Marco Reus sera le grand absent du Borussenderby, qu’il a souvent animé par la passé. Avec le echte comme avec le falsche Borussia ! Retour sur deux victoires fleuves contre les Fohlen au Westfalenstadion. 

2010-2011 : Trois nouveaux points sous le sapin

 Le Borussia Dortmund a été accroché l’espace d’une mi-temps dans le choc des extrêmes contre Mönchengladbach, avant de dérouler après la pause. C’est donc avec trois nouveaux points dans l’escarcelle et un titre de champion d’automne qui se précise que les supporters ont pu aller savourer le Glühwein (mit Schuß !) sous le mythique sapin de Noël de la Hansplatz.

C’est toujours avec une impatience non dissimulée que l’on attend les matchs du Borussia Dortmund durant le marché de Noël local. Non pas que l’on soit particulièrement attiré par les babioles que l’on trouve dans ce genre d’événements mais parce que c’est la grande fête dans les rues, toute la ville semble de sortie et se presse dans les innombrables stands de Glühwein qui entourent l’autoproclamé plus grand sapin de Noël du monde trônant au milieu de la Hansaplatz. Ajoutant encore un peu plus à l’ambiance déjà très festive qui prévaut lors de chaque match à Dortmund. Et ce ne sont pas les rumeurs du triomphe de Schalke 04 à Kaiserslautern qui se propageaient dans des Biergarten combles, malgré le froid, qui allaient engendrer une quelconque morosité, bien au contraire.

Le choc des extrêmes

Après, encore fallait-il que le match du BVB ne vienne pas tout gâcher. Le risque paraissait ténu puisque le Borussia Dortmund, fringant leader de la Bundesliga avec la meilleure attaque et la meilleure défense, recevait, à l’occasion du 77ème Borussen-Derby, son homonyme de Mönchengladbach, lanterne rouge et pire défense de la ligue, qui plus est privé de ses deux meilleurs arrières centraux, Dante et Brouwers, et contraint d’aligner un joueur, Jan-Ingver Callsen-Bracker, qui n’avait pas encore joué une seule minute cette saison. Dans ce contexte, les Fohlen n’ont bien évidemment pas débarqué au Westfalenstadion la fleur au fusil mais dans un dispositif extrêmement prudent, pour ne pas dire frileux. La domination dortmundoise est écrasante (72% de possession du ballon en 1ère mi-temps) mais la défense des Fohlen est bien disciplinée et parvient à contenir les assauts du leader. Grâce notamment à un excellent Christoph Heimeroth dans les buts, auteur de deux superbes parades sur un tir de Lucas Barrios et une tête de Shinji Kagawa.

Dortmunder Jungs

Comme souvent dans ce genre de match, c’est l’équipe dominée qui va ouvrir la marque sur sa première occasion : à la base, Idrissou a raté son contrôle mais le ballon parvient tout de même à Marco Reus qui slalome dans la défense avant d’adresser une frappe magnifique dans le petit filet. C’est d’autant plus rageant que Marc Reus est né à Dortmund et qu’il y a effectué ses classes juniors jusqu’à l’âge de 16 ans, avant de s’exiler à Ahlen puis à Gladbach… Dommage, celui qui s’affirme, à 21 ans, comme l’un des plus grands espoirs du foot allemand n’aurait pas fait tache dans le juvénile effectif du BVB (mais ce n’était que partie remise…)

Le tournant du match

A 0-1, une pointe d’anxiété commence à sourdre dans le temple jaune, surtout que Dortmund était en train de sécher, alors même qu’il attaquait face à la Südtribüne, là où il fait d’habitude la différence. Mais ce BVB 2010-2011 peut toujours compter sur une réussite insolente et un mental de vainqueur. Alors que l’on jouait les arrêts de jeu de la 1ère mi-temps, Mario Götze a déposé un corner sur la tête de Neven Subotic pour une égalisation qui a fait très mal à un Mönchengladbach qui se voyait déjà atteindre la pause avec un but d’avance. Sans conteste le tournant du match car, après le thé, le rouleau compresseur dortmundois s’est mis en marche et les Fohlen se sont fait aplatir comme onze des treize premiers adversaires du BVB en Bundesliga cette saison.

Et une démonstration de plus…

Le succès du BVB s’appuie sur un intense pressing offensif, usant pour l’adversaire, avec une volonté constante d’aller de l’avant dès la récupération du ballon. Ici, pas question de faire 62 passes latérales alibis avant de se demander si éventuellement, à la limite, on pourrait voir pour tenter une passe verticale, les joueurs jaunes et noirs s’engagent dans la profondeur à la moindre occasion. C’est très spectaculaire et très efficace dès que les espaces s’ouvrent dans la défense adverse. Gladbach en a fait l’expérience samedi lors d’une deuxième mi-temps à sens unique, encaissant trois buts, tous plus beaux les uns que les autres.

