On ne sait pas s’il faut y voir une relation de cause à effet avec les turbulences de la semaine précédente mais le BVB est un peu retombé dans ses vieux travers à Augsburg. En étant contraint au match nul au terme d’une partie sans relief ni passion, le Borussia va jouer sa saison sur deux matchs. Deux duels à la vie, à la mort en huit jours qui vont déterminer la réussite ou l’échec d’une saison mouvementée.

Ce déplacement à Augsburg débute à 6h15 du matin à l’aéroport de Genève par un embarquement dans un avion Air Dolomiti à l’effigie du… Hellas Verona. Par quel miracle faut-il prendre un appareil aux couleurs d’un club de deuxième division italienne pour aller voir le BVB en Bavière depuis la Suisse ? Mystère mais pour accompagner son équipe partout et toujours, le fan Unterwegs doit parfois faire preuve de créativité dans ses déplacements. Le premier couac de la journée intervient en arrivant à Munich puisqu’il y a deux Fanshop du Bayern à Franz-Josef Strauss. Il n’y a rien de tel pour avaler son petit-déjeuner de travers que de passer devant une vitrine affichant fièrement des t-shirt commémorant le cinquième titre consécutif du Rekordmeister… Mais je retrouve vite le sourire en me rappelant que je n’avais aucune chance d’y trouver un t-shirt Pokal Finale 2017.

Matinée tourisme

Un S-Bahn et un ICE plus tard, je débarque à Augsburg. Contrairement à de nombreuses villes allemandes, la cité bavaroise a été épargnée par les bombardements de la deuxième guerre mondiale et elle possède encore de nombreux vieux bâtiments. La ville s’éveille tranquillement sous le soleil, les terrasses se remplissent peu à peu et les maillots jaunes commencent à envahir les rues et les places. Après avoir flâné un moment dans les rues de la vieille ville et fait un saut au Fanshop du FCA pour ramener quelques stickers à coller sur le mur réservé à cet effet dans les locaux de la rédaction de Generation WS, il est temps de passer aux choses sérieuses : direction une brasserie pour y retrouver quelques amis. L’ambiance est joyeuse, mon pote Uwe échange ses Ray-Ban contre une paire de lunettes en plastique Jägermeister qui ne doivent même pas valoir 1€, sacrée affaire, alors que Dirk offre la tournée de paris. On mise tous sur une victoire du BVB sauf Dirk qui pronostique une défaite… de sacrés connaisseurs. En revanche, on est plus connaisseurs du stade d’Augsburg et, à part quelques néophytes impatients et inexpérimentés, nous savons tous qu’il est inutile d’y arriver trop tôt : ce truc est planté au milieu de nulle part, sans un Biergarten, bar ou Kneippe aux alentours. Comme d’habitude, le seul moyen d’étancher sa soif autour du stade, ce sont les cars de fans dortmundois à moitié remplis de bières en vue du voyage retour.

Gute Besserung, Julian !

En entrant dans le stade, on se demandait dans quelle mesure le clash survenu dans la semaine entre Hans-Joachim Watzke et Thomas Tuchel allait impacter la performance de l’équipe. Nous aurons sans doute l’occasion d’y revenir, je ne vais pas épiloguer là-dessus : une chose est sûre, le conflit va bien au-delà du désaccord mineur au sujet du report du match contre Monaco au lendemain de l’attentat, nous savions tous depuis longtemps qu’il y avait beaucoup de tensions au sein du club autour de notre entraîneur et qu’un divorce en fin de saison paraissait inéluctable. On regrettera juste que ces messieurs n’aient pas pu attendre la fin de saison pour étaler leurs différends sur la place publique, notre club ne nous avait plus habitué à ce genre de polémiques que l’on laissait aux Schalke, Hambourg et autres Bayern… Voilà une publicité dont nous nous passerions bien. Relation de cause à effet ou pas, le début de match de notre Borussia est bien timide. Et les choses ne vont pas s’arranger avec la sortie sur blessure de Julian Weigl. On a tout de suite compris que c’était grave et on espère qu’il pourra revenir au top le plus vite possible. Gute Besserung, Julian !

