Mönchengladbach est l’un des monstres sacrés du football allemand. Il avait un peu disparu du paysage, mais il vit une véritable renaissance depuis 2011 et on devrait retrouver les Fohlen aux avant-postes cette saison.

Le club (Ewige Tabelle : 7)

Cinq titres de champion (tous acquis après la création de la Bundesliga, d’où les deux étoiles sur le maillot, comme le BVB), trois Pokal, quatre finales de Coupe UEFA dont deux victorieuses (1975 et 1979), une finale de Ligue des Champions (perdue en 1977 contre Liverpool), un Ballon d’Or (Allan Simonsen en 1977) : le palmarès du Borussia Mönchengladbach suffit à le poser parmi les grands d’Allemagne et même d’Europe. Les Fohlen seraient peut-être même devenus champions d’Europe en 1972 s’ils n’avaient été victimes d’une magouille et d’un jet de bière après avoir battu l’Inter Milan, futur finaliste de l’épreuve, 7-1 au Böckelberg en huitième, mais le match avait dû être rejoué et s’était cette fois terminé sur un score nul qui qualifiait les Italiens. Sauf que le falsche Borussia, club d’une cité industrielle sans charme et sans grandes ressources économiques du Niederrhein, a perdu de sa superbe dans les années 1990 et 2000. Le club a connu deux relégations en 1998 et 2007 et il semblait parti pour une troisième chute en 2011. C’est alors qu’est arrivé l’entraîneur suisse Lucien Favre qui est parvenu à assurer miraculeusement le maintien en barrage contre Bochum puis à refaire des Fohlen, grâce notamment à un certain Marco Reus, une équipe de pointe de la Bundesliga. L’aventure Lucien Favre s’est terminée il y a un peu moins d’une année sur un gros malentendu, mais le technicien helvétique aura su redonner une stabilité financière aux Fohlen et les a réabonné aux joutes européennes puisque Gladbach, après plusieurs aventures en Europa League, va disputer sa deuxième campagne consécutive en Ligue des Champions.

© Julien Mouquin / Génération WS

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Perspectives

Le contingent est demeuré plutôt stable durant l’été. Une page s’est tournée avec le départ des anciens Brouwers et Stranzl, deux figures historiques du club, mais les tauliers Wendt, Jantschke, les très prometteurs Christiansen et Elvedi, ainsi que le nouveau renfort Vestergaard, ne devraient pas avoir de peine à les faire oublier. À mi-terrain, Gladbach perd son maître à jouer Xhaka, mais le retour du champion du monde Kramer permettra au joyau Dahoud d’évoluer un cran plus haut et de prendre le jeu à son compte pour alimenter les Stindl, Traoré, Hoffmann, Johnson et autres Hazard. Et le retour des blessées Herrmann et Hahn va offrir des solutions offensives supplémentaires. Pour jouer tout en haut du classement, il manque toutefois peut-être un attaquant de pointe, ce que n’est pas vraiment l’inusable Raffael, même si le Brésilien aligne buts et passes décisives avec une régularité de métronome. Et l’international suisse Drmic n’a jamais confirmé ses débuts tonitruants en Buli à Nürnberg. La principale inconnue, elle vient peut-être de l’entraîneur André Schubert, qui avait réussi des débuts tonitruants en arrivant comme intérimaire après le départ de Favre et qui n’a jamais entraîné à un aussi haut niveau. Mais en qualifiant son équipe pour la C1, le technicien chauve a déjà accompli un premier objectif dans cette saison et il peut voir la suite avec confiance. On devrait donc retrouver les Fohlen dans le premier tiers du classement.

© Julien Mouquin / Génération WS

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Transferts

Départs : Hrgota (Francfort), Xhaka (Arsenal), Brouwers (Roda JC Kerkrade), Hinteregger (Salzburg), Nordtveit (West Ham), Ritter (Düsseldorf), Stranzl (retraite)

Arrivées : Benes (Zilina), Doucouré (PSG), Kramer (Leverkusen), Strobl (Hoffenheim), Vestergaard (Brême), Drmic (Hambourg), Blaswich (Dresde)

Pronostic : 6ème

Le stade : Stadion im Borussia-Park (54’067 places)

Les supporters des Fohlen avaient eu un pincement au cœur en quittant le mythique Böckelberg, théâtre de soirées européennes de légende, pour une nouvelle enceinte bâtie en dehors de la ville. Mais le Borussia-Park est lui aussi en train d’écrire sa propre histoire. Il s’agit d’un vrai stade de football de 54’000 places, même pas retenu pour la Coupe du Monde 2006 tant la densité de grands stades est élevée dans la région. Avec ses armatures métalliques grisâtres, le Borussia-Park n’a peut-être pas beaucoup de charme, mais on ne demande pas à un stade d’être une œuvre d’art, juste un parfait réceptacle pour la ferveur des supporters. Et l’antre des Fohlen remplit parfaitement cette mission, c’est tout ce qui importe.

© Julien Mouquin / Génération WS

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L’ambiance

Une ville industrielle un peu sinistrée du Nordrhein-Westfalen, c’est nécessairement la garantie d’une grosse ambiance et Mönchengladbach ne fait pas exception à la règle. Ses fans se recrutent dans tout le pays et même en Belgique voisine, beaucoup arborent encore le look des années de gloire du club dans les seventies et ils sont tous restés fidèles pendant les saisons de galère. Alors, avec le retour au sommet de leur club, les fans des Fohlen garantissent l’une des meilleures ambiances du pays. L’hymne du club, le très rock’n roll « die elf vom Niederrhein » est à également à classer sur le podium de la Bundesliga, tout comme le Torhymne « Maria (I like it loud) » de Scooter, même si les fans du BVB prennent un malin plaisir à parodier les deux lors de chaque affrontement. Car, il existe une vraie grosse rivalité entre le vrai et le faux Borussia. Si l’on parle de Borussen-Derby, c’est davantage en raison de l’homonymie de nos deux clubs que d’une proximité géographique, Gladbach constitue peut-être notre plus grand rival actuellement en Bundesliga, à part Schalke bien sûr. Car les contentieux entre les deux Borussia sont nombreux et ne datent pas d’hier, on parle quand même du club à qui nous devons notre « record » le plus humiliant, la plus lourde défaite de l’histoire de la Buli, un 12-0 encaissé au Böckelberg lors de la dernière journée de la saison 1977-1978, alors que les Fohlen jouaient le titre avec Köln à la différence de but (Cologne avait quand même été sacré, heureusement pour l’équité sportive). Que ce soit au Westfalenstadion ou au Borussia-Park, Gladbach c’est clairement l’un des gros chocs de la saison.

© Julien Mouquin / Génération WS

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Biergarten

C’est un peu le désert autour du Borussia-Park. Le meilleur endroit, c’est la FanHaus des Fohlen avec bar, écrans géants, Biergarten, bière vendue en tonneaux et une boutique incroyable qui ravira tous les amateurs d’articles vintage et ultras. Seul problème : vu la rivalité entre les deux clubs, ladite FanHaus est plus que déconseillée avec un maillot schwarzgelb, surtout un jour de Borussenderby. Il est plus prudent de se rabattre sur le bar situé dans le stade voisin de hockey sur gazon, c’est moins fun, mais plus raisonnable. D’ailleurs, lors d’un déplacement à Mönchengladbach, il vaut mieux arriver avec les fans du BVB à la gare de Rheydt plutôt qu’à celle de Mönchengaldbach, ça évitera un long et mouvementé trajet en bus au milieu des fans en maillot blanc.

Julien Mouquin

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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