Deux matchs, deux résultats nuls contre des adversaires qui sont loin d’être des ténors de la Bundesliga : le BVB n’est pas franchement sorti de l’hiver et du brouillard dans lesquels il est plongé depuis le début de l’automne. Au-delà des résultats et du jeu, la sinistrose ambiante qui entoure le club ne peut qu’inquiéter.

Il faudra nous y réhabituer avec notre repêchage en Europa League mais je déteste les Sonntagsspiele. Surtout un dimanche à 18h avec la perspective d’un long retour en voiture dans la nuit pour être au travail le lendemain. Ce match de reprise contre l’anonyme Wolfsburg par une froide soirée d’hiver était donc loin de constituer l’affiche la plus alléchante de la saison et on ne peut pas dire que ce qu’a présenté notre équipe nous a réconciliés avec les Sonntagsspiele.

Faux départ

Déjà, cela a mal commencé : dans le U-Bahn en direction du stade, nous apprenons le énième caprice de Pierre-Emerick Aubameyang, suspendu pour avoir manqué une réunion d’équipe cruciale. Ce feuilleton commence à nous fatiguer et on a hâte qu’il se termine. Peter Stöger était venu pour ramener le calme et la sérénité dans le club, comme il avait si bien su le faire à Köln, on ne peut pas dire que les excentricités de son buteur gabonais lui facilitent la tâche. C’est donc sur fond de polémique que va débuter ce deuxième tour. Super. Si tout le monde s’accorde à saluer l’excellent travail réalisé par Peter Stöger dans la cité du Dom, malgré une fin en queue de poisson, certains lui ont parfois reproché un jeu manquant d’ambition, de folie et de panache. Beaucoup – j’en fais partie – pensent que le Effzeh aurait déjà pu accrocher une place européenne en 2015-2016 si l’entraîneur autrichien avait misé sur un jeu plus audacieux notamment à domicile où Köln perdait beaucoup de points contre des équipes mal classées. J’étais donc curieux de voir ce que notre nouvel entraîneur allait mettre en place, après avoir disposé d’une préparation complète, pour permettre au BVB d’affirmer les ambitions qui sont les siennes et qui sont bien entendu largement supérieures à ce qu’elles étaient à Köln.

Nostalgie

On n’a pas vraiment été rassurés. Notre première mi-temps est insipide. On se remémore avec nostalgie le match aller sous le soleil de Basse-Saxe où le BVB de Peter Bosz avait d’entrée étouffé les Wölfe avec son pressing et s’était rapidement mis à l’abri. Rien de tel en ce dimanche de janvier : le Borussia domine mais sans rythme, sans idée, sans précision. Et lorsque Sancho, l’une des rares satisfactions de l’après-midi, parvient à créer un bon décalage sur la droite, Yarmolenko rate se reprise. Du coup, c’est même Wolfsburg qui se crée la première grosse occasion mais Bürki réussit un miracle devant Didavi. Il faut attendre les dernière minutes pour vibrer un tant soit peu mais la frappe d’Isak s’écrase sur le poteau.

A pleurer

Il n’y a qu’un seul moment où le BVB parvient vraiment à mettre les Wölfe sous pression et à enchaîner les actions, ce sont les premières minutes de la deuxième mi-temps. Mais Yarmolenko rate l’immanquable à sept mètre du but et Sancho ajuste le poteau. Mais il a suffi d’une alerte en contre avec un sauvetage de Bürki devant Origi pour calmer la timide audace jaune et noire. Du coup, le match retombe dans sa léthargie. Le mur jaune, qui avait bien tenté de mettre l’ambiance en début de match, s’endort avec son équipe et on s’ennuie vraiment au Westfalenstadion. On a connu tellement de joie, de fête, de chants dans ce stade que cela nous fait vraiment mal de le voir aussi morose, comme si un ressort était cassé. Heureusement, Roman Bürki évite le pire en déviant en corner un tir lointain. Les entrées en jeu catastrophique de Schürrle et Dahoud ne vont pas vraiment améliorer les choses et le match se termine sur un tristissime 0-0. Bien sûr, avec un peu de réussite, nous aurions pu le gagner mais si notre gardien suisse ne nous avait pas sauvés en trois circonstances, nous aurions aussi pu le perdre. Et pourtant, Wolfsburg n’était vraiment pas fort… En quittant le stade, nous avons tous la même réflexion : à ce (non) rythme-là, le deuxième tour va être long.