C’est tout d’abord Shinji Kagawa qui a profité d’une ouverture lumineuse de Mario Götze pour s’en aller battre très proprement Heimeroth. Le numéro trois découle lui d’une déviation de la tête de Mario Götze, d’une talonnade géniale de Lucas Barrios pour Kevin Großkreutz qui est parti seul inscrire le but de la sécurité. Pour la première fois de la saison écarté du onze de base, le n° 19 du BVB avait sans doute envie de prouver à son entraîneur qu’il méritait une place de titulaire, alors qu’il vient de prolonger son contrat jusqu’en 2014. L’inévitable Lucas Barrios a scellé le score final après une ouverture millimétrée d’Antonio da Silva, dans l’ambiance de kermesse que tu imagines.

La totale

4-1, le résultat est logique, le pire c’est que Mönchengladbach est plutôt à créditer d’un bon match mais il est tombé sur une équipe qui évolue sur une autre planète en ce moment. Dans ces conditions, un match à Dortmund, c’est juste du pur bonheur avec une qualité de jeu remarquable qui coïncide avec le cadre et l’ambiance toujours grandioses du Westfalenstadion, la totale quoi. Comme les bonnes nouvelles vont de pair, celui qui est l’un des principaux artisans de ce renouveau dortmundois, l’entraîneur Jürgen Klopp, a lui aussi prolongé son contrat jusqu’en 2014, malgré les quelques appels du pied du Bayern Munich. L’avenir s’annonce donc plutôt radieux dans cette partie-là de la Ruhr. A priori, il y a encore quelques fêtes qui s’annoncent par là-bas dans les semaines et mois à venir, ce qui n’est évidemment pas pour nous déplaire.

Borussia Dortmund – Borussia Mönchengladbach 4-1 (1-1).

Signal Iduna Park, 79’200 spectateurs.

Arbitre : M. Gräfe.

Buts : 33e Reus (0-1), 45e + 1 Subotic (1-1), 52e Kagawa (2-1), 76e Grosskreutz (3-1), 88e Barrios (4-1).

Dortmund: Weidenfeller; Piszczek, Subotic, Hummels, Schmelzer; Bender, Sahin; Blaszczykowski (62e Grosskreutz), Kagawa (78e Lewandowski), Götze (83e da Silva); Barrios. Entraîneur: Jürgen Klopp.

Mönchengladbach: Heimeroth; Levels, Anderson, Callsen-Bracker, Daems; Herrmann (65e Matmour), Marx, Bradley, Reus; de Camargo (65e Bobadilla); Idrissou. Entraîneur: Michael Frontzeck.

Cartons jaunes: 71e Subotic, 76e Hummels.

Notes: Dortmund sans Kehl, Kringe, Owomoyela ni Zidan (blessés) Mönchengladbach privé de Bailly, Brouwers, Dante, Jaurès, Jantschke, Dorda et Janeczek (blessés).

 Classement (14 matchs) : 1. BVB 37 2. Mainz 30 3. Leverkusen 26 4. Hanovre 25 5. Bayern 23 6. Hoffenheim 22 7. Hambourg 21 8. Freiburg 21 9. Francfort 20 10. Nürnberg 18 11. Brême 18 12. Kaiserslautern 17 13. Wolfsburg 16 14. St. Pauli 14 15. Schalke 13 16. Köln 12 17. Stuttgart 11 18. Mönchengladbach.

2012-2013 : Reus de retour à la maison

Après deux mauvais matchs à Hambourg et Francfort, le Borussia Dortmund s’est rassuré en atomisant son homonyme de Mönchengladbach dans l’ambiance surchauffée du Westfalenstadion. Auteur d’un doublé, Marco Reus a causé la perte de son ancienne équipe qui est bien loin de l’euphorie de la saison dernière.

