Les retrouvailles avec un Westfalenstadion en mode ambiance festive, les Biergarten, une joie de jouer retrouvée, deux matchs, deux victoires, cinq buts marqués, zéro encaissée, Nuri Sahin de retour au sommet, la première place du classement : que demande le peuple ? Pourvu que ça dure…

 Il n’y a aucun doute là-dessus : le Westfalenstadion, le vrai, celui qui nous fait tant vibrer, c’est en Bundesliga et nulle part ailleurs qu’on le trouve. Ce n’est pas celui en mode selfies, places assises et bières sans alcool de la Coupe d’Europe, encore moins le parc d’attraction touristique de la Supercup. Non, ce n’est qu’en Bundesliga avec ses places debout, ses bières, ses habitués que la vraie magie du Westfalenstadion opère et que notre stade chéri justifie pleinement son surnom de Temple de la Béatitude !

La balade des gens heureux

Un jour de match de Buli, on sent dès l’arrivée en ville une électricité particulière dans l’atmosphère. Et c’est d’autant plus le cas pour ces grands débuts de la saison à Dortmund. Les maillots jaunes sont partout, les terrasses de l’Alter Markt sont bondées, différents parcs de la ville accueillent des fêtes d’ouverture de saison des Fansclubs, les supporters se rendent en cortège au stade et les Biergarten affichent déjà complet trois heures avant le coup d’envoi. Avant même la première passe sur le terrain, la magie opère déjà. On retrouve tous nos vieux potes (les saisons passent mais tout le monde est toujours au même endroit), on accomplit la rituelle tournée des Biergarten, le championnat débute à peine que nous sommes déjà invités pour une fête de fin de saison annoncée grandiose, la Kronen et la Brinkhoff’s coulent à flot : à chaque reprise c’est la même chose, on se rend compte à quel point tout cela nous avait manqué et on se réjouit de pouvoir retrouver cette atmosphère si particulière toutes les deux semaines ou presque pendant les neuf prochains mois !

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Le feu au stade

Evidemment, pour que le scénario soit parfait, c’est mieux si notre BVB joue bien et gagne. Et pour l’instant, nous n’avons pas à nous plaindre. Ce Borussia 2017-2018 version Peter Bosz nous enchante. On a retrouvé un jeu intense, une saine agressivité, une envie continue de presser l’adversaire et d’aller de l’avant : il a fallu quelques réglages en préparation et il faudra confirmer dans la durée mais la première impression est plus que positive. Notre style de jeu actuel nous paraît bien plus en phase avec ce qu’on attend d’un club de football du Ruhrpott que ce que notre équipe nous proposait la saison dernière où, malgré une incroyable série d’invincibilité à domicile en Bundesliga, nous nous sommes parfois (souvent) un peu ennuyés au Westfalenstadion. Et l’ambiance s’en ressent immédiatement : samedi, nous avons retrouvé un stade en ébullition, prêt à s’enflammer à la moindre étincelle, totalement en osmose avec son équipe. Il serait bien sûr faux d’imputer la baisse d’ambiance constatée ces dernière saisons au seul style de jeu de Thomas Tuchel, il y a d’autres raisons que nous avons souvent évoquées, mais disons que retrouver une équipe conquérante, agressive, dynamique aide bien à mettre le feu au stade.

Sans trembler

Comme à Wolfsburg une semaine plus tôt, les desseins du BVB vont être favorisés par une ouverture du score rapide signée Pierre-Emerick Aubameyang, à la reprise d’un centre de Nuri Sahin. Ce but concrétisait l’emprise de nos Borussen sur le match et a singulièrement compliqué la tâche du Hertha, venu d’abord pour défendre. Ce Hertha version Pal Dardai est un adversaire coriace, difficile à manier ; d’ailleurs, la saison dernière, le BVB de Tuchel s’était cassé les dents contre lui, incapable de le battre une seule fois en 300 minutes de jeu, avec deux nuls au Westfalenstadion, en Bundesliga et en Pokal (victoire aux pénaltys) et une défaite à l’Olympiastadion. Là, il aura suffi d’un gros quart de jeu aux hommes de Peter Bosz pour percer les défenses berlinoises. Car, comme les Wölfe sept jours plus tôt, l’Alte Dame n’aura jamais donné l’impression de pouvoir revenir dans le match ; de toute la partie, Roman Bürki n’aura eu qu’un seul arrêt à effectuer, sur une balle arrêtée, un point encore à améliorer. Il ne restait donc au BVB qu’à inscrire un deuxième but pour se mettre définitivement à l’abri : Pulisic s’est créé deux occasions mais s’est heurté au gardien Jarstein puis a vu sa frappe passer juste à côté. Maximilian Philipp a également eu deux balles de 2-0 mais ses tirs ont à chaque fois été bloqués par le dernier rempart berlinois. Dommage, notre nouveau renfort venu de Freiburg nous plaît bien par son abattage, cela aurait été sympa qu’il puisse couronner sa performance par un premier but en schwarzgelb.

