Le football peut être un jeu simple. Nous sommes allés nous en rendre compte du côté de Cologne au lendemain d’un frustrant BVB – Hertha. Bien loin des doutes qui nous assaillent, le 1. FC Köln profite juste de l’instant présent et de l’enthousiasme ambiant au Müngersdorf, sans prétention ni ambition démesurée, juste une équipe qui joue vers l’avant sans se poser de questions. Rafraîchissant.

Notre plan initial, au lendemain de Dortmund – Hertha, c’était d’aller encourager nos U-23 du côté d’Ahlen. Sauf que la ligue a eu la mauvaise idée de programmer notre Nachwuchs, une fois de plus, en même temps que nos Profis, c’est un peu dommage de priver ainsi nos Jungs de soutien. Nous nous sommes donc rabattus sur le match du 1. FC Köln contre Ingolstadt, en mode espion puisque ce sont deux adversaires que nous sommes prochainement amenés à rencontrer. Le temps d’avaler un toast –à l’effigie du BVB bien sûr – avec une bière et nous voici en route pour la cité du Dom.

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La renaissance

J’aime beaucoup aller à Köln. Déjà parce que c’est une ville magnifique et festive. Ensuite, parce que le stade est superbe et l’ambiance toujours au top. Même lorsque le Effzeh local végétait en Zweite Liga, ils étaient plus de 40’000 à soutenir leur équipe tous les week-ends. Car les Geissböcke en ont connu des galères avec pas moins de cinq relégations en moins de vingt ans ! Problèmes financiers, dirigeants incompétents, changements d’entraîneurs, joueurs démotivés, résultats catastrophiques, Köln a peu à peu disparu des avant-postes du football allemand. Mais, après la dernière relégation, en 2012, le club a pris un nouveau départ avec une nouvelle équipe dirigeante, un projet de redressement sur la durée, une stratégie de recrutement intelligente… Autour du manager Jörg Schmadtke et de l’entraîneur Peter Stöger, le club s’est enfin donné les moyens de construire quelque chose sur la durée. Et ce travail commence à porter ses fruits. Cologne a retrouvé la Bundesliga en 2014 et, cette saison, un grand retour en Coupe d’Europe paraît envisageable. Après le nul obtenu sur la pelouse du Bayern Munich, certains médias se sont même enflammés et ont parlé du retour des grands duels de légende des années 1970 et 1980 entre le FC et le Rekordmeister ; c’est peut-être un peu prématuré. Mais je l’avoue : je suis un peu jaloux de ce que vivent en ce moment les Domstädter, que l’on peut comparer à ce que nous avons nous-mêmes vécu dès 2009. Soit un club en pleine renaissance, qui joue sans pression, avec juste le plaisir de retrouver une équipe crédible, sans être obnubilé par les résultats et les investissements estivaux, sans invasion de touristes,  un outsider qui tente de défier les ténors et de faire le mieux possible. Bref, un club qui vit dans l’innocence et l’insouciance que nous avons perdu au BVB depuis 2013.

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Vite fait, bien fait

Contre Ingolstadt, Köln n’a pas réussi une démonstration de football mais a démontré l’efficacité et la réussite d’une équipe en pleine bourre. Cela commence avec une ouverture d’Osako pour Anthony Modeste, en position très suspecte, qui ouvre le score d’un amorti suivi d’une volée. Le Français, meilleur buteur de la Bundesliga, a doublé la mise sur un pénalty généreux. 2-0 en moins de 30 minutes, c’était un peu sévère pour Ingolstadt mais c’est le tarif contre un Effzeh en pleine confiance qui joue un football extrêmement simple, sans se poser la moindre question et à qui tout réussit en ce moment. C’est évidemment du délire au Müngersdorf et, après le Mer stonn zo dir, FC Kölle d’ouverture, les Kölle Alaaf descendent des tribunes. Forcément, l’euphorie qui règne en ce moment dans la cité du Dom est une formidable récompense pour tous ces fans restés fidèles pendant toutes ces années de combats glauques d’arrière-garde en Zweite Liga contre Heidenheim, Sandhausen ou Aue…

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Danger

Après la pause, Köln va gérer son match. Modeste va rater à plusieurs reprises le triplé, Ingolstadt aura eu le mérite de ne jamais se décourager et finira par être récompensé par un pénalty à la 90e transformé par Hinterseer. Mais c’était trop tard pour remettre en cause le succès du Effzeh qui s’installe ainsi sur le podium de la Bundesliga, devant le grand BVB ! Forcément, nous n’avons pas pu nous empêcher d’avoir un œil attentif sur ces deux adversaires que notre équipe favorite va prochainement rencontrer. Tout d’abord, Ingolstadt auquel nous rendrons visite la semaine prochaine. Le départ de l’entraîneur à succès Ralph Hasenhüttl a laissé des traces et les Schanzer ont perdu l’euphorie et la réussite de la promotion qui les animaient la saison dernière. C’est néanmoins un adversaire qui vaut mieux que son classement, difficile à manier, et, si nos Jungs se déplacent en Bavière en pensant que cela va être facile, nous allons au-devant d’une nouvelle déconvenue.

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Quant à notre déplacement à Köln en décembre, vu l’euphorie qui règne actuellement au Müngersorf, il s’annonce comme le déplacement le plus exaltant de notre premier tour en Bundesliga. Je ne sais pas si l’euphorie qui règne actuellement sur les bords du Rhin perdurera jusqu’en décembre mais il faudra s’attendre à un gros combat dans une ambiance complètement survoltée, clairement l’un des sommets de cette automne. En espérant que d’ici-là le BVB aura résolu ses problèmes pour éviter une troisième défaite d’affilée au Müngersorf…

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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