Ce sont deux équipes en proie au doute qui s’affrontaient samedi dans le Borussenderby. Le champion en titre Dortmund a quelques soucis avec sa défense. Lors des deux Meistersaison, en 34 déplacements de Bundesliga, le BVB n’a encaissé qu’à trois reprises plus d’un but, deux fois dans des matchs pour beurre après une semaine de festivité, le titre déjà acquis (défaite 2-0 à Brême et victoire 5-2 à Kaiserslautern) et une seule fois dans un match qui compte (défaite 2-1 à Hanovre). Or, là en quatre jours et deux matchs à l’extérieur, le Borussia vient d’encaisser deux fois trois buts (3-2 à Hambourg et 3-3 à Francfort) avec à chaque fois une défense qui se laisse mettre hors de position beaucoup trop facilement. Le gardien Weidenfeller a voulu jouer malgré une grippe, il a commis plus d’approximations sur ces deux matchs que lors des deux saisons écoulées, Hummels prend trop de risques inutlies dans ses relances et ses dribbles et le marquage des latéraux Schmelzer et Piszczek est bien trop large.

Ceci dit, le problème est plus collectif qu’individuel : le pressing offensif est moins intense, cela laisse bien davantage de temps à l’adversaire de lancer ses attaques par rapport aux deux saisons précédentes où la défense jouait un peu dans un fauteuil face à des attaquants qui ne recevaient que peu de ballons exploitables. En outre, les postes étaient mieux définis à mi-terrain avec Kagawa dans l’axe et deux joueurs scotchés dans les couloirs, Grosskreutz ou Perisic à gauche, Götze ou Kuba à droite. Là, comme le Japonais n’a pas été vraiment remplacé, les demis de couloir rentrent plus souvent dans le terrain, les latéraux sont aspirés vers l’avant et ça laisse des espaces béants sur les côtés. Il y a donc beaucoup de boulot pour que le BVB redevienne le rouleau compresseur qui écrasait tout sur son passage au printemps dernier. Jürgen Klopp n’a toutefois pas paniqué et il a reconduit sa défense sans changement. En revanche, surprise à la pointe de l’attaque où Julian Schieber remplace le buteur Robert Lewandowski ; l’ancien joueur de Stuttgart n’a pas vraiment saisi sa chance puisqu’il n’est impliqué sur aucun des goals dortmundois.

Les problèmes de Lucien Favre

Le tableau est également sombre du côté de Mönchengladbach. Les Fohlen ont raté leur qualification pour la Ligue des Champions contre un Dynamo Kiev pourtant largement prenable mais un manque d’expérience et de réalisme et quelques grosses erreurs défensive ont été rédhibitoires. En championnat, si le nul arraché à la 90e à 10 contre 11 contre Hambourg sauve un peu les apparences, Gladbach n’a plus gagné depuis la 1ère journée. En défense, Dominguez n’a pas fait oublier Dante, loin de là. En attaque, il s’est avéré que le Hollandais de Jong, censé remplacer Marco Reus, ne joue pas au même poste mais plus en pointe. Du coup, Lucien Favre se retrouve avec trois attaquants de pointe (Hanke, de Jong, de Camargo) pour une place mais sans meneur de jeu. Lulu a essayé d’avancer Granit Xhaka, samedi il a tenté d’évoluer avec deux attaquants mais pour l’instant il n’a pas trouvé la lumière. Et puis il serait faux d’imputer les problèmes des Fohlen aux seuls nouveaux arrivants, certains joueurs comme ter Stegen, Jantschke, Herrmann ou Hanke sont assez loin de leur forme de la saison dernière.

Marco Reus le détonateur

L’après-midi va mal commencer. Comme le veut la coutume, lors d’un Topspiel du samedi à 18h30, on commence par la Bundesliga-Konferenz au Strobels. Dix minutes avant la fin, le commentateur annonce « Tor in Bremen », la foule jaune et noire massée dans le Biergarten frémit d’espoir mais patatras : les images montrent un Bayern Munich triomphant. C’est donc avec dix points de retard sur le Rekordmeister que le BVB entame son match contre Gladbach. L’entame de partie ne va guère nous rassurer puisque la défense dortmundoise se fait transpercer après deux minutes mais Weidenfeller sauve devant Hanke. Dortmund domine mais, à part une tête de Subotic sur la latte et un arrêt de ter Stegen après un sauvetage de Brouwers, les occasions ne sont guère nombreuses. C’est finalement le talent individuel de Marco Reus qui va débloquer la situation. Le transfuge de Mönchengladbach profite d’une mésentente dans la défense des Poulains pour traverser tout le camp adverse et aller crucifier son ancien coéquipier. La nouvelle idole du Westfalenstadion n’a pas célébré son but, par respect pour son ancienne équipe mais il y a 73’000 fans qui l’ont fait à sa place dans des gradins soulagés. Et ce d’autant plus que cinq minutes plus tard Neven Subotic double la mise en reprenant un centre de Jakub Blaszczykowski. Tout à coup, tout devient plus facile et il faut un miracle de ter Stegen pour que Gladbach atteigne la pause avec seulement deux longueurs de retard.

