Une fois de plus, le peuple jaune et noir a quitté le stade avec la désagréable impression et l’affreux soupçon que son équipe n’avait pas fait tout ce qui était en son pouvoir pour aller chercher la victoire, que peut-être elle n’avait pas absolument tout donné. Cette fois-ci, c’est le Hertha Berlin qui profite d’un BVB pendant longtemps trop timoré pour prendre un point et cela devient frustrant.

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© Julien Mouquin / Génération WS

Etre fan du BVB, c’est avant tout une profession de foi. Si on supporte ce club, c’est avant tout pour son histoire, ses traditions, ses valeurs, son stade, l’amour du maillot… Ce qu’il se passe sur le terrain est finalement secondaire. Si notre équipe joue bien et gagne, c’est tout bonus mais, au final, ça ne va rien changer à notre soutien et à notre présence au stade. Notre seule exigence, c’est que nos joueurs donnent tout sur le terrain. Nous avons connu des époques bien plus compliquées que l’actuelle en terme de jeu et de résultats. Mais lorsque nous alignions des joueurs comme Kruksa, Amedick, Degen, Brzenska, Valdez, Kringe ou Gambino, nous étions conscients que nous n’avions pas l’équipe pour jouer les premiers rôles et nous faisions bloc derrière nos Jungs, pour peu que ceux-ci donnent absolument tout, laissent leurs tripes sur le terrain à chaque match, avec leurs limites, leur niveau, aussi modeste fut-il. Aujourd’hui, notre équipe est bien plus talentueuse, peut-être intrinsèquement la plus douée de l’histoire du club, à coup sûr la plus onéreuse. En revanche, nous avons un doute sur sa réelle implication, sur la volonté de nos Jungs de se dépouiller pour aller chercher des points et des titres. Et cela, c’est très gênant, surtout pour un club du Ruhrpott. Il n’y a peut-être plus beaucoup de supporters qui sortent directement de la mine ou de l’usine pour venir au stade. Néanmoins, nous investissons tous beaucoup d’argent, de temps, de passion, d’énergie pour encourager nos Borussen. Je n’aime pas parler de sacrifice car c’est toujours un immense plaisir et privilège d’aller voir le BVB. Mais c’est quand même un investissement important et, en contrepartie, nous attendons une équipe impliquée à 120% sur son football. Or, actuellement, avec nos joueurs qui dissertent beaucoup sur leurs rêves de Real, Barcelone ou Manchester, beaucoup moins sur le prochain Derby, nos rivalités domestiques et autres trucs essentiels pour nous autres fans, il y a doute.

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© Julien Mouquin / Génération WS

Chronique d’un vendredi ordinaire

Pour illustrer cet investissement, ce vendredi pour moi, c’est le programme suivant : quitter le travail à 11h. Ensuite, trente minutes de voiture, deux heures de train jusqu’à Zurich, un contrôle de sécurité passé en catastrophe pour attraper mon vol jusqu’à Düsseldorf, 50 minutes de vol, 45 minutes de train pour Dortmund, un passage en coup de vent à mon nouvel appartement dont le sol est encore jonché d’objets aux couleurs du BVB attendant d’être installé et une arrivée au stade un peu tardive vers 19h, 90 minutes avant le coup d’envoi. C’est un peu plus tard que d’habitude mais encore assez tôt pour ma traditionnelle tournée des Biergarten, l’apéro des Borussenstern sur le parking, la tournée de bières avec mon équipe de la tribune Südwest sous l’écran et enfin les tournées en Block 85, retrouver les potes, l’amitié, la bière, la routine quoi, le chronique d’un vendredi de Fußball comme les autres.

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© Julien Mouquin / Génération WS

A oublier

Mais cette belle journée de football d’un vendredi ordinaire va mal tourner dès le début du match. Notre BVB est le premier dangereux avec une reprise mal cadrée d’Emre Mor mais ce n’est qu’un feu de paille. Car ensuite, nous retrouvons ce scénario de match que nous détestons tant. Soit une domination territoriale stérile, une équipe schwarzgelbe qui fait tourner mollement le ballon mais n’est absolument pas décisive dans les 20 derniers mètres, là où les choses se décident. En face, le Hertha est bien regroupé et profite d’un jeu beaucoup plus simple et plus tranchant pour aller porter le danger devant Bürki avec trois tirs qui flirtent avec les montants. Certes, notre équipe est décimée par les absences, notre onze de base est très jeune et l’Alte Dame ne débarque pas dans la Ruhrpott avec une deuxième place au classement par hasard. Néanmoins, notre première mi-temps est clairement insuffisante. A domicile, nous devons mettre le feu au match, cela n’a clairement pas été le cas, nous nous sommes contentés de jouer à la baballe et c’est vraiment frustrant, comme si nos Jungs attendaient que les buts tombent tous seuls, sans avoir à se faire mal dans la surface de réparation adverse.

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© Julien Mouquin / Génération WS

Pourquoi si tard ?

Et ce but est tombé. Contre nous. Logiquement, en début de 2e mi-temps. Vedad Ibisevic profite d’un marquage trop large pour lancer Valentin Stocker d’une talonnade. Le Suisse, héros national une semaine plus tôt en Hongrie avec un but victorieux à la 90e (2-3), ne laisse pas passer l’occasion de battre son compatriote Roman Bürki et nous voilà menés 0-1 sans être encore entrés dans notre match. Heureusement, contrairement au match de Leverkusen, nos Jungs vont avoir une réaction de fierté, grâce notamment aux bonnes entrées de Kagawa et Dembelé. Mieux vaut tard que jamais… Le match et le stade s’enflamment enfin, Pierre-Emerick Aubameyang rate deux occasions, un pénalty, trouve le poteau. Mais notre Gabonais finira quand même par égaliser en reprenant un centre parfait d’Ousmane Dembelé. C’est encore insuffisant, le Westfalenstadion pousse pour aller chercher les trois points, en vain. La fin de match houleuse, avec un jeune arbitre qui a perdu le fil pour sa première dans le temple jaune avec une expulsion de chaque côté, ne permettra pas de voir d’autres buts et les deux équipes se quittent sur un score nul.

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© Julien Mouquin / Génération WS

La frustration

C’est donc une nouvelle fois frustrés que nous quittons le stade. Pourquoi nos Jungs ont-ils attendu une heure de jeu pour vraiment entrer dans leur match ? Le Hertha était bien organisé et est en pleine confiance mais ce n’était pas non plus un foudre de guerre. Clairement, un adversaire que nous devions battre, surtout à domicile, pour espérer quelque chose dans cette Bundesliga 2016-2017. Mais pour cela, encore eu-t’-il fallu mettre de l’intensité dans notre jeu dès le coup d’envoi et pas seulement dans un rush final un peu désespéré. Nos principaux rivaux annoncés en tête de cette Bundesliga, Bayern, Gladbach, Leverkusen ou Schalke, font du surplace en ce moment mais nous ne parvenons pas en profiter. Avec la désagréable impression que nous ne faisons même pas tout notre possible pour en profiter. Notre équipe nous a montré en quelques circonstances toute l’étendue de son talent et de ses qualités, on pense notamment à la première mi-temps contre le Real, mais il s’agit désormais de reproduire cela de manière beaucoup plus constante, pas seulement dans quelques soirées de gala. Sinon, cette saison va devenir celle de toutes les désillusions. Nous attendons donc davantage d’implication de nos Jungs et ce dès ce mardi à Lisbonne, si nous ne voulons pas déjà sérieusement compromettre nos chances en Ligue des Champions.

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Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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