Un Westderby contre le 1. FC Köln, comme samedi, au lendemain d’une victoire héroïque à Munich, nous l’avons déjà connu en 2011, en plein Karneval. Sauf qu’à l’époque, nous marchions vers la première place et non vers la troisième…

Ce Westderby entre Dortmund et Cologne marquait le retour des héros au Westfalenstadion. Les héros ? Ces jeunes joueurs du BVB qui, une semaine auparavant, avaient surclassé le vice-champion d’Europe en titre du Bayern Munich sur sa pelouse de l’Allianz-Arena dans ce qui était peut-être le meilleur match vu cette saison en Europe, pour la 1ère mi-temps en tous les cas, avec un rythme incroyable (seulement 15 fautes en 90 minutes). Et ce avec la plus jeune équipe jamais alignée en Bundesliga puisqu’à part les « vétérans » Barrios (26 ans) et Piszczek (25 ans), tous les joueurs dortmundois alignés au coup d’envoi à Munich étaient âgés de 23 ans ou moins.

Karneval in Westfalenstadion

L’adversaire du jour, c’est le 1. FC Köln qui semble monter en puissance en cette fin d’hiver. Relancés par les nombreuses arrivées du mercato et le retour en forme des attaquants Podolski et Novakovic, les Geissböcke figurent même parmi les meilleures équipes d’Allemagne depuis le début de l’année 2011. Et sont donc bien décidés à venir réussir un truc au Westfalenstadion pour lancer idéalement le week-end du Karneval. Historiquement, le week-end du carnaval ne réussit guère au 1. FC Koln mais il y a deux ans les Domstädter avaient mis fin à la malédiction avec un succès historique, en plein carnaval, à Munich contre le Bayern, l’idée est donc de rééditer pareil exploit. La plupart des supporters colonais débarquent costumés (et passablement éméchés, cela va sans dire) à Dortmund, le match va donc se jouer, encore plus que d’habitude, dans une ambiance d’immense kermesse populaire.

De chômeur à sauveur

La rencontre va rapidement tourner au monologue du BVB contre un Cologne recroquevillé en défense. Il y a toutefois un homme, qui pointait il y a encore quelques mois au chômage, qui va longtemps retarder l’échéance : le gardien du Effzeh Michael Rensing. Sans club depuis son éviction au Bayern, il s’entraînait avec un club de septième division jusqu’au moment où Köln, qui cherchait un gardien pas cher pour remplacer Mondragon, parti outre-Atlantique, l’a relancé. Pour l’instant, c’est une réussite totale et Rensing, avec moins de pression qu’au Bayern, s’affirme comme un bon gardien de Bundesliga. Vendredi soir, il a été le meilleur homme sur le terrain et il a évité à ses coéquipiers une dérouillée monumentale. Il s’est ainsi interposé brillamment sur des frappes de Subotic (10e) et Santana (31e). Et lorsqu’il était battu, après une percée de Bender et une conclusion un peu maladroite de Barrios et Lewandowski, c’est son coéquipier Pezzoni qui a sauvé sur la ligne (18e)

Lewandowski, enfin…

Avec son intense pressing offensif, Dortmund ne laisse aucun répit à ses adversaires et c’est l’une de ses grandes forces. La décision va tomber au moment où Cologne commençait à entrevoir l’éventualité d’arriver miraculeusement à la pause sans dommage : cela part d’une balle en cloche de Nuri Sahin, Robert Lewandowski est le plus prompt à réagir et arme une demi-volée parfaite dans le petit filet opposé ; cette fois-ci Rensing n’a eu aucune chance. Voilà un but qui  va faire du bien au joueur polonais, présenté comme un grand espoir du foot européen, mais qui peine à trouver ses marques dans le 4-2-3-1 du BVB en évoluant à un poste de numéro 10 qui n’est pas le sien. Mes voisins polonais dans la Südost Tribüne sont aux anges, eux qui parcourent 960 kilomètres toutes les deux semaines pour venir voir le BVB depuis Katowice (avec seulement 720 kilomètres de trajet, je fais presque figure de supporter local, du moins tant que je n’essaie pas de parler en allemand).

