Le SC Freiburg ne sera resté qu’une seule saison en Zweite Liga et cela nous fait bien plaisir de revoir les Breisgauer dans l’élite. Ceux-ci semblent cette fois avoir les moyens de se maintenir en étant parvenus à conserver tous les héros de la promotion.


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Le club (Ewige Tabelle : 22)

Freiburg est apparu assez tardivement sur l’échiquier de la Bundesliga avec une première ascension en 1993. C’est un club assez atypique, un peu familial, dans une ville provinciale relativement paisible et prospère, mais où règne une vraie passion pour le football. Le très convivial Dreisamstadion est vite devenu une place forte de Bundesliga avec une incroyable série de matchs à domicile joués à guichets fermés. Depuis, le SCF a connu des hauts et des bas, plusieurs aller-retour en Zweite Liga, mais aussi quelques belles épopées européennes, notamment en 2002 où les Breisgauer n’avaient été éliminés que dans les dernières minutes en seizième de finale contre Feyenoord, futur vainqueur du BVB en finale. Le SC Freiburg a été relégué en 2015 après six ans de présence ininterrompue en Bundesliga et une dernière aventure européenne à l’automne 2013. Le modeste club du Bade ne restera qu’une seule saison au purgatoire et se paiera même le luxe de retrouver l’élite en s’offrant le titre de champion de Zweite Liga devant le richissime et puissant RB Leipzig, pour le grand plaisir de toute l’Allemagne.

© Julien Mouquin / Génération WS

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Perspectives

L’objectif du club est clair : tenir en Bundesliga jusqu’à l’inauguration de son nouveau stade de 35’000 places en 2019-2020 qui devrait lui offrir de nouvelles perspectives financières. Pour y parvenir, Freiburg va faire comme d’habitude, c’est-à-dire compter d’abord sur les jeunes du club avec un excellent secteur de formation et de recrutement qui a notamment offert au BVB Jörg Heinrich, Sebastian Kehl, Matthias Ginter et Roman Bürki. Les Breisgauer ont pu conserver leur redoutable quatuor offensif (51 buts à eux quatre la saison dernière) composé du héros malheureux de Rio Nils Petersen, de l’Italien Vincenzo Griffo, du routinier Florian Niederlechner et de l’espoir Maximilian Philipp. Derrière eux, il y a quelques éléments intéressants comme le capitaine Schuster, l’espoir Kempf, l’international albanais Abrashi ou le fidèle Günter. Du côté du Borussia, on suivra le latéral droit Pascal Stenzel, qui en est à sa deuxième année de prêt en Breisgau et qui, s’il confirme ses bonnes prestations de la saison dernière, pourrait revenir au Westfalenstadion pour succéder un jour à Lukasz Piszczek.

Même si les Breisgauer ne se sont pas véritablement renforcés cet été, ils paraissent en mesure d’aller chercher leur maintien, surtout qu’ils peuvent toujours compter sur leur entraîneur emblématique Christian Streich. Avec le départ de Jürgen Klopp, c’est sans doute l’entraîneur le plus démonstratif de Bundesliga, qui ne donne jamais dans la langue de bois aux interviews, mais sous des allures bourrues et revêches, un mec bien. Il a refusé de nombreuses offres de clubs plus huppés (dont Schalke 04) pour continuer à travailler avec ses jeunes et le club de son cœur où il œuvre depuis…1995, avec les juniors d’abord, puis comme adjoint et, enfin, depuis 2011, comme entraîneur principal.

Transferts

Départs : Stanko (Vaduz), Höhn (Darmstadt), Kleindienst (Heidenheim), Fuhry (Heidelberg), Kath (Magdeburg), Hedenstad (St. Pauli), Schleusner (FSV Frankfurt), Mees (Hoffeneim)

Arrivées : Gikiewz (Braunschweig), Haberer (Hoffenheim), Ignovski (Francfort), Meffert (Leverkusen), Söyüncü (Altinordu), Bulut (Bochum), Gulde (Karlsruhe), Kerk (Nürnberg), Laprovette (Münster)

Pronostic : 15ème

 

© Julien Mouquin / Génération WS

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Le stade : Schwarzwald-Stadion (24’000 places)

Le Dreisamstadion, renommé Schwarzwald-Stadion après plusieurs années de naming, est sans doute le pire de Bundesliga pour la visibilité. Le secteur visiteurs n’est pas couvert et il est tellement exigu que l’on ne voit souvent pas grand-chose du match derrière les drapeaux des ultras. Et ce n’est guère mieux en tribune latérale où la vue est partiellement masquée par des poteaux dès le quinzième rang. Un vrai truc de passionnés. Mais, malgré ses défauts, c’est un stade extrêmement chaleureux et convivial avec des fans très proches du terrain, on préfère nettement ça à ces Arenas ultramodernes où la vue est parfaite, mais où il manque ce supplément d’âme et d’histoire que l’on trouve à Freiburg.

© Julien Mouquin / Génération WS

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L’ambiance

La proximité entre les joueurs et les fans donne une ambiance assez sympa, il y une vraie osmose entre le public et son équipe. Bien sûr, ce n’est pas tout à fait la même chose que dans les enceintes gigantesques du Nordrhein-Westfalen, mais ça reste un stade qui respire la passion. Accessoirement, nous avons développé une certaine amitié avec les fans du SCF, qui était notre hôte lors du Jahrhundertspiel du 19 décembre 2009 et de la remise du Meisterschale 2012 ; à chaque fois, leurs supporters étaient restés pour célébrer avec nous. En 2012, ils chantaient même le « Deutscher Meister ist nur der BVB ! » avec nous alors que nous entonnions leurs « Zweite Liga, nie mehr, nie mehr ! » pour fêter leur maintien. Lors d’un déplacement à Freiburg, j’étais avec mon Fanclub dans un bar (évidemment…) en ville en attendant le match à sympathiser avec des fans fribourgeois lorsque quelques excités locaux sont entrés en braillant des slogans anti-BVB. Tous les fans de Freiburg se sont immédiatement levés pour les huer et leur intimer de quitter le bar. Classe.

© Julien Mouquin / Génération WS

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Biergarten

Il existe de nombreux Biergarten autour du Dreisamstadion, dans lesquels siroter la Rothaus, la fameuse bière du Bade-Wurtemberg. En été, c’est vraiment sympa, au pied des collines et avec le bruit de la rivière, la Dreisam. Mais entre octobre et avril, il est conseillé de bien se couvrir, car nous sommes sur les premiers contreforts de la Forêt-Noire et la météo est souvent assez capricieuse. Et le Dreisamtstadion est sans doute, après le Millerntor de St. Pauli, le stade d’Allemagne qui offre le plus grand nombre de bars par rapport au nombre de spectateurs, sauf en Gästeblock où l’alcool est toujours prohibé. En fait, c’est le principal reproche que l’on peut faire à ce club.

Julien Mouquin

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Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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