Le Borussia Dortmund a terminé son année 2017 au Westfalenstadion par un match qui aura finalement été à l’image d’une année compliquée et tourmentée: tout n’a pas été négatif, il y a même eu quelques succès retentissants mais aussi pas mal de problèmes, de couacs et de désillusions. Finalement, c’est sans trop de regrets que nous tirons un trait sur 2017, en espérant vivre une année 2018 plus sereine.

C’était donc la dernière sortie, en football du moins car il y avait encore les chants du Noël du lendemain, du BVB au Westfalenstadion en 2017. Très franchement, on gardera un souvenir très mitigé de cette année. Bien sûr, il y a eu quelques bons moments, l’accession en 1/4 de finale de Königsklasse avec la qualification contre Benfica, le début de saison fulgurant sous Peter Bosz, la qualification pour la Ligue des Champions arrachée à la dernière minute de la saison 2016-2017 et, bien sûr la victoire en Pokal. Mais à côté de cela, il y a eu aussi beaucoup de problèmes sportifs mais surtout extra-sportifs : des querelles internes, une crise de croissance, deux changements d’entraîneur, la suspension de la Südtribüne et, bien plus grave, l’attentat contre le bus des joueurs. Même la victoire en Pokal et la fête qui s’en est ensuivie ont été ternies par les dissensions patentes qui régnaient au sein du club. Au-delà, en 2017 encore plus que les années précédentes, nous ne reconnaissons plus vraiment et nous ne reconnaissons plus vraiment dans notre club adoré, tant dans l’équipe que dans l’ambiance qui règne en tribune. La fracture paraît de plus en plus consommée entre ceux qui rêvent d’ambitions grandiloquentes et de transferts pharaoniques et ceux, dont nous faisons partie, qui estiment que la seule manière pour le club de continuer à grandir et de connaître le succès sur la durée est de revenir à nos traditions et nos valeurs. Et entre les deux, on trouve une direction qui paraît hésitante sur la stratégie à tenir. Bref, on espère que 2018 permettra à notre club de retrouver une situation plus sereine et une ligne de conduite plus lisible. Et plus conforme à son Histoire.

Génération désenchantée

Cette ambiance un peu désenchantée, nous la constaterons dès notre arrivée au stade deux heures et demie avant le match. Nous descendons à l’arrêt de U-Bahn Theodor-Fliedner-Heim et entreprenons de longer le stade par le nord pour la traditionnelle tournée des Biergarten jusqu’au pied de la Südtribüne. Ce faisant, nous passons devant l’inévitable troupeau de touristes qui font la queue devant le Fanwelt pour aller s’entasser dans les rayons bondés du Fanshop puis faire la queue au flocage du maillot puis faire la queue à la caisse. Classique. Ce qui l’est beaucoup moins, c’est la file jaune et noire devant la caisse Nord pour l’achat des billets. Oui : il reste des billets en vente pour les fans dortmundois à la caisse officielle ! Cela devait faire au moins sept ans que cela n’était pas arrivé pour un match de Bundesliga au Westfalenstadion, les seuls billets que tu pouvais éventuellement trouver aux caisses officielles le jour du match, c’était des places en Gästeblock retournées par le club visiteur. C’est bien la preuve qu’il y a quelque chose d’un peu cassé en cette fin d’année 2017, même si 81’000 spectateurs par une froide soirée de décembre pour un club en crise contre l’anonyme Hoffenheim cela reste une affluence respectable. Mais nous retrouverons ce relatif désenchantement lors des traditionnels chants de Noël du dernier match avant la trêve : je n’ai pas souvenir d’avoir jamais entendu un Jingle Bells repris avec aussi peu entrain au Westfalenstadion. Pourtant, dans un Topspiel de 18h30 après un après-midi de Glühwein au Weihnachtsmarkt et la tournée des Biergarten, les chants auraient dû claquer plus que cela.

