Un match contre Köln le week-end suivant une défaite 3-1 en Ligue des Champions, cela nous est déjà arrivé en octobre 2011 : trois jours après notre défaite au Pirée contre l’Olympiakos, le Borussia Dortmund s’était rassuré en atomisant un faible Cologne lors d’un Westderby à sens unique. En retrouvant nos qualités et nos valeurs inspirées du charbon et de l’acier. Puisse l’histoire se répéter dimanche contre ce même 1. FC Köln…

C’est un Borussia Dortmund en quête de rédemption qui se présentait au Westfalenstadion, trois jours après avoir livré en Grèce contre Olympiakos ce qui était sans doute son pire match depuis au moins deux ans. A priori, l’adversaire était idéal pour une opération rachat, le 1. FC Köln, lequel n’avait plus gagné depuis plus de 20 ans au Westfalenstadion où il restait sur 13 défaites et 1 nul. Et depuis l’arrivée de Jürgen Klopp en 2008, le BVB n’avait jamais égaré le moindre point contre les Geissböcke. C’est dire si les statistiques ne parlaient pas vraiment en faveur de Cologne.

Retour aux sources

Ceci dit, ce match avait tout du traquenard pour le BVB : Cologne avait tout de même remporté trois succès probants (Leverkusen, Hoffenheim et Hanovre) lors de ses quatre dernières sorties. Et son entraîneur, Ståle Solbakken, est réputé pour sa capacité à contrer des équipes de niveau supérieur. L’an dernier (2010-2011), à la tête du modeste FC Copenhague, n’était-il pas l’un des rares entraîneurs à être parvenu à faire déjouer le FC Barcelone ? Mais manifestement, le Norvégien a eu beaucoup plus de difficultés à trouver les solutions pour contrer le Borussia Dortmund, dont l’entraîneur Jürgen Klopp a décidé de revenir aux fondamentaux. Depuis le début de la saison, l’entraîneur à succès du BVB a pas mal tâtonné pour dégager une équipe type. Là, pour faire oublier la déconfiture athénienne, il décide d’aligner l’équipe-type qui avait survolé le premier tour l’an dernier, à deux exceptions près : Sebastian Kehl remplace Nuri Sahin, parti au Réal Madrid, et Robert Lewandowski supplée un Lucas Barrios toujours blessé.

A sens unique

Et ça fonctionne, au-delà de toutes espérances. On retrouve l’intensité, la verticalité et l’efficacité de l’automne dernier. Le match est à sens unique et Köln n’existe tout simplement pas. L’ouverture du score va rapidement tomber sur un centre de Kevin Grosskreutz pour Shinji Kagawa. Il y a un an, les deux jeunes joueurs du BVB défonçaient toutes les défenses d’Allemagne, c’était beaucoup plus compliqué cette saison, espérons que ce but marque un retour en forme des deux milieux offensifs dortmundois. Seul joueur colonais à avoir surnagé samedi, le gardien Michael Rensing retarde l’échéance mais il doit encore s’incliner deux fois avant la pause. Tout d’abord sur un ballon glissé en retrait par Sven Bender pour Marcel Schmelzer, qui s’offrait son premier but en Bundesliga pour sa septante-neuvième apparition. Puis sur un centre de Sven Bender repris par  Robert Lewandowski.

Flatteur

Après la pause, le scénario ne varie guère. Jürgen Klopp fait tourner son effectif en prévision d’un mois de novembre infernal. Cela n’empêche pas le BVB d’inscrire deux nouveaux buts : tout d’abord sur une ouverture de la poitrine de Blaszczykowski, une déviation de Grosskreutz et une conclusion de l’inévitable Lewandowski. Cerise sur le gâteau, c’est à Sebastian Kehl que revient l’honneur de clore la fête de tir en reprenant de la tête un centre de Jakub Blaszczykowski. Cela fait toujours plaisir, sachant les nombreuses galères que le capitaine du BVB a traversé ces dernières saisons. D’humeur taquine, le mur jaune entonne alors die Elf vom Niederrhein et le Maria (I Like it Loud) de Scooter, les deux hymnes du Borussia Mönchengladbach, le rival historique du 1. FC Köln. Lequel ne gardera pas un souvenir impérissable de son escapade dans la Ruhr. Le pire, c’est que ce score de 5-0 est plutôt flatteur pour les Geissböcke qui auraient tout aussi bien pu en ramasser quelques-uns de plus.

