Le BVB a vécu une saison 2016-2017 compliquée. Mais, malgré les difficultés, tout s’est finit dans la joie et l’allégresse samedi au Westfalenstadion. Et les réjouissances ne font peut-être que commencer… Am Ende der dunklen Gasse erstrahlt die Gelbe Wand !!!

Nous n’avons malheureusement eu que trop souvent l’occasion de l’écrire mais nous avons vécu une saison assez contrastée avec notre cher BVB. Il y a eu quelques hauts mais aussi pas mal de bas. Globalement, cette saison 2016-2017 n’a pas complètement répondu à nos attentes en terme d’émotions, d’ambiance, de combativité et, même si c’est plus accessoire, de résultats et de spectacle. Et, au-delà des problèmes sportifs et d’un style de jeu souvent ennuyeux, le club a connu pas mal de turbulences en dehors du terrain : tensions entre dirigeants, joueurs et entraîneurs, attitudes peu respectueuses de certains joueurs, chaos en tribunes, boycotts, fermeture de la Südtribüne, attentat etc. Nous en avions perdu l’habitude dans un club qui brillait par son unité, sa stabilité et son harmonie depuis qu’il a été repris en main, juste après la quasi faillite, par le trio Rauball-Watzke-Zorc. Bref, on aurait pu parler d’une saison à oublier. Sauf que notre club a ceci de magique que rien ne semble pouvoir l’atteindre et qu’il est toujours capable de rebondir après une mauvaise passe. Et c’est bien ce qui pourrait se produire en cette fin de saison qui pourrait bien se terminer dans la liesse après toutes ces turpitudes. En tous les cas, nos Jungs ont écrit samedi le premier acte d’un épilogue joyeux samedi au terme d’un match riche en émotions contre le Werder Brême pour assurer l’objectif minimal fixé en début de saison, soit une place sur le podium en Bundesliga et une qualification directe en Ligue des Champions. Reste plus qu’à écrire le dernier chapitre de cette renaissance inespérée samedi en remportant la Pokal contre l’Eintracht Francfort…

Mimétique

Mais il doit être écrit quelque part que, cette saison, rien ne sera facile pour le BVB, même dans ce final davantage rédempteur qu’en apothéose. Déjà, le match débute sans nos ultras, interdits de stade par la police pour quelques incidents intervenus hors du stade avant la partie. Toutefois, contrairement à ce qu’il s’était passé lors de certains déplacements, l’absence de nos ultras n’a pas trop péjoré l’ambiance et est passée relativement inaperçue. Les chants étaient peut-être moins sophistiqués que d’habitude mais plus facilement accessibles pour être repris dans tout le stade et ne pas se cantonner aux seuls Blocks 12 et 13 comme cela a trop souvent été le cas cette saison. Puisque l’avenir de nos ultras en Südtribüne semble de plus en plus incertain en raison de la multiplication des incidents, c’est un exemple à retenir pour la saison prochaine, pas seulement dans un match capital où nous avions tous envie d’aller chercher cette troisième place mais aussi dans des parties moins importantes. Des soucis en tribunes donc mais aussi sur le terrain et notamment en défense : ce dernier match aura été à l’image de notre saison, tourmenté mais avec une issue heureuse, on est loin des matchs décisifs de 2011 contre Nürnberg ou de 2012 contre Mönchengladbach, eux aussi à l’image du reste de la saison, soit plutôt en mode marche triomphale presque sans le moindre accroc.