Défense de rire

Alors que notre équipe restait sur quelques sorties encourageantes, ce match à Augsburg marque clairement une régression, en terme d’envie, de cohésion, de jeu. Et notre défense est toujours aussi fragile. Roman Bürki réussit un miracle devant Finnbogason mais quelques minutes plus tard notre portier suisse ne peut que repousser un centre venu de la gauche sur l’Islandais qui ouvre le score. Une fois de plus, notre défense a fait preuve d’une naïveté incroyable sur le coup puisqu’il a suffi d’un long dégagement du gardien pour mettre hors de position notre arrière-garde et permettre à deux attaquants adverses de filer en direction du goal. Ils étaient où les joueurs au duel ? Elle était où la couverture ? Cela ne fait pas très sérieux pour un prétendant à la Königsklasse de se faire surprendre sur une action aussi simpliste. Il n’y a de loin pas que du négatif dans le bilan de Thomas Tuchel mais notre entraîneur n’aura jamais vraiment réussi à installer un système défensif qui tienne la route. Après une demi-heure de jeu, nous nous rendons compte que ce déplacement à Augsburg n’allait pas ressembler à une promenade de santé comme cela avait été souvent le cas par le passé.

Comme un air de déjà-vu

Heureusement, nous allons rapidement égaliser sur un tir de Shinji Kagawa dévié par Pierre-Emerick Aubameyang, lequel revenait ainsi à deux petites longueurs du record historique de Lothar Emmerich de 31 buts en une saison. Mais Aubame et le BVB allaient en rester là. La dernière heure de jeu s’est résumée à une purge sans intérêt ni passion. C’est un scénario de match que nous avons trop souvent connu cette saison : le BVB possède la balle contre un adversaire combattif, compact et regroupé en défense, on tourne en rond mais au final on ne créée quasiment rien de dangereux. Il y aura un instant d’émotion en deuxième mi-temps lorsque Marco Reus fait trembler les filets mais ce n’était que l’extérieur de petit filet. Mais c’est à peu près tout et on n’a jamais senti chez nos Jungs l’envie de s’arracher pour aller chercher les trois points, comme cela avait été le cas à Mönchengladbach. Bref, c’est un match de plus à oublier et au final le score de 1-1 est logique, tant aucune des deux équipe ne méritait de l’emporter. Néanmoins, les fans locaux célèbrent ce point, qui pourrait avoir une importance capitale dans la lutte contre la relégation, comme un titre de champion du monde.

Augsburg est festif

Depuis son arrivée en Bundesliga en 2011, Augsburg fait chaque année partie des principaux candidats à la relégation mais il s’en sort toujours. Certes, cette saison, le FCA n’est pas encore tiré d’affaire, le risque de barrage est encore présent mais j’ai quand même l’impression que le déplacement de la WWK Arena sera toujours au menu de la Buli la saison prochaine. Et ce n’est pas pour me déplaire : autant je n’aime pas trop ce stade anonyme, autant j’adore cette ville. Avec ses rues pavées, ses vieilles bâtisses, ses églises, Augsburg a de prime abord l’allure d’une bourgade bavaroise un peu austère, bourgeoise, catholique mais, une fois la nuit tombée, cela devient beaucoup plus animé. Bref, comme à chaque déplacement à Augsburg, cela s’est terminé par une grosse fête qui nous a fait oublier ce match un peu triste.

La semaine de vérité

Mais c’est avec notre BVB que nous aimerions bien fêter en cette fin de saison. L’équation est désormais simple : tout va se jouer sur les huit derniers jours de la saison. Avec deux victoires, contre Brême (pour autant qu’Hoffenheim ne gagne pas trop largement contre Augsburg dans le même temps) et en finale contre Francfort, cette saison compliquée se finira dans l’euphorie avec une qualification pour la Ligue des Champions et un triomphe en Pokal, Thomas Tuchel pourra partir la tête haute et nous terminerons l’exercice par une méga-foire au Westfalenstadion pour célébrer la Königsklasse et le traditionnel Autokorso du dimanche pour fêter la victoire en Pokal. En revanche, avec deux défaites, le bilan sera très amer et l’été s’annoncera mouvementé. Mais on ne veut même pas y penser… Notre équipe nous a parfois enchanté, parfois déçu, souvent énervé cette saison mais elle a l’occasion de pouvoir tout faire oublier sur deux matchs. Alors à nos Jungs de jouer, c’est maintenant ou jamais !

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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