Poldi le sauveur

Cologne a même failli entrer dans l’histoire en devenant le premier club à ne réussir aucun tir au but dans un match de Bundesliga. Mais une frappe de Lukas Podolski à la 86e a évité aux Domstädter de s’approprier ce glorieux record. Il y aura même une deuxième frappe dans les arrêts de jeu pour ramener la statistique à 27 tirs à 2 ! Le 1. FC Köln poursuit son parcours en montagnes russes. Cette équipe est vraiment une énigme en ce début de saison, capable d’aller inscrire quatre buts à Leverkusen (1-4) avant d’aller en prendre à son tour quatre lors du déplacement suivant à Berlin (4-0), capable de battre Hanovre et de sombrer corps et âme une semaine plus tard à Dortmund. En soi, perdre au Westfalenstadion n’a rien d’infamant mais c’est la manière qui dérange. Dimanche prochain, les Geissböcke reçoivent le néo-promu Augsburg, ils auront intérêt à enclencher le mode « on », sinon la barre va se rapprocher dangereusement.

La tête se rapproche

Même si l’enthousiasme doit être tempéré par l’insigne faiblesse de l’adversaire, le BVB s’est lui rassuré. Et fait la bonne opération du week-end en revenant à trois petites longueurs du Bayern, alors qu’il était virtuellement à onze points des Rekordmeiser lorsqu’il était mené 1-0 à Mainz il y a quelques semaines… On a incontestablement retrouvé samedi les vertus et l’allant de la saison passée. Le Borussia ne peut pas vraiment s’appuyer sur des individualités pour gagner des matchs en jouant en dilettante ; il redevient vite une équipe très ordinaire s’il ne met pas de la passion, de l’intensité et du labeur dans son jeu. Tu me diras, normal au pays du charbon et de l’acier : Auch in schweren Zeiten haben wir keine Wahl. Wir werden immer zu Dir stehen, wir sind aus Kohle und Stahl (fatalement, après vingt heures de car en écoutant en boucle les chansons du BVB, il y en a quelques-unes qui me trotte encore dans la tête).

Borussia Dortmund – 1. FC Köln 5-0 (3-0).

Signal Iduna Park, 80’200 spectateurs.

Arbitre : Dr. Brych.

Buts : 7e Kagawa (1-0), 25e Schmelzer (2-0), 44e Lewandowski (3-0), 50e Lewandowski (4-0), 66e Kehl (5-0).

Dortmund: Weidenfeller ; Piszczek, Subotic, Hummels, Schmelzer; Bender (57e Leitner), Kehl; Götze (46e Blaszczykowski), Kagawa (71e Gündogan), Grosskreutz; Lewandowski. Entraîneur: Jürgen Klopp.

Köln: Rensing; Riether, Sereno, Jammal, Eichner; Matuschyk, Jajalo (71e Pezzoni); Chihi (58e Clemens), Lanig, Peszko (46e Roshi); Podolski. Entraîneur: Ståle Solbakken.

Cartons jaunes: 5e Kehl, 6e Matuschyk, 38e Subotic, 47e Sereno.

Notes: Dortmund sans Perisic (suspendu), Owomoyela, Barrios, Koch ni Zidan (blessés), Köln sans Geromel, Novakovic, Varvodic, McKenna, Petit ni Andrezinho (blessés).

Classement (10 matchs): 1. Bayern 22 2. BVB 19 3. Schalke 18 4. Hanovre 18 5. Stuttgart 17 6. Brême 17 7. Mönchengladbach 17 8. Hoffenheim 16 9. Leverkusen 14 10. Hertha 13 11. Wolfsburg 13 12. Köln 13 13. Nürnberg 12 14. Kaiserslautern 11 15. Mainz 9 16. Augsburg 8 17. Hambourg 8 18. Freiburg 7.

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

Laissez un commentaire

Lire les articles précédents :
[Wembley 2013 : BVB – FC Bayern München] – Le jour qui n’a jamais existé

Ce soir, le BVB se rend dans le temple maudit, silencieux et aseptisé de Wembley, pour la première fois. Si,...

Fermer