L’éternel problème

On l’a dit et répété, cette saison le BVB n’aura presque jamais réussi à trouver une stabilité défensive. Et là on n’incrimine pas seulement nos défenseurs mais bien tout le système défensif d’une équipe qui n’aura jamais réussi à fonder un équilibre dans ce secteur et cela concerne tous les joueurs y compris les attaquants et les milieux offensifs dont l’apport dans le replacement et le pressing a toujours été insuffisant pour soulager notre arrière-garde. En cas de victoire en Pokal, Thomas Tuchel va quitter le BVB – car son départ ne fait plus guère de doute – sur un bilan comptable exceptionnel : deux saisons invaincus à domicile en Bundesliga, une moyenne de points par match supérieure à celle des légendaires Klopp et Hitzfeld, deux quarts de finale de Coupe d’Europe avec à chaque fois une élimination dans ces circonstances un peu particulières, deux podiums en championnat et deux finales en Pokal dont on espère que la deuxième sera victorieuse. Mais, au-delà des problèmes relationnels qu’il a pu entretenir avec pas mal de monde au sein du club et d’un style de jeu qui ne m’a toujours plu, on peut quand même être assez circonspect sur le travail de notre entraîneur : nous arrivons à la 34e et dernière journée de championnat et notre équipe n’a toujours pas de système de jeu véritablement identifiable, pas de onze de base clairement défini, pas de stabilité défensive. Et il faut moins de dix minutes au Werder Brême pour le prouver avec l’ouverture du score malgré un presque double miracle de Roman Bürki. Beaucoup de fans vont critiquer le départ de notre entraîneur – surtout en cas de victoire en Pokal – mais moi je ne le regretterai pas : les départs d’Hummels, Mkhitaryan et Gündogan c’était il y a onze mois, nous avons dépensé 115M €, soit davantage qu’aucun autre club dans toute l’histoire de la Bundesliga, pour les remplacer et pourtant, onze mois plus tard, notre collectif reste un chantier permanent, sans que nous n’ayons pu discerner une réelle progression collective.

A l’énergie

0-1, c’était très embêtant car nous avions absolument d’une victoire pour valider notre qualification en Königsklasse, même si, au final, le tableau d’affichage n’a pas bougé de tout l’après-midi entre l’affreux Hoffenheim, notre rival à distance, et Augsburg. Mais cela nous ne le savions pas encore au moment où le Werder a ouvert le score et plongé le Westfalenstadion dans la consternation. Heureusement, notre équipe a clairement progressé dans l’envie, la révolte et la rage de vaincre depuis quelques semaines, en fait depuis la défaite honteuse sans combattre à Munich en Bundesliga. On ne sait pas si c’est l’effet secondaire d’un regain de solidarité après l’attentat survenu trois jours plus tard, du retour en grâce de quelques glorieux anciens comme Sahin ou Kagawa ou d’une prise de conscience générale que cette fin de saison pouvait complètement nous échapper en continuant de la sorte mais notre équipe a clairement montré un net regain de combativité et de rage de vaincre dans ce dernier quart de la saison. Et, ajouté au talent individuel de nos Jungs, cela va suffire pour renverser le score avant la pause sur deux éclairs de génie, une passe subtile de Shinji Kagawa pour Marco Reus qui conclut plein axe sur le 1-1, une louche d’Ousmane Dembelé et une reprise de volée limpide de Pierre-Emerick Aubameyang sur le 2-1.

Les champions du pénalty

Mais, comme déjà dit, ce BVB 2016-2017 a l’art de se compliquer la vie. Et plutôt que de gérer tranquillement cet avantage, nos Jungs vont remettre le Werder en selle dès la reprise en oubliant Kruse sur le flanc droit, laissant tout loisir au revenant brêmois de servir l’égalisation à Bartels. Pire, un nouvel oubli sur le côté droit (les bienfaits de la défense à trois…) va permettre à l’ancien international allemand de redonner l’avantage au Werder. A ce moment-là de l’après-midi, le BVB n’est plus directement qualifié pour la Königsklasse. Lors de la Meistersaison 2010-2011, le pénalty était notre cauchemar : aucun transformé en championnat, élimination en Pokal à Offenbach aux tirs au but et défaite en Supercup dans le même exercice à Gelsenkirchen. Mais cette saison, c’est devenu un atout avec des qualifications en Pokal contre les deux Berlin aux tirs au but, pareil en finale du championnat U-19 contre le Bayern. Et c’est également deux pénaltys qui vont nous permettre de renverser une nouvelle fois le Werder et d’assurer notre place en Ligue des Champions. Si le premier paraît défendable, le deuxième était très généreux : même avec toute la subjectivité du supporter et après pas mal de bières, j’ai été tout surpris d’entendre le coup de sifflet de M. Perl à la 89e depuis ma place fétiche en Block 85. Enfin, entendre c’est un bien grand mot dans l’ambiance surchauffée du Westfalenstadion, disons plutôt vu l’arbitre indiquer le point de pénalty. En tous les cas, Marco Reus d’abord pour le 3-3 et Pierre-Emerick Aubameyang pour le 4-3 ne se posent pas de question pour transformer imparablement et libérer enfin le Tempel der Glückseligkeit.

