Brillant en 2014-2015, catastrophique en 2015-2016, quel Wolfsburg va-t-on retrouver cette saison ? Probablement quelque part entre les deux : vu la qualité du contingent, il sera difficile de faire pire que lors du dernier championnat mais on voit mal le club des moteurs truqués revenir sur le podium.

Le club (Ewige Tabelle : 16)

Après Leverkusen, Wolfsburg est le deuxième plus ancien Werksklub à avoir débarqué en Bundesliga. C’était en 1997 et depuis le club, dépendant presque exclusivement de son sponsor Volkswagen, évolue sans discontinuer dans l’élite. S’il est moins régulier que le Bayer aux avant-postes avec une trajectoire faite de hauts et de bas, le VfL, contrairement à son homologue du Niederrhein, est parvenu à décrocher la Graal ultime, le Meisterschale, en 2009 grâce au GI Felix Magath et au trio magique Misimovic-Grafite-Dzeko. L’été dernier, après leurs victoires en Pokal, en Supercup, leur deuxième place en Bundesliga et les transferts spectaculaires financés par Volkswagen (Draxler, Dante, Schürrle…), les Wölfe étaient considérés par certains comme les plus à même de contester la suprématie du Bayern Munich. Le retour sur terre a été brutal : comme souvent dans ces clubs complètement artificiels, l’équipe a complètement débranché après avoir été rapidement distancée en championnat et éliminée en Coupe. Le scandale des moteurs truqués impactant la maison mère Volkswagen a même fait planer de nombreux doutes sur les ambitions futures des Wölfe. Il en a résulté une saison sans relief, à peine sauvée par un quart de finale épique en Königsklasse contre le Real Madrid. Mais au final, après une fin de championnat complètement bradée, Wolfsburg s’est retrouvé privé de toute compétition européenne alors qu’il avait l’un des trois meilleurs contingents de la ligue. Un vrai fiasco.

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© Julien Mouquin / Génération WS

Perspectives

Le marasme de la saison passée semblait perdurer en début de mercato avec les départs de Schürrle et Naldo, la mise à l’écart de Kruse et les envies d’ailleurs de nombreux cadres de l’équipe comme Rodriguez, Draxler ou Dost. Néanmoins, le VfL peut toujours compter sur le soutien de Volkswagen et il se présente pour la nouvelle saison avec une équipe qui tient la route. S’il est enfin épargné par les blessures, Didavi peut devenir un joueur majeur en Bundesliga, Blaszczykowski va amener ce supplément d’âme qui a si souvent fait défaut aux Wölfe, Bruma n’est pas international hollandais par hasard, Gomez reste un formidable buteur et l’espoir Gerhardt peut enfin éclore après avoir un peu plafonné à Köln. Finalement, à part celui de Bast Dost, que l’on retrouvera contre le BVB avec le Sporting en Königsklasse, les départs redoutés (notamment Rodriguez et Draxler) ne se sont pas produits et le manager Klaus Allofs a mis à profit son expérience pour présenter une équipe compétitive. Wolfsburg conserve l’une des offensives les plus puissantes de la ligue. La défense cause un peu plus de soucis après les départs de Naldo et Dante, alors qu’au poste de gardien Wolfsburg a pris une décision curieuse en conservant le brassard de capitaine à l’inamovible Benaglio, avec une prolongation de contrat en prime, tout en offrant la place de titulaire à son rival belge Casteels, pas toujours rassurant l’an passé. Il faudra voir si l’entraîneur Dieter Hecking, fragilisé après l’échec de la saison écoulée, parviendra à remobiliser les troupes mais, sans les fatigues de la Coupe d’Europe, Wolfsburg a clairement l’effectif pour finir dans le premier tiers du classement. A plus long terme, il faudra voir dans quelle mesure le scandale Volkswagen impacte les dépenses et ambitions de ce sponsor dont le club est tellement dépendant.

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Transferts

Départs : Dante (Nice), Kruse (Brême), Naldo (Schalke), Felipe (Chaves), Drewes (Münster), Putaro (Bielefeld), Dost (Sporting Lisbonne).

Arrivées: Wollscheid (Stoke), Gomez (Besiktas), Blaszczykowski (Fiorentina), Mayoral (Real Madrid), Bruma (Eindhoven), Gerhardt (Köln), Brekalo (Zagreb), Didavi (Stuttgart), Wollscheid (Stoke).

Pronostic : 5ème

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Le stade : Volkswagen Arena (30’000 places)

La Volkswagen Arena ne mérite pas beaucoup de commentaires. Il s’agit d’une arène impersonnelle, aseptisée et sans originalité ; à la limite, ça brille en vert la nuit, c’est joli, mais ça s’arrête là. L’intérêt de ce stade, c’est qu’il est situé dans le complexe d’Autostadt, au cœur de l’empire Volkswagen, qui a passé en boucle sur les TV du monde entier pendant le scandale des moteurs truqués et cela, ça vaut le détour : les quatre vertigineuses cheminées de l’usine, le deux tours remplies de centaines de véhicules vendus clés en main, le musée, le plan d’eau avec son téléski nautique, la spectaculaire piste d’essai pour prototypes et le gigantesque centre outlet avec toutes les plus grandes marques de luxe du monde où je te déconseille de laisser madame avec ta carte de crédit pendant que tu vas au foot… C’est ce site plus que le stade lui-même qui confère un certain charme au déplacement d’Autostadt.

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L’ambiance

Qui dit Werksklub, dit forcément ambiance médiocre. A l’image du stade : plate et sans relief. On parle d’un club qui a fêté l’an passé son retour en Ligue des Champions devant un stade (pourtant pas très grand) souvent à moitié vide. D’ailleurs, au Westfalenstadion, les fans des Wölfe sont tellement peu nombreux que le secteur places debout en Nord traditionnellement dévolu aux visiteurs est vendu à des fans du BVB et les supporters adverses sont parqués en Nordost. Même les rivaux locaux du Niedersachsen que sont Hanovre et Braunschweig refusent de parler de derby contre Wolfsburg, tant ses fans sont inexistants. Alors je te laisse imaginer contre le BVB…

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Biergarten

Il y a de nombreux bars et tonnelles devant le stade mais le must à Autostadt c’est la plage qui borde le plan d’eau. Par beau temps, c’est toujours un plaisir de siroter sa caïpirinha sur un transat, les pieds dans le sable, avec vue sur le stade et les téméraires qui se vautrent au téléski nautique. Malheureusement, au pays des Loups, rares sont nos déplacements qui permettent cette sympathique escapade farniente et il faut souvent se rabattre sur la grande halle (SoccaFive Arena) remplie d’écrans géants avec bar, à côté du stade, où se réunissent les supporters des deux camps avant le match.

Julien Mouquin.

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Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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