La première soirée « Dortmund singt Weihnachtslieder » a été un succès total. 30’000 fans se sont réunis pour une soirée chants de Noël au Westfalenstadion, bien loin de la fureur qui règne habituellement en ces lieux, pour une soirée toute en chansons, e douceur et en émotions. Echte Liebe !

Pour être franc, j’étais très sceptique lorsque le BVB a annoncé qu’il comptait organiser une soirée de chants de Noël au Westfalenstadion. Bien sûr, le concept connaît un énorme succès à l’Alte Forsterei pour la soirée chants de l’Union Berlin mais il s’agit d’un stade de moins de 30000 places, d’un club de quartier atypique et d’une tradition solidement ancrée. J’avais peur qu’à Dortmund cela tourne au bide dans un stade vide ou à la mascarade commerciale. Je pensais donc ne pas y aller mais ma copine trouvait le concept mignon et je me suis laissé convaincre.

Et je l’en remercie car cela valait la peine, largement, même si la veille, dans les Biergarten avec mon Fanclub avant le match contre Hoffenheim tous mes potes me regardaient avec des yeux ébahis quand je leur annonçais notre intention de nous rendre à cette soirée, m’expliquant qu’ils seraient bien mieux au chaud sur leur canapé. Mais, vu le succès de cette première édition, s’il y en a une deuxième, gageons qu’ils seront nombreux à avoir révisé leur jugement et à accourir en masse pour la soirée « Weihnachtslieder ».

En arrivant au Westfalenstadion, nous remarquons d’emblée que l’ambiance est différente que d’habitude. C’est beaucoup plus tranquille, paisible et le public est beaucoup familial et féminin qu’à l’accoutumée. Le prix modique des billets, 5€, a permis à des familles qui n’ont pas forcément la possibilité d’accéder aux billets en temps normal de faire découvrir la magie du Westfalenstadion aux plus jeunes. Et de la magie, il y en a eu. Déjà, nous sommes loin de l’opération commerciale redoutée : le bénéfice de la soirée est reversé à une œuvre caritative et notre club n’a pas essayé de nous refourguer toute sorte d’articles de Noël à grand renforts de stand marketing. Non, c’était bien un cadeau que le BVB offrait à ses fans.

Nous sommes 30’000 à en avoir profité, cela ne remplit pas le stade bien sûr mais suffisamment pour que celui-ci ne paraisse pas trop vide. Nous allons prendre nos places en Block 13, au bas de la Südtribüne, fief habituel des groupes ultras et des supporters les plus acharnés. Sauf que là encore, l’ambiance est toute autre, les enfants, les familles, les femmes sont omniprésentes, arborant pour beaucoup des chapeaux de Père Noël.

Et dès les premières notes, la magie opère. La soirée commence par un « In der Weihnachtsbäckerei », repris en chœur par tout un stade. Je n’ai pas été élevé dans cette culture-là mais je vois autour de moi qu’il règne une réelle émotion de pouvoir chanter ces airs qui ont bercé l’enfance de tous les petits Allemands, dans ce stade si particulier et tous unis dans une même ferveur enfantine.

Les chansons s’enchaînent, avec l’orchestre de Dortmund, des chœurs d’enfants, le chanteur Sascha ou l’inévitable Jo-Marie Dominiak : « Oh Tannenbaum », « Jingle Bells », « Stille Nacht, heilige Nacht » et bien d’autres, plus typiquement germaniques. Au milieu, il y a un « Leuchte auf mein Stern, Borussia » féerique, avec 30000 lumières qui s’allument. Magique toujours.

Les chants étrangers ne sont pas publiés, d’un « Feliz Navidad » à « Las Christmas », cette fois-ci dans sa version originale et dont dans sa version détournée traditionnellement entonnée en ces lieux.

Mais le football n’est jamais très loin à Dortmund et, entre deux chants et discours, on entonne quand même quelques « Zieht den Bayern die Lederhosen aus », en prévision du match de Pokal qui devait se tenir trois jours plus tard à Munich. Nos Jungs ont quand même trouvé le temps de venir partager la fin de cette soirée magique avec nous et nous rejoignent pour les deux dernières chansons, dont l’incontournable « You’ll never walk alone ». Les plus belles ovations sont réservées à Marco Reus, Mario Götze, notre nouvel entraîneur adjoint Jörg Heinrich et au nouvel entraîneur Peter Stöger.

 

Après deux heures d’émotions et de communion recueillies, différentes de celle que nous avons l’habitude de vivre dans notre Tempel der Glückseligkeit, nous quittons presque à regret le stade.

Notre année 2017 a été difficile avec le Borussia Dortmund, il y a eu beaucoup de tensions, de conflits, de polémiques, de bruit et même d’explosions. C’était donc sans doute la meilleure manière de prendre congé avec notre club pour cette année tourmentée, tout en douceur, en émotions et en chansons, juste pour la plaisir de partager un moment de recueillement autour de notre club favori. Joyeux Noël à tous et Echte Liebe, plus que jamais !

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j’ai vu de la lumière et j’y suis entré. Depuis, je n’en suis jamais vraiment sorti.

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