A peine le temps de rentrer de Varsovie, de travailler un jour (oui, oui, ça arrive en cette période de foot intensive) qu’il était déjà l’heure de repartir pour le Ruhrpott et de retrouver notre bon vieux Westfälischer Schinken, le top de la gastronomie du Westfalenstadion. Lequel Schinken nous paraît un peu plus salé que les saisons précédentes. Parfait, ça donne soif avant d’amorcer la sacro-sainte tournée des Biergarten pour un nouveau samedi de fête à Dortmund.

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© Julien Mouquin / Génération WS

Vite fait, bien fait

L’adversaire du jour, c’est Darmstadt 98, venu avec 8’000 Fans. Manifestement, l’enthousiasme du retour dans l’élite est toujours bien présent chez les Lilien, respect à eux. On se méfiait un peu de ce match contre un adversaire qui était tout de même venu arracher un point au Westfalenstadion la saison dernière à l’ultime seconde. Mais nos craintes vont rapidement se dissiper puisque Gonzalo Castro, le joueur de la semaine, ouvre rapidement le score au terme d’un superbe mouvement collectif. Avec un peu plus de réalisme, l’affaire aurait déjà pu être pliée en première mi-temps déjà. Finalement, ce sera la seule différence avec le match de Varsovie : le BVB a dû attendre un peu plus longtemps à se mettre à l’abri mais sans n’avoir jamais été en danger. C’est sûr que l’on jouait une équipe qui, sur le papier, est la plus faible de Bundesliga mais c’est toujours bon à prendre de pouvoir gagner des matchs comme cela sans trop trembler, nos nerfs sont déjà suffisamment mis à rude épreuve sur la longueur d’une saison pour pouvoir s’autoriser de temps à autre un match sans histoire.

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© Julien Mouquin / Génération WS

Du mauvais côté

Si Darmstadt pensait avoir fait le plus dur en n’encaissant qu’un seul but en défendant dos à la Südtribüne, il se trompait lourdement. On sait que les clubs essaient toujours de gagner le toss à Dortmund pour éviter de devoir faire face à une attaque borusse face au mur jaune en seconde période mais, sur le coup, cette stratégie n’a pas fonctionné. Car c’est bien du « mauvais côté », face à la Nordtribüne et aux fans des Lilien, que le match a tourné à l’ouragan jaune et noir. Au final, avec cinq nouveaux buts, l’addition est plutôt salée pour 98 (6-0 au finale). Cinq buts presque tous aussi beaux les uns que les autres, avec des mouvements collectifs, de la verticalité, de la vitesse, de la percussion, de la précision, tout ce qui nous avait manqué lors de la possession de balle stérile de Leipzig. Au final, on aura droit à une réussite du revenant Adrian Ramos après un mauvais renvoi du gardien adverse, à un but en forme de cadeau d’anniversaire pour Christian Pulisic, à la première réalisation d’Emre Mor sous nos couleurs et à deux talonnades jumelles de Gonzalo Castro et Sebastian Rode. Bref, on n’a pas boudé notre plaisir et Thomas Tuchel peut échafauder les plans de jeu qu’il veut mais le vrai BVB, celui qui comble ses fans, c’est un BVB qui va de l’avant, joue vertical, projette très rapidement un maximum de joueurs devant le but adverse et non un BVB qui multiplie les passes alibis à trente mètres avec des joueurs statiques.

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© Julien Mouquin / Génération WS

Des méfaits de la facilité

Ce festival de jeu et de buts était d’autant plus remarquable qu’il a été réalisé sans Reus, Aubameyang, Schürrle ni Götze (que Tuchel rechigne manifestement à introduire dans un match de Bundesliga au Westfalenstadion), soit ceux qu’on nous présentait comme le quatuor offensif titulaire en début de saison. Un seul être vous manque… ah non, ça ne marche pas sur ce coup. Néanmoins, on a senti dans les travées du Westfalenstadion et dans les commentaires d’après-match une certaine retenue, voire même un léger malaise, enfin surtout auprès de ceux qui ont connu le Borussia Dortmund d’avant 2010. Car nous n’aurons jamais vocation à nous palucher comme un vulgaire fan de Barcelone, PSG ou Bayern en voyant notre club au recrutement à 110M € démonter un adversaire aux moyens et à l’effectif nettement inférieurs. Car nous n’oublierons jamais qu’un jour nous avons été de l’autre côté de la barrière et qu’il fut une époque où ce sont nos Jungs qui se faisaient tourner autour par un adversaire à la puissance de feu nettement supérieure. Dès lors, on préférera toujours une victoire acquise dans la douleur et la sueur face un adversaire à notre niveau, voir supérieur, à un match de gala contre une équipe qui n’avait que son courage et sa combativité à nous opposer. Bien sûr, pour gagner des titres, il faut savoir se rendre facile ce genre de matchs, éviter toute mauvaise surprise du style de celle vécue il y a douze mois contre ce même Darmstadt et, accessoirement, soigner le goal average, cela peut toujours servir. Mais il n’y a aucune gloire à en retirer, c’est juste un triste reflet du football moderne avec des puissants toujours plus puissants (caste à laquelle nous sommes, un peu malgré nous, en passe de rejoindre) et des rivaux qui ont toujours plus de mal à régater.

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© Alexandre Fatton / Génération WS

Willkommen zurück Freiburg !

On espérait qu’après deux succès trop faciles le déplacement de Wolfsburg nous servirait de match de référence mais, malgré l’ampleur du score, notre défense s’est montrée beaucoup trop fragile (Danke Roman !) pour cela. On n’ira pas plus loin dans l’analyse de ce match car, fait suffisamment rare pour être signalé, notre rédaction n’était pas présente à la Volkswagen Arena (le premier match de Buli du BVB que je ratais au stade depuis mars 2015 : comme dit en préambule, il faut quand même travailler de temps à autre…) Et il est trop compliqué de vraiment analyser et relater un match sans être présents en tribune. C’est donc avec un immense plaisir, après une si longue séparation de six jours, que l’on retrouvera notre Borussia pour le match de vendredi contre nos amis de Freiburg que l’on se réjouit vraiment de retrouver dans l’élite après une saison d’absence. Après tout, s’il y a un adversaire qui nous convient en Bundesliga, c’est bien le SC Freiburg, notre Lieblingsgegner des soirs de fête. A priori donc et sans forfanterie aucune, l’adversaire idéal pour poursuivre cette folle série, entamée par des victoires 6-0, 6-0 et 5-1, et préparer au mieux la réception d’un autre adversaire qui nous convient particulièrement bien au Westfalenstadion, le Real Madrid. Et contre le club le plus titré du monde, je t’assure que nous n’aurons là aucun scrupule d’enfants gâtés à célébrer une éventuelle victoire fleuve.

Julien Mouquin.

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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