Héroïque en Europa League la saison dernière, Augsburg ne devrait pas être à pareille fête cette saison, surtout après le départ pour Herne-West de son entraîneur à succès Markus Weinzierl. Mais l’arrivée d’un autre entraîneur faiseur de miracles, Dirk Schuster, et la compétence du manager Stefan Reuter devraient lui permettre d’amortir le choc sans trop de dommage.


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Le club (Ewige Tabelle : 31)

Si Augsburg, club sans grand palmarès (1 Coupe de Bavière en 1951) et avec une histoire longtemps cantonnée entre ligues régionales et Zweite Liga, a intégré la Bundesliga pour la première fois de son histoire en 2011, c’est parce que de généreux sponsors ont investi massivement en transferts et dans la construction du nouveau stade. Mais, depuis, la manne financière s’est tarie et le FCA doit composer avec les moyens du bord. Ce qu’il fait avec brio, grâce à une gestion modèle conduite de main de maître par son directeur sportif, notre ancienne gloire, Stefan Reuter. Plusieurs fois, le club a raté son début de saison, mais n’a jamais paniqué et a toujours maintenu sa confiance dans son entraîneur qui a toujours su redresser la situation. Chaque été, les Bavarois doivent laisser partir leurs meilleurs éléments et parviennent à compenser les départs à peu de frais grâce à un recrutement efficace. Cette gestion modèle a même permis au club bavarois d’atteindre la Coupe d’Europe pour la première fois de son histoire en 2015. C’est donc un club à la base sans grand relief, mais qui s’est bien fait sa place en Bundesliga et mène parfaitement sa barque pour assurer chaque année sa présence dans la plus grande ligue du monde.

© Julien Mouquin / Génération WS

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Perspectives

L’an passé, on pouvait craindre une saison difficile pour le FCA avec un effectif limité et les fatigues de l’Europa League. Mais, après un début de saison compliqué, les Bavarois sont parvenus à arracher leur qualification, au terme d’un final de folie à Belgrade, pour les seizièmes de finale où ils ne s’inclineront que 1-0 en 180 minutes, sur un penalty à Anfield contre le grand Liverpool de Jürgen Klopp. Et en championnat, ils sont parvenus à assurer leur maintien sans trop de problèmes.

Le choc, cet été, c’est le départ de l’entraîneur à succès Markus Weinzierl, considéré comme un disciple de Jürgen Klopp dont il a longtemps été pressenti comme un successeur potentiel, mais qui a finalement répondu aux sirènes de Schalke 04. Le nouvel homme de banc du FCA, Dirk Schuster, l’homme qui a monté Darmstadt en Bundesliga, présente un profil un peu similaire et devrait être en mesure d’assumer la succession.

Le contingent n’a guère bougé avec deux départs importants, le défenseur Klavan et le poumon du milieu Werner. Ces départs devraient pouvoir être compensés par l’arrivée de l’ex du Bayern Usami, de l’expérimenté Kacar et de l’international espoir Friedrich. Mais la colonne vertébrale reste inchangée autour du remarquable gardien suisse Hitz (concurrent de Bürki comme n°2 en équipe nationale derrière Sommer), les routiniers Janker et Callsen-Bracker, le vice-champion olympique Max, l’international hollandais Verhaeg, le Coréen Koo, le travailleur Baier, l’international islandais Finnbogason ou les Sud-Américains Bobadilla et Caiuby. Ce n’est peut-être pas très spectaculaire, mais Augsburg devrait rester un adversaire solide et difficile à manœuvrer, capable d’assurer assez aisément sa place dans l’élite.

© Julien Mouquin / Génération WS

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Transferts

Départs : Manninger et Klavan (Liverpool), Werner (Stuttgart), Hong (Jiangsu), Trochowski (?), Thommy (Regensburg), Djurdjic (Partizan Belgrade)

Arrivées : Usami (Gamba Osaka), Kacar (Hambourg), Friedrich (Schalke), Teigl (RB Leipzig), Luthe (Bochum), Matavz (Genoa)

Pronostic : 12ème

© Julien Mouquin / Génération WS

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Le stade : WWK Arena (30’660 places)

Inaugurée en 2009 pour assouvir les ambitions grandissantes du club, la WWK Arena (son 3ème nom en sept ans !) est une arène moderne un peu anonyme. C’est fonctionnel, il y a un kop places debout correct, un bloc visiteurs respectable, mais cela reste un stade assez aseptisé, planté en périphérie au milieu de nulle part entre une zone commerciale et des champs.

L’ambiance

Lors de l’arrivée du club en Bundesliga, l’ambiance était assez dramatique à Augsburg. Depuis, les fans locaux ont fait quelques progrès, mais cela reste une ambiance assez bon enfant et tranquille comme c’est souvent le cas dans la prospère Bavière. Il y a quelques poussées lorsque l’équipe presse, mais ce ne sont pas des fans qui vont se dépouiller pour permettre à leur équipe en difficulté de remonter le score. Nos relations sont relativement cordiales avec les fans du FCA. Lors de son arrivée en Bundesliga, pour se faire accepter, Augsburg organisait, chaque week-end de match, les « Augsburg Calling », comprenant animations pour les enfants, messe (!) et surtout Fanparty dans une brasserie de la ville. Nous avions été accueillis comme des rois par des fans bavarois tout heureux de pouvoir désormais jouer dans la même cour et partager leur passion avec les si réputés fans du grand BVB, la première année nous avions presque l’impression d’être des stars de cinéma. Depuis, la tradition des « Augsburg Calling » s’est un peu perdue, mais il en est resté un certain respect entre supporters des deux camps.

© Julien Mouquin / Génération WS

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Biergarten

Autour de la WWK Arena, il n’y a rien, sinon des champs à perte de vue, pas l’ombre d’un bar ou d’un Biergarten et il n’y a jamais d’alcool en bloc visiteurs. En fait, après moult recherches, nous sommes tout de même parvenus à dénicher un Biergarten, à l’exact opposé de l’arrivée du tram, après le pont de l’autoroute, mais c’est à dix minutes de marche du stade à travers champs. Du coup, la tradition à Augsburg, c’est que, comme les cars avec les soutes encore à moitié pleines de bières en prévision du retour vers le Ruhrpott sont parquées devant l’entrée du Gästeblock, chaque bus se transforme en bar et chaque chauffeur en barman pour vendre la bière à l’emporter. On ne le répétera jamais assez : le BVB est un club de traditions et celle-ci est plutôt sympathique.

Julien Mouquin

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Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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