Le congélateur

Et pourtant, cinq jours plus tard, nous sommes à nouveau Unterwegs avec nos Jungs du côté de Berlin. Premier constat : il fait froid, très froid en ce vendredi soir. Peut-être pas autant que lors de notre déplacement à Saint-Pétersbourg entre les canaux gelés de la Neva et surtout que lors de ce déplacement à Braunschweig où j’avais failli finir congelé sur place. Mais on n’en est pas loin. Ni les Maßbier de l’Olympiastadion ni les Pyros allumés par les ultras des deux camps ne parviennent à nous réchauffer.

Il faut dire que, même s’il a été rénové depuis, le stade conserve sa configuration ouverte aux quatre vents avec la vaste ouverture dans la Marathontor, où nous nous trouvons, où trône la flamme olympique des Jeux de 1936. Pourtant, malgré sa configuration peu favorable au football, ce stade est, après le Westfalenstadion, le plus sacré aux yeux du peuple borussen tant notre club y a écrit quelques-unes des pages les plus glorieuses de son histoire, de notre premier titre en 1956 à la Pokal 2017, en passant par les Pokal légendaires de 1989 et 2012.

Pourtant, cette année, le pèlerinage jaune et noir n’a pas l’ampleur habituelle. Nous ne devons guère être plus de 10’000 Schwarzgelben à avoir effectué le déplacement, bien loin des 20’000 et du grand délire traditionnels, même pour un simple match de championnat. Bien sûr, nous sommes vendredi, en janvier, il fait froid, les résultats ne sont pas la hauteur des espérances du début de saison… Mais nous avons connu bien pire et c’est bien le reflet du désenchantement qui habite actuellement la famille dortmundoise.

Nostalgie (bis)

Et ce n’est pas le match qui va réchauffer les cœurs. La première mi-temps est juste insignifiante, un combat de milieu de terrain sans éclat, sans émotion, sans frisson, à part ceux causés par la froidure ambiante. Cela va s’animer dès la reprise. En pire. Le Hertha ouvre le score après avoir mis notre défense hors de position en trois passes. Le jeu de Peter Stöger est peut-être moins suicidaire que celui prôné par Peter Bosz mais tous nos problèmes défensifs ne sont pas résolus, loin s’en faut. Heureusement, le Berlinois Ondrej Duda va nous remettre dans le match. Tout d’abord en « annulant » un essai de Kalou qui pouvait se transformer en but si le Slovaque n’avait pas eu la bonne idée de pousser le ballon au fond en position de hors-jeu. Puis en ratant une relance qui a permis à Jadon Sancho, après un contre favorable, d’offrir l’égalisation à Shinji Kagawa de la tête. Là encore, une bouffée de nostalgie nous envahit en repensant que nous étions à peu près au même endroit lorsque nous avions vu Shinji marquer dans le même but par une chaude soirée de mai 2012 lors du triomphe contre le Bayern Munich.

Nous en sommes bien loin et ce ne sont pas les efforts méritoires mais maladroits de nos Jungs pour tenter d’aller chercher la victoire dans les vingt dernières minutes qui y changeront quelque chose. Certes, nous aurions pu obtenir un pénalty dans les arrêts de jeu lorsque Lustenberger a ceinturé Yarmolenko, cela nous aurait fait beaucoup de bien mais cela aurait représenté un salaire royal au vu de notre prestation dans la capitale fédérale. Sauf que l’arbitre n’a pas sifflé et nous quittons donc le congélateur de l’Olympiastadion fort pensifs quant à l’actualité et l’avenir de notre BVB.

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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