Après des années de conflits et de tourmente, le Dino der Liga semble aller un peu mieux. A priori, il y a suffisamment de qualités dans l’effectif pour éviter la première relégation de l’histoire du club. Pour retrouver l’Europe, cela s’annonce plus compliqué.


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Le club (Ewige Tabelle : 4)

Fondé en 1887, Hambourg est l’une des plus grandes institutions du football allemand. C’est le Dino der Liga, le seul club à n’avoir jamais quitté la Bundesliga depuis sa création en 1963 et l’un des trois à avoir été champion d’Europe (1983, 1-0 contre la Juventus). Mais depuis ce sacre continental, c’est le néant ou presque. Les Rothosen ont traversé une grave crise après un triple échec en 2009 en championnat, en Pokal et en Coupe UEFA lors de quatre derbys en un mois contre l’éternel rival Brême. La suite n’est qu’une longue histoire de conflits internes, de mécène encombrant (je paie, mais je veux choisir l’entraîneur et les renforts), de problèmes financiers, de transferts foireux, de changements incessants d’entraîneur et de faits divers alcoolisés (des joueurs qui vont fêter à Ibiza au lendemain d’une défaite mortifiante à domicile par exemple). Ces années de gabegie auraient logiquement dû se solder par la première relégation de l’histoire du club au printemps 2015, mais le HSV a été sauvé par un coup franc inexistant à la 93ème du barrage à Karlsruhe. Depuis, cela va un peu mieux puisqu’Hambourg vient de réussir une saison sans changer d’entraîneur et sans trop craindre pour sa place dans l’élite. Par les temps qui courent sur les bords de l’Elbe, c’est déjà ça.

© Julien Mouquin / Génération WS

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Perspectives

En engageant le Barcelonais Halilovic (avec option de rachat) et surtout Kostic (pourtant convoité par le riche Wolfsburg), le HSV semble avoir retrouvé une capacité d’investissement et un semblant d’attractivité. Les Rothosen espèrent aussi que les Aaron Hunt, Lewis Holtby et autres Nicolai Müller se souviennent qu’ils ont su un jour jouer au foot. En attaque, c’est toujours le bulldozer Lasogga qui sera chargé de marquer les buts et l’Américain Bobby Wood (17 buts avec Union Berlin) la saison passée peut constituer une bonne surprise. La défense paraît en revanche plus limitée autour du capitaine suisse Djourou. L’autre élément qui laisse douter de la capacité du HSV à renouer avec les Coupes d’Europe, c’est l’entraîneur Bruno Labbadia. A la limite, on veut bien reconnaître ses qualités de motivateur, mais il n’a jamais réussi à donner une identité de jeu et de la constance aux différents clubs qu’il a dirigés. On devrait donc retrouver un Hambourg capable du meilleur (le BVB en a souvent été victime ces dernières saisons) comme du pire, avec quelques naufrages spectaculaires. Sans doute suffisant pour assurer sa place en Bundesliga sans trop trembler, mais pas assez pour jouer les places européennes. Et le Dino n’est pas à l’abri d’une rechute et d’une énième crise après quelques défaites consécutives.

© Julien Mouquin / Génération WS

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Transferts

Départs : Schipplock (Darmstadt), Altintas (Kasimpasa), Kajcar (Augsburg), Drobny (Brême), Rudnevs (Köln), Olic (München 1860), Drmic (Mönchengladbach), Ilicevic (?)

Arrivées : Kostic (Stuttgart), Halilovic (Barcelone), Waldschmidt (Francfort), Mathenia (Darmstadt), Wood (Union Berlin)

Pronostic : 8ème

Le stade : Volksparkstadion (57’000 places)

Grâce à l’appui du généreux mécène Kühne, le Volksparkstadion, après avoir changé maintes fois de nom, a retrouvé sa véritable identité et on s’en réjouit. Car c’est un magnifique stade de football avec un joli kop place debout en Nordtribüne derrière la fameuse banderole Poptown. Avec une esthétique splendide tout en laissant suffisamment de place pour la ferveur des fans, le Volksparkstadion fait incontestablement partie de ces monuments du football allemand qu’il faut absolument visiter une fois dans sa vie.

© Julien Mouquin / Génération WS

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L’ambiance

Le public du HSV est moins exubérant que celui de son rival de St. Pauli, mais cela reste un vrai public passionné d’une ville portuaire du nord. Bien sûr, les tourments de ces dernières années ont laissé des traces, mais les fans sont toujours demeurés fidèles avec une affluence moyenne ne descendant jamais en dessous des 50’000 spectateurs. Suite à une scission interne, les ultras sont répartis à la fois derrière le but dans le virage et dans un angle en Nordtribüne, cela permet d’avoir chants qui partent de plusieurs endroits, c’est juste dommage que les tribunes latérales peinent à suivre, le HSV demeurant le club « bourgeois » de la ville. On peut imaginer que si le Dino der Liga retrouve un peu de couleurs, le Volksparkstadion redeviendra une place forte du foot allemand. Il existait jadis une Fanfreundschaft entre fans hambourgeois et dortmundois, mais celle-ci semble bien enterrée. Au contraire, des matchs souvent houleux et nos défaites à répétition contre le HSV, surtout là-bas, ont nourri une vraie rivalité. Lors du barrage contre Karlsruhe, la plupart des fans du BVB souhaitaient une relégation hambourgeoise qui eut été totalement méritée. Néanmoins, on se réjouit quand même de pouvoir toujours retourner dans la grande cité portuaire du Nord.

© Julien Mouquin / Génération WS

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Biergarten

Depuis l’arrêt de métro, il y a environ quinze minutes de marche jusqu’au stade. Des bus sont à disposition, mais il est recommandé d’y aller à pied. Pas forcément pour entretenir sa forme, mais surtout parce que le trajet est jalonné de quelques sympathiques Biergarten. Et il y a encore des Biergarten devant l’entrée du stade… Si cela ne vous suffit pas, vous pouvez auparavant préparer votre match sur la mythique Reeperbahn, où le bar Hamburger Alm est généralement entièrement décoré aux couleurs jaunes et noires et diffuse les chants du Borussia en boucle. Car, au-delà du football, Hambourg, avec sa Reeperbahn et sa Grosse Freiheit, à St. Pauli, à quelques encablures du stade du rival local, le Millerntor (un tout autre style), est sans doute ce qui se fait de mieux en Allemagne en matière de vie nocturne, avec Düsseldorf et sa Bolkerstrasse. Une raison de plus pour espérer que notre BVB mette cette saison fin à une longue série d’insuccès au Volksparkstadion afin de pouvoir profiter des charmes d’Hambourg le sourire aux lèvres.

Julien Mouquin

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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