En cette période pré-hivernale où les matchs s’enchaînent tous les 3 jours entre Bundesliga, Königsklasse et Pokal, c’est le moment choisi par la neige pour faire son apparition en trombe sur une grande partie de l’Allemagne. A noter ce week-end qu’aucun report de match n’a été prononcé malgré les conditions climatiques, un grand bravo à toutes ces personnes qui ont sauvé les pelouses pour voir du jeu. Résumé d’un week-end en deux parties avec Diego, présent dans la Ruhr pour assister à deux matchs : Borussia Dortmund – Werder Bremen et 1. FC Köln – SC Freiburg.

Arrivée mouvementée

Me voici déjà de retour, deux semaines après l’immense désillusion et ce scénario impensable du Revierderby. Entre temps, l’équipe ne s’est toujours pas remise des séquelles dont elle souffre depuis le retour de la trêve d’octobre. Un match à Leverkusen où l’on accroche un petit point en partie grâce à un grand Roman Bürki et une confrontation face au Real Madrid où l’on a pensé, au vu de l’entame de match, prendre une grosse valise; il n’en a finalement rien été grâce à deux buts d’Aubameyang, mais la fâcheuse tendance à se recroqueviller sur soi-même après être revenus nous a coûté une nouvelle défaite. Comme pour montrer un signe d’impuissance à l’adversaire. Ce n’est pas le BVB que j’ai connu, cela ne leur ressemble pas !

Excité de retourner vivre de grandes émotions dans la Ruhr, je prends mon chemin avec le cœur rempli d’espoir de voir notre équipe se réveiller enfin. L’enthousiasme se freine très vite en salle d’embarquement, 1 heure de retard sur mon vol vers Düsseldorf. Ce n’est que le début. Après une descente très compliquée, nous voici sur le tarmac enneigé. En effet, les conditions climatiques sont pitoyables ici et elles ne sont pas prêtes de changer… Après un voyage en train également en retard, j’arrive à Dortmund (enfin !) pour poser mes affaires et repartir directement au stade. A deux heures du coup d’envoi, ça neige pas mal et je me mets à douter de la tenue du match… Finalement, c’est assez incroyable de voir qu’ici, aucune personne ne s’inquiète de ça. Après avoir retrouvé les copains et partager quelques bières, on file dans le mur jaune afin de suivre le match.

Un match assez triste…

Après avoir consulté la composition d’équipe dès sa sortie, je m’attendais au retour du 4-3-3 qui avait fait notre force en début de saison, sauf que les entraîneurs adverses ont trouvé la parade pour nous faire déjouer. Depuis, Peter Bosz s’appuie sur un système en 3-4-3 ou en 5-2-3 qui ne nous ravit pas vraiment au vu de la manière dont on se fait contrer par l’ensemble des équipes que nous avons affronté ces derniers temps… Exit Sahin et Weigl au milieu pour laisser les clés à Kagawa et Dahoud, Subotic, quasi indésirable en début de saison, titularisé au cœur de la défense et une attaque « classique » avec un Pulisic en véritable ailier. Du côté de Bremen, Alexander Nouri a été débarqué pour son début de saison catastrophique. Florian Kohfeldt a repris le navire et l’a plutôt bien redressé, Bremen a enfin gagné à domicile face à des concurrents directs comme Hannover 96 et le VfB Stuttgart et se présente à Dortmund avec son 4-4-2, milieu en losange avec les joueurs en forme du moment : Max Kruse, Fin Bartels, Zlatko Junuzovic…

« You’ll Never Walk Alone » démarre. Encore un super moment, mais pas autant d’émotions que d’habitude… C’est assez bizarre. Le Werder donne le coup d’envoi et prend très rapidement le jeu à son compte. Stupéfait de voir que l’on est dominé dans presque tous les duels, impossible de franchir ce bloc bien organisé. Bremen se procure les premières occasions, aucune réponse de la part du BVB. Transversale de Kruse pour Eggestein à l’entrée de la surface, qui n’est pas attaqué. Il enroule sa frappe du gauche dans le petit filet, ça fait 0-1 et c’est entièrement mérité… Réveillez-vous !!! Il a fallu attendre la 35ème minute pour voir le premier tir du Borussia, ça fait vraiment tache surtout à la maison. Fin de cette première mi-temps qui est passé vraiment très vite mais où on est globalement très déçu de cette animation de jeu, il ne s’est pas passé grand-chose. On s’ennuie ferme et notre Block ne chante pas. C’est dur de voir ça !

Un semblant de réveil

Au retour des vestiaires, sortie de Yarmolenko, inexistant, remplacé par Schürrle et de Guerreiro pour retrouver un peu plus de stabilité au milieu avec Sahin à sa place, retour au 4-3-3. L’envie est de retour et c’est plus sympa à voir : Schmelzer déborde sur les côtés, Kagawa trouve des espaces… Il va falloir égaliser rapidement ! On a bien vu ces derniers temps que même si tu marques le premier, tu ne gagnes pas forcément à la fin… Récupération haute de Schmelzer qui envoie un bon ballon sur Kagawa dans la surface qui la remet intelligemment sur Aubameyang à la lutte avec Bargfrede qui place une tête contrée un peu bizarre, on ne sait pas trop comment mais le goal est un peu perdu, la balle touche le petit filet, JAAA ! Egalisation !!!

