Leverkusen au Westfalenstadion, c’est un peu notre bête noire : sur ses six derniers déplacements dans notre Tempel, la Werkself est tout de même revenue trois fois avec une victoire et un blanchissage. Ce fut notamment le cas lors de l’ouverture de la saison 2010-2011 où la défaite concédée contre le Bayer et ses Suisses Eren Derdiyok et Tranquillo Barnetta semblait annoncer une saison compliquée. On sait aujourd’hui qu’il n’en fut rien…

C’est ennuyeux cette Coupe du Monde, ça rallonge inutilement la pause estivale des championnats nationaux. Il a ainsi fallu attendre près de quatre mois pour revoir un match de Bundesliga au Westfalenstadion, une éternité. On constate toutefois que rien n’a changé, les Biergarten sont toujours aussi accueillants, le mur jaune toujours aussi impressionnant et les supporters toujours aussi fervents. Ah si un changement tout de même, le prix de la bière est passé de 3,60 euros à 3,70, sur la longueur d’une saison ça va faire un trou dans le budget (n.d.l.r. : le prix de la bière aux buvettes n’a subi aucune augmentation depuis lors).

Suisses en verve

On commence directement par un gros match entre le Borussia Dortmund et le Bayer Leverkusen, respectivement 5e et 4e du dernier championnat et à nouveau candidats aux places européennes. Avec en vedette le grand retour de Michael Ballack en Bundesliga. Et la présence de deux Suisse sur le terrain dans les rangs de Werkself, Eren Derdiyok et Tranquillo Barnetta. Remplaçants au 1er tour de la Coupe d’Allemagne et en play-off de l’Europa League, nos deux internationaux ont profité de l’absence de ceux qui leur ont piqué leur place, Sidney Sam et Patrick Helmes, pour être titularisé. Pour notre plus grand malheur. Derdiyok sera le premier en évidence avec un tir sur le poteau. Il ne faut attendre que 13 minutes pour voir la première simulation de l’infect Arturo Vidal. On en profite pour le conspuer avec les 70’000 fans du Westfalenstadion, vu qu’on n’avait pas pu le faire, coincé derrière notre télé, pendant Suisse – Chili où sa simulation avait valu une expulsion à Valon Behrami. Le problème, c’est que, lorsqu’il n’est pas en train de se rouler par terre en pleurnichant, le Chilien joue au foot et même plutôt pas mal. C’est lui qui embarque deux défenseurs dortmundois sur le flanc droit pour servir Tranquillo Barnetta, lequel ouvre le score d’un tir croisé précis. La dernière fois qu’on avait vu le Saint-Gallois marquer dans ce Westfalenstadion, c’était à Suisse – Togo et c’était un but qui nous avait beaucoup plus fait plaisir que celui-ci.

Le scandale

Il ne faudra que deux minutes au BVB pour égaliser sur une remise de la tête de Kagawa pour son capitaine Sebastian Kehl, qui a marqué seul devant le but. La joie sera de courte durée car le drapeau s’est levé pour signaler un hors-jeu imaginaire, annulant le but. Cette grosse erreur d’arbitrage s’est révélée être le tournant du match puisque dans l’enchaînement Renato Augusto doublait la mise après un relais avec Eren Derdiyok. 0-2 au lieu de 1-1, la victoire avait choisi son camp. Certes, il restait près de 70 minutes à jouer mais Dortmund n’est pas très à l’aise lorsqu’il doit faire le jeu. Du coup, les occasions n’ont pas été légion face à un Leverkusen très bien regroupé autour du vétéran Hyypiä et du prometteur Reinartz avec un Ballack qui abat toujours un boulot énorme à mi-terrain. On notera deux frappes de Sahin détournée par le portier Adler et une bonne sortie du gardien de la Werkself devant Barrios et c’est à peu près tout. C’était maigre, trop maigre pour revenir et le BVB a semblé vite résigné, à l’image d’un public qui a assuré une ambiance énorme pendant 70 minutes, avant de s’éteindre petit à petit, comprenant que son équipe ne reviendrait pas.

La douche froide

C’est donc par une douche froide que débute cette saison, au propre comme au figuré car des trombes d’eau se sont abattues sur la Ruhr durant le match. Avec sept titulaires de moins de 23 ans, ce BVB a paru un peu tendre contre un Leverkusen plus expérimenté. Sans être transcendants, les Rheinländer ont mieux su rentrer dans le match, ils ont concrétisé leurs occasions et ensuite ils ont attendu derrière, sans jamais laisser la moindre ouverture pour permettre au Borussia d’enflammer le match. Nonobstant ce but annulé qui, si le trio arbitral avait fait son travail, aurait complètement changé la physionomie du match, Leverkusen n’a rien volé et débute parfaitement bien sa saison, en étant l’un des seuls favoris, avec le Bayern et Hambourg, à inscrire ses trois premiers points. Quant au BVB, il lui faudra réagir rapidement mais la semaine à venir s’annonce plutôt compliquée avec un déplacement en Azerbaïdjan en Europa League et, trois jours plus tard, un match difficile à Stuttgart, d’où il serait bienvenu de ramener quelque chose pour éviter de se retrouver largué au classement après seulement deux journées.

NB : après cette défaite initiale qui semblait annoncer une saison difficile, la BVB avait enchaîné avec 13 victoires et un nul en 14 matchs et fini la saison champion, loin devant son dauphin Leverkusen.

Borussia Dortmund – Bayer Leverkusen 0-2 (0-2).

Signal Iduna Park, 73’300 spectateurs.

Arbitre : M. Meyer.

Buts : 19e Barnetta (0-1), 22e Renato Augusto (0-2).

Dortmund : Weidenfeller ; Owomoyela (77e Rangelov), Subotic, Hummels, Schmelzer ; Kehl (63e Lewandowski), Sahin ; Grosskreutz (67e Piszczek), Kagawa, Götze ; Barrios. Entraîneur : Jürgen Klopp

Leverkusen : Adler ; Castro, Reinartz, Hyypiä, Kadlec ; Renato Augusto (81e Schwaab), Vidal (88e Balitsch), Ballack, Barnetta (76e L. Bender) ; Kiessling, Derdiyok. Entraîneur: Jupp Heynckes.

Carton : aucun.

Notes : Dortmund sans Blaszczykowski, Dede, Zidan ni Kringe (blessés), Leverkusen sans Helmes, Sam, Rolfes, Jörgensen ni Giefer (blessés).

 

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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