Immer wieder Rensing

Cette ouverture du score ne va pas changer la physionomie du match, bien au contraire : face à une Südtribüne comme d’habitude survoltée, la domination du BVB est encore plus écrasante. Cologne, diminué par la sortie sur blessure de Podolski, ne se créera qu’une seule occasion d’égaliser lorsque Milivoje Novakovic est parti seul au but mais le Slovène a tiré à côté (56e). Dortmund continuera toutefois de buter sur l’incroyable Michael Rensing, qui réussira cinq nouveaux miracles devant Grosskreutz (51e, 57e), Subotic (57e), Santana (71e) et Lewandowski (74e). Et comme tout grand gardien, la chance était avec lui puisque Lucas Barrios (79e) et Nuri Sahin (85e) tireront eux sur la transversale. C’est dire si la victoire du BVB ne souffre pas de la moindre discussion.

C’est pour quand le titre ?

C’est donc dans une incroyable communion que joueurs et supporters pouvaient célébrer un nouveau pas vers la conquête du septième titre de l’histoire du club. Jusqu’à la victoire à Munich, le titre était un sujet tabou dans l’entourage du club, désormais il commence à être évoqué. Il a ainsi été révélé qu’une immense fête est prévue en ville le 14 mai pour l’éventuelle remise du Meisterschal après le dernier match de la saison contre Francfort, 300’000 personnes sont attendues (n.d.l.r. : nous serons finalement 450’000…), si tu es nostalgique de Suisse – Togo, tu sais quoi faire ce jour-là (et si tu aimes le camping, tous les hôtels de la région affiche déjà complet à cette date…).

Reste que, vu son avance au classement, Dortmund pourrait bien fêter le titre avant l’ultime journée ; on espère juste que cela ne tombera pas sur un match à l’extérieur ou, pire, sans jouer, par un revers de son poursuivant. Mais bon, avoir comme principale crainte pour la fin de saison de fêter le titre à Hambourg, cela devient des soucis de nantis. Pendant ce temps-là, avec un budget trois fois supérieur, la meilleure équipe d’Allemagne (© Uli Hoeness), celle qui n’a pas d’adversaire à sa hauteur en Bundesliga (© Christian Nerlinger), tremble à l’idée se de faire ravir sa place en Ligue des Champions par le terrifiant Hanovre, l’année même où la finale de la C1 se jouera à Munich. Décidément, cette saison 2010-2011 de Bundesliga n’a pas fini de nous faire rêver.

Borussia Dortmund – 1. FC Köln 1-0 (1-0).

Signal Iduna Park, 80’720 spectateurs (guichets fermés).

Arbitre : M. Perl.

But : 44e Lewandowski (1-0).

Dortmund: Weidenfeller; Piszczek, Subotic, Santana, Schmelzer; S. Bender, Sahin (90e Kehl); Götze (92e da Silva), Lewandowski, Grosskreutz (73e Blaszczykowski); Barrios. Entraîneur: Jürgen Klopp.

Köln: Rensing; Brecko, Mohamad, Pezzoni, Eichner; Lanig, Petit (76e Ionita); Jajalo, Podolski (54e Ehret), Clemens (81e Freis); Novakovic. Entraîneur: Frank Schaefer.

Cartons jaunes: 62e Petit, 64e Ehret, 80e Lanig.

Notes: Dortmund sans Hummels, Kringe, Kagawa, Zidan (blessés) ni Owomoyela (convalescent, avec la 2e équipe), Köln privé de Geromel, Chihi, Matuschyk, McKenna et Schorch (blessés).

Classement  (25 matchs) : 1. BVB 61 2. Leverkusen 49 3. Hanovre 47 4. Mainz 43 5. Bayern 42 6. Nürnberg 39 7. Hambourg 37 8. Freiburg 37 9. Hoffenheim 33 10. Schalke 30 11. Köln 29 12. Francfort 28 13. St. Pauli 28 14. Brême 28 15. Wolfsburg 26 16. Francfort 25 17. Kaiserslautern 25 18. Mönchengladbach 22.

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Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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