Danke Aubame !

C’était le trente-et-unième but de la saison pour notre canonnier gabonais. Un but qui lui permet d’être sacré roi de buteur de cette Bundesliga 2016-2017 et d’égaler le vieux record de Lothar Emmerich de buts en une saison avec le BVB qui datait de plus de quarante ans. Le genre de truc, comme un Meisterschale de Schalke, qu’on ne pensait pas voir de notre vivant. Il nous a parfois irrités par ses attitudes mais il faut rendre hommage à notre Gabonais, alors qu’il va probablement disputer son dernier match en Schwarzgelb samedi à Berlin. Arrivé dans une certaine indifférence voir un certain scepticisme comme doublure de Lewandowski, celui-là même qu’il a doublé dans la quête du titre de Torjäger, Aubame aura su se faire une place au soleil du Ruhrpott. Sa bonne humeur, son sens du but, ses fantaisies auront, malgré quelques dérapages, éclairé le BVB pendant quatre ans, merci à lui ! Il ne lui reste plus qu’à finir en beauté par une victoire et un ou deux nouveaux buts en finale de Pokal et il pourra quitter le BVB pour d’autres cieux plus lucratifs avec le sentiment du devoir accompli.

Au pays des merveilles

Ainsi donc, cette saison si compliquée se finit dans l’euphorie au Westfalenstadion. Chants de victoire, rappels, hommage à Marc Bartra, ola, communion avec les Jungs : c’est les larmes aux yeux que nous terminons cette saison où nous avons pourtant si souvent déploré le manque d’émotions véhiculées par notre équipe. Il y a même une accolade entre Hans-Joachim Watzke et Thomas Tuchel. Nous ne sommes pas dupes sur les tensions qui règnent au sein du BVB mais il faut remercier tout le monde d’avoir eu l’intelligence d’enterrer – temporairement sans doute – leurs différends dans l’intérêt supérieur du club, histoire de bien terminer la saison. Ce championnat si étrange ne pouvait se finir autrement que d’une manière insolite : après avoir largement fêté avec nos Jungs et la halte obligatoire en Biergarten, je me retrouve en charmante compagnie dans un Westfalenpark quasi-désert, histoire de décompresser les tensions et les émotions de cet après-midi de football un peu particulier, avant d’aller reprendre la fête de plus belle dans les bars de la ville. Avec ces arrangements floraux, ses sculptures un peu étranges, ses animaux (dont un perroquet avec lequel je fais des théories en Allemand et qui m’assure que nous allons gagner le titre la saison prochaine), le grand parc qui jouxte le stade possède un côté surréaliste rappelant Alice aux Pays des Merveilles. Quelque part, c’est une allégorie de notre saison, surréaliste mais se terminant au Pays de Merveilles : il suffit de battre l’Eintracht Francfort en finale de Pokal. Nous ne faisons pas d’illusion, rien ne sera simple contre SGE : à l’image de notre saison il faudra sans doute passer par tous les états d’âme avant de pouvoir terminer au Pays des Merveilles, en l’occurrence la Breitscheidplatz, l’Olympiastadion et la Borsigplatz.

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j’ai vu de la lumière et j’y suis entré. Depuis, je n’en suis jamais vraiment sorti.

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