En démonstration

Contrairement à ce qui s’était passé quatre jours plus tôt à Francfort, où le BVB menait également 2-0 à la pause, Dortmund ne va pas laisser la moindre chance à son adversaire de recoller. Jamais Mönchengladbach n’a donné l’impression de pouvoir revenir sinon sur une tête de de Camargo détournée par Weidenfeller. En proie au doute, les Fohlen vont lâcher sur la fin et du coup, avec une confiance retrouvée et énormément de talent sur le terrain côté jaune et noir, l’addition est devenue salée. Marco Reus s’est offert le doublé d’un lob splendide. Puis c’est Ilkay Gündogan qui a inscrit le numéro quatre comme à l’entraînement sur un centre de Jakub Blaszczykowski. C’est un but amplement mérité pour le jeune international allemand qui a réussi un match énorme en milieu de terrain et distillé un nombre incalculable de bons ballons. C’est l’inévitable Jakub Blaszczykowski qui scellera la score sur une passe inspirée, une de plus, d’Ilkay Gündogan.

 

Gladbach à la peine

 5-0, la défaite est lourde pour Gladbach qui voit poindre la crise. Certains parlent même déjà de relégation, personnellement je reste persuadé que cette équipe vaut mieux que son classement, l’équipe est jeune et a subi pas mal de changements durant l’été, il lui juste faut un peu de temps. Une victoire pourrait provoquer le déclic, espérons que cela vienne cette semaine contre Fenerbahce en Europa League et en Bundesliga contre Francfort. C’est tout le mal que l’on souhaite à Lucien Favre. Trois semaines avant ce Borussen-Derby, je faisais mon footing du samedi après-midi (si,si…) le long d’une rivière du Gros-de-Vaud et, au détour d’un bosquet, je tombe sur Lucien Favre, l’ambiance était un peu plus feutrée que trois semaines plus tard au Westfalenstadion. Et cette fois, je me suis dit que j’étais définitivement intoxiqué au foot allemand si, même en allant innocemment courir dans une forêt du Gros-de-Vaud j’arrive à croiser le meilleur entraîneur de Bundesliga.

Oktoberfest

Le BVB s’est lui rassuré, aussi bien offensivement que défensivement avec un blanchissage qui va faire du bien. C’était assez bienvenu avant la série infernale qui attend le Borussia les semaines à venir avec deux déplacements périlleux à Manchester contre City puis à Hanovre, avant de recevoir Schalke pour le match le plus attendu de l’année puis le Réal Madrid. Après ces quatre chocs, on sera sans doute un peu mieux renseignés sur les ambitions que peut nourrir le BVB cette saison, aussi bien au plan national qu’international. En attendant, une victoire 5-0, cela méritait d’être joyeusement fêté. Opportunément, la Westfallenhalle qui jouxte le stade accueillait une Oktoberfest. Une fausse fête de la bière dans une vraie ville de foot, c’était un bon échauffement avant d’aller à la vraie fête de la bière dans une fausse ville de foot.

Borussia Dortmund – Borussia Mönchengladbach 5-0 (2-0).

Signal Iduna Park, 80’645 spectateurs (guichets fermés).

Arbitre : M. Stark.

Buts : 35e Reus (1-0), 40e Subotic (2-0), 70e Reus (3-0), 79e Gündogan (4-0), 85e Blaszczykowski (5-0).

Dortmund: Weidenfeller; Piszczek, Subotic, Hummels, Schmelzer; Gündogan, Kehl (83e Santana); Blaszczykowski, Götze (71e Grosskreutz), Reus(75e Bender); Schieber. Entraîneur: Jürgen Klopp.

Mönchengladbach: ter Stegen (77e Heimeroth); Jantschke, Brouwers, Dominguez, Daems; Herrmann (75e Ring), Nordtveit, Xhaka, Arango; De Camargo, Hanke (62e Hrgota). Entraîneur: Lucien Favre.

Carton jaune: 90e Nordtveit.

Notes: Dortmund sans Owomoyela (blessé), Mönchengladbach sans Stranzl (suspendu) ni de Jong (blessé).

Classement (6 matchs): 1. Bayern 18 2. Francfort 16 3. Dortmund 11 4. Schalke 11 5. Hanovre 10 6. Düsseldorf 10 7. Leverkusen 10 8. Brême 7 9. Hoffenheim 7 10. Hambourg 7 11. Mainz 7 12. Nürnberg 7 13. Mönchengladbach 6 14. Freiburg 5 15. Stuttgart 5 16. Wolfsburg 5 17. Fürth 4 18. Augsburg 2.

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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