Nuri ist zurück !

Mais il y a un autre joueur qui méritait son but, c’est Nuri Sahin, meilleur homme du match samedi. Le natif de Lüdenscheid va trouver une juste récompense en inscrivant le 2-0 d’une volée somptueuse et du pied droit s’il vous plaît, son moins bon pied. On est vraiment en train de retrouver le Nuri Sahin de la saison 2010-2011, le maître à jouer de l’équipe, celui par qui passent tous les ballons, le joueur qui bonifie tous ses coéquipiers. Et on peut s’empêcher de penser que les deux ans passée par Nuri à cirer le banc avec Tuchel constituent un beau gâchis : notre ancien entraîneur avait son plan de jeu variable en fonction de l’adversaire et il choisissait ses joueurs en conséquence, écartant sans ménagement, sans leur donner la moindre chance ni explication ceux qui ne cadraient pas avec ses plans. Nuri, Kuba, Subotic, Großreutz, Mor, Rode et quelques autres en ont été victimes.

Peter Bosz fonctionne différemment. Il a décidé d’adopter son système en 4-3-3 et ne paraît guère décidé à y déroger. Ensuite, il a donné à tout le monde la chance de trouver une place dans le système, parfois à une place inhabituelle comme pour Mario Götze renaissant dans une position plus en retrait ou Dan-Axel Zagadou, auteur de prestations honorables à une place inhabituelle pour lui de latéral gauche. Après quatre matchs officiels, on a l’impression que notre équipe possède déjà plus d’automatismes et de certitudes qu’après quarante la saison dernière… Et cela permet de faire entrer des joueurs qui trouvent immédiatement leur place, rien à voir avec le flou pas toujours artistique qui régnait il y a douze mois : ainsi, malgré une ou deux interventions un peu limite, Toprak a pu relayer en fin de première mi-temps le patron de notre défense, Sokratis, ménagé en raison d’une maladie, sans nuire à la solidité de l’édifice, alors que Dahoud a réussi une entrée intéressante.

Problèmes de riche

Avec l’intégration des renforts de dernière minute, Yarmolenko, Toljan et Sancho, le retour des blessés Weigl, Schmelzer et, ultérieurement, Rode, Schürrle, Guerreiro, Durm ou Reus, Peter Bosz va vraiment avoir des alternatives pour chaque poste, il va être confronté à des choix difficile. Mais ce sont là des problèmes de riche. L’impression qui se dégage, c’est que notre entraîneur hollandais va pouvoir faire tourner son effectif sans nuire à la solidité et à l’homogénéité d’un collectif qui semble déjà bien en place si tôt dans la saison. En tous les cas, comme à Wolfsburg, nos Jungs ont pu gérer assez tranquillement et sans trop forcer la fin du match pour remporter un succès 2-0 plutôt convaincant qui nous permet de conserver la tête du classement. A ce stade de la saison, c’est plutôt anecdotique mais cela fait toujours plaisir à voir !

La balade des gens heureux (bis)

Après cette victoire plutôt convaincante, le Westfalenstadion a pu célébrer ses héros et communier avec ses joueurs sur le fameux « Wer ist Deutscher Meister ? BVB Borussia ». Cela peut paraître prétentieux mais rassure-toi : si tôt dans la saison, personne ne se projette sur des fantasmes de Meisterschale ni ne déroge à l’humilité qui sied à notre club. C’est juste une manière un peu espiègle de célébrer notre joie et notre bonheur de retrouver une équipe unie, un collectif solidaire, un jeu dynamique et la première place du classement. Un ancien numéro un mondial de tennis affirmait « de là-haut la vue est si belle »… mais il disait aussi que le plus dur n’était pas d’accéder à la première place mais d’y rester. Il sera donc toujours temps de définir les objectifs lorsque la saison sera plus avancée, savourons juste l’instant présent de ce début de championnat réussi dans une perspective purement hédoniste d’un Westfalenstadion en extase. D’ailleurs, en quittant le stade, nous sommes presque un peu frustrés de voir déjà arriver la première pause internationale car nous sommes vraiment impatients de voir la suite. Vivement le déplacement de Freiburg…

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

2 Commentaires

  • Encore un article magique qui résume à 100% notre état d’esprit actuel, enthousiates pour la suite, soulagés de voir que cette ambiance unique qui fait l’identité de notre club n’était pas morte mais bien en sommeil ces deux dernières saisons mais qu’elle est prête à retrouver son meilleur niveau à chaque fois qu’elle en a l’occasion, à chaque fois que l’équipe est en adéquation avec nos valeurs. Quel plaisir de réentendre les capos des TU relancer les Wer wird deutscher Meister ? qu’on n’avait plus entendus depuis si longtemps…

    Merci au BVB et merci à vous pour cet article plein de valeurs, qui me fait personnellement me sentir moins seul.

  • Merci et si tu te sens l’âme d’écrire un jour, sur un match ou sur quoique ce soit qui concerne notre club, on t’ouvre volontiers nos colonnes.

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