Désespérant

Pour l’acte II de l’ère Peter Stöger, nos Jungs vont pourtant tenter d’enflammer le match. Notre début de rencontre est bien plus convaincant que quatre jours plus tôt à Mainz. Après 28 minutes, une statistique sur l’écran géant nous fait particulièrement plaisir : 38% de possession de balle pour le BVB mais 5 tirs à 1 en notre faveur. C’est la preuve d’une volonté de retour à un jeu plus direct et ça nous fait bien plaisir. C’est sûr que le projet de jeu de Stöger est moins ambitieux que celui de Bosz mais il est peut-être mieux adapté à l’effectif actuel et à notre manque d’impact physique à mi-terrain qui rendait impossible la mise en place du pressing indispensable au système voulu par notre éphémère entraîneur hollandais. Le hic, c’est que malgré plusieurs occasions, nous n’allons pas trouver la faille. Pire, Hoppenheim va marquer sur sa première occasion. En trois passes, les Kraichgauer mettent notre défense hors de position et permettant à Uth d’ouvrir le score comme à l’entraînement. Malgré une tactique plus prudente et moins suicidaire que son prédécesseur, notre nouvel entraîneur autrichien n’a pas solutionné nos problèmes offensifs d’un coup de baguette magique. Et, malgré une première mi-temps plutôt convenable, c’est avec un but de retard que nous allons prendre les bières de la mi-temps.

Tout fout le camp

Selon la tradition, le BVB attaque devant son mur jaune en deuxième mi-temps, il fut un temps où cela nous remplissait d’espoir tant la magie de la Südtribüne a souvent retourné des scores défavorables. Mais on n’ose plus trop y croire dans l’ambiance un peu morose actuelle, c’est d’ailleurs dans cette configuration que les Blauen nous ont remontés quatre buts lors du Derby. Pire même, la deuxième mi-temps débute avec un Pyro dans le microscopique kop des Kraichgauer. Des ultras à Hoppenheim ? Vraiment ? C’est bien la preuve que tout fout le camp en ce moment en Bundesliga.

Der BVB ist wieder da !

Alors que notre équipe peine à enflammer le match et à mettre l’adversaire sous pression, elle va obtenir un pénalty que ne manquera pas de transformer, cette fois-ci sans fioritures, Pierre-Emerick Aubameyang. 1-1, une demi-heure à jouer, l’espoir renaît. Pourtant, Hoffenheim reste dangereux et, pour être franc, nous étions plus près du 1-2 sur des essais de Demirbay et Kaderabek que du 2-1. Et pourtant, le match va basculer en notre faveur sur un service de Kagawa, notre homme en forme du moment, pour Christian Pulisic qui nous offre la victoire sur un solo aussi rageur qu’inspiré. Il restait une minute à jouer ! La Südtribüne exulte et cette année si compliquée peut se terminer par de magnifiques moments de célébration de victoire et de communion avec nos Jungs. Malgré l’élimination en DFB-Pokal, que nous ne commenterons pas, n’ayant pu nous rendre au stade, le BVB boucle ce 1er tour sur une note positive. Avec une troisième place au classement, qui tranche un peu avec la sinistrose ambiante. Et qui ne fait que renforcer mon sentiment que nous nous sommes créés nous-mêmes des problèmes tout seuls cet automne en raison des attentes et exigences démesurées et absurdes de certains qui ont installé un climat malsain autour de l’équipe et sapé la dynamique positive qui aurait dû habiter nos Jungs après un début de championnat enthousiasmant. Bref, on espère que cette victoire arrachée dans la douleur et ces débuts réussis de Peter Stöger vont ramener un peu de calme et de sérénité dans le club. De façon à pouvoir, avec une bonne préparation hivernale, le retour des blessés et éventuellement quelques ajustements dans l’effectif, repartir du bon pied l’année prochaine afin que 2018 soit plus festif au Westfalenstadion que ne l’a été 2017.

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j’ai vu de la lumière et j’y suis entré. Depuis, je n’en suis jamais vraiment sorti.

Laissez un commentaire

Lire les articles précédents :
21 décembre : La descente aux enfers

Le premier tour de la saison 2014-2015 va virer au cauchemar pour le BVB. Les défaites s’enchaînent et rien ni...

Fermer