UN partout et il reste une demi-heure à jouer. Mais il est impossible pour les joueurs de surfer sur cette vague positive de l’égalisation, à nouveau dominés par le Werder, il aura fallu moins de 10 minutes pour que ces derniers reprennent l’avantage, après une superbe parade de Bürki, corner sortant, Gebre Selassie, étonnamment seul et lancé, reprend la balle de la tête sans sauter, entre les jambes. 1-2… Une nouvelle fois, un de nos points faibles, les coups de pied arrêtés. Ben oui… Alors, le Borussia relance la machine et se rue à l’attaque, c’est bien trop gentil malheureusement, sauf peut-être sur ce débordement de Pulisic, Bartra remise pour Kagawa, seul face au but qui trouve le moyen de tirer sur Aubameyang qui avait glissé sur l’action. Quand ça ne veut pas… On tient là l’un des loupés de l’année ! Et le pire dans tout ça, c’est que le Werder profite de boulevards en contre, on se demande encore comment ils n’ont pas mis le troisième. Coup de sifflet final, le Werder s’impose pour la première fois à l’extérieur et c’est clairement mérité. La fracture est nette entre joueurs et fans du BVB. Ils essayent de venir devant la Südtribune, mais la violente bronca les freine. Ils repartent tête basse. Alors forcément, la première chose que l’on se dit, c’est que Bosz va probablement sauter dans les prochaines heures. L’état d’esprit n’y était pas, il n’y a eu qu’un semblant de révolte en début de seconde mi-temps, pour moi c’est un non-match. Le mal est profond et le coach ne peut pas (ou plutôt) ne peut plus résoudre ce qu’il est en train de se passer dans le vestiaire. J’ai vu seulement le lendemain que Schmelzer avait littéralement craqué face à un journaliste, rassure-toi Kapitän, nous aussi ça nous « casse les *** » (pour reprendre ton expression) de vous voir comme ça ! Tu parles d’agir, nous n’attendons que ça. Faites-le pour vos fans !

Et maintenant ?

Dans la pénombre et le froid, nous repartons en direction du centre-ville après un arrêt au Biergarten de la Piscine qui n’est pas vraiment comble après une nouvelle contre-performance de l’équipe. Nous allons trouver un peu de réconfort dans la belle ambiance du Weihnachtsmarkt. Glühwein et Krakauer au menu du soir, c’est aussi pour ça qu’on aime l’Allemagne ! Après une petite promenade, je pars retrouver mon ami suisse Julien (qui, d’habitude, vous écrit les résumés) au Fredenbaumpark où j’y trouve un marché de Noël médiéval très atypique et une ambiance chaleureuse. Finalement, on finit par oublier la défaite (ou presque) pour se consacrer à du bon temps ensemble. Fatigué du voyage, je m’endors en me disant que les lendemains seront meilleurs et que malgré tout, la passion du football allemand restera.

Nous apprenons le lendemain matin qu’une conférence de presse exceptionnelle est organisée par le club. Bild avait auparavant annoncé que Peter Bosz serait probablement viré dimanche. Est-ce vrai ? En effet. Dans le tramway entre le centre-ville de Köln et le stade, j’apprends la nouvelle autour des fans de Köln qui me renvoient un sourire. Peter Bosz est remercié et remplacé par un autre Peter, qui n’est autre que Peter Stöger, l’ex-coach du 1. FC Köln, lui aussi remercié il y a 7 jours après un match nul face à Schalke. Personnellement, je suis plutôt satisfait de voir arriver Stöger dans le sens où ce manager a fait du bon travail à Köln, les a emmené en Europa League et leur a fait réaliser une super saison. Il peut remettre ce groupe d’aplomb et leur redonner confiance avec un nouveau système de jeu, une autre proximité avec eux. Après, certains fans sont un peu plus réticents, je peux comprendre. En effet, et comme cela peut arriver à n’importe quel coach, Stöger a été débarqué du navire colonais pour une crise de résultats similaire à la nôtre actuellement. Je ne parle pas de la manière dont les scores ont été acquis, mais uniquement si l’on s’en tient aux points marqués au classement. Nous réclamions du changement, nous allons en avoir. Après, était-ce la bonne solution de séparer de Bosz ? Seul l’avenir nous le dira. Il reste désormais deux matchs de Bundesliga avant la trêve et nous avons dégringolé à la 8ème place. Il est impératif de marquer des points et ce dès mardi à Mainz, club assez discret cette saison qui est dans le ventre mou du championnat ; puis face à Hoffenheim, concurrent direct pour les places européennes qui est moins flamboyant que l’année dernière et qui a complètement raté sa campagne d’Europa League. En espérant que cela fonctionne assez rapidement sous la houlette de notre nouveau coach et que l’on redevienne cette équipe, unique en son genre, qui régale ses fans, qui marque des buts, avec une vraie cohésion de groupe… c’est ça le Borussia Dortmund, et rien d’autre !

Diego Perez

À propos de l'auteur

tribunelibre

Laissez un commentaire

Lire les articles précédents :
12 décembre : En route pour la gloire

C’est à l’automne 2010 que le BVB va se transformer en rouleau compresseur balayant tout sur son passage. Malgré un...

Fermer