’est imposé à ce poste nouveau de latéral démontre à quel point il est appelé à devenir l’un des grands défenseurs de demain. Nos dirigeants ont vraiment eu le nez creux en allant le chercher à Freiburg, malgré toutes les critiques stupides qu’on a pu lire l’an dernier contre un gamin de 20 ans qui avait juste besoin d’un temps d’adaptation pour assumer des responsabilités inédites pour lui. Pierre-Emerick Aubameyang assurera la victoire sur pénalty d’une Panenka raffinée.

Face à un adversaire limité, le BVB a livré un match assez moyen et s’est mis un peu tout seul en difficulté mais remporte au final un succès complétement mérité. Le match se termine donc dans la liesse générale au sein du colossal virage jaune et noir, surtout que les nouvelles venues du tableau d’affichage sont longtemps très favorables. Malheureusement, le pénalty scandaleux accordé au Bayern en fin de match contre Augsburg empêchera le carton plein mais il en fallait beaucoup plus pour gâcher la fête dortmundoise. Après tout, même en trichant, le FC Fraude fiscale et son imposteur d’entraîneur restent derrière nous au classement…

Dans l’Histoire…

De toute façon, même si on clame notre bonheur d’être en tête du classement à grands coups de « Spitzenreiter, Spitzenreiter, hey, hey » et de « Wer wird Deutscher Meister ? », on n’est pas du tout dans une logique de grand défi au Bayern ou de projection sur le futur champion. D’ailleurs, je ne me suis pas encore prêté au traditionnel exercice du Tabellenrechner une seule fois depuis le début de la saison… On savoure notre réussite actuelle mais on laisse les théories foireuses et les fanfaronnades adolescentes aux analystes sur canapé et à la presse à sensation. Malgré toutes les journées de rêve qu’elle nous a offert depuis juillet, notre équipe a encore tout à prouver : pour l’instant on n’a battu qu’une troisième division, deux équipes moyennes de championnats de seconde zone, un grand d’Allemagne à l’agonie, un promu et deux candidats à la relégation. Restons humbles : les vrais tests sont devant nous, avec notamment trois semaines où les matchs vont s’enchaîner à un rythme infernal, avec deux gros chocs contre Leverkusen et à Munich intervenant moins de 72 heures après des soirées d’Europa League. On y verra déjà un peu clair sur les réelles possibilités de notre Borussia et notre capacité à enchaîner les matchs. En attendant, on fête juste notre première place et le meilleur début de saison de l’Histoire de la Bundesliga. Sachant que nos deux prochains déplacements en Bundesliga, Sinsheim et Munich, seront les deux plus sinistres et ternes de la saison (en terme d’ambiance du moins car une victoire dans ces tombeaux a toujours quelque chose d’assez savoureux), on profite donc de célébrer l’instant présent en quittant un Nidersachsen Stadion toujours baigné de soleil et plus jaune et noir que jamais pour conclure en beauté ce délicieux week-end à Hanovre qui restera dans nos mémoires. Quoiqu’il advienne par la suite…

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j’ai vu de la lumière et j’y suis entré. Depuis, je n’en suis jamais vraiment sorti.

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